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BIOGRAPHIE

GÉNÉRALE

DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS JUSQU'A NOS JOURS.

F

PAESCH OU FESCH (Remi), jurisconsulte et ! antiquaire suisse, né à Båle, en 1595, mort le 1er mars 1667. Il étudia le droit à Genève, Lyon, Bourges et Marbourg, et visita la France, l'Allemagne et l'Italie. Il montra un goût prononcé pour la numismatique et les antiquités. Sa collection et sa bibliothèque, léguées par un fidéicommis à l'Académie de Bâle, et connues sous la dénomination de cabinet Faesch, excitent encore aujourd'hui la curiosité des voyageurs. Hoffmann, Lex. univ. - Freher, Theat, erudit.

FAESCH (Sébastien), antiquaire suisse, né à Bâle, le 8 juillet 1647, mort le 27 mai 1712. Il étudia la jurisprudence à Bâle et à Grenoble, visita ensuite d'autres parties de la France, l’Angleterre et la Hollande. En 1678, il se rendit à Vienne et en Italie, pour s'y livrer à des recherches numismatiques. A Padoue il fut reçu membre deľ'Académie des Ricovrati. A Milan, il seconda le comte Mediobarbus dans la publication des Numismata Imperatorum Romanorum. En 1681 Faesch fut chargé de professer les Institutes et en 1695 le Code, En 1706 il laissa l'enseignement pour l'emploi, plus lucratif, de greffier de la ville. On a de lui : Dissertatio de Insignibus eorumque Jure; Bale, 1672, in-4°; De Nummo Pylomenis Evergetæ ; Bale, 1680, in-4', et dans le Thesaur. Antiq. Græc. de Grævius, IX. Eckhel, Doctr. Numorum.-Ersch et Gruber, Allg. Enc.

PAESCH ( Boniface), jurisconsulte suisse, à Bâle, le 25 août 1651, mort le 23 décembre 1713. Il étudia et prit ses grades dans sa ville natale. Il voyagea ensuite pour compléter ses connaissances, devint professeur de rhétorique en 1686, de morale en 1689, d'Institutes en 1692 et de Code en 1706. En 1709 il fut nommé syndic. Il laissa des Dissertations sur la jurispru

PAESCH ( Jean-Louis ), jurisconsulte et peintre suisse, né à Båle, mort à Paris, en 1778. Après avoir étudié la jurisprudence, il peignit le portrait, et fit des caricatures qui eurent du succès. Ses productions étaient également recherchées en France et en Angleterre, où il avait représenté l'acteur Garrick dans un grand nombre de rôles. Nagler, Neues Allg. Künstl.-Lexic.

FAESCH (Jean-Rodolphe), ingénieur alle mand d'origine suisse, mort à Dresde, en 1742. Il fut officier supérieur au corps des ingénieurs et architecte au régiment des cadets de Dresde. On a de lui : Vorschlag wie ein Fürst seine Kinder in allen zur Mathematik gehorigen Wissenschaften kann unterrichten lassen (Plan d'a. près lequel un prince pourrait faire instruire ses enfants dans toutes les branches des sciences mathématiques); Dresde , 1713, in-4°; · Von den Mitteln die Flüsse schiffbar zu machen (Des Moyens de rendre les fleuves navigables); Dresde, 1728, in-8°; Kriegs-ingénieur - Artillerie-und See-Lexicon ( Dictionnaire de l'Ingénieur de la guerre, de l'artillerie et de la marine); Dresde, 1735, in-8°; — Anfangsgründe der Fortification (Principes élémentaires de Fortification); ibid., sans date , in-fol. ;

Alchitectura civilis; sans date, in-fol. Adelung, Suppl. à Jocher, Allgem. Gelehrten-Lexikon.

FAESCH (Georges-Rodolphe), fils de Jean Rodolphe, ingénieur allemand, né en 1710, mort le 1ermai 1787. Il fut un des ingénieurs de la Saxe, et dirigea les fortifications de Dresde. On a de lui : une traduction allemande de l'Art de la Guerre par Puységur ; Leipzig, 1753, in-4° ; une traduction française des Instructions mili. taires du roi de Prusse pour ses généraux ; 1761, in-4°; Règles et Principes de l'Art de la Guerre, traduit aussi en allemand ; Leipzig, 1771, 4 vol. in-8°; Histoire de la Guerre de

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dence.

