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XIII, 18.

Mer Mediterranée, ils avoient plus de facilité

Nomhad que les autres pour le commerce. Ce sont des conjectures de's Bochart. Peut être aussi por Deuter: toient-ils le nom de Cananéens, parce qu'ils soû. I. 7. Xre tenoient avec plus d'éclat la gloire de Canaan 30. leur Chef. Quoi qu'il en soit sur l'origine de

cur nom, il est certain que ces Cananéens é. toient des Familles des Héviens. Lorsque le mot de Canaan se prend pour le païs de ces peuples, c'est la signification la plus restreinte qu'on puisse donner à ce terme.

IV. Voici une quatriéme remarque. Il faut distinguer ayec foin le pais , dont les Ifraëlites devoient faire la conquêțe sous la conduite de Josué, d'avec celui que Dieu avoit promis de donner à Abraham & à fa postérité : celui-là n'étoit qu'une partie de l'autre ; je veux dire que Josué ne devoit pas conquérir tout ce païs, qui avoit été promis à Abraham. Dieu lui avoit dit qu'il donneroit à sa poftérité le païs , qui s'étend depuis le Fleuve d'Egypte , jusqu'au grand Génel. Fleuve , qui eft PEufrate: & qu'il Joûmettroit à ses XV. 18. defcendans les Kéniens , les Kénéfiens ,

les Kénésiens , les Kadmoviens,

les Héthiens, les Phérésiens, les Réphains, les Amorrhéens, les Guirgafiens, de les Jébusiens. Ce Fleuve d'Egypte , qui devoir être une des bora nes du païs que Dieu promettoit à Abraham étoit le Nil, & nous ne voyons pas que les Ilraëlites du temps de Josué ayent porté leurs conquêtes de ce côté-là. Nous ne trouvons non plus aucune trace de leurs victoires für les Kéniens, les Kénéfiens , les Kadmoniens. . If

eft

6 Voi. PÁTRIC sur Génése is. 18. pag. 178. B0. SHAKT ubi supra pag. 307.

Tom. Iti.

VI. 14.

me cela

se con

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est vrai que quelques Interprétes entendent par Amos

le Fleuve dans ces paroles, non le Nil propre-
ment, mais une de ses branches, qui est appel-

lée le torrent du Desert dans les Révélations du * Com Prophéte Amos, & * qui étoit une des bornes

de la Palestine du côté de l’Egypte. Il est vrai clut de encore ; qu'on a crû que ces Kéniens, ces Ké. Josué x. méfiens & ces Kádmoniens étoient aussi quelquesVoi Ge- unes des branches des sept nations qui furent Ref.x 15. foûmises par Jofué, & que les Kadmoniens , é.

toient les mêmes que les Héviens, qu'on ap-
pelle Kadmoniens, c'est-à-dire, Orientaux, par-
ce qu'ils demeuroient dans la partie Orientale
de la Judée. En ce cas les conquêtes de Jofué
auroient rempli à peu-près les Oracles touchant
la Terre promise. Mais comme ce ne sont là
tout au plus que des conjectures, comme d'ail.
leurs nous voyons que les conquêtes des Ifraë-

lires s'étendirent beaucoup plus loin du tems Voi. de David & de Salomon, qu'elles n'avoient 2 Sam.

fait sous Josué, nous croyons que la précision 2 Chron. demande qu'on distingue le païs , dont les IlIX. 26. raëlites devoient faire la conquére sous Josué,

d'avec ceux, dont Dieu avoit promis de mettre
les defcendans d’Abraham en poffeffion.

Nous ne fefons plus qu'une réflexion, qui
est une fuite de toutes les autres, c'est que puis-
que Josué ne conquit qu'une partie du pais,
que Dieu avoit promis à la postérité d'Abra-
ham, & que parmi les peuples, qu'il défit, il
s'en trouve qui font lubdivisez en plusieurs
natiòns , il n'y a pas lieu de s'étonner, que
quand l'Ecriture parle des peuples vaincus par

les

VIII. 3:

7 BOCHAR T ibid. pag. 305

VII. I.
XX. 17.

les Ifraëlites, elle varie à l'égard du nombre:

Conferez: qu'elle parle quelquefois de dix peuples , quel- Exod. x111: quefois de cinq, quelquefois de lept, quelque- 5. XXXIII. fois d'un plus grand, ou d'un plus petit nom- 2 Deuter, bre: la réflexion, que nous venons de faire, eft la clef de cette difficulté.

