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Et tous au caractère avec choix mariés;

La fierté de l'obscur, sur la douceur du clair Et c'est là qu’un grand peintre, avec pleine largesse, Triomphant de la toile, en tire avec puissance D'une féconde idée étale la richesse,

Les figures que veut garder sa résistance, Faisant briller partout de la diversité,

Et malgré tout l'effort qu'elle oppose à ses coups, Et ne tombant jamais dans un air répété :

Les détache du fond, et les amène à nous. Mais un peintre commun trouve une peine extrême Il nous dit tout cela, ton admirable ouvrage : A sortir dans ces airs de l'amour de soi-même : Mais, illustre Mignard, n'en prends aucun ombrage, De redites sans nombre il fatigue les yeux ,

Ne crains pas que ton art, par ta main découvert, Et plein de son image, il se peint en tous lieux. A marcher sur tes pas tienne un chemin ouvert, Il nous enseigne aussi les belles draperies,

Et que de ses leçons les grands et beaux oracles De grands plis bien jetés suffisamment nourries, Élèvent d'autres mains à tes doctes miracles ; Dont l'ornement aux yeux doit conserver le nu, Il y faut des talents que ton mérite joint, Mais qui pour le marquer soit un peu retenu; Et ce sont des secrets qui ne s'apprennent point. Qui ne s'y colle point, mais en suive la grâce,

On n'acquiert point, Mignard, par les soins qu'on se donne Et sans la serrer trop, la caresse et l'embrasse. Trois choses dont les dons brillent dans ta personne, Il nous montre à quel air, dans quelles actions, Les passions, la grâce, et les tons de couleur Se distinguent à l'oeil toutes les passions,

Qui des riches tableaux font l'exquise valeur; [ble, Les mouvements du cour, peints d'une adresse ex- Ce sont présents du ciel, qu'on voit peu qu'il assemPar des gestes puisés dans la passion même, [trême, Et les siècles ont peine à les trouver ensemble. Bien marqués pour parler, appuyés, forts et nets, C'est par là qu'à nos yeux nuls travaux enfantés Imitant en vigueur les gestes des muets,

De ton noble travail n'atteindront les beautés ; Qui veulent réparer la voix que la nature

Malgré tous les pinceaux que ta gloire réveille, Leur a voulu nier, ainsi qu'à la peinture.

Il sera de nos jours la fameuse merveille, Il nous étale enfin les mystères exquis

Et des bouts de la terre en ces superbes lieux De la belle partie où triompha Zeuxis',

Attirera les pas des savants curieux. Et qui, le revêtant d'une gloire immortelle,

O vous, dignes objets de la noble tendresse Le fit aller de pair avec le grand Apelle :

Qu'a fait briller pour vous cette auguste princesse, L'union, les concerts et les tons des couleurs, Dont au grand Dieu naissant, au véritable Dieu , Contrastes, amitiés, ruptures et valeurs,

Le zèle magnifique a consacré ce lieu', Qui font les grands effets, les fortes impostures, Purs esprits, où du ciel sont les grâces infuses, L'achèvement de l'art et l'âme des figures.

Beaux temples des vertus, admirables recluses, Il nous dit clairement dans quel choix le plus beau Qui dans votre retraite, avec tant de ferveur, On peut prendre le jour et le champ du tableau. Mêlez parfaitement la retraite du coeur, Les distributions et d'ombre et de lumière

Et par un choix pieux hors du monde placées, Sur chacun des objets et sur la masse entière; Ne détachez vers lui nulle de vos pensées, Leur dégradation dans l'espace de l'air,

Qu'il vous est cher d'avoir sans cesse devant vous Par les tons différents de l'obscur et du clair; Ce tableau de l'objet de vos võux les plus doux , Et quelle force il faut aux objets mis en place

D’y nourrir par vos yeux les précieuses flammes Que l'approche distingue et le lointain efface; Dont si fidèlement brûlent vos belles âmes, Les gracieux repos que par des soins communs D'y sentir redoubler l'ardeur de vos désirs, Les bruns donnent aux clairs, comme les clairs aux D’y donner à toute heure un encens de soupirs, Avec quel agrément d'insensible passage (bruns, Et d'embrasser du cour une image si belle Doivent ces opposés entrer en assemblage,

Des célestes beautés de la gloire éternelle, Par quelle douce chute ils doivent y tomber,

Beautés qui dans leurs fers tiennent vos libertés Et dans un milieu tendre aux yeux se dérober; Et vous font mépriser toutes autres beautés ! Ces fonds officieux qu'avec art on se donne,

Et toi , qui fus jadis la maîtresse du monde Qui reçoivent si bien ce qu'on leur abandonne, Docte et fameuse école en raretés feconde, Par quels coups de pinceau, formant de la rondeur, Où les arts déterrés ont, par un digne effort Le peintre donne au plat le relief du sculpteur:

Réparé les dégâts des barbares du Nord; Quel adoucissement des teintes de lumière

Source des beaux débris des siècles mémorables, Fait perdre ce qui tourne, et le chasse derrière, Et comme avec un champ fuyant, vague et léger,

'L'église du Val de Grâce était consacrée à Jésus naissant es

à la Vierge sa mère; on lisait sur la frise du portique : Le coloris, troisième partie de la peinture. ( Note de Molière.)

