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DIX-HUITIÈME SIÈCLE.

POÈTES ILLUSTRES.

VERS le COMMENCEMENT de ce siècle, sous les règnes de Louis XIV. et de Louis XV., florissaient,

DANCOURT-NÉ EN 1661. Poète comique. Son talent était de peindre les ridicules du jour. Il sut une fois seulement tracer des caractères, et développer une intrigue; ce fut dans Le Chévalier à la mode. Ses pièces, en général, offrent de petits tableaux champêtres, où il ne manque pas de faire intervenir des paysans : le dialogue en est vif, léger, plein de gaîté et de saillies. On distingue, avec celle dont nous venons de parler, Les Trois Cousines, Le Mari Retrouvé, La Foire de Bezançon, Colin Maillard, Le Galant Jardinier, Le Tuteur.

Mourut en 1726.

DUCHÉ—NÉ EN 1668. Il donna au théâtre français trois tragédies sacrées, dont une seule, Absalon, mérite qu'on en fasse mention; et au théâtre de l'opéra plusieurs drames lyriques, qui sont tombés dans l'oubli.-Mourut en 1704.

J. B. ROUSSEAU-NÉ EN 1671. Jean Baptiste Rousseau est encore le plus fameux de nos poètes lyriques, quoiqu'il n'en soit pas demeuré le plus parfait. Ce n'est pas l'enthousiasme, ni aucun des mouvemente d'une âme ardente et passionnée que l'on admire dans ses Odes, ses Cantates, et ses Psaumes, mais seulement l'éclat du style, le tour élégant de la phrase et la savante harmonie des

Il s'exerça en outre dans l'épigramme, où personne jusqu'à présent ne l'a surpassé.-Mourut en 1741.

vers.

DANCHET-NÉ EN 1671. Poète dramatique. Il s'exerça dans la tragédie et dans l'opéra, mais il ne réussit que dans le dernier genre, où il n'obtint même qu'un succès assez faible.—Mourut en 1748.

LA MOTTE-NÉ EN 1672. La Motte Houdart est plus célèbre dans l'histoire de notre littérature par ses paradoxes et les querelles qu'ils lui attirèrent, que par ses ouvrages, bien qu'il se soit exercé dans tous les genres. Doué seulement d'un esprit souple, fin et délicat, mais incapable de sentir vivement et de se passionner, il n'a produit que des oeuvres froides. On a de lui des odes, des églogues, des tragédies, des opéras, des comédies, des fables, des discours académiques, &c., mais de tout cela on ne lit plus guère aujourd'hui que ses fables.

Mourut en 1731.

BOISSY-NÉ EN 1674. Poète comique. De toutes ses comédies, qui sont en assez grand nombre, trois seulement se sont soutenues au théâtre par leur gaîté, ce sont: le Français à Londres, L'Homme du Jour, et Le Babillard -Mourut en 1758.

CRÉBILLON-NÉ EN 1674. Tout en respectant les lois de la scène qui avaient guidé Corneille, Racine et tous leurs imitateurs, Crébillon se fraya une route nouvelle. Nous intéresser à l'héroïsme, à la vertu ou au malheur, remplir notre cour tour à tour d'espé

rance et de crainte, d'amour, de haine ou de pitié, ne fut point le but qu'il se proposa; encore moins songea-t-il à nous flatter l'oreille par les sons mélodieux d'un vers qu'il ne savait point tourner ni polir; tout ce qu'il voulut fut de porter dans notre âme la terreur et l'effroi; et l'on peut dire qu'il y réussit merveilleusement dans la plupart de ses tragédies. De quelles sombres et effrayantes couleurs son pinceau âpre était imprégné, lorsqu'il traça Electre, Idoménée, Catilina, Atrée et Thyeste, et surtout Rhadamiste et Zénobie ! Le joli conte du Sopha est de son fils.

Mourut en 1762.

DESTOUCHES—NÉ EN 1680. Poète comique. Il s'appliqua à attaquer les vices plutôt que les ridicules: aussi ses comédies sont-elles plus morales que divertissantes. Ce que cette critique peut renfermer de défavorable ne doit cependant pas s'étendre au Glorieux, qui est le chef-d'œuvre de Destouches. Ses meilleures pièces après celle-ci sont Le Curieux, Le Médisant, L'Ambitieux, Ingrat, Le Philosophe Marié.-Mourut en 1754.

