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ISOCRATE.

soient rien passionner : ils substituoient dans | cre, une grande supériorité de raisonnement. tous leurs écrits la finesse à la véhémence, l'art au sentiment, et les traits aux grands mouvements. Ils discutoient quelquefois ce qu'il falloit peindre, et ils effleuroient en badinant ce qu'ils auroient dû approfondir : ils fardoient les plus grandes vérités par des expressions affectées, des plaisanteries mal placées, et un langage précieux. Leur mauvaise délicatesse leur faisoit rejeter le style décisif dans les endroits même où il est le plus nécessaire aussi laissoient-ils toujours l'esprit des écoutants dans une parfaite liberté et dans une profonde indifférence. Je leur criois de toute ma force: Celui qui est de sang-froid n'échauffe pas; celui qui doute ne persuade pas. Ce n'est pas ainsi qu'ont parlé nos maîtres! Nous flatterions-nous de connoître plus parfaitement la vérité que ces grands hommes, parceque nous la traitons plus délicatement? C'est parceque nous ne la possédons pas comme eux, que nous ne savons pas lui conserver son autorité et sa force.

ISOCRATE.

Mon cher Démosthènes, permettez-moi de vous interrompre. Est-ce que vous pensez que l'éloquence soit l'art de mettre dans son jour la vérité ? DÉMOSTHENES.

On peut s'en servir quelquefois pour insinuer un mensonge, mais c'est par une foule de vérités de détail qu'on vient à faire illusion sur l'objet principal. Un discours tissu de mensonges et de pensées fausses, fût-il plein d'esprit et d'imagination, seroit foible et ne persuaderoit personne.

ISOCRATE.

Vous croyez donc, mon cher Démosthènes, qu'il ne suffit point de peindre et de passionner pour faire un discours éloquent?

DÉMOSTHENES.

Je crois qu'on peint foiblement, quand on ne peint pas la vérité ; je crois qu'on ne passionne point, quand on ne soutient point le pathétique de ses discours par la force de ses raisons. Je crois que peindre et toucher sont des parties nécessaires de l'éloquence; mais qu'il y faut joindre, pour persuader et pour convain

On n'a donc, selon vous, qu'une foible éloquence lorsqu'on n'a pas en même temps une égale supériorité de raison, d'imagination et de sentiment; lorsqu'on n'a pas une ame forte et pleine de lumières, qui domine de tous côtés les autres hommes.

DEMOSTHENES.

Je voudrois y ajouter encore l'élégance, la pureté et l'harmonie; car, quoique ce soient des choses moins essentielles, elles contribuent cependant beaucoup à l'illusion, et donnent une nouvelle force aux raisons et aux images.

ISOCRATE.

Ainsi vous voudriez qu'un orateur eût d'abord l'esprit profond et philosophique pour parler avec solidité et avec ascendant; qu'il eût ensuite une grande imagination pour étonner l'ame par ses images, et des passions véhémentes pour entraîner les volontés. Est-il surprenant qu'il se trouve si peu d'orateurs, s'il faut tant de choses pour les former?

DEMOSTHENES.

Non, il n'est point surprenant qu'il y ait si peu d'orateurs; mais il est extraordinaire que tant de gens se piquent de l'être. Adieu, je suis forcé de vous quitter; mais je vous rejoindrai bientôt, et nous reprendrons, si vous le voulez, notre sujet.

DIALOGUE IV.

DEMOSTHENES ET ISOCRATE.

ISOCRATE.

Je vous retrouve avec plaisir, illustre orateur: vous m'avez presque persuadé que je ne connoissois guère l'éloquence; mais j'ai encore quelques questions à vous faire.

DEMOSTHENES.

Parlez; ne perdons point de temps, je serois ravi de vous faire approuver mes maximes.

ISOCRATE.

Croyez-vous que tous les sujets soient susceptibles d'éloquence?

DÉMOSTHENES.

