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in-8°;

Berne, il se rendit à l'université de Leipzig, où il FIZES (Antoine ), médecin français, né à fut un des élèves de prédilection du célèbre Go- Montpellier, en 1690, mort dans la même ville, defroy Hermann. Il vint ensuite s'établir à Paris. le 14 août 1765. Il reçut de son père, professeur En 1827, M. Fix, sur la recommandation de de mathématiques, les premiers éléments de M. Letronne, fut chargé avec MM. Hase et son éducation, et étudia la médecine à l'académie Sinner de la nouvelle édition du Thesaurus de sa ville natale, où il prit ses degrés. Il suivait Linguæ Græcæ de Henri Estienne, que se propo- alors la pratique de Barbeyrac et de Deidier. Il sait de publier M. Firmin Didot. Un volume du se rendit ensuite à Paris, où il se perfectionna Thesaurus avait paru quand M. Fix cessa d'y col- sous Duverney, Lemery et les deux Jussieu. De laborer. Il fit ensuite paraitre avec M. Sinner les retour à Montpellier en 1718, il succéda à son cuvres de saint Jean Chrysostome: S. Joannis père, conjointement avec de Clapiers, dans la Chrysostomi, archiep. Constant.,Opera omnia chaire royale de mathématiques. En 1732, il quæ exstant, studio D. Bernardi de Mont- remplaça Deidier comme professeur à la Faculté faucon, editio altera emendata et aucta ; de médecine. « Ses théories prolixes, dit un de 1834-1839, 13 vol. gr. in-8°. On a encore de ses disciples, étaient un mélange décousu de M. Fix une édition d’Euripide, dans la Biblio- mécanique, d'hydraulique et de chimie, auquel il thèque Grecque de A.-F. Didot; Paris, 1844, ajoutait des calculs , séduit par l'idée d'arriver

Électre, tragédie d’Euripide, texte à des démonstrations rigoureuses dans des obgrec; Paris, 1844, in-12; Hippolyte, trag. jets qui ne les comportent point. » Sa renommée d'Euripide, texte grec; Paris, 1845, in-12; s'étendit jusqu'à Paris, et, par les conseils de Iphigénie en Tauride; trag. d’Euripide, texte Senac, le duc d'Orléans le choisit pour son grec; Paris, 1847, in-12. Toutes ces éditions ont premier médecin. Mais Fizes, qui ne parlait que eté revues avec le plus grand soin sur les meil- latin ou patois, devint bientôt un objet de ridileurs manuscrits de la Bibliothèque impériale; cule pour toute la cour, et dut donner sa dé

· Fables de Babrius, texte grec; Paris, 1846, mission après quatorze mois seulement d'exerin-12. M. Fix avait déjà publié dans la Revue cice. Il revint à Montpellier, et y reprit les foncde Philologie (t. I, p. 46-81 ) un article re- tions de la chaire et de la pratique, fonctions marquable sur le langage, la métrique et le dia- qu'il continua jusqu'à un âge très-avancé. Fizes lecte de Babrius. M. Fix a publié en outre, en col- a été jugé diversement : suivant Estève, « il laboration avec M. Ph. Le Bas, une édition du soutint la bonne médecine dans le temps où elle Prométhée d'Eschyle ; Paris, 1843, in-12; avec semblait devoir périr par la multiplicité de sentiM. Sommer, Les Néméennes, Les Pythiques et ments et de prétentions ». Astruc le regarde comme Les Isthmiques de Pindare; 1847, 3 vol. in-12. « un homme médiocre, » et Portal lui reproche

W. DE SUCKAU. « une orgueilleuse opiniâtreté à soutenir les proFrance littéraire, supplément.

positions les plus absurdes, et l'accuse d'avoir FIXLMILLNER (Placide), astronome alle- retardé les progrès de l'art, au lieu de les avancer ». mand, né à Achlenthen, en 1721, mort le 27 août Éloy le dit « humble, vertueux, et vrai; et quant 1791. A Salzbourg, où il fit ses principales études,

