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,סדר עולם

limites occidentales du Jourdain , on pourroit entendre qu'ils se disposérent dans ce temps-là à bâtir un Autel sur Pautre bord.

Quoiqu'il en soit de ces différentes traductions, nous croyons que les quarante mille hommes bâtirent l'Autel , non sur le rivage du Jourdain, qui étoit dans le pais de Ca aan, mais sur celui qui étoit en Ga aad

C'est un sentiment à-peu-près général parmi les Interprétes, c'est en particulier celui de ? Jofephe & celui des Juifs dans celle de leurs Chroniques, qu'ils appellent Olip n70, Seder gnolam , c'està-dire, l'Ordre des temps.

Comme cet Autel étoit fort exhauslé, il für bientôt apperçû des Ifraëlites , qui étoient dans le pais de Canaan. Il enflamma leur courroux dès qu'il eût frapé leurs yeux. Un Autel d'une si prodigieuse hauteur leur parût être plûtôt consacré aus Divinitez du Paganisme, au service desquelles on affectoit les lieux les plus élevez, qu’au véritable Dieu, qui n'est pas moins à portée de secourir ceux qui sont dans les endroits les plus profonds de la Terre, que ceux qui font le plus près des Cieux. Mais quand même cet Autel auroit été destiné au service du vrai Dieu , il n'auroit pû plaire à ses yeux. La Loi avoit expressément défendu d'offrir des sacrifices en d'autres lieux que dans le Tabernacle, ni sur d'autre Autel que celui, qui avoit été construit par l'ordre de Dieu: Moyse avoit dit aux Ifraëlites : Vous n'êtes pas encore parvenus Deuter, au repose à Phéritege, que l'Eternel votre Dieu x11.9.

ou vous destine : mais lorsque vous en aurez été mis en possession, vous ne réglerez pas fon culte chacun Vers. 8.

fur 7 JOSEPH, A'ntiquit. lib. V. fect. 24. pag. 190.

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sur ce que bon lui semble, comme nous le fefons au

jourdhui : mais vous chercherez Dieu dans le lieu, Vers. 5.6.

il habite, o qu'il a choisi parmi toutes les Tribus

pour y mettre son 96m. Vous apporterez vos hoVers. 13. locauftes & vos facrifices : prenez bien garde de ne

point en offrir indiferemment dans tous les lieux que

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VOUS verrez.

Jamais nous ne nous sentons plus animez de zèle pour la Religion, que lorsque les interêts de Dicu font comme incorporez avec les notres propres. Un des plus beaux priviléges, & même un des plus riches fonds temporels , qu'avoient les Juifs dans le païs de Canaan, c'étoit de posleder ce Tabernacle, dans lequel il falloit que leurs frères vinssent des lieux les plus éloi

pour rendre hommage au Dieu qui y habitoit, & pour y apporter leurs offrandes

. Aussi n'y eut - il qu’un avis sur la conduite qu'il falloit tenir à l'égard des quarante mille hommes : & quoique les Ifraelites fussent répandus dans les lieux qui leur étoient échus par le sort, ils s'assemblérent à Silo, où étoit le Tabernacle. Ce fut là qu'ils tinrent un conseil général, dans lequel il fut résolu de suivre ponctuellement ce que Dieu avoit ordonné à l'égard des Israëlites suspects d'idolatrie : c'étoit de faire des perquisitions pour s'informer exactement de la vérité du fait, & de punir avec la dernière rigueur ceux qui feroient trouvez coupables. Cet ordre

est dans le Chap. XIII. du Livre du DeuteroVerf. 12, nome: Lorsque vous apprendrez que dans quelcune . ,

, que l'Eternel vous a données , il go a de méchans bommes fortis du milieu de volls , pour duire les habitans de ces villes-, ego qui leur di

fent ; 8 Seder Olam cap. 12. pag. 32.

13. &c. des villes

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Jent ; Allons, servons les Dieux étrangers qui nous étoient inconnus, vous ferez des perquisitions, vous prendrez toutes les précautions imaginables pour couvrir si ce rapport oft fondé , en cas que ce qu'on vous en a dit soit véritable prouvé, qu'une telle abomination ait été commise au milieu de vo11s, vous ne manquerez point de faire passer les habitans de cette ville au fil de l'épée : vous la détruirez à la façon de l'interdit , avec tout ce qui y sera, vous ferez passer les béres méme au fil de l'épée : vous assemblerez tout fon bien au milieu d'une place : vous brûlerez entiérement cette ville, & toutes ses richesses en la présence de l'Eternel votre Dieu : en forte qu'on ne la rebâtisse jamais, qu'elle soit pour toiljours un monceau de ruines.