GRÉCOURT (L'ABBÉ)—NÉ EN 1683. Il nous a laissé des poésies légères, où il y a du naturel, et assez de chaleur; mais dont les images sont trop licencieuses, et les vers trop peu soignés.— Mourut en 1743.

CHATEAUBRUN-NÉ EN 1686. Poète tragique. Une seule de ses pièces, Les Troyennes, est restée au théâtre, à cause des scènes attendrissantes qu'elle renferme.-Mourut en 1775,

MARIVAUX-NÉ EN 1688. Poète comique et romancier. Ses comédies n'offrent ni caractère ni intrigue, et sont empreintes de l'esprit de ratfinement qui dominait dans la société au temps où elles furent écrites; ce qui les rend froides. Cependant celle des Jeux de l'Amour et du Hasard, et quelques autres se sont soutenues au théâtre, par des situations piquantes et d'heureuses saillies. Ses romans sont meilleurs que ses comédies: la lecture de Mariane et du Paysan parvenu même, est attachante, malgré les longueurs, et l'affectation qu'on retrouve encore à chaque page.-Mourut en 1763.

PIRON-NÉ EN 1689. Poète, qui s'était déjà rendu fameux par ses bons mots et ses rimes ordurières, lorsqu'il essaya, en travaillant pour le théâtre, de se faire une réputation plus glorieuse. Il s'exerça d'abord dans la tragédie, et n'y eut qu'un faible succès; mais il se distingua dans la comédie d'une manière éclatante, en donnant sa Métromanie, pièce de caractère, d'une vérité et d'un comique qui la préserveront toujours de l'oubli, où les autres pièces de l'auteur sont ensevelies.

Mourut en 1773.

LE FRANC DE POMPIGNAN-NÉ EN 1690. Ce poète a laissé une tragédie, qui ne s'est pas soutenue, et des Odes Sacrées, qui, nonobstant le bon mot de Voltaire, “Sacrées elles sont, car personne n'y touche," se lisaient autrefois, et se lisent encore aujourd'hui avec plaisir. L'emphase prosaïque qui y domine, il est vrai, n'empêche pas qu'il ne s'y trouve des morceaux de la plus grande beauté.

Mourut en 1784.

LA CHAUSSÉE—NÉ EN 1692. C'est lui qui créa chez nous le drame ou comédie larmoyante, genre bâtard réprouvé des bons esprits. Il n'a pourtant pas laissé de s'y faire une réputation par la sensibilité vraie qu'il a su répandre dans L'École des Mères, L'Ecole des Amis, La Gouvernante, etc., et par le naturel et la pureté de son style.—Mourut en 1754.

RACINE (LOUIS-NÉ EN 1692. Sentant bien lui-même que Jean Racine, son père, ne lui avait

pas transmis son talent, il s'abstint de marcher sur ses traces. Ce n'est pas à dire qu'il demeura étranger à l'art des vers, car il fut aussi poète élégant et correct. Ses principaux ouvrages sont le poème de La Religion, et celui de La Grâce; tous les deux froids et monotones, mais parfaitement versifiés. Le premier est celui dont la composition a le plus d'éclat. Nous avons aussi de Louis Racine quelques belles hymnes, et des critiques pleines de sens et de goût sur les chefs-d'euvre de son père.-Mourut en 1763.

VOLTAIRE-Voyez vol. i.

Vers le MILIEU de ce siècle, sous le règne de Louis XV., florissaient,

SAURIN-NÉ EN 1706. Poète dramatique. Sa tragédie de Spartacus, où l'on voit un héros armé pour venger l'univers opprimé par les Romains, offre de belles scènes, et quelques beaux vers. Blanche et Guiscard, si belle en certains endroits, et si attendrissante, n'est pas plus suivie, ni mieux versifiée. Sa comédie intitulée L'Anglomanie, et celle des Meurs du Temps sont faibles.—Mourut en 1781.

COLLÉ-NÉ EN 1707. Poète comique. L'ouvre qui fait le plus d'honneur à son talent, est la Partie de Chasse de Henri IV., où tous les caractères, et surtout celui du bon roi, sont peints avec une naïveté qui excite à la fois le rire et l'attendrissement. Sa comédie de Dupuis et Déronais est dénuée de vrai comique, mais elle contient des scènes touchantes, et est bien dialoguée. La Vérité dans le Vin ou les Désagréments de la Galanterie est très-gaie, et pétille de traits d'esprit. On a du même poète quelques autres pièces où il peint d'une manière aussi vraie que piquante les meurs de son temps;

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