Je n'en doute pas; il y a toujours une manière de dire les choses, quelles qu'elles soient, plus insinuante, plus persuasive : le grand art est, je crois, de proportionner son discours à son sujet; c'est avilir un grand sujet, lorsqu'on veut l'orner, l'embellir, le semer de fleurs et de fruits. C'est encore une faute plus choquante, lorsqu'en excitant de petits intérêts, on veut exciter de grands mouvements, lorsqu'on emploie de grandes figures, des tours pathétiques. Tout cela devient ridicule lorsqu'il n'est point placé. C'est le défaut de tous les déclamateurs, de tous les écrivains qui n'écrivent point de génie, mais par imitation.

DÉMOSTHENES.

Ceux qui y tombent en sont choqués euxmêmes lorsqu'ils l'aperçoivent dans les autres. Il y a peu d'écrivains qui ne sachent les règles, mais il y en a peu qui puissent les pratiquer. On sait, par exemple, qu'il faut écrire simplement, mais on ne pense pas des choses assez solides pour soutenir la simplicité. On sait qu'il faut dire des choses vraies; mais comme on n'en imagine pas de telles, on en suppose de spécieuses et d'éblouissantes; en un mot, on n'a pas le talent d'écrire, et on veut écrire.

ISOCRATE.

De là, non seulement le mauvais style, mais le mauvais goût; car, lorsqu'on s'est écarté des bons principes par foiblesse, on cherche à se justifier par vanité, et on se flatte d'autoriser les nouveautés les plus bizarres, en disant qu'il ne faut donner l'exclusion à aucun genre, comme si le faux, le frivole et l'insipide méritoient ce

nom.

ont-ils besoin qu'on les entretienne de ce qu'ils savent?

DEMOSTHENES.

Je dis plus, mon cher Isocrate, l'éloquence ne doit guère s'exercer que sur les vérités les plus palpables et les plus connues. Le caractère des grandes vérités est l'antiquité : l'éloquence

ISOCRATE.

J'ai toujours été choqué plus que personne qui ne roule que sur des pensées fines ou absde ce défaut.

DÉMOSTHENES.

Il y a plus, mon cher Isocrate; on ne se contente pas de dire des choses sensées, on veut dire des choses nouvelles.

ISOCRATE.

DÉMOSTHÈNES.

Oui, très grand besoin ; car il n'y a rien qu'ils ne puissent mieux posséder qu'ils ne le possèdent, et il n'y a rien non plus qu'un homme éloquent ne puisse rajeunir par ses expressions.

ISOCRATE.

Selon vous, rien n'est usé ni pour le peuple, ni pour ses maîtres.

traites dégénère en subtilité. Il faut que les grands écrivains imitent les pasteurs des peuples; ceux-ci n'annoncent point aux hommes une nouvelle doctrine et de nouvelles vérités.

Il ne faut pas qu'un écrivain ait plus d'amourpropre; s'il a en vue l'utilité des hommes, il doit s'oublier, et ne parler que pour enseigner

des choses utiles.

ISOCRATE.

Je n'ai point suivi, mon cher maître, ces maximes. J'ai cherché, au contraire, avec beaucoup de soin à m'écarter des maximes vulgaires. J'ai voulu étonner les hommes en leur présentant sous de nouvelles faces les choses qu'ils croyoient connoître. J'ai dégradé ce qu'ils estimoient, j'ai loué ce qu'ils méprisoient ; j'ai toujours pris le côté contraire des opinions reçues, sans m'embarrasser de la vérité ; je me suis moqué sur-tout de ce qu'on traitoit sérieusement. Les hommes ont été la dupe de ce dédain affecté; ils m'ont cru supérieur aux choses que je méprisois je n'ai rien établi; mais j'ai tâché de détruire. Cela m'a fait un grand nombre de partisans, car les hommes sont fort avides de nouveautés.

DÉMOSTHENES.

