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être que Misrephoth signifie icides Fosses d'eau :c'est le sens que lui donne le Paraphrafte Chaldaique. Qu'un Géographe est à plaindre lorsqu'il est obligé de chercher la situation d'une ville sans être bien sûr si elle a jamais été! En cas qu'il faille traduire ici des Fosses d'eau, l'Historien auroit your lu dire, que Jofué poursuivit les ennemis jufques à cet endroit des côtes de la Mer Meditirrannée, où l'on détournoit les eaux, que l'on renfermoit dans des fosles, où la chaleur du Soleil les cuisoit & formoit du sel : & il seroit bien difficile de déterminer dans quel endroit précisément elles étoient.

Quelques autres croyent que Misreploth signifie des sources d'eaux chaudes , & cette opinion est très vraisemblable. On ne doit pas objecter, que l'Histoire ne fait mention d'aucune source d'eaux chaudes , quiayent été proche de Sidon : car il n'est pas dit ici, que Sidon & Milrephoth fufient dans le même lieu : mais que Josué poursuivit les Cananéens jusqu'à Sidon, 6 juf qu'à Misrephoth. Or il est certain qu'il y avoit plusieurs endroits dans la Palestine, & dans la Phénicie, célébres par leurs sources d'eaux chaudes. 39 Ammien Marcellin le dit expressément. 4° Les Talmudistes, 41 Joséphe, 4* St. Jéro

43 Eulébe s'accordent avec lui sur cet article. D'ailleurs on prouve par des pallages de

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Pline

me,

calentes emergunt, ad ufus apte multiplicium medelarum.

40 Medrasch Cobeleth fol. 110. 2:

41. JOSEPH, de Bello lib. IV. cap. I. pag. 1160. An. tig. lib. XVII. cap. 2. pag: 795.

42 HIERON in voce aiam , ubi legendum mine't, pag. 9.

43 EUSE B. & HIERON. in Onomasi, in voce Mafi rephot maim pag. IIO.

44 Pline & de 45 Dioscoride, qu'il y avoit dans le terroir de Sidon des Mines de bitume, ce qui au rapport de Strabon, rendoit cette ville iujerte aux tremblemens de terre : & c'est dans ces fortes de lieux particulierement qu'il se trouve des sources d'eaux chaudes, comme cela

раroit par l'exemple de la Sicile, qui abonde en bitume, & en sources d'eaux chaudes , ainsi que l'aflûre le même 46 Strabon , & comme nous le savons par d'autres que par lui.

Les LXX. font un nom de lieu de tous ces mots, que nous , traduisons eaux chaudes, ou eaux brulées, & ils disent, que Josué pour. suivit les Cananéens jusqu'à Macpeowo jaciu, Masrephoth maeim. 47 Masius croit que Mafrepboth maein désigne les lieux, où étoient les Laboratoires, dans lesquels on feloit le verre. Il prétend que le terroir de Sidon avoit beaucoup de ce fable, que l'on fondoit à force de feu, & dont le verre étoit composé. Il est certain 48 qu'on a attribué l'invention de cet art à Sidon. Cette grande diversité d'opinions toutes vraisemblables, mais non suffisamment prouvées, nous dispense de déterminer où étoient les eaux chaudes, ou le lieu nommé Misrephoth , dont il eft ici question.

Mais nous devons remarquer que quand il est dir, que Josué batrit les Cananéens jusques à Sidon, et jusques à Misrephoth , cela ne signific pas qu'il se rendit maitre de ces deux endroits. Du moins s'il s'empara de la ville de Sidon, ce qui n'est pas vraisemblable, les Cananéens

pas 44 Plin. lib. XXXV. cap. 15. pag. 715. 45 DIOSCOR ID. lib. I. cap. 83. pag. 89. 46 STR AB o lib. I. pag. 100.

47 MÁSIJs in Fofuam XI. 8. pag. 1738. dans le 2. vol. des gr. Critiq.

48 Voi. BoCHAR T. Phaleg. lib. IV. cap. 35. pag. 303. PLIN. V. 19. Sidon Artifex vitri pag. 264. STRA 20 lib. XVI. pag. 1099.