à l'avarice dont on l'a taxé dans le public, elle il prit goût pour les mathématiques, à la culture n'avait que la figure de cet amour sordide des desquelles son entrée dans l'ordre des Bénédic- richesses. Sa fortune n'a guère été au delà de tins fit d'abord diversion. Il étudia alors la théo- trois cent mille livres. » On a de lui : De Generalogie, le droit, les langues orientales, l'histoire, tione Hominis, thèse ; Montpellier, 1708. L'aules antiquités et la musique. Un événement as- teur y adopte le sentiment des ovaristes, et avance tronomique, le passage de Vénus sur le Soleil ,

que le foetus se nourrit simultanément par le en 1761, réveilla en lui un goût déjà ancien pour

cordon ombilical et par la bouche, et que les l'étude des astres; dès lors il passa une bonne vices congéniaux sont dus aux affections qu'épartie de son temps à l'observatoire de Crems- prouve la mère pendant la grossesse; De Homunster, construit en 1748 par son oncle, abbé

minis Liene sano; Montpellier, 1716, in-12. du monastère de ce nom. En 1765, il publia un Fizes croit que le principal usage de la rate est ouvrage où il déterminait la longitude et la la

d'atténuer les particules du sang artériel et d'en titude de cet observatoire. Onze ans plus tard,

faire un mélange homogène; De naturali SeFixlmillner fit paraître l'ouvrage qui assura sa

cretione Bilis in jecore ; Montpellier, 1716, in-12. réputation. Tout en se livrant à l'enseignement -Specimen de Suppuratione in partibus molet à l'administration d'un collége établi dans libus ; Montpellier, 1722, in-8° ; — Corporis hul'abbaye, Fixlmillner trouva le temps de faire mani partium solidarum Conspectus anatode nombreuses observations astronomiques, que

mico-mechanicus; Montpellier, 1729, in-4°; la mort seule put interrompre. Il fut un des De Cataracta; Montpellier, 1731, in-4°. Dans ce premiers à découvrir la planète Uranus. On a traité, qui est justement estimé, il admet égalede lui : Decennium astronomicum; 1777;

ment les cataractes membraneuses et cristallines, Meridianus Speculæ astron. Cremisanensis.

mais il penche plutôt pour les dernières ; Biog. etr. - Philos. Magaz. - Lalande, Dict. des Sc.

Universæ Physiologiæ Conspectus ; Montpellier, 1737, in-8°; - De Tumoribus in genere ;

astron.

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Montpellier, 1738, in-4°; Paris, 1751, in-8°; — 1 fois en 320 suivant les Fastes consulaires, en Tractatus de Febribus; Montpellier, 1749, 312 d'après Tite-Live. Le dictateur et Flaccinator, in-12. C'est cet ouvrage dont le professeur Fou- accusés d'abus de pouvoir, résignèrent leurs quet prétendait avoir acheté bon nombre d'exem- charges; tous deux, traduits devant les consuls, plaires, afin de les anéantir pour l'honneur de furent honorablement acquittés. Flaccinator fut l'école de Montpellier. On en fit cependant une élu consul en 318, et, suivant les Fastes, pour la nouvelle édition, en 1757. On a recueilli presque seconde fois máitre des cavaliers de C. Mæpius tous les écrits de Fizes ; Montpellier, 1742, in-4o. en 314. Tite-Live prétend que cette fois le dioIl existe aussi un recueil qui a pour titre : Obser- tateur était C. Poetelius. Pour les motifs et les vations sur les plaies par Chirac, et sur la circonstances du jugement de Flaccinator, voy. Suppuration, par Fizes; Paris, 1742, in-12. MÆNIUS. H. FISQUET (de Montpellier).

Fasti. - Tite-Live, IX, 20, 26, 28. Estève, La Vie et les Principes de M. Fizes ; Mont- FLACCUS (M. Fulvius ), homme d'État ropellier, 1765, in-8°. - Astruc, Mémoires pour servir à

main, vivait dans la première partie du troisième l'histoire de la Faculté de Médecine de Montpellier ; 1767, in-40. Portal, Histoire de l' Anatomie et de la siècle avant J.-C. Il fut consul avec App. ClauChirurgie. - Éloy, Diction, hist. de lit Médecine.

dius Caudex, en 264, l'année même où éclata Desgenettes, dans la Biogruphie medicale. Bayle, Encyclopedie des Sciences médicales, t. II, p. 240.