Athen. Rauric.

NOUV. BIOGR. GÉNÉR.

T. XVII.

la succession d'Autriche de 1740 à 1748; sous ce titre : Les Prophètes protestants, Dresde, 1787, in-8° (en allemand).

Paris, 1847, in-8°; il y raconte la manière dont il Jocher, Allg, Gele-Lexik,

fut conduit pou à peu à l'inspiration. Après la FAESI (Jean-Jacques), astronome suisse, défaite à peu près complète des cainisards, en natif de Zurich, vivait dans la première moitié 1705, il fit sa souinission, et fut conduit jusdu dix-huitième siècle. Outre les Almanachs de qu'aux frontières de Genève. Il se rendit de là Zurich, on a de lui : Deliciæ Astronomiæ, 1697; en Hollande, et vers l'automne de 1706 il arriva Planetoglobium; 1713, in-4°.

à Londres, avec Élie Marion et Jean Cavalier. * Catalogue de la Bibl. imp.

On avait entendu dire en Angleterre des choses FAGAN (Christophe-Barthélemy), auteur si surprenantes de ce qui venait de se passer dramatique français, né à Paris, en 1702, mort dans les Cévennes, que la curiosité publique fut en cette ville, le 28 avril 1755. Fils d'un employé vivement excitée par la présence de ces trois an grand bureau des consignations, il obtint une camisards : on accourut de tous côtés pour les place près de son père, ce qui lui permit de se voir et les entendre. Le célèbre mathématilivrer à ses goûts pour la littérature et le plaisir; cien Nicolas Fatio, Jean Daudé, et Charles Pormalheureusement le plaisir l'emporta toujours talès se firent, pour ainsi dire, leurs patrons, et sur le travail, et l'empêcha d'obtenir tout le recueillirent avec soin leurs discours. On ne succès dû à son talent. Fagan a donné au Théâtre- tarda pas à se diviser sur le compte de ces proFrançais : Le Rendez-vous, comédie en un acte, phètes. Quelques personnes, mais en petit nomen vers, un de ses meilleurs ouvrages, resté long- bre, crurent qu'il y avait quelque chose de surtemps à la scène; 1733 ;-La Pupille, comédie en naturel dans leurs extases ; d'autres suspendiun acte, en prose; 1734; L'Amitié rivale, co- rent leur jugement jusqu'à plus ample informamédie en cinq actes, en vers ; 1736 ; Le Marić tion; d'autres, enfin, les regardèrent comme des sans le savoir, comédie en un acte, en prose; fourbes, ayant l'intention d'armer les puis-, 1740; Joconde, comédie en un acte, en prose; sances étrangères pour la défense des protes1741;- L'Heureux Retour, comédie en un acte, tants français. Par ordre de l'évêque de Lonen yers libres, en société avec Panard; 1744;- dres, le consistoire de l'Église française de la L'Étourderie, comédie en un acte, en prose; Savoie instruisit cette affaire. Sa décision fut 1761; -- Les Originaux, comédie en un acte, en peu favorable aux inspirés. Un grand nombre prose; 1763: cette dernière pièce obtint un grand d'écrits parurent aussitôt, les uns pour, les ausuccès; elle a été remise au théâtre en 1802 par tres contre les prophètes des Cévennes, m tous Dugazon, qui y ajouta trois scènes nouvelles. également empreints de passion. Ce n'est que Il a aussi fait jouer au Théâtre-Italien plusieurs de nos jours que des médecins philosophes ont pièces assez applaudies : La Jalousie impré- porté un jugement sain, et dégagé de tout prévue; 1740; L'Isle des Talents ; 1743; La jugé, sur ce singulier phénomène, qui s'est reFermière, etc. Enfin il a donné au Théâtre de la

produit si souvent dans l'histoire de l'Église, Foire sept opéras comiques faits en collaboration au sein des sectes exaltées par les persécutions. avec Panard : Le Sylphe supposé; Le Temple On prétend que Fage finit par se calmer et par du Sommeil ; Momus à Paris, etc. Deux autres revenir à des sentiments plus raisonnables. de ses pièces, composées en société avec Favart,

