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prieté dụ fel: le dernier de ces Auteurs la exprimée de cette manière:

Salfa autem tellus, & quæ perhibetur amara,
Frugibus infelix, ea nec mansuescit arando,
Nec Baccho genus, aut pomis sua nomina fervat.

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C'étoit la raison pour laquelle les Conquerans répandoient du sel tur les lieux, qu'ils auroient voulu rendre à jamais inhabitables. 10 L'Histoire nous en fournit quelques exemples que j'indique. Mais pouvoit-on répandre ure assez grande quantité de sel sur le terroir d'une ville, pour le rendre entiérement infertile ? Cela n'est pas vraisemblable. Il semble donc que ceux qui femoient ainsi du sel, témoignoient moins, ce qu'ils étoient en état d'exécuter

que ce qui étoit l'objet de leurs desirs.

Les personnes les plus considerables de Sichem s'étoient d'abord retirées dans une Tour de cette ville, mais ils crurent être plus.en sûreté dans le temple de Bahal, qui selon la coûtume de ce temps-là étoit muni d'une forteresse : & ils s'y rcfugièrent. Abimelech y mit le feu , & mille personnes furent consumées dans cet incendie.

Il voulut porter plus loin cette conquête , & il alla mettre le siège devant une ville de la Judée appellée Thébets : " St. Jérome la place à treize milles de Neapolis sur le chemin de

Scy10 Voi. SIGONIUS de regno Italia lib. XIII. Brolium , ut aiunt, ad perpetuam fterilitatem Sale diffemina , tum, pag 313.

En France on femoit du sel dans la maison d'un homme, qu'on déclaroit traitre à son Roi , ainsi qu'on

XVII. I.

Scythopolis. Il ne faut pas la confondre ni avec une autre de la Judée, qui portent à peu près le même nom. C'est dans cette dernière qu'Elie avoit pris naissance, & d'où il est appellé Thisbite. Abimélech affiégea Thébets, 1 Rois & il la prit. Une partie de ses habitans se retirèrent dans une Tour, qui étoit au milieu de cette ville.

Abimélech voulut les faire périr par le feu comme il avoit fait périr ceux de Sichem. Une femme le prévint dans ce dessein. Elle le fit mourir du même genre de mort, que subit ensuite

12 Pyrrhus par les mains d'une femme au siège de la ville de Thebes: fingularité que les Interprètes ont eu raison de remarquer. La femme, dont il est ici question, jetta sur Abimélech une grofle pièce de meule qui lui fracassa le crane. Je rapporterai ici une réflexion, que fait Plutarque à l'occasion de la mort de Lysandre , qui périt misérablement devant la ville d'Haliarte : Il fut tué en cette occasion , dit-il, mais ce ne fut ni comme in Cleombrotus , qui mourut à la bataille de Leuttres en faisant tête aux ennemis, qui le pressoient fort vivement, ni comme un Cyrus , ni comme un Epaminondas, qui reçüit un coup mortel en ramenant à lite charge les gens qui avoient été poussez, en leur afJurant la victoire. Ces grands Homines monirile yent comme doivent mourir les Rois & les Capitai

Au lieu que Lysandre mourut comme un Enfant perdu, e comme un avanturier, par samori il rendit ce témoignage aux anciens Spartiates , qu'ils

avoient

nes.

le fit à celle de l'Amiral de Chatillon, BRANTOMB Memoir. tom. VIII. pag. 245.

I HIERON. Onomastic. in voce Thebis pag. 512. 32 PLUTARCH. in Pyrrho pag. 105,

*

par

avoient grande raison de ne vouloir jamais combattre contre des murailles, d'où le plus brave homme du Monde peut etre tué, je ne dis pas par le plus vil foldat, mais par un enfant ou par une femme , comme on dit qu' Achille fut tué aux portes de Troye par l'effeminé Paris.

Il ne restoit plus à Abimélech que quelques momens de vie. Il les emploia à prévenir la tache, dont il croioit que la mémoire auroit été souillée, fi un coup parti de la main d'une femme l'avoit fait mourir. ll ordonnna à fon Ecuier de lui épargner cette honte, & de l'acheyer; ce qui fut exécuté. '3 Nous avons déja vû des exemples de ce genre de vanité, qui fefoit fouhaiter à ceux qui devoient périr, que ce fut les traits d'un bras illustre. C'est la consolation, '4 qu’Enée donnoit à un homme, auquel il ôtoit la vie :

Hoc tamen infelix milerum folabere mortem ,

Æneæ magni dextrâ caulis. C'est-à-dire : Console toi de ce qu'il y a de triste dans la mort, puis que c'est la droite du grand Enée qui te renverse.

