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Deâ Sy

pour l'immolation des victimes. · Hérodotê; en décrivant les embaumemens des Egyptiens dit, qu'ils ouvroient les cadavres par les fancs, avec des pierres aigues d'Ethiopie. s Pline ra

porte que les * Galles (c'est ainsi qu'on nompendant Lucien

moit les Prêtres de Cybéle) se rendoient Eunudit que ques à l'honneur de leur Déelle, & faisoient les Gal- cette opération avec des pierres de Samos, sales se fer- miâ tejtà, & ó Marcus Cælius prétend qu'on voient de leur ne pouvoit pas le faire d'une autre maniére, fans Epée un péril éminent. Cela est conforme à ce que pour fe dit · Catulle d'un Sacrificateur de cette précéna faire Eu

due mére des Dieux, nuques. Voi. de

Devolvit ipfe acuto fibi pondera plice. fia,

Et Juvenal,

Mollia qui rupta secuit genitalia tefta.
Et · Ovide,

Sæpe Palæstinas jurat adesse Deas,
Ille etiam faxo corpus laniavit acuto.
Non seulement les anciens se fervoient de
pierres au lieu de couteaux pour certaines opé
sations corporelles : ils les employoient aussi
pour faire la plûpart des instrumens qu'on fait
aujourd'hui de fer. Le Pere de Montfaucon

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nous 4. HERODOT. Lib. II. cap. 86. pag. 120. 5. Plin. Lib. XXV, cap. 12. pag. 629.

6. Samiâ test à matris Deúm facerdotes , qui Galli vos cantur, virilitatem amputant , nec aliter citra perniciem ? M. Célio credamus, &c. Plin. Hiftor. Lib. XXXV. cap. 12. pag. 629.

7. CATULLUS in Carmine de Ati. 61. vers. 50 8. JUVENAL, Satyr. VI. vers. 513,

>

nous fournit de riches. recueils sur cette matié. re. Il parle d'un tombeau découvert en 1685; dans le Diocese d’Evreux. On y trouva deux cranes, & au-dessous de chacun une pierre dure, taillée à la maniére du fer d'une hâche: Pupe qui est de la pierre qu'on appelle Pyntes : l'autre d’un Jade Oriental verdâtre & marqueté, &c. Sous ces deux cadavres il y avoit une grosse pierre qu'on ôta, & sous laquelle on trouva des offemens de deux autres corps, qui avoient aussi leurs hâches de pierre. En élargissant la fosse on trouva encore 16. ou 18. autres corps, dont chacun avoit la têtę apuyée sur une pierre, & à côté des hâches de pierres comme les précedens. Le même Auteur assu. re qu'on découvre souvent de ces sortes de hâches dans la partie septentrionale de la Gaule Belgique, dans la Picardie, dans l'Artois, & dans les autres païs yoisins de la Bafle Germanie, des Bataves & des autres nations Germaniques du Nord II. a pris loin de nous donner la figure de ces hâches & de plusieurs autres pierres du même genre. Il raporte aussi

: l'extrait d'une lettre de Mr. Telin célébre Pro. fesseur dans l'Université de Bale, & cet extrait contient des choses dignes de la curiosité des Savans, au sujet des hâches de pierre des anciens Germains.

J'allégue d'autres autoritez fur cette matiére, qui ne doit pas nous engager

dans

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9. OVID. Fast. IV. verf. 237. Cependant LUCIEN, dans son Traité de Dea Syra, dit que les Gailes se fervoient de leurs épées pour se faire Eunuques , tom. 2.

10. MONTFAUCON l'Antiquité expliqués, Tom. V. part. 2. pag. 194, &c.;

ti. Voi. CALMET sur Josué V. 2. pag. 54. Tom. Ili,

с

pag. 632.

dans une plus longue digression : ce que nous

en avons dit suffit pour nous porter à donner Jofué V. au terme de l'Original fa signification la plus 5. naturelle, & à traduire cailloux , au lieu de cou

teaux tranchans.

Il n'est pas difficile de découvrir pourquoi Dieu voulut que la Circoncision fût administréc aux Ifraëlites après le paslage du Jourdain. La chose est décidée dans les paroles que nous avons citées, par où il paroit que l'ordre, que Dieu donne dans cette occasion, regarde les Ilraëlites qui n'avoient pas été circoncis dans le Desert. Cette raison, marquée d'une maniére si expresse, éclaircit tout ce qui semble équivoque dans ce passage. Elle fait voir manifestement, que ces termes, circoncis de nouveau e une seconde fois les Israëlites, ne signifient pas qu'on dût administrer la Circoncision à ceux qui l'avoient déjà reçûe. Les Juifs ont donné ce faux sens à ce texte. Et pour lever la difficulté qu'ils trouvent dans l'ordre inoui d'une seconde Circoncision, ils disent que quand on l'avoit administrée pour la premiére fois aux Israelites, auxquels ils prétendent qu'il est ordonné de la réiterer, apertio partis circumcisa, quam vocant Perigna, non fatis magna fuerat: se