Josué Toutes ces choses étant ainsi établies nous ix. I. continuons la narration de l'Histoire des Ga. baonites. Ils étoient , ainsi que nous l'avons dit, de la nation des Héviens. Ils tiroient leur nom d'une des principales de leurs villes, qui s'appelloit Gabaon, située environ à huit lieues de Guilgal, où campoient alors les Ifraëlites, & elle est appellée une ville royale dans le Chap. Vers, 2 g X. de Josué. La victoire, que les Israëlites venoient de remporter sur Haï, leur rappella dans l'esprit toutes les merveilles que Dieu avoit faites pour ce peuple; les fleaux dont l'Egypte a. voit été frapée; les Egyptiens engloutis dans les eaux de la Mer Rouge; Hog & Sihon exterminez; Jérico tombée au fon des trompétes: Ces objets offerts à leur esprit leur persuadérent, qu'il y avoit quelque chose de divin dans les triomphes des Israëlites , & les portérent à folliciter leur faveur. s Les Juifs disent dans le Thalmud, qu'ils y furent engagez par un autre motif encore : c'est qu'ils avoient lû sur la montagne de Hébal, où ils prétendent que Josué avoit écrit toute la Loi, les ordres qu'il avoit reçûs d'exterminer tout le peuplé de Canaan.

Mais plus les Gabaonites souhaitoient de le concilier la faveur des Ifraëlites, moins ils ef

pé8 Voi. MÁSIUs sur Josué VIII. 6. tom. 2. des gri Critig, pag. 1654

Ga

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péroient d'y réussir; & soit qu'ils eussent apa pris en cffet le commandement, qui leur avoit été fait de mettre ces nations à l'interdit , soit quc la rigueur, dont on avoit usé envers les vil. les déjà vaincues, leur fit craindre un semblable traitement pour celles qui seroient vaincues dans la suite, ils crurent qu'ils imploreroient vainement la clémence de ces Conquérans, s'ils déclaroient qui ils étoient, Ils résolurent de faire suppléer la ruse à la raison. Ils députérent vers Jolué quelques uns d'entre eux , qui fei. gnirent d'appartenir à une nation très-éloignée de celles, sur lesquelles le peuple d'Israël avoit ordre d'exercer de si sanglantes exécutions.

Pour persuader qu'ils venoient d'un païs fort Jofué ix. éloigné, ils prirent des souliers refemelez, (c'est

l'idée que reveille l'expression de l'original) & qui sembloient usez par la longueur du chemin: ils s'habillerent de vêtemens , qui paroisloient avoir essuyé toutes les injures de l'air pendant

une longue route: ils apportérent des outres de * Voi, le vin toutes percées, & *du pain qui ressembloit mot de à du biscuit, tel que celui dont on se munit l'origidans les

voyages de long cours. Ils dirent qu'ils ployé en étoient des Ambassadeurs envoyez par ce sens tion vers les Ifraëlites, dont le nom triomphant dans le

s'étendoit jusques aux climats les plus reculez: XIV. 3.

qu'artirez par le bruit de leurs victoires, ils é toient venus pour les voir de leurs propres yeux: qu'ils avoient traversé pour cela les vastes païs, qui séparoient le lieu de leur naissance d'avec celui où étoit alors l'armée d'Israel : que le pain, dont ils n'avoient plus que quelques restes, étoit tout chaud lorsqu'ils étoient partis : que leurs outres usées, étoient alors toutes neuyes, aussi bien que leurs habits & leurs fouliers.

Ils

nal em

I Rois

Ils demandérent pour récompense de l'hommage qu'ils venoient rendre aux Israëlites, d'entrer en alliance avec eux , & par l'idée, qu'ils témoignerent avoir du Dieu qui condúisoit les armées d'Israël, ils donnérent à connoitre qu'ils étoient prêts à adopter fon culte, & à fe loû. mettre à ses loix.

Josué soupçonna la ruse : mais il n'eut pas la pénétration de la découvrir. L'affirmation reiterée, dont les Gabaonites confirmérent leurs paroles, lui persuadérent qu'elles étoient véritables: il crût que ces provisions usées, sur lefquelles il jetta des yeux attentifs, disoient aflez, que ceux qui les portoient avoient fait de penibles marches pour arriver à Guilgal; & au lieu de consulter l'Oracle, comme on devoit у

avoir recours dans les cas extraordinaires, il ne consulta

que sa propre Politique: il fit la paix avec les Gabaonites ; & il la confirma par un sermert, que les principaux des Ifraëlites leur prétérent au nom de tout Israël.

Le stratagéme ne pût pas longtems être ca. ché. А peine trois jours s'étoient. ils écoulez, que Josué, perçant dans le fais des Héviens, reconnût bientôt que ces prétendus Ambassadeurs, qui se disoient venus d'un lieu si éloigné, habitoient dans ces quatre villes, que nous avons nommées, & n'ayoient desiré d'entrer en alliance avec Josué, que pour se dérober à une ruine prochaine.

Cette découverte excita le murmure des Ilraelįtes contre ceux de leurs Chefs , qui avoient promis la paix & la vie à des homines, dont Dieu avoit lui-même ordonné la perte totale. On mit en question ce qui devoit l'emporter , ou la loi , qui condamnoit les Gabaonites à la

morts

G 3

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