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que le véritable amour peut faire des prodiges : Charles), marquis de Toschi , mathématicien des détails ingénieux et une critique plaisante des italien, né à Sinigaglia, le 6 décembre 1682, usages français de l'époque rendent agréable la mort le 26 septembre 1766. Il montra une apti. lecture de cet opuscule; - Le Miroir des Prin- tude précoce pour les lettres et les sciences, et cesses orientales ; Paris, 1755, in-12 : c'est un dès l'âge de seize ans il était membre de l'Acamiroir qui révèle tout ce qui se passe dans les démie des Arcades. Divers mémoires publiés åmee. L'idée n'est pas nouvelle : elle se trouve dans des journanx italiens et dans les Actes de dans les Mille et une Nuits de Galland ; Lesage Leipzig le placèrent bientôt au premier rang de Pitténée en avait fait le sujet d'un opéra-co- des mathématiciens de son pays, il recueillit mique; Le Miroir magique, représenté en ces inémoires sous le titre de Produzioni ma1734. Barbier et plusieurs autres bibliographes at- tematiche; Pesaro, 1750, 2 vol. in-fol. On tribuent encore à Mme Fagnan une plaisanterie de trouve dans le premier volume une Théorie mauvais goût, intitulée : Histoire et Aventures nérale des proportions géométriques que Monde mylord Pet, par Mme F***; La Haye (Paris), tuola trouve « un peu volumineuse ». Lo second 1755, in-12. L'épitre dédicatoire est signée Jean contient un Traité des diverses Propriétés des Fesse. Ersch, refusant de croire que cette œuvre Triangles rectilignes, « qui en contient en effet, fut l'ouvrage d'une dame, l'a mise sur le compte dit Montucla, un grand nombre de curieuses et du chevalier Duclos.

A. JADIN. de remarquables ». Parmi les autres pièces de ce Ersch, La France littéraire. - Barbier, Dict. des Ano- second volume, ou en distingue plusieurs relanymes. Chaudon et Delandine, Dict. hist.

tives aux propriétés et à quelques usages de la FAGNANI (Jean-Marc), poëte italien, né à

courbe appelée lemniscate. Aussi l'auteur en Milan, en 1524, mort en 1609. Il obtint dans sa

a-t-il fait graver la figure dans le frontispice de patrie des magistratures éminentes, et cultiva

son livre. Le comte Fagnani laissa un fils, Jean avec succès la poésie latine. Le seul de ses ou- François de Toschi e Fignano, archidiacre de vrages qui ait été publié est intitulé : De Bello

Sinigaglia et habile géomètre. On a de JeanAriano Libri VI; Milan, 1604, in-4o. Argelati

Francois divers mémoires intéressants de géocite encore de lui : Versus de natali suo;

métrie et d'analyse mathématique, dans les Acta Carmina ad Franciscum Civellium, parmi les Erud. de Leipzig (1774, 75, 76). Epigrammata de Civelli.

Montucla, Histoire des Mathématiques, t. II, p. 286. Argelati, Biblioth. Mediolanensis, t. I, p. 588. Tira- Tipaldo, Biografia degli Italiani illustri, t. ler, p. 160. boschi, Storia della Letterat. t. VIII, p. 403.

FAGNIER. Voyez FANIER. FAGNANI ( Raphael), archéologue italien,

FAGON (Gui- Crescent), médecin et botané à Milan , vers le milieu du seizième siècle, mort le 22 septembre 1623. Tout en exerçant la

niste français, né à Paris, le 11 mai 1638, mort

en 1718. Il était fils d'un commissaire des guerprofession de jurisconsulte, il s'occupa particulièrement des antiquités de Milan. On a de lui :

res, qui fut tué en 1640, au siége de Barcelone. Nobiles Familiæ Mediolanenses, t. VIII; resté

