Oeuvres complètes: Les martyrs. T. 19-21

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Pourrat frères, 1836 - 363 pages
 

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Page 131 - Il la serre contre sa poitrine, il aurait voulu la cacher dans son cœur. Le tigre arrive aux deux martyrs. Il se lève debout, et, enfonçant ses ongles dans les flancs du fils de Lasthénès, il déchire avec ses dents les épaules du confesseur intrépide. Comme Cymodocée, toujours pressée dans le sein de son époux, ouvrait sur lui des yeux pleins d'amour et de frayeur, elle aperçoit la tête sanglante du tigre auprès de la tête d'Eudore. A l'instant la chaleur abandonne...
Page 109 - Muse ! encore un moment, et pour toujours j'abandonne tes autels! Je ne dirai plus les amours et les songes séduisants des hommes: il faut quitter la lyre avec la jeunesse. Adieu, consolatrice de mes jours, toi qui partageas mes plaisirs, et bien plus souvent mes douleurs...
Page 125 - J'ai lu dans vos livres saints : " La femme quittera son père et sa mère pour s'attacher à son époux. " J'ai quitté mon père, je me suis dérobée à son amour pendant son sommeil ; je viens demander votre grâce à Galérius, ou partager votre sort.
Page 132 - Les époux martyrs avoient à peine reçu la palme, que l'on aperçut au milieu des airs une croix de lumière, semblable à ce Labarum qui fit triompher Constantin ; la foudre gronda sur le Vatican , colline alors déserte, mais souvent visitée par un esprit inconnu; l'amphithéâtre fut ébranlé jusque dans ses fondements ; toutes les statues des idoles tombèrent, et l'on entendit, comme autrefois à Jérusalem , une voix qui disoit : «LES DIEUX S'EN VONT.
Page 132 - Ciel un souffle divin qui sembloit tenir à peine à ce corps formé par les Grâces ; elle tombe comme une fleur que la faux du villageois vient d'abattre sur le gazon. Eudore la suit un moment après dans les éternelles demeures : on eût cru voir un de ces sacrifices de paix où les enfans d'Aaron offroient au Dieu d'Israël une colombe et un jeune taureau.
Page 191 - Père, si vous voulez, éloignez ce calice de moi; néanmoins que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la vôtre.
Page 184 - On feint de me regarder comme un homme entêté d'un système, qui le suit partout , qui le voit partout : pas un mot de cela. Je ne veux rien changer, rien innover en littérature; j'adore les anciens; je les regarde comme nos maîtres; j'adopte entièrement les principes posés par Aristote, Horace et Boileau...
Page 237 - ... en bons et en mauvais ouvrages, et qui se fit un jeu toute sa vie de tourmenter les Cassagne et les Cotin. «Traiter de haut « en bas , dit Boileau , un auteur approuvé du public , c'est « traiter de haut en bas le public même ! . » Tels sont les devoirs que la raison , l'équité , la modération, l'honneur, prescrivent à la critique.
Page 238 - Malgré l'opposition de mes ennemis, malgré les préjugés de toutes espèces qu'on a voulu faire naître contre les Martyrs, j'ai encore réussi beaucoup au delà de mon attente ; il s'est plus écoulé d'exemplaires de mon dernier ouvrage en quelques mois qu'il ne s'est vendu d'exemplaires du Génie du Christianisme en plusieurs années. Sans parler des juges qui se sont déclarés pour moi, ceux qui ont condamné les Martyrs m'ont donné pour ces mêmes Martyrs des éloges que je n'ai jamais...
Page 109 - Muse, qui daignas me soutenir dans une carrière aussi longue que périlleuse, retourne maintenant aux célestes demeures ! J'aperçois les bornes de la course ; je vais descendre du char, et pour chanter l'hymne des morts je n'ai plus besoin de ton secours. Quel Français ignore aujourd'hui les cantiques funèbres? Qui de nous n'a mené le deuil autour d'un tombeau, n'a fait retentir le cri des funérailles? C'en est fait, ô Muse...

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