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grandeur, il est plus de mille fois plus grand que Jupiter, dont la Terre surpasse à peine la milliéme partie.

Autour de Jupiter tournent quatre Planétes toutes très petites, fi un les compare à Jupiter , dont on les nomme les satellites, ou les Lunes, étant à l'égard de cette Planéte, ce que la Lune eft par rapport à la Terre

Cinq satellites semblables roulent autour de Saturne, qui les surpasse de beaucoup; il faut de très grands Telescopes pour les découvrir.

Enfin la Lune beaucoup plus petite que la Terre en eft le fatellite , & tourne autour

' d'elle.

De dix-sept corps, qui composent notre Syftéme, il y en a un en repos, le Soleil, ou la Terre , les seize autres font en mouvement. Nous venons de voir à l'égard de quinze, que les plus petits tournent autour des plus gros, règle qui a licu à l'égard du seisiéme, li la Terre tourne; mais qui a une exception, si c'est le Soleil, & une exception, à l'égard du plus grand de tous, qu'on fait tourner autour d'un des plus petits. Cette exception est d'autant moins probable, que des dix-sept corps, dont nous venons de parler, il y en a un seul de lu. mineux, qui est en même temps le plus grand de tous, auquel par conséquent il semble qu'il faille plûtôt attribuer quelque chose de particulier, qu'à la Terre, qui ressemble fi fort aux autres Planétes.

Ceux, qui sont accoûtumez d'examiner la Nature de près, favent combien ces fortes d'exceptions aux régles générales sont rares : l'exception, que nous venons d'indiquer, n'est ni la seule , ni la plus conGidérable que doivent

ad.

admettre ceux qui soûtiennent le repos de la Terre.

Les cinq Planétes , dont le mouvement autour du Soleil est hors de tout doute, sont soû

. mises à cette loi, que le mouvement des plus éloignées est le plus lent : les satellites de Jupiter & de Saturne suivent la même régle, leur mouvement est d'autant plus lent, qu'ils sont plus éloignez du corps autour duquel ils tournent. Si la Terre tourne autour du Soleil, cette régle n'a point d'exception , sa vîtesse est moyenne entre celle de Venus & de Mars, entre lesquels elle est placée ; plus éloignée du Soleil que Venus, la Terre a un mouvement plus lent, qui est plus rapide que celui de Mars, dont la distance au Soleil eit plus grande.

Si au contraire la Terre est en repos, le Soo leil beaucoup plus éloigné que la Lune a un mouvement incomparablement plus rapide.

Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que les vîtesses qui diminuent, comme nous venons de le marquer, diminuent suivant une loi conftante: si deux corps tournent autour d'un mê. me corps à des distances, dont l'une est quadruple de l'autre, le plus éloigné n'aura que

la moitié de la vîtesse du plus proche. En général, si deux nombres expriment le rapport, qu'ont entre elles les vîtesses de deux corps, en multipliant chacun de ces nombres par lui-même, on trouve deux nombres , qui ont entre eux le rapport qu'il y a entre les distances de ces corps à celui autour duquel ils tournent. C'est ainsi que Venus, dont le mouvement est quatre fois plus rapide que celui de Saturne, n'est éloignée du Soleil

que
de la feiziéme pare

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ou

tie de la distance de Saturne : ces nombres ne font pas tout-à-fait exacts , mais le rapport, dont il s'agit , est exactement observé. Ce rapport a licu avec une précision étonnante à l'égard des cinq Planétes qui tournerit autour du Soleil; à l'égard des quatre satellites , Lunes, de Jupiter, & à l'égard des cinq, qui tournent autour de Saturne.

Si la Terre tourne autour du Soleil, fa vitefle, comparée à celle des autres Planétes, est exactement celle qui lui convient suivant cette régle: hazard bien particulier , si elle est véritablement en repos

Comparons à présent les deux Systémes : dans l'un le plus grand de tous les corps, 'dont tous les autres reçoivent leur lumiére, eft en repos; autour de celui-ci tournent, à des distances inégales, six corps, Mercure, Venus, la Terre, Mars, Jupiter & Saturne: autour de quelques-uns d'entre ceux-ci tournent d'autres qu'ils entrainent avec eux autour du Soleil. Par-tout le corps, autour duquel d'autres tournent, les furpalle de beaucoup en grandeur. Partout où il y en a plusieurs, qui tournent autour d'un même centre, leurs vitesses ont des rapports fixes, que les distances au centre déterminent. La Terre, semblable aux autres Planétes, est sujette aux mêmes loix, & fa vî. tesse, qui est exactement celle qui lui convient par le rang qu'elle occupe, semble mettre la vérité de ce Systéme hors de tout doute.