Son oncle, Gui de La Brosse, était intendant du

Jardin du Roi. Il fut de bonne heure destiné à la en manuscrit dans la bibliothèque des avocats de Milan;

médecine, prit le bonnet de docteur en 1664, des poésies latines dans les Poesie la

et soutint à cette occasion urie thèse sur la circutine ed italiane di diversi, per la partenza di

lation du sang : action hardie alors, que les vieux Zaccaria Sagredo, podestà di Veroria; Vérone,

docteurs ne pardonnèrent au jeune étudiant qu'en 1618, in-4°

faveur de l'esprit avec lequel il avait défendu ce Argelati, Bibliotheca Mediolanensis, t. I, p. 590. Tiraboschi, Storia della Letterat. Ital., t. VÍ!I, 341.

prétendu paradoxe, aujourd'hui reconnu comme FAGNANI ( Prosper), canoniste italien, né une vérité. Vallot, premier médecin du roi, avait en 1598, mort en 1678. Considéré comme le entrepris de repeupler le Jardin royal, le livre premier jurisconsulte de son temps en tout ce

commun de tous les botanistes; Fagon lui offrit qui touchait le droit ecclésiastique, Fagnani fut

ses soins. Il parcourut les Alpes , les Pyrénées, pendant quinze ans sécrétaire de la Sacrée Con- L'Auvergne, la Provence, le Languedoc, et en grégation. Il perdit la vue à quarante-quatre ans,

revint avec une riche moisson de plantes. Son et n'en poursuivit pas moins sés importants tra

zèle fut récompensé par les places de professeur vaux sur la jurisprudence canonique. On a de de botanique et de chimie au Jardin du Roi. Sa lui un Commentaire sur les Décrétales ; Rome, réputation le fit choisir, en 1680, pour premier 1661, 3 vol. in-fol. Cet ouvrage, entrepris par

médecin de la dauphine (Marie-Christine de Ba• l'ordre du pape Alexandre VII, témoigne d'un vière). Quelques mois après, il le fut de la reine grand savoir. L'index est un chef-d'ouvre d'au- (Marie-Thérèse d'Autriche), et après la mort de tant plus extraordinaire qu'il a été dressé par un cette princesse, le roi le chargea du soin de la aveugle. La meilleure édition du Commentaire santé des enfants de France. Enfin, Louis XIV le est celle de Venise 1697, qui contient en entier lo nomma, en 1693, son premier médecin, poste texte des Décrétales.

éminent, où Fagon ne se fit pas moins remarquer Tiraboschi, Storia della Letterat. Ital., t. VIII, 281. par son désintéressement que par son habilete. Moréri, Grand Dict. hist.

Quoique parvenu à la première dignité de sa FAGNANI OU FAGNANO ( Le comte Jules- profession, Fagon, dit Fontenelle, ne se relacha nullement du travail qui l'y avait élevé. Il vou- imp. à Salamanque, au collége de la Compagnie. lait la mériter encore de plus en plus après l'a. Ce livre a paru de nouveau sous ce titre : Apovoir obtenue. Les fetes, les spectacles, les diver-logeticus tractatus ad quæstionem de lactitissements de la cour, quoique souvent dignes ciniorum ovorumqué esu tempore quadrade curiosité, ne lui causaient aucune distraction. gesimali; Lyon, 1631, in-8°. F. DENIS. Tout le temps où son devoir ne l'attachait pas Barbosa Machado, Bibliotheca Lusitana. auprès de la personne du roi, il l'employait ou * FAHLCRANTZ (Charles-Jean ), peintre à voir des malades, ou à répondre à des con- paysagiste suédois, né le 29 novembre 1774. Il sultations, ou à étudier. Tous les malades de

se forma dans son art à l'aide de ses seuls efVersailles lui passaient par les mains, et sa forts : il s'appliqua surtout à l'étude de la nature, maison ressemblait à ces temples de l'antiquité qui depuis l'inspira toujours. Il ne connut guère où étaient en dépôt les ordonnances et les re

que les paysages septentrionaux, et ne visita point cettes qui convenaient aux maux différents. Il l'Italie. Renommé comme peintre dès le comest vrai que les suffrages des courtisans en fa- mencement du siècle, il fut nommé professeur veur de ceux qui sont en place sont assez équi- en 1815. Ses tableaux les plus remarquables sont voques, qu'on croyait faire sa cour de s'adresser en la possession du roi de Suède; il peignit au premier médecin, qu'on s'en faisait même une aussi des Vues du Nord pour le roi de Daneespèce de loi; mais, heureusement pour les cour- mark Frédéric VI. Quelques-unes de ses pro

sans, ce premier médecin était aussi grand ductions, tirées du Frithiofssage de Tegner, ont médecin. » Devenu, en 1698, surintendant du été lithographiées par Ancharsward. Jardin royal, Fagon donna à Louis XIV l'idée

