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Grand Dicu, s'il est permis à l'humaine prudence,
CODEAU.
De sonder les secrets de cette Providence

Qui conduit les mortels;
D'où vient qu'en ce combat ton pouvoir se déclare
Avec tant de faveur pour un peuple barbare,
Dont l'orgueil sacrilége attaque tes autels !

Théâtre infartuné du destin de ces Princes,
Dont le bras fit régner par toutes nos Provinces

L'abondance & la paix ;
O monts de Gelboé, que vos sources carissent ;
Quc votre air foit mortel, que vos fleurs se Alétril-

sent;
Que pour vous le printems ne revienne jamais.

Que le Ciel tous les jours sur vous lance la foudre;
S'il y vient des troupeaux,qu'il les réduise en poudre;

Qu'il y soit toujours nuit :
Qu'il n'y tombe jamais une fraîche rosée,
Et que du laboureur l'espérance abusée,
Après un long travail n'y cueille point de fruit.

De l'Oint du Roi des Rois le titre vénérable,
N'a pû fauver un Prince, aux âges mémorable,

De la loi du tombeau ;
Et la Mort, dont la main enleve sa couronne,
Nous apprend que contre elle une ferme colonne
Ne réliste pas plus qu'un débile roseau..

Il cueilloir tous les jours quelques palmes nou-
velles;

GODEAU,
Il forçoit la Victoire à déployer ses aîles

Pour suivre sa vertu :
Le fage Jonathas fécondoit sa vaillance ;
Par de fameux exploits il prouvoit sa naissance;
Et jamais sans triomphe il n'avoit combattu.

Belle ame, qui sortant de ta prison mortelle,
As sans doute emporté d'une amitié fidelle

Le chaste souvenir ;
Puisque la loi du Ciel ordonne que je vive,
Je veux que mon esprit dans la tombe te suive,
Et qu'il commence un deuil qui ne puisse finic.

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MONTPLAISIR.

MONTPLAISIR.

E Comte de MONTPLAISIR,

étoit fils de M. Jacques RouL

gé, Seigneur du Plessy-Bel

liére, & frere de Madaine la Maréchale de Créqui. Il s'est distingué à la guerre par sa valeur , à la Cour & à la Ville

par

la beauté de son esprit, & par les agrémens de la conversation. On l'a soupçonné d'avoir mis la main aux ouvrages de Madame la Comtesse de la Suze à laquelle il étoit fort attaché. Que cela soit ou non, il est certain que M. de MONTPLAISIR faifoit fort bien des Vers : le lecteur en jugera par l'Extrait qu'on en donne ici.

PLAISIR.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN, Koesteres

FILS UNIQUE DE L OÚIS LE GRAND: MONTRéponse aux Vers M. 1 Péliffon faisant parler

ce jeune Prince , lui fait choisir la Raison

de la Gloire pour ses Maitreffes.

Digne fils du plus grand des Rois,
La Gloire & la Raison font deux charmantes Reines:

Et j'estime le noble choix
Que votre cæur a fait de ces deux Souveraines.

Vous aurez des momens bien doux, Dans l'aimable entretien de ces belles Princesses

Mais un Prince aussi beau que vous, Ne sera pas content de deux seules Maîtresses

Parmi celles dont la beauté
Peut se flatter de plaire à votre ame charmée ,

J'espere que la Vérité
Sera de vous un jour très-chereinent aimnée.

Elle est belle & sans ornement,
Elle oft fimple & sans fard ; elle n'est pas commune;

On ne la voit que rarement
Aux lieux ou l'Interêt encenfe la Fortune.

Là les amis fourbes & faux,
La déguisent toujours ainsi que font les Conges ,

i On verra' ces Vers à l'article de Péliffon.

MONT-
PLAISIR.

Qui cachent souvent de vrais maux
Sous des biens apparens & de plaisans mensonges...

La Gloire en fait tout son support,
Et fans elle , n'est rien qu'un faux éclat qu'on

vante;

La Raison même a toujours tort
Dès qu'elle s'en écarte, & n'est que la suivante.

Les Vertus ont assez d'appas,
Pour aspirer de même à votre confidence ;

Les Héros marchant sur leurs pas,
Saivent avec plaisir celui qui vous devance..

Votre cæur sans manquer de foi ,
Peut bien se partager entre elles & la Gloire :

Si vous faites comme le Roi,
Elles feront un jour votre éloge en l'Histoire..

EXTRAIT D'UN POEME , INTITULE',

LE TEMPLE DE LA GLOIRE,.

Description de ce Temple és des environs.
Sur un Mont qui s'éleve au dessus du tonnerre,
Des quatre endroits divers qui partagent la Terre,
Dans le milieu d'un bois de lauriers toujours verds,
Qui n'ont jamais senti la rigueur des hivers ;
Dans le plus beau séjour de toute la Nature,
Eft un: Temple fameux d'admirable structure...

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