Page images
PDF
EPUB
[merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small][merged small]

"Alliance des Gabaonites avec
Josué irrita tout le pais de

Canaan, Les Cananéens se
L sentirent plus outrez contre

eux que contre les Israëlites,
& ils voulurent détruire ces

enneinis domestiques , avant que de combattre les ennemis étrangers. Adonitsédec regnoit alors sur la ville, qui fut si célébre dans la suite sous le nom de Jérusalem. Il est vrai qu'elle paroit sous le nom de FéruJalem dans le Livre de Josué: mais nous avons déjà remarqué, & nous aurons souvent besoin de cette remarque , que les Auteurs facrez en narrant des faits, arrivez dans un certain periode, donnent aux lieux, dont ils parlent, des noms qu'ils ne portérent que longtems après ce periode-là. Il est probable que le plus ancien nom de Jérusalem fut celui de Fébus, l'un des fils de Canaan. Elle est appellée de cette ma- Genes, x, niére dans le Chap. XVIII. de Josué, & fon 16. nom eft expliqué par celui de Jérusalem. Mais Jofué

XVIII. 28. il n'est pas aisé de démontrer ni le temps, dans lequel ce dernier nom lui fut donné, ni quelle en est l'origine. Quelques-uns croyent qu'elle

[ocr errors]

le prit lorsque Salomon y bâtit le Temple. Ils disent

que le mot de Jérusalem est composé de Téron, qui dans la Langue Gréque signifie un Temple , & du nom de Salomon, en sorte que Jérusalem voudroit dire Temple de Salomon. Mais quelques autres trouvent qu'il n'est pas yraifemblablc, que les Juifs eufient donné un nom Grcc à leur capitale: 'ils font donc dériver ce nom de l'Hébicu: mais ils le partagent 'quand il est question de déterminer s'il vient de deux termes, dont l'un signifie craindra , & l'autre Salem , qu'ils croient avoir été l'ancien nom de Jérusalem; ou deux autres, dont l'un signifie ils verront, & l'autre la paix. Mais' Mr. Rejand croit que le mot de Jérusalem est composé de Jerusch qui signific héritage , & du mot shalom qui veut dire paix : il prétend que la capitale de la judée ne fut appelléc ainsi, qu'après que David en eût challé les Jébusiens, qui en occupoicnt une partie, lorsqu'il ne regnoit encore que sur la Tribu de Juda. ? Le nom de 76rufalem fut changé par l'Empereur Ælius Hadrien, qui l'appella Ælia Capitolina: & lon premier nom fut si peu en usage, 3 qu’un Jugo Romain, qui demeuroit à Césarée, demandant à quelques Martyrs quelle étoit leur Patrie, & eux aiant répondu qu'ils étoient de Jérusalem, il crût que c'étoit quelque ville en Orient, que les Chrétiens fortifioient pour s'y défendre contre les Romains.

ReIRELAND. Paleffina lib. III. au mot Jerusalem, pag. 834.

2 X IPHILIN. in Epitome Dionis. pag. 262.

3 EUSEBIU de Paloftina Mariyribus cap. 11. pag. 275. Ce Traité d EU SEBE eft à la fin du livre VUÍ. de fon Histoire Ecclesiastique, & y fert de fupplement dans quelques Editions des Ouvrages de ce Pére,

Revenons à Adonitsédec, dont le nom, qui signifie Seigneur de justice, a beaucoup de rapport avec celui de Melchit fedec, ainsi que nous l'avons remarqué 4 aillcurs

. Ce Prince envoya des députez à quatre Rois voisins de les Etats, qui avoient le même interêt que lui à s'oppofer aux progrès des armes des Israëlites. Le premier de ces Rois s'appelloit Hoham : il regnoit Josué sur Hébron, ville nommée anciennement Kir

XY.13. jaht- Arbé, & qu' s Eusebe place au Midi de Jérusalem à vint-deux milles de cette capitale. Arbé étoit le père de Hanac, qui probablement avoit fondé la ville, dont il est ici question: c'est pour cela qu'elle s'appelloit Kirjath- Arbé, c'est-à-dire, la ville de Arbé. « Quelques-uns pourtant disent avec moins de vraisemblance, que Kirjath- Arbé signifie la ville des quatre, parce que quatre hommes célébres, à savoir Adam, Abraham, Isaac, & Jacob, y avoient habité, & у

furent enfévélis. Le second de ces Rois s'appelloit Piream , & regnoit sur la ville de Jarmuth , que 7 St. Jérome appelle Jérimoth, & qu'il place à quatre pierres , c'est-à-dire, à quatre milles d'Eleuthéropole. Les Romains mettoient des pierres dans les grands chemins d'un mille à un autre, pour servir de guide aux Voyageurs: ils en mirent de semblables dans la Palestine, quand ils en furent les Maitres. C'est pour cela qu'on dit une pierre, pour dire un mille. Le troisiéme Roi s'appelloit Japbiah :

il 4 Dans notre premier vol. Discours XIII. pag. 195. Š EU SE B. Onomasticum au mot oé pxw pag. 21. 6 Voi. ADRICHOMIUs Theatr. Ter. S. pag. 49:

