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continuellement ses mots de leurs langues, enfin de parler Grec et Latin en Français. On trouve dans le recueil de ses æuvres, des Odes, des Eglogues, des Epigrammes, des Chansons, un poème épique intitulé la Franciade, une Hymne à L'Eternité, &c.-Mourut en 1583.

Vers la fin de ce siècle, sous les règnes de Charles IX., Henri III., et Henri IV., florissaient,

JODELLE—NÉ EN 1532. Poète dramatique. Sa Cléopâtre et sa Didon sont les premières tragédies Françaises dont le plan soit régulier, et où les sujets religieux aient été remplacés par des sujets de l'histoire profane. Il fit aussi une comédie Eugène, la meilleure de ce temps-là. —Mourut en 1573.

PASSERAT-NÉ EN 1534. Poète :-C'est lui le principal auteur de la fameuse satire Ménippée, à laquelle deux autres écrivains, Rapin et Durant, contribuèrent, et qui fut si utile à la cause du Roi Henri IV., en couvrant ses ennemis de ridicule.-Mourut en 1602.

DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.

POÈTES ILLUSTRES.

VERS le COMMENCEMENT de ce siècle, sous les règnes de Henri IV. et de Louis XIII., florissaient,

MALHERBE-NÉ EN 1556. La langue poétique, au commencement du dix-septième siècle, manquait encore de noblesse et d'harmonie. Malherbe le sentit, et voulut, comme Ronsard, l'épurer et la polir. Mais il eut plus de jugement et de goût. Au lieu d'emprunter comme lui au Grec et au Latin des formes que l'idiome Français n'admettait point, ce fut de la langue même qu'il prétendit, en la façonnant, tirer tout ce qui lui manquait. Ce qu'il tenta lui réussit; et, dit Boileau,

Par ce sage écrivain la langue réparée

N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée. En effet, à l'enchainement suivi des idées, dont le premier il donna aussi l'exemple, à la pompe des images, il joignit, dans ses Odes, la force, la correction et l'harmonie de la phrase.-Mourut en 1618.

RÉGNIER—NÉ EN 1573. On peut le regarder comme le vrai créateur de la satire en France. Hardi, quelquefois jusqu'à la licence, il a plus de verve que Boileau : mais son style est peu soigné.

Mourut en 1613.

RACAN-NÉ EN 1589. La poésie pastorale offre peu de morceaux aussi touchants et aussi gracieux que ses Stances et ses Bergeries.

Mourut en 1670.

DEBARREAUX-NÉ EN 1602. Poète fameux autrefois pour son enjouement et ses chansons badines, mais qui ne l'est plus aujourd'hui que pour un sonnet pieux, qu'il composa dans une maladie.

Mourut en 1673.

CORNEILLE (PIERRE)—NÉ EN 1606. La force de conception, le noble enthousiasme, les sublimes pensées, qui l'élèvent tant-au-dessus de tous les autres poètes tragiques ses prédécesseurs, lui ont valu le surnom de Grand, et celui de Père de la Tragédie Française. Avant lui, et même après lui, qui traça jamais de si grands caractères ? qui mit en action sur la scène tant de passions diverses, et les

fit parler avec autant d'éloquence qu'il sut le faire dans le Cid, si amèrement critiqué à sa naissance, et reconnu aujourd'hui pour son chef-d'oeuvre, dans Les Horace, dans Polieucte, dans Cinna, Rodogune, Sertorius, Nicomède, La Mort de Pompée, Héraclius ? On doit l'avouer, pourtant, il a des défauts : ses monologues sont, en général, trop longs ; le sentiment, chez lui, à force de ratfinement, dégénère parfois en subtilités inintelligibles; et, de temps en temps, le style est lâche, et l'expression négligée et impropre. Son talent faiblit et l'abandonna tout-à-fait dans Partharite, Sophonisbe, Attila, Théodose, Pulchérie, Suréna, Edipe, Egésilas. Mais nous lui devons encore une louange pour sa comédie du Menteur, la première pièce de caractère qui parut sur notre théâtre, et où l'on entendit le langage de la bonne compagnie.—Mourut en 1684.