: cundum eos, ut vidimus fupra, qui circumcidit non denudat, idem agit ac fi non circumcideret , imd qui præputium iterum attrahit secundâ circuncisione eget. Nous supposons donc comme un principe incontestable, que l'ordre, qui est ici donné d'administrer la Circoncision, ne regarde que ceux qui étoient nez dans le Desert.

Mais 12. JALCUT Part. II. fol. 4. pag. I. col. I. voi, auk PIRKĖ ELIEZER cap. 29. pag. 67,

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Mais pourquoi avoit-on négligé pendant quarante années l'administration d'un Sacrement, dont l'observation devoit être éternela le, & qui étoit prescrite fous de peines si rigoureules ?

* Nous avons déjà dit dans un autreendroit,que nous adoptions la pensée de ceux qui croyent que ce fut, non le mépris de cette cérémonie, mais-l'incertitude du temps des décampemens, les incommoditez du voyage, la stérilité des lieux où séjournoient les Ifraëlites, qui les empêchérent de circoncire leurs enfans dans le Defert. Il ne nous semble pas qu'ils ayent péché dans cette conduite: du moinis elle ne leur est reprochée dans aucun endroit des Ecrits sacrez. Les censures ; qui leur sont faites dans le Pleaume XCV. & dans les Revelations du Pro-Pleau. phete Amos, ne nous paroifient pas tomber sur XCV. 8. le mépris qu'ils auroient eu de la Circoncision. Amos V: Ils ne firent que suivre alors une maxime qu'ils 25. &c. ont toûjours retenue, c'est

que Pon

peut diffe rer l'administration de ce Sacrement, quand on ne peut le recevoir sans péril. * C'est même une de leurs régles générales, que les Israelites ne font tenus à aucun précepte, dont l'oblervation causeroit la mort : (ce qui doit s'entendre des préceptes cérémoniels, & qui seroit insoutenable s'il étoit question de ces loix morales, dont il n'est pas permis de s'éloigner, quand même on ne pourroit les observer qu'aux dépens de sa vie:) ils rendent une raison singuliére de cette régle:c'est que l'Ecriture dit que celui qui

obfer13. Dans le Discours XV. du I. vol. pag. 257. 249.

14. Voi. LEIGHFOOT. Hora. Hebr. in 1. Cor. VII, is. tom. 2. pag. goo.

&c.

1

observera ces loix vivra , non qu'il mouria pati elles. Si cette raison est frivole, la régle, qu'ela le établit à l'égard de la Circoncision, n'en est

pas moins solide , & Jesus Christ semble l'aMarc.

voir eue en vûe, quand il dit, que le Sabat est II. 41.

fait pour Phomme, e non Phomme pour le Sabat. í Mac- Ce fut en vertu de cette régle que les Juifs déchab. II. cidérent sous la perfécution d’Antiochus, qu'il 40. 01. n'étoit point nécessaire de suivre l'exemple de

leurs fréres, qui par un scrupule fuperftitieux s'étoient laiflé immoler sans défense un jour de Sabat, & qu'il étoit permis de faire tête à l'ennemi dans ce jour-là. ". Les Juifs portent fi loin la dispense de se circoncire en cas de péril, qu'ils exemptent de ce Sacrement ceux , dont le frére seroit mort de la plaie qu'il en auroit reçûe : ils prétendent que dans ce cas un Sacrificateur peut avec le prépuce , faire dignement toutes les fonctions de son ministére.

Quoique j'aie allégué l'opinion qui paroit la plus raisonnable, & qui est celle de plusieurs Rabins, sur la suspenfion de la Circoncision dans le Desert, je raporterai historiquement deux autres pensées des Interprétes sur ce sujet.

La premiére est celle que des Docteurs

Juifs ont imaginée, c'est que le vent d’Aquilon, néceslaire pour la guérison des playes de la Circoncision, ne soufloit point dans le Defert, de peur qu'il n'eût fait évanouir la Colomne de nuée. Ils ajoûtent que pendant le séjour que les Israelites y firent, ils furent pres

у

que 15 Idem ibid.

16. JALCUT Part. II. fol. 4. gag. 1. col. 1. voi. ausili Tülsnud Jebamot, fol. 71. pag. 1. c

tract, Githin cap. 3. voi, BUXTORF, Synagog. Juda, cap. 4. pag.

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