la première guerre punique. Sous son consulat,

les premiers jeux de gladiateurs furent célébrés FLA BENIGO ( Domenico), trente-et-unième

à Rome dans le Forum boarium. Orose donne doge de Venise, mort en 1643. Il était d'une des

par erreur le nom de Quintus Fabius au collègue puissantes familles de Venise, et se mit à la tête

d'Appius Claudius Caudex. du parti aristocratique pour renverser Do

Velleius Paterculus, 1, 12. - Aulu-Gelle, XVII, 21. menico Urseolo, qui régnait depuis vingt ans, par Valère Maxime, II, 4. Eutrope, 11, 10. Orose, IV, . la faveur populaire. En 1026, ils l'accusèrent de

FLACCUS (Q. Fulvius ), général romain, l'un despotisme, le surprirent dans son palais, lui ra

des trois fils du précédent, né vers 270 avant J.-C., sèrent la barbe, et l'envoyèrent en exil, où il

mort vers 201. Il fut consul pour la première fois mourut. Flabenigo ne profita point de son at

en 237. Lui et son collègue L. Cornelius Lentulus tentat : les suffrages publics se réunirent pour

combattirent les Liguriens, et obtinrent le triomaccorder la couronne ducale à Pietro Centranigo phe. Consul pour la deuxième, fois, en 224, il eut Barbolano. En 1029, le peuple, excité par le patriarche de Grado, fils du doge déposé, rappela mier des généraux romains, il porta ses armes att

encore pour province le nord de l'Italie, et, le proles Urseoli, et chassa Centranigo. Flabenigo futdé

delà du Pô. Il força dans cette campagne les Inclarétraitre à la patrie, et dut prendre la fuite. Mais

subriens et les Gaulois à se soumettre. En 215, une réaction singulière ne tarda pas à s'opérer :

après avoir été deux fois consul, Q. Fulvius FlacDomenico Urseolo, frère du patriarche, sans daigner se soumettre à une élection, s'empara du

cus obtint la preture de la ville, interversion dans

l'ordre des magistratures que Tite-Live a jugée gonvernement; le peuple, indigné, se souleva de

digne d'être rapportée. L'année d'avant sa prénouveau, et l'usurpateur, vaincu, s'ensuit à Ra

ture il avait été élu pontife à la place de Q. Ælius venne. La haine de Flabenigo pour les Urseoli

Pætus, tué à la bataille de Cannes. Pendant sa devint alors un mérite. Il fut amnistié, élu régu- préture, le sénat plaça sous ses ordres vingtlièrement et installé sur le trône ducal. Son premier soin fut de faire proscrire ses adversaires ;

quatre vaisseaux, pour protéger les côtes voisines

de Rome. Bientôt après il le chargea de lever il représenta ensuite que depuis trois cents ans

5,000 hommes de pied et 400 chevaux, d'enla plupart des doges avaient tenté de perpétuer

voyer cette légion en Sardaigne le plus tôt possile pouvoir dans leur famille en associant leurs pa

ble, et d'en confier le commandement à qui il vourents au dogat, sous le prétexte de prévenir les

drait, en attendant que son collègue, Q. Mucius troubles de l'élection, et rendaient ainsi la répu

Scevola, alors malade, fût rétabli. En 214, seul blique une principauté héréditaire. Il demanda l'abolition de cette coutume. Cette proposition

de ses collègues, il fut réélu préteur. Le sénat fut accueillie d'une voix unanime, et une loi

décréta que par extraordinaire il aurait Rome fondamentale fut rendue qui interdisait toute

pour province et qu'il y commanderait en l'ab

sence des consuls. En 213 fut nommé maitre désignation d'un successeur avant la mort du

des cavaliers du dictateur C. Claudius Centho, doge régnant.

et l'année d'après il fut élevé au consulat pour Dandolo, Chronica.--Sabellico, Historia Venet., dec.I, Francesco Sansovino, Chron. -- Girolamo

la troisième fois avec Appius Claudius Pulcher. Rossi, Historiarum Ravennatum libri X.