Conversat.-Lex. - Nagler, Neues Allg. Künstl.-Lexic. d'envoyer Tournefort dans le Levant pour enri- Ehrenstroem, Notice sur la Littérature et les Beaux

Arts en Suède ; 1826. chir ce jardin de nouvelles plantes. Il devint l'année suivante membre de l'Académie des FAHLCRANTZ (Christian-Bric), frère du Sciences. Sa santé avait toujours été très faible; précédent, poëte et théologien suédois, né à elle ne se sontenait que par un régime presque Upsal, en 1790. Nommé professeur à Upsal en superstitieux, et « il pouvait, dit Fontenelle, don- 1829, il devint ensuite évêque de Westeras. On a

de lui : Noach's Ark (L'Arche de Noé); 1825ner pour preuve de son habileté, qu'il vivait », Mais l'art céda enfin, et il mourut agé de

1826;

Ansgarius, poëme épique; Upsal, près de quatre-vingts ans. laissa deux fils :

1846 ;

Evangelische Alliancen (Alliances latné, Antoine, évêque de Lombez, puis de évangéliques ); Upsal, 1847. Fahlcrantz publie Vannes, mourut le 16 février 1742; et le second, depuis 1839, avec Knös et Almquist, Die eccleLouis , conseiller d'État ordinaire au conseil siastik Tidskrift (Le Journal ecclésiastique). royal, intendant des finances, mourut à Paris, Conversations-Lexikon, le 8 mai 1744, sans avoir été marié. Outre un FAHLENIUS ( Eric ), théologien suédois, profond savoir dans så profession, Fagon avait vivait dans la première moitié du dix-huitième une érudition très-variée. Il eut part à la rédac- siècle. De 1701 à 1708, il professa le grec et les tion du Catalogue du Jardin royal, publié en langues orientales à Pernau. Ses ouvrages sont : 1665, sous le titre d'Hortus regius. Il orna ce Disputationes duo priora capita ex comment. recueil d'un petit poëme latin, intitulé : Car- R. Isaac Abarbanelis in prophetam Jonam, men gratulatorium illustrissimo Horti Regii in linguam latinam translata; 1696; Orarestauratori D. D. Antonio Vallot, archia- tio introductoria de triplici Judæorum libros trorum principi. On a encore de lui • Les sacros commentandi ratione eorumdemque Qualités du Quinquina; Paris, 1703, in-12 ; scriptorum usu et utilitate in scholis chrisplusieurs Observations publiées dans les Mé- tianorum ; 1701; Disputatio de promulmoires de l'Académie des Sciences , une entre gatione Decalogi; 1706. autres sur le blé cornu en ergot et sur l'espèce Gadebusch, Lieft. Bibl. de gangrène qu'il procure à ceux qui en man- FAHRENHEIT (Gabriel-Daniel), physicien gent la farine.

allemand, né à Dantzig, en 1690, mort en 1740. Fontenelle, Éloges des Academiciens, t. II. Élny, Destiné au commerce par ses parents, il préféra Dict, hist de la Médecine. – Saint-Simon, Mémoires. à cette carrière les spéculations scientifiques. Il