Jug. la reprirent peu de temps après, puisque les Si

ΧΥΙΙΙ. 7. doniens sont alléguez dans le Livre des Juges comme des exemples de la plus profonde securité.

Jolué exécuta l'ordre que Dieu lui avoit donné de couper les jarrets aux chevaux des Cananéens , c'est ainsi que nos Versions. traduisent le terme de l'Original , qui signifie plus ordinairement énerver. Par cette énervation quel•ques 49 Docteurs Juifs entendent je ne sai quelle incision, que l'on fesoit aux pieds des chevaux. Ils veulent que Dieu ait ordonné d'énerver ainsi les chevaux, & non de les tuer, parce a de la cruauté à ôter fans nécessité la vie aux Animaux. Peut-être cette moralité est-elle trop rafinée : le mot Hebreu mpy, gnaker, eft un terme assez général, qui peut signifier détruire, & so nous avons déjà vû les raisons, pour lesquelles Dieu avoit défendu aux lsraëlites d'avoir des chevaux & de la cavalerie.

qu'il y

DIS.

49 KIMCHI in Fof. XI. 9. fol. nos. jo Voi, ci-deflus pag. 188.

ca

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Fofué partage la Terre de Canaan.

Jos. XIII, XIV, XV.

Uand Josué eut atteint l'age de cent ans, Dieu lui commanda d'exécuter l'ordre, quiavoit été donné pendant la vie de Moy. fe, touchant le partage du païs

de Canaan.' Il voulut que le respect, qu'on auroit pour celui qui en avoir fait la conquête, prévint les disputes, que pour

roit exciter la maniére, dont elle seroit distriNombr. buée. C'est dans le Livre des Nombres que !11. &c. nous trouvons le commandement, dont Dieu

prescrit ici l'exécution. Mais pour cxaminer à
fonds cette mariére, il faudroit s'engager dans
des discussions, auxquelles des Traitez entiers
pourraient à peine suffire. Nous ne ferons
donc ici que dès remarques générales; & nous
renvoyons aux Géographes, particulièrement
au Traité d'Arias Montanus, qui a pour ti-
tre Caleb, ceux qui voudront démêler toutes les
difficultcz, qui se trouvent dans les noms, &
dans la position des lieux, qui échûrent à cha-
que Tribu, & à chaque Famille.
Voici les questions, que nous voudrions é.

clai I Ce Traité est dans le 8. volume des grands Critiques, pag. 558

claircir. La prémiére roule sur les pais, qui n'étoient point encore fubjuguez, lorsque Josué entreprit de faire le partage de celui qu'il avoit conquis. La seconde sur les personnes qui y travaillèrent avec lui. La troisiéme sur le fort qu'on y employa. La quatriéme sur la proportion qui dût y être observée. La cinquiéme sur la portion des Sacrificateurs & des L'évites. La fixiéme sur quelques familles , qui furent distinguées dans ce partage. Et la leptiéme fur les villes de refuge.

1. Nos premiéres remarques concernent les pais, qui n'étoient point encore subjuguez lorsque Josué entreprit de faire le partage. Je parle de ceux dont la conquête avoit été promise aux Ifraëlites : il y en avoit plusieurs, qui n'avoient pas fubi le joug du Peuple de Dieu, ou qui lavoient peut-être fecoué. Onir Sam. en peut voir l'énumération dans les prémiers V. 6. &c. verlets du Chapitre XIII. du Livre de Josué. Ce ne fut même que du temps de David, quc le Territoire de la ville de Jérusalem fut entiérement foůmis au Peuple de Dieu. Les Interprétes ont recherché avec soin les causes du retardement de ces conquêtes.

Quelques-uns l'ont attribué à la foiblesse de Josué, & à la force des villes, qui avoient conservé leur liberté. C'est la pensée de Jolephe qu'il exprime d'une maniére injurieuse à Josué, ou plûtôt à Dieu même, dont ce Général n'é

le ministre : 7ofué, dit-il, étant déjà avancé en âge, voiant que les villes qui lui restoient, s'étoient pas faciles à prendre, six evaards, tant

.

toit que

2. JOSEPH. Antiquit. lib. V. cap. I. pag. 186,

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