Page images
PDF
EPUB

que c'est là une autre Tsartan. Si c'est la mê. me dont il est ici question, ces eaux supérieules se seront arrêtées à quinze lieues de l'endroiç où les Ifraëlites passérent le Jourdain, & elles feront rentrées dans le Lac de Tiberiade, qui eft proche de cette ville : ay lieu que les eaux inférieures n'auront laissé que l'espace d'une lieue à découvert, car c'est là précisément la distance qu'il y a entre Guilgal, où arrivérent les Ifraëlites aprés ce pallage, & la Mer morte, , dans laquelle nous avons dit que ces eaux inférieures s'écoulérent. Il est plus vraisemblable ce me semble, que Tsartan, dont parle Josué dans l'Histoire que nous racontons, est aussi peu connue que

celle d'Adam. $ Les Juifs expliquent à la lettre ce que dit "Histoire, que les eaux s'élevérent en un monceau fort loin : ils di. sent qu'il y avoit des monceaux d'eau les uns sur les autres, de trois cens milles de hauteur : que tous les Rois d'Orient les virent , & que ce fût ce qui jetta la terreur dans leur esprit. C'est ainsi qu'ils expliquent çes paroles du Pseaume XXIII. vers. 5. Tu dresses ma table à la tủe de ceux qui me present.

Jamais les leçons de vertu données par les Ministres du Dieu vivant ne font d'une plus grande efficace, que lorsqu'ils les reduisent eux. mêmes en pratique. L'exemple d'un Pasteur,

, qui entre avec courage dans les gouffres de la mort, est d'un plus grand poids pour porter

d’un les chrétiens à bien mourir, que les discours les plus patétiques fur le mépris de la vie. Le

peupag. 1058.

56. Voi. WAGENS E IL in Sota Cap. 8. fe&. 3. & nota ibid. pag. 694.

58

peuple d'Israël marcha fans repugnance sur les traces des faints hommes que Dieu leur avoit donnés pour guides. ! Les Thalmudistes disent que ce fût pendant que les Ifraëlites étoient encore dans le lit du Jourdain , que Josué leur fit promettre d'exterminer à la façon de Pinterdit les Cananéens, & qu'il les menaça s'ils refusoient de s'y engager , que les eaux alloient les engloutir. La foi fût couronnée. Les eaux de ce Heuve ne reprirent leur cours naturel, que lorsque tout Ifraël fût arrivé sur les frontiéres de la Terre promise.

En vain pour extenuer ce Miracle prétendon lui comparer certains évenemens extraordi- . naires qui femblent l'égaler , & qui sont raportez dans l'Histoire profane. En vain allégue-ton les exemples, dont * Pline , 5. Denis d'Halicarnasse, & . Horace ont fait mention. Quel de ces exemples pourroit être mis en paralléle avec celui que nous venons de raconter, sur le témoignage d'un Auteur incomparablement plus digne de foi que tous les Historiens profanes ? Quand même les évenemens qu'on nous oppofe à les considérer en eux-mêmes, auroient quelque raport avec celui que nous venons de raporter ils devroicnt toûjours en être distingués par leurs circonstances. La prédiction de Josué, les promesles de Dieu , le raport du

pas57. Idem ibid. pag. 695./ 8. PLIN. Hill

. Lib. II. Cap. 103. pag. 31. 59. DIONYS. HALICARN. Antiq. Rom. Lib. VI. pag. 351. Lib. 7. pag. 409. oo. Horat. Lib. I. 2. Carm. vers. 13.

Vidimus flavum Tiberim retortis
Littore Etrusco violenter undis,
dre dejectium monumenta Regis,

Templaque Vesta.

passage du Jourdain avec celui de la Mer rouge, le temps que Dieu choisit pour ce Miracle; tout contribue à le mettre hors de pair, & à le faire ranger non seulement parmi ces prodiges que la nature opére rarement, mais aufli parmi ceux que la divinité produit elle-même contre

les loix de la Nature.

[ocr errors][merged small]

30

A

[ocr errors]

Como cheer
DISCOURS II.

. La prise de Jérico , Josur. VI.

Es évenemens, qui suivirent le paslage miraculeux du Jourdain, répondirent parfaitement à ceux dont il avoit été précedé. La prise de Jérico fut fur-tout un

des prodiges , dans lesquels Dieu fit connoitre que la conquête de la Terre de promission devoit être raportée à la toute-puissance Divine, non à la prudence , ni à la valeur des hommes. - Mais avant que de raconter cette surprenante Histoire, il est à propos d'é- . claircir quelques circonstances qui la précedérent.

Les Israëlites en sortant du lit du Jourdain Jofué

le dixiéme du mois de Nisan, allérent camper IV. 19. à Guilgal, ville de la Palestine , éloignée de

cinquante stades de ce fleuve, & de dix de Jérico.

Il se passa trois choses considérables dans ce Camp. 1. Les Israëlites y furent circoncis. 2.

On

i. JUSTINI MARTÍ R. Dialog cum Tryph. pag 341. voi. aufli THEODOR E T quæft. 4. in Jof. tom. I. pag,

199 Il dit que cerre circoncision faite avec des cailloux 7 représente celle des Chrétiens , parceque Jesus Christ est

appellé une pierre , selon ce qui est dit 1. Cor. X. 4. Ils bu voient de la pierre qui les suivoit, « cette pierre étoit Chrift.

V. 2.

9

On y célébra la Pâque. 3. La Manne cesta de tomber. Chacune de ces circonftances demande d'être éclaircie.

Voici en substance ce que nous aprend l'Histoire Ste. au sujet de la circoncision administrée aux Ifraëlites après le paslage du Jourdain. Alors Dieu donna cet ordre à Jofué: Fai toi des coul- Josué teaux tranchans, & circoncis de nouveau les enfans d'Israël, une seconde fois. L'Historien rend raison de cet ordre: il dit, que tous les mâles , gens Verl. 4: de guerre fortis d'Egypte, étoient morts dans le Desert, & qu'aucun de ceux , qui y étoient nez, n'avoient reçu la Circoncison. Il ajoûte que cet ordre fût executé : qu'après cela Dieu dit à Josué : Aujourd'hui j'ai roulé de dessus vous l'opa Vers. 9 probre des Egyptiens.

Le mot de l'original, que nos versions traduisent des couteaux , fignifie des cailloux. Il est certain qu'on a souvent employé des pierres tranchantes dans l'opération de la circoncision. Rien n'est plus insipide que les mystéres, que * quelques anciens Docteurs ont cherchez dans le choix de ces cailloux. * Les Juifs décident dans le Thalmud qu'on peut se servir de toutes sortes d'instrumens pour la circoncision, à la reserye du roseau qui pourroit blefler celui qui l'administre. 3. Les mêmes Docteurs disent qu'on se servoit de cailloux, non seulement pour le Sacrement de la circoncision, mais même

pour 2. Voi divers sentimens des Juifs rapportez dans Joh. BUXTOR F. Synag. Judaic. cap. 2. pag. 91. THE O'DOR. HACKSPA N nota in difficil. Scriptura loca Pars f. in Jofuæ vers. 2. pag. 621.

3. In Tractatu Sabat. fol. 8. 1. voi. Joh. BUXTORF, Lexicum Chaldaicum Talm. &c. au mot 17'1177 pag 2738.

1

« PreviousContinue »