* PAGUNDES (Le P. Estevam), théologien por- construisit des instruments, et visita ensuite la tugais, né à Viana, dans la deuxième moitié du France et l'Angleterre pour compléter ses conseizième siècle, mort le 31 janvier 1645. Il entra naissances. Établi plus tard en Hollande, il y à dix-sept ans chez les Jésuites , qui l'envoyer vécut dans la société des hommes les plus disrent professer la théologie à Braga, puis à Porta- tingués. Après avoir adopté l'alcool comme lilègre. C'était une des lumières de son ordre; il quide thermométrique, il eut l'idée, vers 1720, a donné : Quæstiones de christianis officiis de choisir le mercure comme moyen de mesurer et casibus conscientiæ, etc.; Lyon, 1626, in- la chaleur. « Ce métal, dit M. Figuier, réunit fol. : livre prohibé par l'inquisition; Infor- en effet toutes les conditions désirables : il n'entre matio pro opinione esus ovorum et lacticinio- en ébullition qu'à une température très-élevée, rum tempore Quadragesimae; 1630, in-fol., et peut servir, par conséquent, à mesurer la cha

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leur dans des termes fort étendus : il ne se con. bres correspondants de l'Académie royale des gèle qu'à une température qui ne se réalise ja- Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Belgique. On mais dans nos régions; enfin, et c'est là le point a de lui : Coup d'ail historique sur les inscapital pour son application comme agent ther- titutions provinciales et communales en Belmométrique, il se dilate uniformément, c'est-à-gique, suivi de quelques mots sur les prindire que son augmentation de volume est exac- cipes d'organisation; Bruxelles, 1834, in-8°; tement proportionnelle, au moins dans une Études sur les constitutions nationales échelle très-étendue, à la quantité de calorique (Pays-Bas autrichiens et pays de Liége); qu'il reçoit. » Fahrenheit prit l'ébullition de l'eau Bruxelles, 1842, in-8°; Esquisse du dévepour point fixe supérieur, et pour l'inférieur il loppement social de la Belgique (dans le adopta le degré de froid éprouvé à Dantzig en Trésor national, livraison de septembre 1842); 1709, et qu'il reproduisit au moyen d'un mélange État de l'instruction primaire en Belgide neige et de sel ammoniac. L'intervalle qui que, de 1830 à 1840; Bruxelles, 1842, in-8°; séparait ces deux points fut divisé en 212 parties Remarques sur Hembyse, histoire gantoise à égales, de telle sorte que le point de la congéla- la fin du seizième siècle (dans la Revue belge, tion de l'eau correspondait à 32 degrés, celui de tome III, 2e livraison); - De la Nationalité la température du corps humain à 96 degrés , et

littéraire en Belgique et du nouveau drame celui de l'ébullition de l'eau à 212 degrés. Le de M. Prosper Noyer (ibid., 5e livraison); thermomètre de Fahrenheit n'est plus aujour- Paroles d'un Voyant ; Bruxelles, 1834, in-18; d'hui en usage qu'en Angleterre; en France on @uvre de jeunesse, inspirée par les Paroles adopta celui de Réaumur, construit vers 1730, et d'un Croyant de l'abbé de Lamennais; – De dont les deux points fixes sont le terme de la la Personnification civile des Associations glace fondante et celui de l'ébullition de l'eau, religieuses en Belgique ; Bruxelles, 1846, in-8°; avec un intervalle de 80 parties égales. Le ther- Jurisprudence scandée; Bruxelles, 1847, momètre de Réaumur a fait depuis lors place au in-8° (extrait de la Belgique judiciaire, année thermomètre centigrade. « En multipliant, les 1847, no 52); - De la Désuétude des Lois ; degrés du thermomètre de Réaumur par 5/4, on Bruxelles, 1848 (extrait du Moniteur belge); les transforme en degrés centigrades; et réci- Particularités sur les anciennes fondaproquement, en multipliant les degrés centigrades tions de bourses de l'université de Louvain ; par */s, on les transforme en degrés de Réaumur. in-8° (extrait du tome XV des Bulletins de Pour convertir en degrés centigrades une l'Académie royale de Belgique, et reproduit rature exprimée en degrés de Fahrenheit, il suffit dans l'Annuaire de l'Université catholique de d'en retrancher 32 et de multiplier le reste par Louvain , année 1849); – Étude sur l'Appli5), ». Fahrenheit construisit aussi un aéromètre, cation des lois Inconstitutionnelles; in-8° pris ensuite pour modèle par Tralles, Nicholson (extrait du tome XVII des Bulletins de l'Acaet Charles. Dans ses dernières années, il inventa démie royale). M. Faider, dans cet ouvrage, se une machine à dessécher les contrées inondées range à l'avis de ceux qui pensent que les tribuet pour laquelle il se fit accorder un privilége; il naux doivent appliquer la loi, sans en examiner légua à son ami S'Gravesande le soin de perfec- préalablement la constitutionnalité. Cet outionner cette machine. Le légataire y introduisit vrage a été réfuté par M. Eugène Verbægen, des changements qui la rendirent impraticable, et sous ce titre : Lettre à M. Ch. Faider, avocat l'invention de Fahrenheit tomba dans l'oubli. On général à la cour d'appel de Bruxelles, sur trouve dans les Philosophical Transactions son examen de la brochure intitulée : Des Lois (1724, t. XXXIII) cinq mémoires scientifiques de inconstitutionnelles; Bruxelles, 1850, in-8°; Fahrenheit ayant pour titres : Experimenta Des articles bibliographiques, dans la Belgicirca gradum caloris liquorum nonnullo