Muratori,

La même année il se porta candidat pour Antiquitates italicæ medii ævi, dissert. V.

Daru,

place de souverain pontife, et il ne put pas l'ohHistoire de Venise, liv. II.

tenir. Pendant son troisième consulat, il eut la FLACCILLA, Voy. FLACILLA.

Campanie pour province. Il s'y rendit avec son * FLACCINATOR ( M. Foslius), général ro- armée, prit position à Bénévent, et de la fit une main, vivait dans la seconde moitié du qua- brnsque irruption sur le camp d'Hannon, situé trième siècle avant J.-C. Il fut maître des cava- dans le voisinage. Après plusieurs attaques viliers du dictateur C. Mænius, pour la première goureuses , mais inutiles contre les retran.

liv. IV.

la

chements carthaginois placós sur une hauteur, une seule. En 209, il fut élevé au consulat pour Flaccus résolut de remettre l'assaut au lende- la quatrième fois, et eut la Lucanie et le Brutmain ; mais l'indomptable énergie de ses soldats tium pour province. Les Hirpiniens, les Lucaet leur indignation en entendant sonner la re. niens et les Volcentiens firent leur soumission, traite l'obligèrent à continuer l'attaque , qui et furent traités avec douceur. Son commandecette fois obtint un plein succès. Les Car- ment fut prorogé l'année suivante, avec Capoue thaginois eurent 6,000 hommes tués, 7,000 pour province et une seule légion sous ses orprisonniers , et perdirent leurs bagages. Après dres. En 207 il commanda ux légions dans ce fait d'armes, Fulvius Flaccus et son collègue le Bruttium. C'est la dernière fois qu'il est fait marchérent contre Capoue, et l'assiégèrent mention de lui dans l'histoire. Fulvius Flaccus avec la plus grande vigueur. L'année suivante, obtint de nombreux succès dans cette dernière sous le consulat de Cn. Fulvius Centumalus et période de la guerre, punique, mais il les dut de P. Sulpicius Galba, Fulvius Flaccus et Ap- peut-être plus à la fortune qu'à ses talents, et il pius Claudius furent prorogés dans leur com- les souilla par des actes de cruauté. mandement, et reçurent avec le titre de pro

Tite-Live, XXIII, 21-34; XXIV, 0; XXV, 2, etc., 13, etc.,

20; XXVI, 1, etc., 8, etc., 22, 28 ; XXVII, 6, etc., 11, 15, consuls l'ordre de continuer le siége de Capoue

22, 36. - Eutrope , Iil, 1. - Zonaras, VIII, 18, etc. – Pojusqu'à la prise de la ville. La marche d'An- lybe , 11, 31. Orose, 11, 13, etc. Appien, Annit., 37, nibal sur Rome força Fulvius Flaccus à s'y

40, etc. - Valère Marime, 11, 3, 8; III, 2; V, 2. - Cicéron,

De Leg. agr., II, 33. rendre pour défendre la ville. Après la retraite d'Annibal, il revint devant Capoue, et pressa le

* FLACCUS (Cneius Fulvius), général rosiége avec un extrême acharnement. Les habi

main, frère du précédent, vivait vers 220 avant tants, réduits aux dernières extrémités, résolu

J.-C. Préteur pendant le troisième consulat de rent de se rendre; mais avant que les portes

son père, en 212, il eut l’Apulie pour province. fussent ouvertes aux Romains les principaux sé

Il fut défait par Hannibal, dans le voisinage nateurs se donnèrent la mort, par le poison. Le

d'Herdonée, et prit le premier la fuite avec

deux cents cavaliers. Le reste de son armée lendemain les proconsuls entrèrent dans la place, et commencèrent par faire égorger la garnison

fut taillé en pièces, et de 22,000 hommes il ne carthaginoise; ils délibérèrent ensuite sur le sort

s'en échappa que 2,000. C. Sempronius Blæsus des cinquante sénateurs, qui vivaient encore et

l'accusa devant le peuple d'avoir perdu son arqui avaient été transportés à Calès et à Teanum.