Vous aviez l'esprit fin, ingénieux, profond. Vous ne manquiez pas d'imagination. Vous saMais ce soin seroit-il blåmable? les hommes viez beaucoup. Vos ouvrages sont pleins d'es

prit, de traits, d'élégance, d'érudition. Vous aviez un génie étendu qui se portoit également à beaucoup de choses. Avec de si grands avantages, vous ne pouviez manquer d'imposer à votre siècle, dans lequel il y avoit peu d'hommes qui vous égalassent.

sortit des limites de leur jugement, et qu'il les maîtrisât par ses lumières, dans le même temps qu'il les domine par la force de son imagination et par la véhémence de ses sentiments. Il faudroit qu'il fût grand et simple, énergique et clair, véhément sans déclamation, élevé sans ostentation, pathétique et fort sans enflure. J'aime encore qu'il soit hardi et qu'il soit capable de prendre un grand essor; mais je veux qu'on soit forcé de le suivre dans ses écarts, qu'il sorte naturellement de son sujet, et qu'il y rentre de même, sans le secours de ces transitions languissantes et méthodiques qui refroidissent les meilleurs discours. Je veux qu'il n'ait jamais d'art, ou du moins que son art consiste à peindre la nature plus fidèlement, à mettre les choses à leur place, à ne dire que ce qu'il faut, et de la manière qu'il le faut. Tout ce qui s'écarte de la nature est d'autant plus défectueux qu'il s'en éloigne davantage. Le sublime, la véhémence, le raisonnement, la magnificence, la simplicité, la hardiesse, toutes ces choses ensemble ne sont que l'image d'une vé-nature forte et vigoureuse : quiconque n'a point cette nature ne peut l'imiter. C'est pourquoi il der et de se tourmenter pour dire ou de grandes vaut mieux écrire froidement, que de se guinchoses ou des choses passionnées.

ISOCRATE.

J'avois peut-être une partie des qualités que vous m'attribuez; mais je manquois d'élévation dans le génie, de sensibilité et de passions. Ce défaut de sentiment a corrompu mon jugement sur beaucoup de choses; car, lorsqu'on a un peu d'esprit, on croit être en droit de juger de

tout.

DÉMOSTHENES.

Vous avouez là des défauts que je n'aurois jamais osé vous faire connoître.

ISOCRATE.

Je n'aurois pas pardonné, tant que j'ai vécu, à quiconque auroit eu la hardiesse de me les découvrir. Les hommes desirent souvent qu'on leur dise la vérité ; mais il y a beaucoup de rités qui sont trop fortes pour eux, et qu'ils ne sauroient supporter. Il y en a même qu'on ne peut pas croire, parcequ'on n'est point capable de les sentir: ainsi on demande à ses amis qu'ils soient sincères, et lorsqu'ils le sont, on les croit injustes ou aveugles, et on s'éloigne d'eux; mais ici on est guéri de toutes les vaines délicatesses, et la vérité ne blesse plus. Mais revenons à notre sujet ; dites-moi quelles sont les qualités que vous exigeriez dans un

orateur.

DÉMOSTHENES.

Je vous l'ai déja dit : un grand génie, une forte imagination, une ame sublime. Je voudrois donc qu'un homme qui est né avec cette supériorité de génie qui porte à vouloir régner sur les esprits, approfondit d'abord les grands principes de la morale: car toutes les disputes des hommes ne roulent que sur le juste et l'injuste, sur le vrai et le faux ; et l'éloquence est la médiatrice des hommes, qui termine toutes ces disputes. Je voudrois qu'un homme éloquent fût en état de pousser toutes ces idées au-delà de l'attente de ceux qui l'écoutent, qu'il

ISOCRATE.

Je pense bien comme vous, mon cher Démosthènes; mais cela étant ainsi, les règles deviennent inutiles. Les hommes sans génie ne peuvent les pratiquer, et les autres les trouvent dans leur propre fonds, dont elles ont été ti

rées.

DÉMOSTHÈNES.

Quelque génie qu'on puisse avoir, on a besoin de l'exercer et de le corriger par la réflexion et par les règles, et les préceptes ne sont point inutiles.