que judiciaire; des rapports étendus et rai. rum ebullientium instituta; Experi- sonnés, dans les Bulletins de la Commission menta et Observationes de congelatione aquæ centrale de Statistique,

etc. in vacuo factæ; Materiarum quarumdam

Moniteur belge, no 289, 17 octobre 1832. - Bulletin dr gravitates specificæ , diversis temporibus ad Bibliophile belge, t. VII. - Biographie générale des varios scopos exploratæ; Aræometri novi Belges. Dict. des Hommes de Lettres de la Belgique. Descriptio et usus; Barometri novi Des- FAIDIT (Gaucelm), célèbre troubadour, né criptio.

V. R. à Uzerche, mort vers 1220. Il était fils d'un Ersch et Gruber, Allgem. Encyclop. - Convers.-Le.cik.

bourgeois de cette ville, et eut une jeunesse des - Figuier, Expos. et Hist. des principales Découvertes scientisques modernes, p, 112.- F. Hoeser, Dict. de Phy

plus orageuses. S'étant ruiné au jeu de dés, il sique et de Chimie, p. 421-422.

se fit histrion et jongleur, et se maria à une fille * FAIDER (Charles), jurisconsulte belge, de mauvaises moeurs, nommée Guillelma Monja. né vers 1805. Il étudia le droit, fut reçu avocat à Ils parcoururent ensemble le monde en chanteurs Bruxelles, et plus tard nommé avocat général. En ambulants (e cantava piegz dome del mon). novembre 1852, le roi Léopold lui confia le mi- La réputation de Faidit se fit longtemps attendre, nistère de la justice. M. Faider avait déjà mérité, et il parut s'en consoler avec Guillelma, en vipar ses écrits, d'être reçu au nombre des mem- dant des brocs de vin et en faisant bonne chère,