Ce Systéme fi régulier est bien différent de celui, dans lequel la Terre est en repos; le Soleil, le plus grand de tous les corps qui éclaire tout le Systéme, dans son mouvement entraine tout le Systéme, à l'exception de deux corps

des

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des plus petits, la Lune , & la Terre; les régles générales, dont nous avons parlé, y ont des exceptions ; au lieu du mouvement de la Terre, qui suit les loix qui ont lieu à l'égard de tous les autres corps, on attribue au Soleil un mouvemest, qu'on trouve tout-à-fait irré. gulier , quand on fait attention aux autres mouvemens qu’on observe dans notre Systéme Planétaire. Ces irrégularitez ne servent qu'à déranger le Systéme , n'aiant aucun usage dans l'explication des Phénoménes , dont on rend raison beaucoup plus naturellement, si on pose que

le Soleil est en repos. Je ne donne pas ces preuves comme entiérement convaincantes, mais il me semble qu'on ne fauroit nier, qu'elles donnent au sentiment que je défens un grand degré de probabilité : je croi avoir besoin de preuves plus fortes, pour mettre ce sentiment hors de tout doute; je me persuade, Monsieur, que vous trouverez telles celles que je vais exposer.

Perionne ne doute, du moins ne sauroit douter raisonnablement, que l'Univers ne soit gouverné par des loix, que le Créateur a établies pour y conserver Pordre.

conserver l'ordre. On ne sauroit découvrir celles , qui ont lieu dans notre Systéme, que par l'examen des mouvemens des corps qui le composent.

Si en examinant un mouvement particulier on vient à découvrir une loi, dont il dépend; fi de plus on trouve occasion de faire des examens semblables sur plusieurs mouvemens ; & enfin si tous ceux qu'on peut examiner font des suites de la même loi, on conclurra que cette loi est générale. C'est de cette maniére qu'on a conclu, qu'un corps en mouvement continue

à fc

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à le mouvoir sans se détourner de la ligne droite , si quelque force étrangére ne l’y. oblige. Par un raisonnement semblable on conclut, que les pierres ont de la pésanteur dans des lieux, où aucun homme n'a jamais mis le pied pour en faire l'épreuve. Il n'y a personne qui n'aquiesce à ces fortes de preuves , & leur force peut se déduirc de la nécessité, dans laquelle le Créateur nous à mis d'y acquiescer.

De l'examen du mouvement de la Lune autour de la Terre on déduit, par une démonstration de Mathematique , que ce qui l'empeche de s'éloigner de la Terre, en s'échapant de côté par un mouvement en ligne droite, suivant la loi générale, c'est une force, qui la pousse dans tous les inftans vers le centre de la Terre.

Cette force, quelle quelle loit qui pousse la Lune vers la Terre, est semblable à celle, que nous nommons pésanteur à l'égard des corps voisins de la Terre. Nom qu'on peut appliquer aussi à la force, qui poufle la Lune; d'autant plus qu'on fait voir, que cette force est la même que celle de la pésanteur , qui s'étend jusques à la Lune, & même bien au delà, comme nous le dirons dans la suite.

Pour faire voir que la force, qui pousse la Lune, est la même que la pélanteur, il faut temarquer que sur la surface de la Terre la pésanteur est la même à l'égard de tous les corps, dont chaque petite partie est poussée avec la même force; la plume la plus légére tombe ausfi vîte qu'un morceau d'or, fi on ôte la résistance de l'air : & c'est par l'espace, que les corps Parcourent dans un certain temps, qu'on peut déterminer la force qui les pousse.

L'examen du mouvement de la Lune fait
Tom: III.

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