C'est ainsi que la Providence punit Abimé. lech du meurtre qu'il avoit commis en la personne de ses frères. Il y a souvent de la téméri. té à regarder les malheurs temporels, comme les châtimens des crimes de celui qui en est accablé. Nous sommes pourtant autorisez à faire ce jugement de la mort d'Abimélech. L'Histoi, re fainte l'a fait avant nous:& nous ne risquons pas de nous égarer en suivant un guide fi für & fi fidèle.

13 PLUTARCH. in Sylla pag. 477. 14 VIRGIL Æneid. X, veri. 229.

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La Væu & la Vistoire de Jephté.

Juges X. XI.

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Ous ne rangeons pas Abimelech
dans la liste des Juges, que Dieu
suscitoit aux Ifraëlites pour les
délivrer de leurs ennemis : il
faut le regarder comme un de

ces fleaux, qu'il envoyoit en la
colère pour les punir de leurs rebellions, & de
leur acharnement pour l'idolatrie. Ce fut To-Jug.x. 1.
lah, fils de Puah, qui succeda à Gédéon dans
la qualité de Libérateur.

Nous n'avons pas des secours suffisans pour marquer l'année précise de son élevation. Il paroit seulement qu'il ju- Ibid. gea Israël vingt-trois ans. Mais comme l'Histoire verl: 2. fainte ne lui attribue rien de mémorable, il n'entre point dans notre projet.

La même raison nous dispense de nous étendre sur les actions de Jair Galaadite , qui Ibid. vint après lui, qui exerça pendant vingt-deux vers. 3. 4. ans la même charge, & duquel naquirent trente fils, qui eurent chacun une ville pour héritage.

Nous nous hâtons de venir à Jephthé, Pun des plus célèbres de ces Hommes extraordinai

dont nous avons entrepris de parler. Sa vie va nous engager dans la discussion d'une des plus fameuscs & des plus difficiles Questions, qui fe soit encore offerte à notre méditation : c'est le dévouement de la fille unique.

II

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Il fut suscité dans le temps des plus grandes rebellions des Israëlites & de leurs plus grandes calamitcz. Au lieu que pour l'ordinaire ils ne tomboient que dans un certain genre d'idolatrie, ils tembloient alors les avoir tous réunis. Ils servirent les Bahalins & Astaroth ; ce sont deux noms généraux, dont l'an marque, ainsi que ' nous l'avons vû plus d'une fois ailleurs, les Divinitez mâles, & l'autre les Divinitez femelles du Paganisme. L'Auteur sacré explique quelles sont les Idoles qu'il a comprises dans la

généralité de les expressions : il dit que les IlIbid.

raëlites servirent les Dieux de Sidon , les Dieux vers. 6.

de Moab, les Dieux des Enfans de Hammon,
les Dieux des Philistins. Il n'y avoit jamais as-
sez d'Idoles pour assouvir le panchant effrené
de ce peuple pour l'idolatrie. Le vrai Dieu ,
auquel ils devoient leur adoration , fut la seule
Divinité qu'ils refuférent d'adorer : c'est l'idée

que revcille cette expression, que le Texte aIbid.

joûte: Ils abandonnérent [Eternel , ils ne le Tervirent plus.

Comme ce fut là un des périodes des plus grands crimes de ce peuple, c'en fut un aussi de ses plus grands malheurs. Dieu le livra à une oppression, dont l'Histoire ne marque ni l'époque, ni la durée.

: On a crû généralement qu'elle avoit duré dix-huit années. C'est ce qu'on a conclu de de ces paroles du Chapitre

dixiéme des fuges: Il les vendit aux Philistins Vers.7. anx Exfans de Hammon , qui opprimérent 8.

for

1 Dans le III. vol. de nos Discours X. pag. 290. 2 Voi. PATRIC sur les Jug. X. 8. pag. 480.

3 Voi. USSHE R. Chronol. s. part. l. cap, 13. pag. 73. Voi. ausii DAVID GANZ zemach David pag. 20,

.

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