Les Israelites suivirent ponctuellement cet ordre. Avant que d'infliger des supplices à leurs frères, ils voulurent savoir plus exactement s'ils les avoient méritez. Ils envoyérent des Députez aux quarante mille hommes. Phinées fut le Chef de cette députation. A qui pouvoit mieux convenir la commission d'examiner , fi les droits de Dieu venoient d'être violez, qu’à celui qui les avoit lui-même vangez avec tant de zèle dans l'affaire des Madianites? Les autres Députez ne sont pas nommez: il est dit seulement , qu'il y avoit avec Phinées, dix Seigneurs de chaque maison des Pères de toutes les Tribus d'Israël; l'Historien ajoûte, qu'il y avoit

g dans tous les milliers d'Israël un Chef de chaque Maison de leurs Pères, ce qui peut signifier ou des Chefs de mille hommes, c'est ainsi que l'entend 9 le Rabin Kimchi, ou des Chefs de Tribus, c'est l'idée que quelques autres Interprètes y ont attachée. у

Dans 9 KIMCHI in Fof. XXII. 14. fol. 7727.

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Si cette

Dans les Siècles qui suivirent Josué on fesoit de semblables perquisitions à l'égard des villes, où il se trouvoit quelcun qui feloit des propositions d'idolatrie. Voici un passage de 10 Maimonidès : Le Sanbedrin envoyoit premiérement des personnes dans la ville accusée, afin qu'ils vissent de leurs propres yeulx , si toute la ville , ou si la plus fi

fi grande partie de la ville, étoit coupalle. On y envoyoit ensuite deux fares, ou deux personnes destinis aiix charges politiques, pour l’avertir de for devoir , ( pour travailler à la rumener. ville déferoit aux exlortations qui lui étoient adresfées, ou si ell: le témoignoit par son retour au culte du vrai Dieu, on étoit satisfait de sa condiite. Mais si elle persistoit avec o stination dans sa folie, alors le grand Sanhedrin ordonnoit qu'on l'attaquật à force ouverte, é qu'on en fit le siège dasis les formes. Quand on s'en étoit rendu maître, le grand Sunhem drin préposoit des Juges pour examiner les prévenus. On mettoit à part tous ceux contre lesquels deux témoins avoient déposé. S'il se trouvoit plus d'innocens que de coupables, ces derniers étoient lapidez, & c les autres étvient exempts de peine Mais si le nombre des coupables surpasfoit celui des innocens, alors on envoyoit des personnes au grand Sanhedrin pour lui rapporter ce qu'on avoit trouvé:c toit à cet Hugusłe Corps qu'il appartenoit de prononcer qu'on passât au fil de l'épée les hommes , les femmes, les enfans, ce qu'on brulât toutes les richesses d'une ville, dans laquelle il se trouvoit plus de personnes qui s'étoient abandonnées à Pidolatrie, que de celles qui avoient reft!d'y adhérer: on envelopoit même les éirangers dans ce châtiment , on les traitoit

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ro MAIMONIDES Halach, aboda zara , cap. 4. sect. 6,

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avec la même rigueur, s'ils avoient fait un séjour d'un mois parmi les coupables. Quand ils y avoient été moins de temps, ils étoient bien paffez au fil de l'épée, mais leurs biens vencieni à leurs béritiers. Mais soit que ce fut la plus grande,

foit que ce fut la moindre partie de laville, qui eitt commis lecrime, ceux qui avoient sollicité le peuple à le commettre étoient lapidez. Ce sont les paroles de Maimonidès, celui de tous les Auteurs íuifs qui parle le plus judicieusement.

Mais il paroit par des palages du " Talmud, qu'on fcfoit des gloses puériles sur les paroles de Moyse, que nous avons rapportées, & qu'on fe conduisoit à l'égard des villes accusées d'idolatrie avec cet efprit de ininutie & de luperstition, dont les juifs ont toûjours été animez. Le Talmud porte que la sentence contre la ville accusée d'idolatrie nic devoit point être exécutée, à moins que ceux qui l'avoicut seduite ne fuflent de cette ville vême & de la même Tribu. La raison de cette conduite, c'est qu'il est dit, fe quelques méchans hommes fortis du mie lieu de vous, & non venus de dehors. La senrence ne devoit pas être exécutée, si on s'étoit lifié surprendre par un seul sedućtur. La railon en est qu'il est dit, non au fingulier, fi quelque méchant homme, mais si quelques méchans ionimnes font fortis, &c. La sentence ne devoit pas être

& exécutée , si c'étoient des femines qui avoient seduit la ville, parce qu'il est dit non, fi qu:elques méchantes femmes, mais si quelques méihans hommes font fortis , &c. De même, si la ville n'avoit point de place publique, il falloit qu'on en fit une, parce que la. Loi portoit, qu’on as

semblât II Talmud tit. Sanhedrin cap. 11. fe&. 4. 5. 6. voi. aufli J ARCHI in Deuter, XIII. 12. pag, 1377.

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