7 Voi en divers exemples dans REL AN D. Palest. lib. 11. cap. 2. pag. 401. &c.

8 Voi. ROBERT. Steph. Lingua Latina Thefaur. ad vocem Lapis, tom. 2. pag. 835.

H

il regnoit sur la ville de Lachis, qui étoit , au rapport de 9 St. Jérome, à sept milles d'Elcuthéropole. Le quatriéme s'appelloit Debir: il regnoit sur la ville de Héglon, qu' "· Eusebe appelle Adollam, quoique ce soient deux lieux distinguez dans nos Ecritures, & qu'il place à douze milles d'Eleuthéropole.

Le Roi de Jérusalem invita ces quatre Rois à se joindre à lui pour faire la guerre aux Gabaonites, qu'ils regardoient desormais comme des ennemis communs

&
pour

les punir du Traité qu'ils avoient fait avec les Ilraëlites. Cette proposition fut acceptée. Les cinq Rois liguez investirent la capitale des Gabaonites, qui crurent que Josué étant leur Allié voudroit être aufli leur Libérateur : ils eurent leur recours à lui, & ils le suppliérent de venir promptement au secours d'une ville, qui n'étoic attaquée qu'à cause de l'alliance qu'elle avoit faite avec lui.

Josué ne consulta que la générosité & que son courage : il fut confirmé dans le deflein qu'il avoit

de secourir Gabaon par une révélation divine, qui l'affùra de la défaite de ces Voi. Rois, qui sont appellez Amorrhéens, parce que 2. Sam. le nom d'Amorrhéens , se donnoit à tous les peuOù les ples de Canaan. Comme le péril des GabaoGabao- nites étoit prefiant, Josué leur accorda un prompt

secours. Il fit avec tous ceux de l'Armée, qu'il

avoit choisis pour cette expédition, une marche qu'Hé

førcác; & quoi qu'il y eût huit lieues de Guilsont ap- gal à Gabaon, il ne mit qu'une nuit à faire ce pellez

XXI. 2.

nites,

quoi

chemin. léens.

. HIERONYMI Onomast. in voce Lachis, pag. 101. 10 EUSE B. Onomast, au mot Eracing pag. 65.

HIERON Y M. ubi fupra in voce Bethoron , pag. 42. poi, les notes de BONFRÉRIUs sur ce mor, ibid.

viens

Amor

chemin. Sa promptitude déconcerta les cinq Rois, & ils furent comme vaincus au seul alpect de ce Général. Ils cherchérent leur sûreté dans la fuite. Mais Josué les poursuivit a. vec acharnemeiit par le chemin de Bethoron, dit

Voi. Jolc Texte, & il les battit jusqu'à Hazéka, & jus- fué xvIII. qu'à Makkéda. Il y avoit deux villes appellées 14. XXI. Betheron, toutes deux , dit " St. Jerome, à 22, douze milles de Jérusalem : l'une s'appelloit vir. 24.

[ Chron. Betheron la supérieure, parce qu'elle étoit située sur les montagnes ; l'autre Bethoron Pinférieure par une raison opposée : c'est de la premiére de ces villes, dont il est ici question. Hazéka & Makkéda, c'étoient deux autres villes , qui échurent à la Tribu de Juda : la derniére étoit à huit milles d'Eleuthéropole à l'Orient de cette yille, c'est 12 Eusébe qui nous l'apprend. 11 y a quelque contestation entre les Géographes sur la situation d'Hazéka. '3 J'indique les fources, où l'on peut puiser des lumiéres sur ce sujet.

Ce fut pendant cette déroute que Dieu fit deux prodiges, par lesquels il voulut faire connoitre, que les Ifraëlites devoient leurs victoires, moins à leur force & à leur valeur, qu'à une Providence toute divine. Le premier de ces prodiges fut une pluie de pierres : le second -fut le retardement du cours du Soleil: & comme ce sont là deux des circonstances les plus mémorables des conquêtes de Josué, elles méritent chacune une digression, Yoici ce que porte le Texte sur le premier

de

12 EU SE B. Onomaft. in voce Maceda pag. 104.

13 RELAND. Palaji. S. lib. III. pag. 603. ADRIC H. Theașr. T. §. pag. 40g

HS

« PreviousContinue »