Michel NICOLAS, ont été imprimées dans le Théâtre de ce dernier,

Théâtre sacré des Cevennes, Court, Histoire des et Isabelle grosse par vertu, parade d'une folie Camisards, l. I, p. 132, ct t. III, p. 186, 223-227. charmante, jouée au Théâtre de la Foire, a été

FAGEL, nom d'une famille d'hommes d'État imprimée dans le Théatre des Boulevards de hollandais, dont les principaux membres sont Corbie ; 1756. Ses Euvres ont été publiées par les suivants : Pesselier; Paris, 1700, 4 vol. in-12. H. Malot. FAGEL (Gaspard), né à Harlem, en 1629, Pesselier, Éloge historique de Fagan,

La Harpc,

mori le 15 décembre 1688. Jeune encore, en 1663 Cours de Littérature. Quérard, La France littéraire.

il fut nommé pensionnaire dans sa ville natale. FAGE (LA). Voy. Larage.

Ayant su mériter ensuite la confiance des frères de FAGE ( Durand), un des prophètes des Cé- Witt, il fut nommé greffier des états généraux en vennes, né à Aubais (Languedoc), en 1681, et mort 1670, Le 20 août 1672, le jour même du meurtre probablement en Angleterre, vers le milieu du de ses protecteurs, Fagel succéda à l'un d'eux, dix-huitième siècle. Les sentiments religieux, Jean, dans les fonctions de grand-pensionnaire, Il surexcités par la persécution, avaient poussé fut récompensé ainsi du dévouement qu'il montra à l'illuminisme un grand nombre de protestants, pour la cause du prince d'Orange, dévouement qui L'enthousiasme a sa contagion. Fage, homme paraît avoir été le fruit de la conviction et que sans instruction et fortement attaché à son culte, rien ne put altérer desormais. Fagel se montra se laissa gagner par la maladie régnante. Après zélé partisan des entreprises de ce prince contre avoir été témoin, à trois reprises différentes, la France. A l'intérieur, il s'attacha de même (le scènes d'inspiration, il finit aussi par pro- au système orangiste. C'est ainsi qu'il contribua phétiser, On a de lui dans le Théâtre sacré des à faire proposer au prince d'Orange la souseCévennes; Londres, 1707, in-12, réimprimé ! raineté du duché de Gueldres, par les états de ce pays, proposition que le prince refusa en ac- fit tous ses efforts pour empêcher l'expulsion ceptant seulement le titre de stathouder de la de la maison d'Orange. On lui attribue une province (1675). Enfin, ce fut lui qui porta la traduction des Lettres de lady W. Montaguë, ville de Harlem à proposer pour la première publiée en société avec deux Français ; Rotterfois, le 23 janvier 1674, l'hérédité du stathou

dam, 1764. dérat. Il combattit vivement le traité de Ni- Biog. étr. - Conv.-Lex. mègue; et à cette occasion il se prononça avec FAGEL (Henri, baron ), petit-fils du préamertume contre le premier ambassadeur, Be- cédent, natif de La Haye, mort dans la même verningk. Mais le pays lui-même était pour la ville, le 24 mars 1834. Il devint secrétaire d'État paix ; et Fagel dut se contenter de lutter par après son père. Au mois de novembre 1793, il toutes les voies contre les atteintes portées par fut envoyé à la cour de Copenhague pour engager Louis XIV à la liberté européenne. A l'ambas- le Danemark à entrer dans la coalition contre sadeur français d'Avaux, qui lui offrait, dit-on, la France. Au mois de juillet 1794, le baron de deux millions, pour l'attirer à la cause du roi, Fagel se rendit au quartier général du prince Fagel répondit que sa patrie était assez riche pour de Cobourg pour signer le traité d'alliance des récompenser dignement ses services. Il déploya la états généraux avec les rois de Prusse et d'Anmême énergique opposition lors de la proposition gleterre. Après la conquête de la Hollande par faite par la France d'une trêve de vingt années les Français, il s'exilą avec les princes de la maiavec l'Espagne et l'empereur d'Allemagne : son d'Orange. Il rentra avec eux dans sa patrie « Sans doute, la république est en danger, dit-il, en 1813, et signa le manifeste par lequel le prince mais le danger ne fut pas moindre un siècle plus d'Orange invitait les Hollandais à secouer le tôt, lorsque, après la perte de Harlem, un mi- joug de la France. En 1814, il alla à Londres en racle seul put sauver Alkmar et Leyde. Le dieu qualité de ministre plénipotentiaire, et y conclut d'alors est encore là, et mieux vaut chevaucher un traité d'alliance entre les Pays-Bas et la Grandede Bruxelles et d'Anvers que de Bréda et de Dor- Bretagne. Rappelé en 1824, il fut nommé midrecht à la rencontre des Français ; mieux, enfin,

nistre secrétaire d'État.