ISOCRATE.

Quelle est donc la manière la plus courte de s'exercer à l'éloquence?

DEMOSTHENES.

La conversation, lorsque l'on s'y propose quelque objet.

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ISOCRATE.

Ainsi, c'est en traitant de ses plaisirs et de ses affaires, en négociant journellement avec les hommes, qu'on peut s'instruire de cet art

aimable.

DÉMOSTHENES.

Oui, c'est dans ce commerce du monde qu'on puise ces tours naturels, ces insinuations, ce langage familier, cet art de se proportionner à tous les esprits, qui demande un génie si vaste. C'est là qu'on apprend sans effort à déployer les ressources de son esprit et de son ame : l'imagination s'échauffe par la contradiction ou par l'intérêt, et fournit un grand nombre de figures et de réflexions pour persuader.

et de s'exprimer; elle élève et instruit en même temps l'esprit des hommes; elle fait passer peu à peu dans leurs pensées la hauteur et les sentiments qui lui sont propres. Les hommes qui pensent grandement et fortement sont toujours plus disposés que les autres à se conduire avec sagesse et avec courage.

ISOCRATE.

Cependant, mon cher Démosthènes, je crois qu'il faut aussi un peu de solitude et d'habitude d'écrire dans son cabinet : c'est dans le silence de la retraite que l'ame, plus à soi et plus recueillie, s'élève à ces grandes pensées et à cet enthousiasme naturel qui transportent l'esprit, mènent au sublime, et produisent tous ces grands mouvements que l'art n'a jamais excités. La lecture des grands poëtes n'y est pas inutile; mais il faut avoir le génie poétique pour saisir leur esprit, et il faut en même temps avoir de la sagesse pour accorder leur style à la simplicité des sujets qu'on traite; ainsi voilà bien des mérites à rassembler. Mais après tout cela, mon cher Démosthènes, on ne persuadera jamais au peuple que l'éloquence soit un

art utile.

ISOCRATE.

Je desire plus que personne que les hommes puissent vous croire.

DÉMOSTHENES.

Ils ne me croiront point, mon cher Isocrate; car il y a bien des raisons pour que l'éloquence ne se relève jamais. Mais la vérité est indépendante des opinions et des intérêts des hommes; et enfin le nombre de ceux qui peuvent goûter de certaines vérités est bien petit; mais il mérite qu'on ne le néglige pas, et c'est pour lui seul qu'il faut écrire.

DIALOGUE V.

PASCAL ET FÉNELON.

FÉNELON.

que vous pensez de mon style?
Dites-moi, je vous prie, génie sublime, ce

PASCAL.

Il est enchanteur, naturel, facile, insinuant. Vous avez peint les hommes avec vérité, avec feu et avec grace : les caractères de votre Tétémaque sont très variés; il y en a de grands, et même de forts, quoique ce ne fût point votre étude de les faire tels. Vous ne vous êtes point piqué de rassembler en peu de mots tous les traits de vos caractères; vous avez laissé courir votre plume, et donné un libre essor à votre

DÉMOSTHENES.

FÉNELON.

Je prétends qu'il n'en est aucun qui le soit davantage : il n'y a ni plaisir, ni affaire, ni conversation, ni intrigue, ni discours public, où l'éloquence n'ait de l'autorité; elle est néces-imagination vive et féconde. saire aux particuliers, dans tous les détails de la vie; elle est plus nécessaire aux gens en place, parcequ'elle leur sert à mener les esprits, à colorer leurs intentions, à gouverner les peuples, à négocier avec avantage vis-à-vis des étrangers de plus elle répand sur toute une nation un grand éclat, elle éternise la mémoire des grandes actions. Les étrangers sont obligés de chercher dans ses ouvrages l'art de penser

J'ai cru qu'un portrait rapproché annonçoit trop d'art. Il ne m'appartenoit point d'être en même temps concis et naturel; je me suis borné à imiter la naïveté d'une conversation facile où l'on présente, sous des images différentes, les mêmes pensées, pour les imprimer plus vivement dans l'esprit des hommes.