mée par son inhabileté et son imprudence. Flaccus Appius Claudius voulait pardonner, et sur le

tenta d'abord de rejeter sa défaite sur ses solrefus de son collègue, il obtint du moins que le

dats; mais l'enquête prouva qu'il avait montré sénat romain serait consulté. Flaccus, bien ré

de la lâcheté. Il essaya alors de se mettre sous solu à ne pas attendre les ordres de Rome, se

la protection de son frère, que la prise de Capoue rendit à Teanum avec deux mille cavaliers d'é

venait de placer au plus haut point dans la falite, et fit battre de verges et frapper de la hache

veur populaire; ce moyen ne lui réussit pas les sénateurs campaniens; de là il courut à

mieux que le premier. Se voyant exposé à une Calès, pour y procéder à la même exécution punition sévère, il s'exila volontairement, et se « Déjà, dit Tite-Live, Fulvius Flaccus était assis

retira à Tarquinie. Selon Valère Maxime, Cneius sur son tribunal; déjà les Campaniens qu'on lui

Flaccus n'accepta pas le triomphe : c'est probaavait livrés étaient attachés an poteau, lorsqu'un blement une méprise de l'historien, ou du moins courrier arrivé de Rome en toute hâte et lui

on ignore à quello occasion il refusa cet honneur, Tite-Live, XXV, 3, 21; XXVI, 2, 3. –

Valère Maxime, remet une dépêche du préteur C. Calpurnius et

11, 8; VIN, 4. un sénatus-consulte. Le bruit se répand au pied *FLACCOS ( Caius Fulvius), général romain, du tribunal et dans toute l'assemblée que c'est

frère des deux précédents, vivait vers 220 avant un ordre de renvoyer au sénat toute l'affaire

J.-C. Il servit de iieutenant à son frère Quintus des Carnpaniens: Fulvius, qui le pressentait aussi, pendant le siège de Capoue. En 1209 il fut prend la lettre, la met, sans l'ouvrir, dans son

chargé de conduire en Étrurie un détachement sein, et enjoint au héraut d'ordonner au licteur

de troupes, et de ramener à Rome les légions d'ayir selon la loi. Ainsi les détenus de Calès qui stationnaient dans cette province. sont suppliciés comme ceux de Teanum. Fulvius

Tite-Live, XXVI, 33 ; XXVII, 8. lit ensuite la lettre et le sénatus-consulte. » C'é- * FLACCUS ( Q. Fulvius ), général romain, tait un ordre d'épargner les prisonniers; Fulvius un des quatre fils de Q. Fulvius Flaccus, mort Flaccus, qui l'avait prévu, s'était hâté d'ordonner en 173 avant J.-C. En 185 il fut édile curule le supplice, pour que rien ne pút l'en empêcher. désigné. Le préteur de la ville C. Decimus étant Tous les autres actes du proconsul à l'égard des mort cette même année, Flaccus se porta candihabitants de Capoue portent le même caractère dat pour cette place, et ne put l'obtenir, malgré de cruelle sévérité. A la fin de l'année , il revint de grands efforts. En 182 il obtint enfin la à Rome, où il fut chargé, comme dictateur, de charge de préteur, avec l'Espagne Citérieure présider aux élections consulaires. Lui-même pour province. Il commença par chasser les garda le commandement de Capoue une année Celtibériens de la ville d'Urbicua, puis il les encore, mais ses deux légions furent réduites à défit dans une grande bataille, leur tua 23,000