Biogr. etr, - Conu. Lex. - Enc des G. du M. vaut mourir que de tomber aux mains de l'inexorable Louvois ou de quelques laquais fran

FAGEL ( Robert, baron DE), frère du précé

dent, diplomate et général néerlandais, né en cais chargés de la levée des contributions. En

1772. Entré de bonne heure au service, il se combattant pour la patrie, nos ancêtres se sont

distingua dans les campagnes de 1793 et de 1794 couverts d'une immortelle gloire; à nous de

contre la France. Il s'exila lors de la chute de la marcher sur leurs traces. » Cependant la trêve

maison d'Orange et de la conquête de la Holfut conclue le 29 juin 1684. Fagel eut une grande part à la prise de possession du trône d’Angle lande, et ne revint dans sa patrie qu'en 1813. Ac. terre par le prince d'Orange; il en prépara les

crédité à Paris depuis 1814 par le roi Guil

laume fer, il resta dans cette ville jusqu'au mois voies en représentant le gendre de Jacques II

de janvier 1854, époque à laquelle il prit sa comme le défenseur du protestantisme; mais la

retraite. mort l'empêcha de voir s'opérer cette révolu

Biogr. etr. - Conversations-Lexikon. Lesur, Ann. tion. Sans avoir l'énergie des de Witt, Fagel comprit parfaitement la situation de son pays, FAGET DE BAURE (Jacques-Jean, baron), qu'il sut diriger dans le sens des alliances qui lui magistrat et historien français, né à Orthez(Béarn), convenaient.

le 30 octobre 1755, mort le 30 décembre 1817. Ersch et Gruber, Allg. Enc. – Van Hasselt, Univ. Envoyé fort jeune au collége de Juilly, il acheva pitt.- Macaulay, Hist. of Engl.

rapidement ses études, et fut dès l'âge de dix-neuf FAGEL (François-Nicolas), général hollan- ans appelé à remplir les fonctions d'avocat gédais, neveu de Gaspard, mourut en 1718. Il entra

néral au parlement de Pay. Il se tint à l'écart dans l'armée en 1672, et devint général d'infanterie pendant la révolution et les premières années au service des états généraux et feld-maréchal- de l'empire. En 1809 il obtint, sur la recommanlieutenant au service de l'Empire. Il se signala à dation de Daru, son beau-frère, la place de la bataille de Fleurus en 1690, commanda lors de

rapporteur du conseil dụ contentieux de la maila célèbre défense de Mons en 1691, et fit preuve son de Napoléon. Il fut élu en 1810 membre de grands talents militaires au siège de Namur, à

du corps législatif, et nommé en 1811 président la prise de Bonn, puis dans le Portugal en 1703,

de chambre à la cour impériale de Paris. Mainen Flandre en 1711 et 1712, ainsi qu'aux ba

tenu sous la Restauration dans cette haute positailles de Ramillies et de Malplaquet.

tion judiciaire, il fut envoyé à la chambre des déEnc. des G. du M. Conver.-Lex.

putés par les électeurs des Basses-Pyrénées, et sié. PAGEL (Henri), né à La Haye, en 1706, gea parmi les membres les plus modérés du coté mort en 1790. En 1744, il devint greffier des droit. On a de lui : Histoire du Canal du Lan. états généraux, et contribua en cette qualité à guedoc ; Paris, 1805, in-8°; - Essai historique l'élévation de Guillaume V au stathoudérat, en sur le Béarn ; Paris, 1818, in-8°; divers 1747. Il ne prit pas une moindre part aux événe- morceaux de littérature, insérés sans nom d'auments qui signalèrent le règne de ce prince, et teur dans Le Spectateur du Nord.

hist. univ.

Son fils, Henri, né en 1802, est conseiller à 1 la cour impériale de Paris. Rabbe, Boisj., etc., Biog. univ. et port. des Contemp.

