Page images
PDF
EPUB
[merged small][ocr errors][merged small][merged small]

Tout ce qui est au-dessus de l'intelligence du Vulgaire,eft a
fes yeux, ou sacré, ou prophane , ou abominable.

Tome II. pages 3 & 4.

NOV V ELLE ÉDITION,

revue , corrigée & augmentée.
TOME TROISIEME.

À PARIS;

Chez les Libraires Affociés.

M. DCC. XCIL

[merged small][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

ATV

LE COMPERE

MATHIEU,

O U LES BIG ARRURES

DE L'ESPRIT HUMAIN.

CHAPITRE XXVIII.

LORSQUE nous eûmes tiré de notre cabane tout ce qui nous convenoit, nous reprîmes le chemin par lequel nous étions entrés dans le pays : enfuite nous tirâmes à travers une plaine fabloneuse droit à une chaîne de montagnes qui paroissoient à deux ou trois lieues de nous.

Lorsque nous fûmes au pied de ces montagnes, nous jugeâmes qu'elles étoient inhabitées; c'est pourquoi nous entreprîmes de les passer , & en moins de deux heures nous fùmes de l'autre côté. Alors nous nous arrêtâmes près d'une fontaine qui fortoit d'un rocher, & nous fimes nos

Tome III,

[ocr errors]

périls de toutes especes, nous arrivâmes dans le Mogol.

Il s'agissoit de traverser ce vaste Empire , & de vivre un peu plus à notre aife que nous n'avions fait jusqu'alors; mais nous n'avions pas le fou. Pere Jean, qui avoit été notre prote&eur , notre appui, notre réconfort en mille occasions, le fat encore dans celle-ci. Il connoisfoit parfaitement les simples; il se mit à en chercher de propres contre différentes maladies , & s'annonça pour Médecin dans la premiere ville que nous rencontrâmes. Mais le délabrement de fon habit fut la cause que l'on ne se fia pas d'abord à ce qu'il s'efforçoit de faire entendre. A la fin, ayant guéri une femme d'une fiévre maligne, && un homme d'un mal de jambe jugé incurable , les pratiques lui vinrent en foule, & les présents lui tomberent de toutes parts.

Au bout de quelque séjour dans cet endroit, nous continuâmes notre route de ville en ville & nous arrivâmes à Lahor, où la renommée avoit déjà devancé notre Esculape.

A peine fûmes-nous dans cette ville , que les principaux de l'endroit voulurent voir la Révé reuce: c'etoit à qui le fêteroit, à qui l'emploieroit dans les circonstances où fon ministere étoit nécessaire. Enfin, au bout de trois mois nous avions pour plus de deux mille écus de bien , tant en argent qu'en bijoux, étoffes , &c.

Nous étions réfolus de séjourner au moins un an dans cette ville , lorsqu'un soir le Révérendiffime ayant goûté d'un pot de confitures qu'on lui avoit envoyé, se trouva tout-à-coup attaqué d'une colique affreuse. Il ne douta point que les Médecins de Lahor, jaloux de ses succès, ne l'euffent fait empoisonner. Il eut recours à tous

« PreviousContinue »