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ce qui leur donna un embonpoint de Silène, et de Ventadour, dans l'espoir de rentrer dans ses les mit souvent dans le besoin. Le marquis de bonnes grâces, mais elle ne voulut plus le revoir. Montserrat vint à leur secours en des jours de Faidit partit alors pour la croisade : c'était détresse ; il les mit en avoir, et leur fit présent Marie de Ventadour qui l'avait engagé à se faire de robes et d'armes (mes lo en aver et en rau- croisé, pour être plus digne d'elle. Les adieux du bas et en armes ). Lorsque Faidit eut acquis le poëte ressemblent à ceux de Marie Stuart quitnom de troubadour, il fut recherché par le fils tant la France : « Adieu, s'écrie-t-il, gentil Lide Henri II, Richard Cour de Lion, comte de mousin; je quitte votre doux pays, pays si Poitou , qui devait monter sur le trône de l'An- agréable, des seigneurs et des voisins, des dames gleterre et venir mourir dans la patrie de Faidit, d'un mérite distingué, fleurs de courtoisie; aussi devant Chalus, non loin du castel d'Hélias je languis, je gémis, je soupire nuit et jour. » d'Hisel, autre troubadour limousin. Il existe sur De retour de la croisade, Faidit fut reçu par le la mort de Richard des vers de Faidit , et ce sont marquis de Montferrat, puis par messire d'Agoult, les plus beaux de sa muse : « La mort, s'écrie- seigneur de Sault et provençal. Ce qui surt-il, a enlevé au monde tout l'honneur, toutes prendra, après ses mésaventures en amour, les joies, tous les biens, en frappant Richard. c'est qu'il aima encore une noble châtelaine, Si rien ne peut garantir d'elle, devrait-on tant Jordana de Brun, et il eut pour rival Alphonse II, craindre de mourir? » Les autres poésies de comte de Provence. La jalousie le jeta dans le Faidit roulent en partie sur l'amour, et les au- plus profond désespoir. Il crut que Jordana teurs se plaisent à parler de celles qu'il adressa payait le comte de retour; mais détrompé, il imà Marie de Ventadour. Faidit l'aima passionné- plora sa grâce, et dit à Jordana qu'il lui serait aussi ment; elle le souffrit, à raison du mal qu'elle fidèle que le lion de Gouffier de Lastours. Faidit a lui causait, et leur amour dura sept ans (et en laissé un grand nombre de chansons et plusieurs aissi duret lur amor be sept ans). C'était du côté autres pièces de vers. Nous citerons Le Triomphe de Marie de Ventadour un amour vaniteux et de l'Amour, que Pétrarque a imité; L'Hé sournois, qui porte la femme à sourire au poëte résie des Prêtres, espèce de comédie, dans lapour en être chantée et appelée la plus belle entre quelle il favorise les sentiments des Vaudois et des toutes les belles. Faidit voulait d'autres faveurs, Albigeois. Il en composa d'autres, qu'il vendit, et ne pouvant les obtenir, il fut jusqu'à implorer dit-on, jusqu'à 3,000 livres. Martial AUDOIN. la pitié. Il compare Marie de Ventadour à la ta

Nadaud, mss.,t. IV, p. 198-196.- J. de Nostre-Dame, Hist. rentule qui fait mourir en riant, et lui souhaite

poet. prov., ch. 14. - La Croix du Maine, Bibl. franc.,

p. 11. - Du Verdier de Vauprivas, Bibl. franç., t. I, p. 16, un amant dont les infidélités le vengent. « Il l’ai- 16. – Bib. imp., Mss. 7225. - Vaissette, Hist. du Languemera toujours, ajoute-t-il, quoiqu'il sache bien doc, t. III, P. 518. - Fontenelle. C. 10, P. 867-868. que c'est là une folie. » Marie, fatiguée de ses ob

littéraire des Troubadours, t. I, p. 384. Dict. des sessions et voulant conserver son poëte, sans se

Mæurs des Français, poésie. – Marchangy, Gaule poé

tique. Pétrarque, Poëme du Triomphe de l'Amour, rendre pourtant à ses désirs, alla consulter la jeune et jolie Audière de Malemont, qui prit sur elle FAIEL. Voyez FAYEL. d'arranger l'affaire. Celle-ci écrivit à Faidit FAIGUET DE VILLENEUVE (Joachim ), et