FAGGIUOLA ( Uguccione DELLA), prince italien, né à Maia-Trebara, dans la seconde moitié du treizième siècle, mort à Vérone, en 1319. Il se signala dans le parti gibelin au commencement du quatorzième siècle. Uni aux Tarlati d'Arezzo, il fit la guerre aux Florentins, qu'il battit à plusieurs reprises. Il mit ensuite au service de Pise sa petite armée d'aventuriers, et il devint bientôt seigneur de cette ville. Son premier soin fut d'enlever Lucques au parti guelfe. Il se servit dans ce but de certaines familles lucquoises dévouées au parti gibelin; ces fa. milles excitèrent une émeute, et, à la faveur du tumulte, elles ouvrirent à Faggiuola une des portes de Lucques. Celui-ci pénétra dans la ville, que ses soldats mirent au pillage. Le trésor de l'église de Rome, qu'on avait depuis peu transporté à Lucques pour le mettre à l'abri de l'empereur Henri VII, tomba entre les mains du vainqueur. Ces richesses le rendirent très-puissant, dans un temps où l'on pouvait avoir pour de l'argent autant de soldats que l'on voulait. Les Florentins, voyant que Faggiuola avait joint la seigneurie de Lucques à celle de Pise, qu'il avait conquis toutes les forteresses des guelfes dans la vallée inférieure de l'Arno et dans la Valdinievole, implorèrent le secours du roi Robert d'Anjou, qui leur envoya son frère Pietro, duc de Gravina. Faggiuola assiégeait Montecatini dans la Valdinievole. Pietro marcha contre lui avec des forces supérieures. Faggiuola, se voyant coupé du seul passage par lequel il put recevoir des vivres, leva le siége, et se retira. Les ennemis essayèrent de lui barrer le chemin; mais ils furent enfoncés par les cavaliers allemands. Leduc Pietro périt dans la bataille, livrée le 29 août 1315. Montecatini se rendit aussitôt après. La fortune de Faggiuola ne tarda pas à changer. Son fils Neri, qui gouvernait la seigeurie de Lucques, fit arrêter, pour cause de brigandage et d'actes sanguinaires, Castruccio, jeune homme de la famille des Interminali, tandis que luimême faisait trancher la tête à Banduccio Buonconte, citoyen important de Pise, et à son fils, coinme coupables de correspondance avec Robert. Ces deux actes d'antorité excitèrent à Lucques et à Pise un soulèvement, auquel Faggiuola et son fils ne crurent pas pouvoir résister. Ils quittèrent leurs seigneuries, et se rendirent auprès de Can della Scala, seigneur de Vérone. En 1317, Faggiuola essaya de rentrer dans Pise, avec le secours de della Scala. Cette tentative échoua complétement; et deux ans après Faggiuola mourut, d'une maladie contractée au siége de Padoue, où il avait accompagné le seigneur de Vérone.

Villani, Istorie Florentine, c. 59. - Memorie et documenti per serv. all islor, del princ. di Lucca, vol. I, p. 245. - Capriolo, Rittrati di cento Capitani illustri, p. 17. - Leo et Botta, Histoire de l'Italie (traduite par M. Dochez), t. II, p. 68-71.

FAGGOT (Jacques), célèbre ingénieur et économiste suédois, né dans l’Upland, le 23 mars 1699, mort en 1778. Après avoir étudié dans sa ville natale, il entra à vingt-deux ans au collège des mines. Dès cette époque il fit des cours de physique expérimentale; en même temps il fut chargé par le bureau des arpenteurs de profes. ser la géométrie. En 1726 il obtint dans la même administration un emploi d'ingénieur, qu'il dut abandonner pour se consacrer à l'exploitation des mines d'alun situées aux environs de Calmar et dans l'ile d'Aaland. A son retour il fut nommé inspecteur du bureau des arpenteurs. Les indications qu'il donna ensuite pour la réforme du système des poids et mesures lui firent confier la surveillance de cette branche de l'économie publique. Sur la proposition de Faggot, le bureau des arpenteurs obtint, en 1734, le privilége de la levée des cartes de la Suède. Les résultats de ses opérations furent la suppression légale des communes et un système d'agriculture plus intelligent : on ne confia plus à de simples mercenaires le soin de cultiver le sol. Il publia même sur ce sujet un important ouvrage. Après la guerre de Finlande (1741), Faggot, consulté sur le mode d'administration de cette province, indiqua, d'après la connaissance qu'il avait du cadastre, d'utiles mesures. En 1747, il succéda à Nordenkreutz dans la direction du collége des arpenteurs. Il indiqua les moyens d'améliorer la fabrication du salpêtre, proposa un nouvel établissement de greniers publics, enfin fit introduire d’utiles modifications dans la régie des domaines de la couronne. Secrétaire de l'Académie des Sciences depuis plusieurs années,il enrichit de plusieurs mémoires le recueil de cette compagnie, qui fit frapper une médaille en l'honneur de Faggot. Son éloge funèbre, écrit en suédois par Nicander, a été publié à Stockholm, en 1779. On a de Faggot : Von den Hindernissen und der Aufhelfung der Landwirthschaft (Des Obstacles qui entravent l'économie rurale et des moyens d'y remédier).