PASCAL.

Cela n'a pas empêché qu'on ne vous ait reproché quelques répétitions; mais il est aisé de vous excuser. Vous n'écriviez que pour porter les hommes à la vertu et à la piété; vous ne croyiez point qu'on pût trop inculquer de telles vérités, et vous vous êtes trompé en cela: car la plupart des hommes ne lisent que par vanité et par curiosité. Ils n'ont aucune affection pour les meilleures choses, et ils s'ennuient bientôt des plus sages instructions.

FÉNELON.

J'ai eu tort, sans doute, de plusieurs nières : j'avois fait un système de morale; j'étois comme tous les esprits systématiques qui ramènent sans cesse toutes choses à leurs principes.

PASCAL.

FÉNELON.

Connoissez-vous la majesté et la magnificence de Bossuet? croyez-vous qu'il n'ait pas surpassé, au moins en imagination, en grandeur et en sublimité, tous les Romains et les Grecs? Vous étiez mort avant qu'il parût dans le monde; et vous n'avez point vu ces oraisons funèbres admirables où il a égalé peut-être les plus grands poëtes, et par cet enthousiasme singulier dont lles sont pleines, et par cette imagination touqu'à lui, ma-jours renaissante qui n'a été donnée et par les grands mouvements qu'il sait exciter, et enfin par la hardiesse de ses transitions, qui, plus naturelles que celles de nos odes, paroissent aussi surprenantes et plus sublimes.

PASCAL.

J'ai fait un système tout comme vous, et, en voulant ramener à ce système toutes choses, je me suis peut-être écarté quelquefois de la vérité, et on ne me l'a point pardonné.

FÉNELON.

Au moins ne s'est-il trouvé encore personne qui n'ait rendu justice à votre style. Vous aviez joint à la naïveté du vieux langage une énergie qui n'appartient qu'à vous, et une brièveté pleine de lumière; vos images étoient fortes, grandes et pathétiques. Mais ce qu'il y a eu d'éminent en vous, ce en quoi vous avez surpassé tous les hommes, c'est dans l'art de mettre chaque chose à sa place, de ne jamais rien dire d'inutile, de présenter la vérité dans le plus beau jour qu'elle pût recevoir, de donner à vos raisonnements une force invincible, d'épuiser en quelque manière vos sujets sans être jamais trop long, et enfin de faire croître l'intérêt et la chaleur de vos discours jusqu'à la fin. Aussi Despréaux a-t-il dit que vous étiez également au-dessus des Anciens et des Modernes, et beaucoup de gens sensés sont persuadés que vous aviez plus de génie pour l'éloquence que Démosthènes.

core personne qui ait égalé les Modernes aux Anciens pour l'éloquence.

Vous me surprenez beaucoup ; je n'ai vu en

me

PASCAL.

J'ai encore ouï parler ici avec estime de son Discours sur l'Histoire universelle.

FÉNELON.

C'est peut-être le plus grand tableau qui soit sorti de la main des hommes; mais il n'est pas si admirable dans tous ses ouvrages. Il a fait une Histoire des variations qui est estimable; mais si vous aviez traité le même sujet, vous auriez réduit ses quatre volumes à un seul, et vous auriez combattu les hérésies avec plus de profondeur et plus d'ordre ; car ce grand homme ne peut vous être comparé du côté de la force du raisonnement et des lumières de l'esprit: aussi a-t-il fait une foule d'autres ouvrages que vous n'auriez pas même daigné lire. C'est que les plus grands génies manquent tous par quelque endroit ; mais il n'y a que les petits esprits qui prennent droit de les mépriser pour leurs défauts.

PASCAL.

Tout ce que vous me dites me paroît vrai; mais permettez-moi de vous demander ce que c'est qu'un certain évêque qu'on a égalé à Bossuet pour l'éloquence.

FÉNELON.

Vous voulez parler sans doute de Fléchier;

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