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2. &

23. 24.

nassé, qui eut son partage dans la Terre de Car

naan, au delà du Jourdain. Son père s'appelJug. vi. loit Joas, & avoit le surnom di Abibezerite ii. probablement parce qu'il descendoit de cet abiheVerf. 18. Zer,dont il est parlé dans le Chap.VII. du premier Ibid,

Livre des Chroniques. Abibezer étoit fils de MoVoi aussi

leketh, sveur de Galaad, lequel Galaad étoit fils de Jof.xvII.

Makir, l'un des fils de Manassé. Mais si l'HiNomb. stoire sainte nous a conlervé la Généalogie de XXVI. 30. Gédéon, elle ne nous apprend pas qui étoit cet

Ange qui lui apparut. Les Interpretes ont été ausli fondez dans cette occasion

que

dans aucune autre de croire, que c'étoit la seconde personne Juges vi. de la Trinité: il est appellé l'Eternel fix ou sept 14 16. fois dans un même chapitre. Les idées des

Juifs sur cette matière méritent d'être remar25.27.

quées. Il est vrai que quelques-uns de leurs 9 Docteurs ont dit, que cet Ange étoit Phinées: mais la Paraphrase Chaldaïquc appelle cet Ange LE VERBE, LA PAROLE DE DIEU, LA nav, SCHECHINA, c'est-à-dire, le symbole le plus auguste de la préfence Divine.

Ce Personnage extraordinaire tint à Gédéon Jug.vi, un langage qui le surprit: Très fort & très vail

lant Homme, lui dit-il , P Eternel est avec toi. Aufli Gédéon se récria-t: il contre ce discours : la circonstance, où il se trouvoit, sembloit suffire pour le réfuter. Il étoit à * Hophra petite ville de la Tribu, occupée principalement par les descendans d’Abihezer. La crainte qu'il avoit des Madianites l'obligeoit de battre son

bled . Voi. ci-dessus nombre 6.

* On ne sait pas bien si ce n'étoit pas la même ville de la Tribu de Benjamin, dont il est parlé Jol. XVIII,

II. I2.

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XXI, 20.

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bled avec un bâton *, dans le lieu où l'on avoit
accoutumé de presser le vin, c'est la force du
terme Hébreu, que les LXX. ont heureuse,
ment traduit par celui de pe@di zwv, qui répond
exactement à l'Original. La triste situation,
où étoit Gédéon, ne lui sembloit pas pouvoir
s'accorder avec les titres de fort & de vaillant , que
l'Ange venoit de lui donner : beaucoup moins
pouvoit-il concilier les malheurs qui lavoient
causée, & les ravages que les Madianites fai-
soient dans la Judée, avec ces autres paroles,
l'Eternel est avec toi. Aussi témoigna t-il fa tur,
prise, par cette réponse : Hélas ! Seigneur, est-il
posible que l'Eternel foit avec nous ? Pourquoi

toutes ces chofes nous font-elles donc arrivées ? r Chron.
Où sont tous ces exploits que nos Pères nous
ont racontez? Si les faveurs sans nombre , Verf. 13,
dont il les combloit, étoient des marques
sensibles de la présence au milieu d'eux, n'a-
vons-nous pas de trop justes sujets de conclurre

des maux, que nous font les Madianites, qu'il
» nous a entiérement abandonnez?

L'Ange fit une replique qui augmenta le
soupçon, que pouvoit avoir eu Gédéon, que
le personnage, qui lui parloit , n'étoit pas un
homme ordinaire: Va, dit-il, e avec cette force ;
dont tu es rempii, tu délivreras Ifraël de la main
des Madianites. N'est-ce pas moi qui t'ai envoyé ?
Gédéon tut moins frapé de la grandeur de ce-
lui qui lui donnoit cette commission, que des
difficultez de la commission même, & de fa
propre petitelle: Hélas! Seigneur, dit•il à l'Ange, Verf. 15.

comiiicut
* Ơn avoit accoutumé de le faire fouler par des bê.
trs, en platte cainpagne : Tu n'immuseleras point le buc uf
qui foule le grain, Deuc, XXV. 4.
Tum. IlI.

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Verf. 14.

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21.

comment délivrerai-je Ifraël? Mon Millier est le
plus panvre qui soit dans la Tribu de Manafé,
je suis le moindre de ceux de la maison de mon père.
Ce mot de Millier se prend quelquefois pour
une ville. Josèphe traduit ma Tribu , peut-être
appelloit-on ainsi une certaine quantité de famil-

les, depuis que Moyse avoit , par le conseil de Exode Jethro, partagé les Juifs en centaines & en XVIII. milliers. L'Ange leva pleinemen: la difficulté

par ces paroles majestueules : Je serai avec toi : Verf. 16. tu deferas les Madianites avec autant de facilité que

tu trouverois à vaincre un seul homme.