ROTROU-NÉ EN 1609. Le premier de nos poètes tragiques qui sut tracer des caractères, et dont le style ait de la vigueur. Quoiqu'il ait débuté avant Corneille, qui voulait bien l'appeler son

maître, il est à remarquer que le Cid avait déjà paru quand Rotrou donna Cosroès, Antigone, et Venceslas, ses meilleures pièces.-Mourut en 1650.

SCARRON-NÉ EN 1610. Il s'est rendu célèbre par son Roman Comique et ses poésies burlesques, bien plus que par son poème de Typhon, et ses comédies, qu'on ne lit plus.—Morut en 1660.

CHAPELLE-NÉ EN 1616.

BACHAUMONT-NÉ EN 1624. Ces deux amis, étant allés ensemble visiter la Provence, eurent l'heureuse idée d'écrire la relation de leur

voyage;

et c'est à ce petit ouvrage en vers et en prose, modèle de gracieux badinage, qu'ils doivent, l'un et l'autre, leur célébrité.

Le premier mourut en 1686; le second en 1702.

MADAME DE LA SUZE-NÉE EN 1618. Il y a dans les poésies fugitives qu'elle nous a laissées autant d'esprit que de sensibilité et de délicatesse. La versification en est facile et même élégante, sans cependant être toujours correcte.—Mourut en 1673.

MOLIÈRE—NÉ EN 1620. Son esprit observateur, sa pénétration, sa profonde connaissance du cour humain, cette saine raison et cette sagacité, qui lui firent apercevoir des vices et des ridicules dans ce que le siècle trouvait respectable ou de bon air, et sa hardiesse à les attaquer malgré le préjugé et l'habitude qui les sanctionnaient, voilà les premiers titres de gloire de cet homme extraordinaire. Mais la gloire du philosophe, (il mérite ce nom,) quelque éclatante qu'elle soit, se trouve absorbée, pour ainsi dire, par celle de l'habile écrivain et du poète qui usa si merveilleusement, dans la comédie, de sa science du monde pour le réformer, en le divertissant. Il excelle dans les pièces de caractère comme dans celles d'intrigue: quels portraits savamment dessinés que ceux du Misanthrope, et de Tartuffe ! quel art dans L'Ecole des Femmes ! que d'esprit et de comique dans Les Femmes Sarantes, Les Précieuses Ridicules, Le Bourgeois Gentilhomme, L'Avare! Quelle gaité dans Le Malade Imaginaire, L'Amour Médecin, Le Médecin malgré lui, Pourceaugnac ! Et peut-on assez louer, dans sa prose comme dans ses vers, le naturel et la vigueur du style, qui serait parfait si la diction en était plus soignée.-Mourut en 1673.

LA FONTAINE-NÉ EN 1621. On retrouve dans ses CONTES et ses poésies diverses le ton naïf, la sensibilité, la délicatesse, la gaité fine de Marot, revêtues des formes nouvelles d'une langue plus épurée et plus polie. Mais c'est dans ses FABLES que La Fontaine a révélé tout ce qu'il y avait en lui d'excellence. Le nom de Bon La Fontaine, qu'elles lui ont valu, dit assez que la naïveté en est le trait caractéristique; et le surnom d'Inimitable annonce combien ses peintures sont vraies, combien sa manière de raconter a d'originalité et de grâce, combien son expression est heureuse, élégante, et son vers harmonieux. Le joli mot de Madame de la Sablière, " C'est un fablier,' achève de le peindre, en disant avec quelle facilité ces fables, dont chacune est un chef-d'ouvre, semblent découler de sa plume.—Mourut en 1695.

SEGRAIS-NÉ EN 1624. Poète bucolique. Son poème d'Atys et ses Eglogues ont toute la naïveté et la douceur qui conviennent à la pastorale. Les traductions qu'il fit de l'Enéide et des Georgiques sont faibles.-Mourut en 1701.

CORNEILLE (THCHAS)—NÉ EN 1625. Thomas Corneille, frère du Grand Corneille, marcha sur ses traces, sans l'atteindre. Il n'en est pourtant pas resté si loin dans le Comte d'Essex, et dans Ariane.

Mourut en 1709.

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