Adelung, Suppl. á Jöcher, Allg. Gel.- Lexik. Hirsching, Hist. literar. Handb.

FAGIUOLI (Jean-Baptiste ), poëte italien, né à Florence, le 24 juin 1660, mort le 12 juillet 1742. Il se rendit célèbre par ses poésies burlesques, et fut l'un des fondateurs de l'académie des Apatastes. Après avoir longtemps voyage et éprouvé toutes les vicissitudes de la fortune, il revint mourir dans sa patrie. On a de lui : Rime piacevoli; Florence, 1729, 2 vol. in-8°; un recueil de Comédies ; Florence, 1734-1736, 7 vol. in-12;— des Ouvrages en prose; Florence, 1737.

Giulianelli, Orazione funebre di J.-B. Fagiuoli; Florence, 1742,

FAGIUS (Paul BUCHHEIM, plus connu sous le nom latin DE), savant hébraïsant, né à Saverne, en 1504, mort à Cambridge, le 13 novembre 1549. Il ent pour premier maitre son

Hebræorum,

père, qui tenait une école dans le lieu de sa tus,

, per P. Fagium latinitate donatus ; Isny, naissance. Envoyé en 1515 à Heidelberg, où il 1541, in-4°; 2e édit., Bâle, 1557, in-4°; -- Comfit ses humanités, il alla en 1522 étudier la théo- mentarius hebraicus R. David Kimchi in logie à Strasbourg; il se livra surtout à l'étude

Xprimos psalmos Davidicos, cum versione lade l'hébreu, qu'il apprit de Wolfgang Capiton. La tina; Isny, 1541, in-fol.; Sententiæ vere pauvreté l'obligea, en 1527, d'accepter la place elegantes, piæ miræque veterum sapientium de maitre d'école à Isny, petite ville de la Souabe.

in latinum versæ, scholiisque I occupa cet emploi pendant dix ans, consa- illustratæ ; Isny, 1541, in-4°; - Exegesis sive crant tout le temps que lui laissait l'accomplis- expositio dictionum hebraicarum litteralis sement de ses devoirs à des travaux de théo

et simplex in IV cap. Geneseos; Isny, 1542, logie et de philologie hébraïque. En 1537 il

in-4°; réimp. dans les Critici sacri ; Senchangea ces modestes fonctions pour celles de tentiæ morales ordine alphabetico Bens ministre dans la même localité. Cette améliora

Syræ , cum succincto commentariolo, hetion dans sa position lui permit de se procurer braice et latine; Isny, 1542, in-4°; Tobias quelques livres et de joindre à l'étude de l'hé

hebraico ut is adhuc hodie apud Judæos inbreu celle du chaldéen. Cependant il avait le pro- venitur, omnia ex hebræo in latinum transjet de chercher un poste plus avantageux, quand lata ; Isny, 1542, in-4°; - Liber Fidei seu un riche marchand d'Isny, Pierre Buffler, lui of- Veritatis, in latinum translatus; Isny, 1542, frit de faire les fonds pour l'établissement d'une in-4° : la même année, Fagius avait publié le imprimerie, à condition qu'il se chargerait lui

texte hébreu de cet ouvrage ;