hommes, et leur fit 4,000 prisonniers. Après la cours des Massiliens, dont le territoire était enréduction de la ville de Contrebia, il remporta vahi par les Salluviens. Il soumit le premier les une seconde victoire, qui amena la soumission Liguriens transalpins, et obtint les honnenrs du d'une grande partie des Celtibériens. A la fin de triomphe. Après la mort de Tib. Sempronius sa préture il lui fut permis de ramener avec lui Gracchus, en 129, il fut nommé, avec Carbon et ceux de ses soldats qui s'étaient le plus dis- Caius Sempronius Gracchus, triumvir pour la tingués, et des prières publiques furent décrétées division des terres (agro dividendo). Il fut un à Rome pour célébrer son heureuse campagne. zélé défenseur de toutes les actions de Caius Mais, au moment de son départ, il fut brusque- Gracchus, et particulièrement de ses lois agraiment attaqué dans un défilé par les Celtibe. res; mais il n'imita pas la conduite calme, riens. Malgré le désavantage de sa position, il ferme et toujours digne qui caractérise la pure remporta une complète victoire, due principale- et noble carrière de Caïus Gracchus, et le grand ment à sa cavalerie. Les ennemis perdirent tribun perdit plus peut-être qu'il ne gagna 17,000 hommes. Fulvius Flaccus, après avoir l'amitié de Fulvius Flaccus. Parmi les accusafait veu de célébrer des jeux en l'honneur de tions élevées contre ce dernier, se trouvait celle Jupiter et de bâtir un temple à la Fortune éques. d'avoir voulu exciter les alliés en proposant tre, revint en Italie. Il célébra ses victoires par pendant son consulat de leur garantir le droit un triomphe en 180, et fut élu consul l'année de cité. En 122, il accompagna C. Gracchus en suivante avec son frère L. Manlius Acidinus Afrique pour établir une colonie à Carthage; car Fulvianus. Après la célébration des jeux en l'hon- le sénat était très-désireux de les écarter, afin neur de Jupiter sanctionnés par le sénat , le con- de tout disposer en leur absence pour renverser sul alla faire la guerre contre les Liguriens, les leurs projets. Tous deux retournèrent bientôt à défit et prit leur camp. A son retour à Rome, il Rome. La veille du meurtre de Caius Gracchus, eut les honneurs d'un second triomphe, le jour Flaccus rassembla une troupe de gens prêts à anniversaire du premier. En 174 il devint cen- combattre le parti sénatorial, et il passa la nuit seur avec A. Postumius Albinus. Pendant sa à boire avec ses amis. Au point du jour il se sai. censure son propre frère fut expulsé du sénat. sit avec sa bande du mont Aventin. Caius GracQ. Fulvius Flaccus s'occupa alors à bâtir le chus se joignit à eux, tout en refusant d'user temple qu'il avait voué en Espagne, et qui de- de violence, et en obtenant de Flaccus qu'il envait être plus magnifique qu'aucun des édifices verrait son fils dans le Forum pour offrir la paix religieux existant à Rome. Dans cette intention aux partisans du sénat. Le consul Opimius reil fit enlever la toiture du temple de Juno Luci- fusa, et exigea qu'avant toute négociation Flacna dans le Bruttium, afin d'en employer les cus et Gracchus se rendissent. Fulvius Flaccus tuiles de marbre pour couvrir le nouveau tem- fit faire une seconde demande par le même mesple. Les Bruttiens souffrirent par crainte le sa- sager. Cette fois Opimius, impatient de commencrilége; mais quand le vaisseau qui portait les cer la bataille, ordonna d'arrêter l'enfant et de marbres arriva à Rome, la manière dont le cen- le mettre en prison; puis il s'avança contre la seur se les était procurés ne tarda pas à se di. bande de Flaccus, qui fut bientôt dispersée. Flacvulguer. Les consuls portèrent l'affaire devant cus et son fils ainé se réfugièrent dans un bain le sénat, qui ordonna de restituer les tuiles de public; ils y furent découverts et mis à mort. Il marbre et de faire des sacrifices expiatoires à ne paraît pas que Fulvius Flaccus ait eu aucun Junon. Les ordres du sénat furent exécutés; mauvais motif pour se joindre au parti des mais comme il ne se trouva pas d'architecte Gracques, car aucune des charges élevées contre pour remettre les tuiles en place, elles restèrent lui n'est établie avec certitude; mais il comprodéposées dans l'area du temple. Q. Fulvius mit par son audace la politique moins décidée Flaccus n'en devint pas moins, après sa censure, de C. Gracchus. Cicéron le mentionne parmi membre du collége des pontifes. Il commença les orateurs de cette époque, et prétend qu'il bientôt à donner des signes de dérangement ne s'éleva pas au-dessus de la médiocrité. Une mental, et le peuple regarda cette maladie comme de ses filles, Fulvie, épousa P. Lentulus, dont une juste punition de son sacrilége. Plus tard elle eut Lentulus Sura; une autre fut mariée à Fulvius apprit que de ses deux fils, qui servaient P. Lentulus, et une troisième à L. Cæsar. qui en Illyrie, l'un était mort et l'autre dangereu- fut consul en 91; de ce dernier mariage naquit sement malade. Cette nouvelle acheva d'égarer L. Cæsar, cunsul en 64. sa raison, et le lendemain on le trouva pendu

Tite-Live, Epist., 59, 61. Appien , Bel. civ., 1, dans sa chambre à coucher.