Jesu nascenti Virginique matri.

O Rome, qu'à tes soins nous sommes redevables Ses miracles encore ont passé plus avant,
De nous avoir rendu, façonné de ta main,

Et de nos courtisans les plus légers d'étude
Ce grand homme, chez toi devenu tout Romain, Elle a pour quelque temp's fixé l'inquiétude,
Dont le pinceau célèbre, avec magnificence,

Arrêté leur esprit, attaché leurs regards,
De ces riches travaux vient parer notre France, Et fait descendre en eux quelque goût des beaux-arts.
Et dans un noble lustre y produire à nos yeux Mais ce qui plus que tout élève son mérite,
Cette belle peinture inconnue en ces lieux :

C'est de l'auguste roi l'éclatante visite :
La fresque, dont la grâce, à l'autre préférée, Ce monarque, dont l'âme aux grandes qualités
Se conserve un éclat d'éternelle durée,

Joint un goût délicat des savantes beautés,
Mais dont la promptitude et les brusques fiertés Qui, séparant le bon d'avec son apparence,
Veulent un grand génie à toucher ses beautés ! Décide sans erreur, et loue avec prudence;
De l'autre, qu'on connaît, la traitable méthode LOUIS, le grand LOUIS, dont l'esprit souverain
Aux faiblesses d'un peintre aisément s'accommode : Ne dit rien hasard, et voit tout d'un oil sain,
La paresse de l'huile, allant avec lenteur,

A versé de sa bouche, à ces grâces brillantes, Du plus tardif génie attend la pesanteur;

De deux précieux mots les douceurs chatouillantes; Elle sait secourir, par le temps qu'elle donne, Et l'on sait qu'en deux mots ce roi judicieux Les faux pas que peut faire un pinceau qui tâtonne; Fait des plus beaux travaux l'éloge glorieux. Et sur cette peinture on peut, pour faire mieux , Colbert, dont le bon goût suit celui de son maitre, Revenir, quand on veut , avec de nouveaux yeux.

A senti même charme, et nous le fait paraître. Cette commodité de retoucher l'ouvrage

Ce vigoureux génie au travail si constant, Aux peintres chancelants est un grand avantage;

Dont la vaste prudence à tous emplois s'étend,
Et ce qu'on ne fait pas en vingt fois qu'on reprend, Qui du choix souverain tient, par son haut mérite,
On le peut faire en trente, on le peut faire en cent.

Du commerce et des arts la suprême conduite,
Mais la fresque est pressante, et veut, sans complai- A d'une noble idée enfanté le dessein
Qu’un peintre s'accommode à son impatience, (sance, Qu'il confie aux talents de cette docte main,
La traite à sa manière, et d'un travail soudain, Et dont il veut par elle attacher la richesse
Saisisse le moment qu'elle donne à sa main.

Aux sacrés murs du temple où son cour s'intéresse', La sévère rigueur de ce moment qui passe

La voilà, cette main qui se met en chaleur. Aux erreurs d'un pinceau ne fait aucune grâce; Elle prend les pinceaux, trace, étend la couleur, Avec elle il n'est point de retour à tenter,

Empâte adoucit, touche, et ne fait nulle pause : Et tout au premier coup se doit exécuter.

Voilà qu'elle a fini ; l'ouvrage aux yeux s'expose; Elle veut un esprit où se rencontre unie

Et nous y découvrons, aux yeux des grands experts, La pleine connaissance avec le grand génie,

Trois miracles de l'art en trois tableaux divers. Secouru d'une main propre à le seconder,

Mais parmi cent objets d'une beauté touchante , Et maîtresse de l'art jusqu'à le gourmander,

Le Dieu porte au respect, et n'a rien qui n'enchante Une main prompte à suivre un beau feu qui la guide, Rien en gråce, en douceur, en vive majesté, Et dont comme un éclair la justesse rapide

Qui ne présente à l'ail une divinité; Répande dans ses fonds, à grands traits non tâtés, Elle est toute en ces traits si brillants de noblesse : De ses expressions les touchantes beautés.

La grandeur y paraît, l'équité, la sagesse, C'est par là que la fresque, éclatante de gloire, La bonté, la puissance; enfin ces traits font voir Sur les honneurs de l'autre emporte la victoire, Ce que l'esprit de l'homme a peine à concevoir. Et que tous les savants, en juges délicats,

Poursuis, ô grand Colbert, à vouloir dans la France Donnent la préférence à ses mâles appas.