Translatiomême de la diriger. Fagius accepta, fit venir

num præcipuarum Veteris Testamenti inter d'Italie Elias Levita, et avec son aide publia de se variantium Collatio; Isny, 1543, in-4°, bonnes éditions de divers ouvrages en langue réimp. dans les critici sacri ; Compenhébraïque. Ces publications lui firent en Allema

diaria Isagoge in Lingua Hebræa; Constance, gne la réputation d'un orientaliste distingué, et

1543, in-4°; Prima IV Capita Geneseos presque au même moment le landgrave de Hesse

hebraica cum versione germanica, hebraicis lui proposa une chaire de théologie à l'uni

tamen characteribus exarata, una cum sucversité de Marbourg, la ville de Strasbourg cinctis scholiis et ratione legendi hebræocelle d'hébreu, laissée vacante par la mort de

germanico; Constance, 1543, in-4°; 2e édit., Capiton, et la ville de Constance une place de

Strasbourg, 1546; – Paraphrasis Onkeli chalpasteur, en remplacement de l'éloquént prédica

daica in sacra Biblia, ex chaldæo in latinum teur Jean Zwick. Fagius consentit à desservir fidelissime versa: additis in singula fere capendant deux ans l'église de Constance, et en

pita succinctis annotationibus; Strasbourg, 1544 il alla occuper la chaire d'hébreu de Stras

1546, in-fol. Les annotations ont été reproduites

dans les Critici sacri. - M. Weiss, dans la Biodéric II, le chargea de la réorganisation de l'u- graphie universelle, lui attribue par erreur niversité de Heidelberg; Fagius retourna ensuite à

une Metaphrasis et enarratio in Epistolam Strasbourg, où il continua de professer jusqu'à sancti Pauli ad Romanos : cet ouvrage est la publication de l'intérim. Ayant refusé de de Martin Bucer.

Michel NICOLAS. l'accepter, il fut déposé ainsi que Bucer. Ils MM. Haag, La France protest. · Boissard, Bibliot.

Virorum illustr. passèrent tous les deux en Angleterre, au mois

Schelhorn, Amanitates, t. XIII.

De Vita, Obitu, Combustione et Restitutione Mart. d'avril 1549. Thomas Cranmer les fit nommer

Fagii; Strasbourg, 1562, in-8°. l'un et l'autre professeurs à Cambridge; mais à

FAGIUS. Voyez FAU (Jean-Nicolas). peine étaient-ils rendus à leur poste, que Fagius FAGNAN (Marie-Antoinette dame) romanfut emporté, à l'âge de quarante-cinq ans, par cière française, née à Paris, et morte dans la une fièvre violente. Quelques-uns de ses amis même ville, vers 1770. Les détails biographiques soupçonnèrent qu'il avait été empoisonné. Sa

manquent sur cette dame, qui cependant obtint dépouille mortelle, déposée dans l'église Saint- une certaine célébrité littéraire. On connait d'elle: Michel, en fut tirée, sept ans après, sous le règne Minet bleu et Louvette ; ce conte a été imprimé de Marie, pour être brûlée publiquement, en d'abord dans le Mercure de France, réimprimé même temps que le corps de Bucer, qui était

depuis dans la Bibliothèque des Fées et des Toort en 1551. Élisabeth fit recueillir en 1560

Génies, dans Le Cabinet des Fées, tome XXXV, les cendres de ces deux savants protestants et et dans les Contes merveilleux; 1814, 4 vol. réhabiliter leur mémoire.

in-12. L'auteur y prolive qu'il ne peut exister On a de Fagius : Lexicon Chaldaicum, au- de véritable laideur chez les femmes qui ont de thore Elija Levita , quod nullum hactenus l'âme, du sentiment et une véritable tendresse. a quoquam absolutius editum est, cum præ- Quelques critiques malins ont prétendu que fatione triplici, una hebraica ipsius authoris Mme Fagnan avait gagné sa propre cause dès son a P. Fagio latine reddita, reliquis duabus premier ouvrage; Kanor, conte traduit du latinis ab eodam præfixis ; Isny, 1541, in-fol. ; sauvage; Amsterdam (Paris ), 1750, in-12 : la

Liber Thesbitis a doctissimo hebræo scène de ce conte se passe sur le bord du fleuve Elija Levita germano grammatice elabora- des Amazones. Le but de l'anteur est de prouver

hourg. Deux ans après, l'électenr palatin, Fré- dar

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