18, etc. - - Plutarque, Tib. Gracch., 18; C. Gracchus, Tite-Live, XXXIX, 39, 56 ; XL, 1, 16, 50, etc., 36-44, 53,

Velleius Paterculus, II, 6. — Cicéron, Brut., 28; 59; XLI, 27 ; XLII, 3, 28. - Velleius Paterculus, 1, 10;

De Orat., 11, 70 ; in Cat., I, 2, 12; IV, 6 (Schol. Gronov., 11, s. Appien, Hisp., 2. - Valère Maxime, 1, 1; II, 5,

Ad Catil., p. 413 ); Pro Dom., 38; Phil., VIII, 4. -- Væ Cicéron, in Verr., 1, 41.

lère Maxime, V, 3; VI, 3; IX, 5. — Meyer, Frag. Orat. FLACCUS (M. Fulvius ), homme d'État ro

Rom., p. 219, 2e édit. main, neveu du précédent, mis à mort en 121. * FLACCUS (Q. Fulvius), homme politique Il est surtout connu par son amitié pour les romain, vivait vers 190 avant J.-C. Il fut préGracques. Consul en 125, il fut envoyé au se- teur en Sardaigne en 187. Après s'être porté

10-16.

trois fois candidat pour le consulat, il obtint mille fantassins Rhoduntia et Tichius. Les Maenfin cette charge en 180, en remplacement de cédoniens s'approchèrent de son camp par méson beau-père, Pison, qui venait de mourir. Il fut, prise, et, saisis d'une terreur panique à la vue dit-on, empoisonné par sa femme, Quarta Hos- des Romains, ils s'enfuirent dans le plus grand tilia.

désordre. Flaccus les poursuivit, et en fit un Tite-Live, XXX VIII ; 12; XL, 37.

grand carnage. En 184 il fut collègue de *PLACCUS (Ser.-Fulvius ), consul en 135. M. Porcius Caton dans la censure, et la même Pendant son consulat, il soumit les Vardéens. année il devint prince du sénat.

mourut Cicéron l'appelle un homme lettré et éloquent. quatre ans plus tard, et eut pour successeur Dans une certaine occasion il fut accusé d'inceste coinme pontife Q. Fabius Labéon. et défendu par Curion.

Tite-Live, XXXI, 4. 49, 50 ; XXXII, 1 ; XXXIII, 42, 43; Tite-Live, Epist., 56. – Appien, Nlyr., 10. — Cicéron,

XXXIV, 21, 46; XXXVI, 17, 19; XXXIX, 40, etc., 52 ; Brutus, 21. 32; De Invent., 1, 43; Schol. Bob., in Clod.,

XL, 42,

Polybe, XX, 9, etc, Plutarque, Cuto Ma. p. 330, édit. Orelli,

jor, 12, Corn. Nėpos, Cato, 2. — Orose, IV, 20. FLACCUS (P. Valerius ), amiral romain, vi

FLACCUS (L.-Valerius ), homme d'État rovait vers 220 avant J.-C. En 218 il fut envoyé, main, vivait vers 150 avant J.-C. Il était flamine avec Q. Bæbius Pamphilus, en ambassade au- de Mars (flamen martialis), et fut élu consul en près d'Annibal, alors occupé au siége de Sagonte,