Gédéon crut reconnoitre à ce discours le Ministre de ce Dieu, qui règle la destinée des peuples, & qui est l'Arbitre de la victoire. Il n'osa pourtant se livrerentiérement aux transports que lui causoit cette pensée. Il se flata que le même principe de condescendance & de charité, qui avoit porté cet Ange à lui apparoitre, le porteroit à disliper les restes de doutes, qui rouloient encore dans lon ame, sur la nature de cette apparition. Il demanda un signe, par lequel il pût seconvaincre pleinement, qu'il n'y avoit aucune illusion dans les objets qu'il croyoit voir, ni dans les discours qu'il croyoit entendre; & afin de s'assurer de la grace que Dieu lui promettoit, il en demande une autre: il pria

l’Ange d'attendre qu'il lui allât chercher un Verf. 18.

présent pour le lui offrir. Les LXX. & la Vulgate après cuix, se font ici éloignez selon nous du véritable sens du Texte, & ont mal compris l'intention de Gédéon. Ils ont crû qu'il préparoit un facrifice, & au lieu de traduire comme nous, j191?à ce que j'apporte mon présent,

10 JOSEPH, Antiquit. lib. V. cap. 6. pag. 204.

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que je le mette devant toi, ils traduisent, jufqu'à ce que je t'offre un sacrifice.

La grace, que Gédéon avoit demandée, lui Vers. 19. fut accordée: il alla apprêtcr un chevreau & des gâteaux, qu'il n'eût pas le temps de faire lever : il prit la chair du chevreau, le bouillon qu'il en avoit extrait, & tout ce qu'il avoit préparé: il les offrit à l’Ange, qui lui ordonna de mettre la chair & les gâteaux sur un rocher Verf. 20, qui étoit dans ce lieu-là, & d'y répandre le 21. bouillon. Il les toucha ensuite avec la verge, qu'il avoit dans sa main : alors cette même puislance, qui avoit fait sortir des eaux du rocher d'Horeb, fit sortir de celui, sur lequel Gédéon avoit les yeux, un feu qui consuma toutes les viandes qui y avoient été posées, après quoi l'Ange disparut. L'imposteur, que nous avons déjà citć, a encore forgé une circonstance, qu'il ajoûte à celles que nous trouvons dans PHistoire fainte. Il dit que l'Ange , en tous chant ces viandes, avoit prononcé ces paroles : Que la moitié de cette offrande devienne fang, que l'autre moitié devienne feu: que le feu ne consume point le fang , que le sang n'éteigne point le feu : il prétend que cela arriva ponctuellement.

Gédéon étoit éclairci. Il ne doutoit pas que ce Personnage, qui lui étoit apparu & qui l'ayoit quitté d'une façon si extraordinaire , ne fùt envoyé de Dieu : de fortes raisons nous fono présumer qu'il crût que c'étoit Dieu lui-même. Mais bien loin que cette lumière répandit la joie & la confiance dans son ame, elle n'y fit naitre que de la terreur. Conformément aux préjugez

des ri Photo By BÜTUS Voi. CoR NË IR À LAPIDE sur Jug. VI. 20. pag. 125.

2

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9

des premiers Siècles, il crût que l'apparition qu'il venoit d'avoir, lui seroit funeste, qu'une mort étoit la suite du bonheur, dirai-je ? ou du

'malheur d'avoir vû Dieu. Il exprima sa fraVerf. 22. yeur par ces paroles : Ha! Seigneur Eternel,

étoit-ce donc pour me faire subir une la triste destinée, que l'Ange de l'Eternel m'est appari, e que je l'ai vîl face à face?

Mais Dieu rassura lui-même Gédéon dans une autre apparition , dont l'Histoire fainte ne marque point les circonstances : elle

nous apprend seulement que Dieu lui dit: Vers.23. Ne crains point : tout va bien pour toi , tu ne

mourras point. Gédéon bâtit un Autel dans ce même lieu, & afin qu'il servît de monument à la frayeur qu'ils avoit eue, & à la reconnoissance qu'il sentoit pour les bontez de Dieu qui l'avoit dissipée, il y mit cette inscription, ou, comme porte le Texte, il l'appella disco out, Fevohah Schaloin, c'est-à-dire, Dieu est ma paix. On pourroit peût-être traduire, la paix de Dieu: mais il ne nous semble pas que la Question touchant le choix de ces deux Versions mérite toute la chaleur, avec laquelle " un Savani

12 Lutherien l'a traitée dant une Differtation quia ce titre, de l'Autel de Gédéon.

Dieu voulut que Gédéon lui témoignât fa reconnoissance par son courage: & que non content d'avoir érigé comme en secret un Autel au Dieu Souverain , il lui en consacrât un

sur les ruines de celui de Bahal, à la vûe des Verf. 25. Ifraëlites, pour leur reprocher leur idolatrie. Il

lui

12 HABICKHORST dans une Dissertation, qui est dans le tom. I. du Thesaurus Theologico-Philologicus , imprimé à Amsterdam en 1707. pag. 425.

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