Eugene de Rothelin,

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De l'imprimerie de R. Juigné ... Pour B. Dulau & Company ... et L. Deconchy, 1808 - 161 pages

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Page 158 - Être avec des gens qu'on aime, cela suffit : rêver, leur parler, ne leur parler point, penser à eux, penser à des choses plus indifférentes, mais auprès d'eux, tout est égal.
Page 68 - Dès aujourd'hui je rendrai compte à monsieur d'Estouteville de vos intentions; demain, à pareille heure, je vous donnerai sa réponse. » » Le, lendemain, je me rendis chez la maréchale. « Monsieur d'Estouteville consent à vous donner sa nièce, me dit-elle avec une froideur marquée ; mais Amélie craint, comme moi, que vous ne regrettiez un jour de lui avoir fait de trop grands sacrifices; et voici une lettre qu'elle a voulu vous écrire. — Pourquoi n'at-clle pas daigné me parler?—...
Page 104 - A me subjuguer. Hélas! il eût mieux valu pour tous deux qu'il eût cherché à rapprocher mon cœur du sien. Ses peines m'étaient insupportables; j'étais venu pour les partager, les adoucir; et je n'osai même pas lui parler de l'objet qui nous intéressait le plus. « Je vais vous mener à l'appartement que je vous ai fait préparer , me dit-il ; car celui que vous occupiez dans votre enfance ne vous convient plus. — Mon père, m'écriai-je vivement ému, vous m'attendiez donc?
Page 152 - J'étais bien sûr, qu'une fois décidé à oublier le passé, mon père ne manquerait à rien de ce qu'il lui devait; il la pria de me considérer comme un fils. — « Ah! » répondit-elle, « si j'ai causé » des peines, au moins ce fut sans le prévoir. » Heureux celui qui voudrait recommencer
Page 137 - ... m'avoua qu'après la mort d'Amélie, votre père désespéré m'avait accusée de son malheur. Ma «fille ne pouvait me justifier sans accuser son père ; entre deux devoirs également sa*crés , le silence seul est permis. » Cependant, à genoux près de votre petit berceau , couvrant votre visage de larmes , apaisant vos premiers cris, elle dit à votre père : « Je vous conjure, au nom d'Amélie, » de m'avertir si jamais cet enfant est malade, » et a besoin d'une mère. Je demande à Dieu...
Page 82 - Je lui offris les présens d'usage : la maréchale seule parut les apprécier; Amélie les vit parce qu'on lui dit de les regarder. Mon fils! mon cher fils! quand on commence à s'aveugler, tout accroît notre illusion. Amélie, si indifférente, ne me parut que raisonnable et modérée ; ce qui aurait dû m'avertir ajoutait à mon erreur. » Le lendemain , la famille de mademoiselle d'Estaing -, celle de monsieur d'Estouteville, la mienne se réunirent à midi chez le maréchal; c'était tout ce...
Page 95 - ... elle votre mère, et cherchais à vous la conserver. » Une nuit que j'avais passée tout entière près de son lit, vers le matin le sommeil m'ayant surpris, je fus éveillé par ses pleurs. Je m'approchai. A travers ses rideaux, je la vis à genoux ; elle priait. « Mon Dieu, disait-elle , je n'ai pas eu un jour de bonheur , et je meurs à dix-sept ans ! Pour ma jeunesse, pour tant de larmes que j'ai versées, mon Dieu, qu'il vive! accordez-moi qu'il vive! » —J'agitai son rideau; elle se...
Page 2 - J'ai été ouvrir la portière de sa voiture ; je l'ai reçu dans mes bras ; je ne pouvais parler, lui exprimer combien j'étais aise de le revoir. Dans l'excès de ma satisfaction , toutes mes inquiétudes étaient dissipées. Il paraissait content ; et nous avons été heureux aussi long-temps que , nous livrant à nos impressions , nous n'avons pu dire une seule phrase suivie. Mais, après avoir épuisé tous les détails sur son voyage , sur sa santé , sur la mienne , sur le succès de sa négociation...
Page 80 - Rappelez-vous ces paroles, mon fils, qui ne me frappèrent alors que pour trouver monsieur d'Estouteville un barbare, capable de tout sacrifier à son orgueil. » Le jour de la signature du contrat, Amélie revint chez le maréchal. Je la vis pour la première fois. Sa timidité était encore augmentée. Sophie ne la quitta pas : attentive à suivre tous ses regards , prévenant ses moindres désirs , elle semblait avoir deviné les sollicitudes d'une jeune mère qui marie sa fille. Leur mutuelle...
Page 54 - J'AVAIS résolu, mon fils, de ne jamais vous parler de mes peines; mais je vois que même nos enfans interprètent défavorablement notre conduite, dès qu'elle sort des routes communes, et que le motif leur en est inconnu. » Je veux bien aujourd'hui vous rendre compte des raisons qui m'ont déterminé ; ensuite je vous permets d'opter entre vos nouveaux amis et moi.

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