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XIII. 2 3.

I. 12,

suivit la vie de Josué, on n'en pourroit tirer Confronque des conséquences incertaines lur la durée tez Jofué du temps, qui s'écoula entre la mort & l'éta

avec Jug. bliflement des Juges. Nous ne disons donc rien 1. 18 Jor. de certain sur cette question , au lujet de la. xv 8 16. quelle les Chronologistes ont prononcé, mais avec jug. fur laquelle ils n'ont rien avance de bien

prouvé.

I e sentiment qui nous paroit le plus vraisemblable est celui, qui donne à cet intervalle trente années entiéres. C'est ce qui semble prouvé par ce qui eft dit dans le dernier Chapitre de Josué & dans le second des Juges, que les Enfans d'Israël ne se corrompirent que Josué quand une Génération nouvelle succeda à celle XXIV.363 qui avoit vû Jofué, & les merveilles que Dieu lug. 11, avoit faites par son Ministére.

son Ministére. Le mot de Gé. nération marque quelquefois la durée, que nous lui aflignons ici.

Il étoit difficile que l'Anarchie, ou du moins que le Gouvernement relaché, sous lequel vivoient les Ifraëlites, ne les jettât dans de grands excès: rarement la Religion eut du poids sur leur esprit, lorsqu'elle ne fut pas solltenue par la sévérité de leurs Législateurs , ou par les prodiges de ces Hommes extraordinaires, qui fesoient suppléer des châtimens à ce que lamour de la justice ne pouvoit produire sur eux. L'Histoire sainte leur reproche sur-tout trois fortes de fautes , dont ils se rendirent coupables dans le période, dont nous parlons.

10.

I. Ils

pérent les pouces aux Eginétes. Voi. Val. Max. lib. IX. cap. 2. fe&t. 8. pag. 428 ÆLIAN. Histor, var.lib. II. cap 9. Ne haftam ferre poffent , pag30.

6 Voi. TORNISL. ubi supra.

1. Ils usérent d'une criminelle condescendance & d'une molle lacheté à l'égard des peuples, que Dieu leur avoit ordonné de détruire.Au lieu de conquerir leur pais, comme Dieu l'avoit commandé, ils se contentérent, après en avoir pris une partie , de se rendre l'autre tributaire. Ils témoignérent par cette conduite, que lorsqu'ils avoient porté les armes contre les habitans de la Terre promise, ils l'avoient fait bien moins pour obéir à l'ordre de Dieu, qui leur avoit ordonné d'en faire la conquête, qu'afin de pourvoir à leur propre sublistance: ils cefférent de battre, lorsqu'ils crurent avoir remporté assez de victoires pour se rendre la vie douce. Il est même très remarquable qu'ils

.

négligérent de fe rendre maitres de quelquesJosué unes des villes aflignées aux Lévites. "Telle éXXI. 35. toit la ville de Nahalal, qui, selon ce qui est

dit dans le Livre de Josué, devoit échoir à ces Ministres des choses sacrées, dans le Ter

ritoire de Zabulon. Il est expressément remarJug. I. 30. qué dans le Livre des Juges, que ses habitans

n'en furent point chafiez.

J'avoue qu'on ne peut pas toûjours conclurre de la maniére, dont l'Histoire fainte raconte la conduite des Ifraëlites à cet égard, qu'elle ait été digne de cenfure. ll semble même, à en juger par quelques pasages, que ce fut par une dispensation particuliére de la Providence, & non par la négligence de ce peuple , qu'une partie des nations dévouées à l'interdit , servérent pendant quelque temps leur liberté.

L’E7 Voi. USSHER. Annal. ad ann. M. 2591. pag. 28. Voi, ausli Abrégé Chronolog. de PETAU. tom. 3. pag. 23.

8 Cato inexpiabili odio delondam esse Carthaginem ;

con

L'Ecriture en allégue trois raisons. La premiére est rapportée dans le Chap. XXIII. de l'Exode : Je ne chafferai pas ces nations devant Vers.29, vous dans une année, de peur que le païs ne devienne un Defert, que les létes des champs ne fe multiplient contre vous: mais je chasserai ces nations peu. Verf. 1.27 à-peu, jusqu'à ce que vous soyez crus en nombre,

que vous puissiez occuper tout le pais. La seconde raison est marquée dans le Chap. III. des Juges, où il est dit que Dieu conserva quelques-uns de ces peuples pour mettre les Ifraëlites à l'épreuve, pour voir si étant environnez de tant de mauvais exemples ils auroient la fagesle d'y resister. La troisiéme raison est proposée dans le même lieu. Dieu laissa sublister quelques Cananéens pour exercer les Ifraëlites au mêtier de la guerre, & par un motif semblable à celui, qui porta 7 Scipion Nasica à opi