Des arts que tu régis établir l'excellence, Cent doctes mains chez elle ont cherché la louange; Et donne à ce projet, et si grand et si beau , Et Jules, Annibal, Raphaël , Michel-Ange,

Tous les riches moments d'un si docte pinceau, Les Mignards de leur siècle, en illustres rivaux, Attache à des travaux dont l'éclat te renomme Ont voulu par la fresque ennoblir leurs travaux. Les restes précieux des jours de ce grand homme. Nous la voyons ici doctement revêtue

Teis hommes rarement se peuvent présenter,
De tous les grands attraits qui surprennent la vue. Et quand le ciel les donne, il faut en profiter.
Jamais rien de pareil n'a paru dans ces lieux; De ces mains dont les temps ne sont guère prodigues,
Et la belle inconnue a frappé tous les yeux.

Tu dois à l'univers les savantes fatigues;
Elle a non-seulement, par ses grâces fertiles,
Charme du grand Paris les connaisseurs habiles,

· Saint-Eustache. ( Note de Molière.)

Colbert était de la paroisse Saint-Eustache, et il fut inhumé Et touché de la cour le beau monde savant;

dans l'église.

C'est à ton ministère à les aller saisir,

Mendier des prôneurs les éclatants suffrages. Pour les mettre aux emplois que tu peux leur choisir; Cet amour du travail, qui toujours règne en eux, Et, pour ta propre gloire, il ne faut point attendre Rend à tous autres soins leur esprit paresseux; Qu'elles viennent t'offrir ce que ton choix doit prendre. Et tu dois consentir à cette négligence Les grands hommes, Colbert, sont mauvais courti- Qui de leurs beaux talents te nourrit l'excellence. Peu faits à s'acquitter des devoirs complaisants; (sans, Souffre que, dans leur art s'avançant chaque jour, A leurs réflexions tout entiers ils se donnent; Par Jeurs ouvrages seuls ils te fassent leur cour. Et ce n'est que par là qu'ils se perfectionnent. Leur mérite à tes yeux y peut assez paraître; L'étude et la visite ont leurs talents à part.

Consultes-en ton goût, il s'y connaît en maître, Qui se donne à la cour se dérobe à son art.

Et te dira toujours, pour l'honneur de ton choix, Un esprit partagé rarement s'y consomme,

Sur qui tu dois verser l'éclat des grands emplois. Et les emplois de feu demandent tout un homme. C'est ainsi que des arts la renaissante gloire Ils ne sauraient quitter les soins de leur métier De tes illustres soins ornera la mémoire; Pour aller chaque jour fatiguer ton portier;

Et que ton nom, porté dans cent travaux pompeux. Ni partout, près de toi , par d'assidus hommages Passera triomphant à nos derniers neveux.

FIN DES OEUVRES DE MOLIÈRE.

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Pages.

Pages.
Mélicerte, pastorale héroïque.

350
VIE DE MOLIÈRE, par Grimarest ..

Pastorale comique. ...

360
L'Étourdi, ou les contre-temps, comédie en cinq
actes.

25 Le Sicilien, ou l'Amour peintre, comédie-ballet en un
58 acte ...

364
Le Dépit amoureux, comédie en cinq actes.
87

375

Le Tartuffe, comédie en cinq actes.
Les Précieuses ridicules, comédie en un acte.

Amphitryon, comédie en trois actes.

408
-Sganarelle, ou le Cocu imaginaire, comédie en un

436
101 L'Avare, comédie en cinq actes. ..
acte ..
Don Garcie de Navarre, ou le Prince jaloux, comédie George Dandin, ou le Mari confondu, comédie en trois

112
actes.

473
héroïque en cinq actes .
L'École des maris, comédie en trois actes.

135 Monsieur de Pourceaugnac, comédie-ballet en trois
154 actes.

495
Les Fâcheux, comédie-ballet en trois actes .
L'École des femmes, comédie en cinq actes.

169 Les Amants magnifiques, comédie-ballet en cinq actes. 521

Le Bourgeois gentilhomme, comédie-ballet en cinq
La Critique de l'École des femmes, comédie en un

198
actes.

543
acte. . ...

585
213 Psyché, tragi-comédie-ballet en cinq actes.
L'Impromptu de Versailles, comédie en un acte
227 - Les Fourberies de Scapin, comédie en trois actes.

612
Le Mariage forcé, comédie en un acte .

La comtesse d'Escarbagnas, comédie en un acte . 640
Le Mariage forcé, ballet du roi, dansé par Sa Majesté,

650
240 Les Femmes savantes, comédie en cinq actes. . .
le 29 janvier 1664. .
La Princesse d'Élide, comédie-ballet en cinq actes. . 242 Le Malade imaginaire, comédie-ballet en trois actes. . 679
Don Juan, ou le Festin de Pierre, comédie en cinq

POÉSIES DIVERSES.
actes.

262
L'Amour médecin, comédie-ballet en trois actes.

291

Sonnet à M. la Mothe le Vayer, sur la mort de son
Le Misanthrope, comédie en cinq actes .
304 fils ...

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721
Le Médecin malgré lui, comédie en trois actes. 330 La Gloire du dome du Val de Grace.

Ibid.

.

FIN DE LA TABLE.

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