131, avec P.-Licinius Crassus, alors grand-ponavec mission de lui faire des remontrances, et tife. Flaccus désirait prendre le commandement s'il n'en tenait pas compte, de se rendre à Car- de l'expédition contre Aristonique en Asie, mais thage pour y porter les injonctions menaçantes son collègue le mit à l'amende pour avoir né. des Romains. En 215 il commanda, comme gligé les rites sacrés confiés à ses soins. Le lieutenant, un détachement de troupes, sous le

peuple, devant lequel on porta la question, annula consul M. Clandius Marcellus, et il se distingua l'amende, tout en ordonnant au flamine Valeà la bataille de Nola. Peu après il eut le com

rius d'obéir ao pontife Crassus. mandement d'une escadre de 25 vaisseaux qui

Cicéron, Phil., X1, 8. croisaient sur les côtes de la Calabre. Il inter

FLACCUS (L. Valerius), général romain , cepta une ambassade envoyée par Annibal à probablement fils du précédent, tué vers 87 Philippe de Macédoine, et s'empara de diverses

avant J.-C. Pendant qu'il était édile curule, il dépêches et du traité conclu entre le général

fut l'objet d'une accusation de la part du tribun carthaginois et le roi de Macédoine. En consé

Decianus. En 100 il fut collègue de Marius, dans quence de cette découverte, la flotte de Valerius

son sixième consulat, pendant les troubles exciFlaccus fut augmentée, et il reçut l'ordre de pro

tés par L. Appuleius Saturninus. Les deux contéger les côtes d'Italie et de surveiller en même

suls reçurent du sénat l'ordre de requérir l'aide temps celles de Macédoine. Pendant le siége de

des tribuns et des préteurs pour maintenir l'orCapoue, lorsque Annibal marcha sur Rome,

dre public. En conséquence Valerius Flaccus fit Flaccus conseilla prudemment de ne pas retirer

mettre à mort Saturninus, Glaucia et les autres toutes les troupes de Capoue; son avis fut

chefs du parti révolutionnaire. Quatre ans après, adopté.

Valerius Flaccus fut élu censeur avec Marc-AnTite-Live, XXI, 6; XXIII, 16, 36, 38; XXVI, 8.

toine l’orateur. En 86 Cinna le choisit pour colcéron, Philipp., V, 10.

lègue à la place de Marius, qui venait de mourir FLACCUS (L. Valerius ), homme d'État ro- dans son septième consulat, et lui confia le soin main, mort en 180 avant J.-C. Édile curule en d'aller en Asie résister à Sylla et mettre fin à la 201 avant J.-C.,fil fut élu préteur l'année suivante, guerre contre Mithridate. Il amenait comme et reçut la Sicile pour province. En 195, il de- lieutenant C.-Flavius Fimbria. Son avarice et sa vint pontife à la place de M. Cornelius Cethegus. cruauté lui aliénèrent l'esprit des soldats, qui déDans la même année il fut investi du consulat sertèrent du côté de Sylla, ou ne restèrent que avec M. Porcius Caton, et obtint l'Italie pour par l'influence de Fimbria. Celui-ci, qui avait province. Pendant l'été il fit la guerre aux gagné la faveur des soldats par son indulgence, Boïens, les vainquit , leur tua 8,000 hommes, eut une querelle avec le questeur de l'armée. et dispersa le reste de leur armée. Il passa la fin Flaccus lui donna tort, et le destitua; il fit de de la campagne sur les bords du Po, à Plai

plus la faute de le laisser à Byzance, tandis que sance et à Crémone, occupé à réparer les villa- lui-même se rendait à Chalcédoine. Averti que ges détruits par la guerre. Il resta encore dans Fimbria avait profité de son départ pour exciter le nord de l'Italie pendant l'année 194, en qua- une révolte, il revint en toute hâte; mais il lité de proconsul, et, près de Milan, il combattit fut forcé de prendre la fuite, et se sauva à Niavec succès les Gaulois, les Insubriens et les comédie. Fimbria l'y poursuivit, et le fit tuer. Boïens, qui avaient passé le Pô sous le comman- Sa tête fut jetée à la mer, et son corps laissé dement de Dorulacus : 10,000 ennemis perirent, sans sépulture. La plupart des historiens rapdit-on, dans cette bataille. En 191 Valerius Flac- portent le meurtre de Flaccus à l'année même cus, quoique consulaire, servit de lieutenant à de son consulat, en 86; mais Velleius le place M. Acilius Glabrio dans la guerre contre les l'année suivante. Au commencement de son Étoliens et les Macédoniens. Il occupa avec deux consulat, il rendit une loi qui abolissait les det

Ci

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