qu'il eût à aimer mieux un petit oiseau sur le non Faignet, économiste français, né à Monpoing qu’une grue volant dans le ciel ». Faidit contour ( Bretagne), le 16 octobre 1703, mort étant accouru lui demander l'explication de cette en 1780. Il fut d'abord maitre de pension à Paris, énigme, en reçut la réponse suivante : « Marie puis trésorier au bureau des finances de Châlonsest la grue, et je suis le petit oiseau que vous sur-Marne. On a de lui: dans l'Encyclopédie métierdrez sur le poing: je vous veux pour amant, thodique, les articles Citation , Dimanche, et je vous ferai don de moi et de mon amour. » Épargne, Études; l'Économie politique Faidit à ces mots fut transporté de joie, et contenant des moyens pour enrichir et pour promit d'oublier Marie de Ventadour; mais il ne perfectionner l'espèce humaine ; Paris, 1763, tarda pas à se convaincre que les paroles d'Au- in-12. L'auteur y propose d'établir en France une dière de Malemont n'étaient point sincères. « Ce régie ou compagnie perpétuelle, destinée à recevoir que je vous ai promis, lui dit-elle, ce n'est pas les économies des artisans, des domestiques, etc.; de vous aimer d'amour; mais j'ai voulu vous cette idée, on le voit, a été réalisée de nos arracher de la prison où vous étiez. » Faidit jours par la création des caisses d'épargne. Faien vain implora grâce, il lui fallut chercher d'au- guet donna à plusieurs exemplaires de son outres amours. Il ne fut pas plus heureux auprès vrage le titre de L'Ami des Pauvres, ou l'écode la comtesse d'Aubusson, qui donna rendez- nome politique; 1766, in-12. Il y joignit un vous à son amant, Hugues Brun, dans la maison Mémoire sur la diminution des fêtes,

immeme de Faidit, pendant que ce dernier était primé avec des signes ou caractères nouveaux, absent; ce fut Guillelma qui les reçut. Faidit, qui le rendent fort difficile à lire. Il y essayait de étant de retour, apprit cet outrage, et s'en vengea rapprocher l'orthographe de la prononciation; par une chanson satirique, où il dit qu'il « con- Mémoire sur la conduite des financcs et sur nait une dame qui ne logea jamais l'honneur d'autres objets intéressants; Amsterdam, 1720 sous sa ceinture ». Il fit part de ces vers à Marie (1770), in-12. On y trouve les Moyens de

Hist.

chant. 4.

subsistance pour nos troupes, à la décharge mêmes, « Sa relation est donc aussi précieuse du roi et de l'État, imprimés séparément en pour la géographie comparée que pour l'histoire 1769; – Légitimité de l'usure légale , l'on des régions orientales. » L'édition de M. Abe! prouve son utilité, etc. ; Amsterdam, 1770, Rémusat est ainsi intitulée: Foe-Koue-Ki, ou rein-12. L'auteur y discute les passages de l'Ancien lation des royaumes bouddhiques, voyage et du Nouveau Testament sur l'usure ou prêt à dans la Tartarie, dans l’Afghanistan et intérêt; et il démontre clairement que les ca- dans l'Inde, à la fin du quatrième siècle, par suistes sont en contradictiou avec eux-mêmes. A chi-Fa-Hian ; Paris, imprimerie royale, 1836, la fin de son livre, on lit les deux vers suivants : in-4". Il est accompagné d'un commentaire A cinquante-cinq ans, avocat de l'usure,

très-précieux, et d'autant plus méritoire que J'instruisais la Sorbonne et la magistrature; tous les monuments décrits par Chi-Fa-Hlian

L'Utile emploi des Religieux et des Commu- ont disparu depuis des siècles et qu'un très-grand nautés, ou mémoire politique de l'avantage nombre des lieux qu'il indique ont change de des habitants de la campagne; Amsterdam, nom, M. Charton a donné, en 1854, une nou1770, in-12. Faiguet se fit encore connaitre par velle édition du Foe-Koue-Ki dans son Histoire différents morceaux de prose et de vers, insérés des Voyages ( fer vol., p. 356 ). Louis LACOUR. dans le Mercure et dans d'autres journaux. Il Documents inédits, inventa , pour le service des armées, une sorte FAIL (Noël du). Voy. DUFAIL. de fours mobiles et portatifs, dont les Mémoires FAILLE (DE LA), Voyez LA FAILLE. de l'Académie des Sciences, année 1761 , font FAIN ( Agathon-Jean-François, baron ), hisune mention honorable. Il est aussi le premier

torien français , né le 11 janvier 1778, à Paris, qui ait fabriqué en France un pain composé de mort dans la même ville, le 16 septembre 1837. trois parties égales de froment, de seigle et de Entré comme surnuméraire , dès l'âge de seize pommes de terre.