1 ner dans le Senat Romain, que Carthage ne fût pas entiérement détruite. C'est l'idée que nous attachons à ce Texte : L'Eternel laissa ces nations , afin que ceux des Ifraelites, qui n'avoient point eu de connoissance des guerres de Canaan, apprissent le métier de la guerre. 8 Un Docteur Juifi a pris ces paroles dans un autre sens : il a crû qu'elles signifioient que le but de Dieu, en laissant vivre les ennemis du peuple d'Israel, étoit de le punir de ses rebellions, en lui faisant connoitre par expérience, quels étoient les mal

la guerre traine après elle. Mais plusieurs causes peuvent concourir au même effet, & la Providence a pû faire servir

la

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heurs, que

cum de alia consuleretur pronunciabat Scipio Nasica servana
dam, ne metu ablato amula urbis luxuriari fálicitas urbis
inciperet , Flor. lib. II. 15. pag. 77.
Tom. Ill.

T

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la lacheté & la mollefse des Israëlites à l'exécu-
tion de ses desseins. Le Pfalmifte met d'une
maniére si positive parmi les crimes de ce peu-
ple la négligence, avec laquelle il s’aquitta de
l'ordre qui lui étoit donné d'exterminer les Ca-
nanéens, qu'il n'y a point lieu de former de

doutes lur cette matiére: Ils ne détruisirent point Pre.cui. dit-il, les nations , que Dieu leur avoit comman34.

de détruire.

II. Non seulement ils ne détruisirent point

ces nations, mais ils contractérent avec elles Jug. 11.2. (& ce fut là leur second crime) les liaisons les

plus étroites : ils prirent en mariage les filles de
ces mêmes Idolatres, auxquels Dieu leur avoit
commandé de déclarer une guerre mortelle.

III. De ces liaisons si étroites vint bientôt la
conformité de mours & de Religion. Ils s'a-
bandonnerent au même genre d'idolatrie , &
aux mêmes crimes, qui avoient porté la Divi-
nité à armer leur bras contre ceux qui en étoient

coupables. L'Historien dit qu'ils rendirent un Jug. III. culte religieux aux Bahalins , & aux Bocages ,

deux genres d'idolatrie, qui sont distinguez "un
de l'autre dans quelques endroits de l'Ecriture.

Les Bahalins désignent probablement les hom-
I Rois mes que la superstition avoit déifiez, & les Bo-

cages marquent ou les Images des faux Dieux, 19.

ou les arbres qui leur étoient consacrez: ce que
nous aurons plus d'une fois occasion d'exami-
ner dans un plus grand détail.“

Comme il y eut peu de distinction alors en-
tre les mæurs des Ifraëlices , & celles des Ca-
nanéens, Dieu ne voulut pas qu'il y en eût
beaucoup dans leur condition. il résolut me-
me que puisque les Ifraëlites avoient été les mi-
niftres de la vangeance contre les débordemens

des

7.

Voi.

XVIII.

1

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des Cananéens, les Cananéens le fussent à leur tour contre les débordemens des Ifraëlites. Il les livra à des Tyrans, qui leur rendirent la vie amére dans cette Terre de promiffion, qui devoit être pour eux un lieu de délices Mais parce que ces châtimens étoient moins destinez à les perdre qu'à les corriger, il leur rendoit fa bienveillance dès qu'ils la follicitoient par leur conversion & par leurs priéres; il leur suscitoit des Libérateurs , qui les délivroient des ces Oppresseurs, auxquels il ne les avoit abandona nez que pour les ramener à lui.

Ce sont ces Libérateurs que l'Histoire appelle des Juges, & aux faits mémorables desquels nous sommes parvenus. Nous entreprendrions en vain de marquer quelles furent les années de la vie de chacun d'eux. En général Pont convient à-peu – près unanimement parmi les Chronologistes, que depuis le premier des Juges jusques au premier des Rois, il y eut enviřon l'espace de quatre cens ans. Mais nous avons peu de secours pour faire la distribution de ces années.

La difficulté de les suipputer vient non seulement du filence de l'Histoire fainte , mais de l'équivoque d'une phrafe, qui revient souvent dans le Livre des Juges. Après que l'Auteur a rapporté les exploits & la mort de quelcun d'eux, il dit ordinairement, après cela la Terre se reposa tant d'années. Par exemple , il raconte qu'Hothoniel vainquit Cusfihan Rischathaim, Roi d'Aram ; c'est-à dire , de Mésopotamie: il ajoûte qu'après cela la Terre eut du repos quarante ans. L'ambiguité de cette façon de parler a Juges donné lieu à divertes opinions, dont quelques

ini.it: unes fe réfutent sans peine, mais parmi les

T 2

a

quch.

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