P. LEVOT. ans, au comité militaire de la Convention natioBarbier, Examen critique et Complément des Diction- nale, il fut admis dans les bureaux du Directoire naires historiques.

après le 13 vendémiaire an iv par Barras et Le* FA-HIAN OU CHI-FÀ-HIAN, célèbre voya- tourneur (de la Manche ), et de Lagarde, goar chinois, vivait au quatrième siècle de J.-C. alors secrétaire général, en fit le chef de son Il se livra dès sa jeunesse à l'étude des idées re- bureau particulier, Devenu bientôt après chef de ligieuses que les disciples de Bouddha avaient division, Fain se trouva chargé de la direction nouvellement introduites en Chine. Instruit par de tous les travaux du secrétariat général. Sous un des plus zélés missionnaires venus de l'Hin- le consulat, il passa à la secrétairerie d'État. Il doustan, Kieou-Ma-Lo-Chi, il voulut l'imiter et eut d'abord la division des archives, et bientôt contribuer à répandre dans le monde les prin- il obtint la confiance de Maret, depuis duc cipes samanéens. Accompagné de quelques reli- de Bassano. En 1806, c'est-à-dire à vingt-huit gieux, il partit vers 400 de Tchhang’An, et parcou- ans, il entra avec le titre de secrétaire-archiviste rut successivement les royaumes de Khian-Kouei, au cabinet particulier de l'empereur. Depuis lors de Néou-Than, de Chen-Chen, de Ou-I, de Kiè. il suivit Napoléon dans toutes ses campagnes et Tchha, de Tho-Ly, d'Ou-Tchang, de Su-Ho-To, et dans ses différents voyages. Ce prince le créa plus de vingt-cinq autres qu'il serait trop long d'é- baron de l'empire en 1809, et deux ans après numérer; il traversa des déserts, tels que le Cha- maitre des requêtes. Au commencement de 1813, Ho (Fleuve de Sable), large de 150 lieues, passa après la campagne de Russie, le baron Pain fut le Gange, ainsi que beaucoup d'autres fleuves, nommé secrétaire du cabinet. Il ne quitta plus gravit les plus hautes montagnes, escalada les l'empereur jusqu'à l'abdication de Fontainebleau. rochers, rampa sur le bord d'immenses préci- Le soir même du 20 mars 1815, il fut réins. pices, affronta les tempêtes dans les mers de tallé dans ses fonctions aux Tuileries avec le tiCeylan, et revint sain et sans à Tohhang’An, près trede premier secrétaire du cabinet de l'empereur, de quinze années après son départ, ayant fait plus qu'il accompagna à Waterloo. Le baron Fain, de trois mille lieues européennes. Il s'occupa aus- qui le 6 juillet avait été porté, après la seconde sitot de la rédaction des notes qu'il avait prises abdication de Napoléon, aux fonctions d'adjoint durant sa route, et les publia, vers 419, sous le au ministre secrétaire d'État près le gouvernetitre de Foe-Koue-Ki, avec la collaboration d'un 'ment provisoire, se retira dès le B du même mois, certain Pa-Lo-Thsan. Ce livre a eu en Chine un jour où les Bourbons rentraient à Paris. Il em. grand nombre d'éditions ; on le considère comme ploya les loisirs de cette retraite de quinze un des plus importants pour l'étude de la géo- années à rédiger ses souvenirs sur l'empereur, graphie et de l'histoire. M. Rémusat, qui en a fait et il a inscrit avec honneur son nom parmi le sujet d'une étude spéciale et très-conscien- les annalistes du règne de Napoléon Ier. Rappelé cieuse, dit du Foe-Koue-Ki qu'il est écrit dans aux Tuileries, dès le mois d'août 1830, par un style très-simple et sans difficultés. Il ajoute le roi des Français, avec le titre de premier qu'il contient des renseignements que l'on cher- secrétaire du cabinet, il fut également rétabli cherait vainement dans les écrits des Occiden- l'année suivante, dans la dignité de commandeur taux et peut-être dans ceux des Indiens eux. de la Légion d'Honneur, qui lui avait été con.

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