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tion des sacrifices qu'il a faits , comme du nom- des citoyens les plus riches et les plus puissants

. C'est pour bre et de la qualité des victimes qu'il a immo- faire voir à tout le monde qu'il sert dans cette élite , que lées. Alors, revêtu d'une robe blanche et cou

ce vaniteux se promène dans la place publique en gardant

son habit de cérémonie, que, selon le véritable sens du ronné de fleurs, il paroît dans l'assemblée du texte, il retrousse élégamment. Le manuscrit du Vatican peuple : « Nous pouvons, dit-il, vous assurer, ajoute, « Et ses éperons. » On voit encore aujourd'hui une < Ô Athéniens! que pendant le temps de notre pompe ou procession de ce genre, sculptée par Phidias ,

ou sur ses dessins, dans la grande frise du temple de Mi« gouvernement nous avons sacrifié à Cybèle,

nerve à Athènes : elle est représentée dans Stuart, au com( et que nous lui avons rendu des honneurs mencement du volume II. ( tels que les mérite de nous la mère des dieux: « espérez donc toutes choses heureuses de cette (7) Cette île portoit de petits chiens fort estimés. (La a déesse. ) Après avoir parlé ainsi, il se retire Bruyère.) Le grec dit : « Il lui dresse un monument et un dans sa maison, où il fait un long récit à sa

« cippe sur lequel il fait graver, etc. ) femme de la manière dont tout lui a réussi au- (8) La Bruyère et tous ceux qui ont séparé ce trait du delà même de ses souhaits.

précédent n'ont pas fait attention que le grec ne parle pas

de parfums extraordinaires, et que se frotter d'huile tous NOTES.

les jours n'étoit pas un effet de la vanité à Athènes, mais

un usage ordinaire. (Voyez chap. V, note 4.) Par cette rai(1) Le mot employé par Théophraste signife littérale- son, et d'après le manuscrit du Vatican, il faut traduire : ment l'ambition des petites choses.

« Il suspend un anneau dans le temple d'Esculape, et l'use

« à force d'y suspendre des fleurs et d'y verser de l'huile.» (2) Le peuple d'Athènes, ou les personnes plus modes- D'après M. Schneider, cet anneau étoit apparemment de tes, se contentoient d'assembler leurs parents, de couper la classe de ceux auxquels on attribuoit des vertus médien leur présence les cheveux de leur fils parvenu à l'âge de cales, et c'est par reconnoissance de quelque guérison que puberté, et de les consacrer ensuite à Hercule, ou à quel le vaniteux le suspend. Les couronnes de fleurs renouveque autre divinité qui avoit un temple dans la ville. (La lées souvent rappellent ce vers de Virgile, Æneid., 1,416: Bruyère.) Le grec dit seulement : « Il conduit son fils à a Delphes pour lui faire couper les cheveux. » C'étoit,

Thure calent aræ , sertisque recentibus halant. selon Plutarque dans la Vie de Thésée, l'antique usage d'Athènes lorsqu'un enfant étoit parvenu à l'âge de pu- (9) La Bruyère a beaucoup altéré ce trait. Le-grec porte: berté. Il me paroît que cette coupe de cheveux étoit diffé- « Il intrigue auprès des prytanes pour que ce soit lui que rente de celle qui avoit lieu lors de l'inscription dans la a l'on charge d'annoncer au peuple le résultat des sacricurie, et dont il a été parlé au chapitre x, note 4. On peut « fices; alors, revêtu d'un habit magnifique, et portant consulter, sur les différentes formalités par lesquelles les « une couronne sur la tête, il dit avec emphase : 0 cienfants passoient successivement pour arriver enfin au « toyens d'Athènes! nous, les prytanes, avons sacrifié à la rang de citoyen, le Voyage du jeune Anacharsis, cha- ( mère des dieux ; le sacrifice a été bien reçu, et il est d'un pitre xxvi.

« heureux présage; recevez-en les fruits, etc. » (Voyez

sur les prytanes la table ni, ajoutée au Voyage d’Ana(3) Anciennement ces nègres étoient fort chers (voyez charsis , et le chap. xiv du corps de l'ouvrage.) Les sacriTérence , Eunuch., acte Ier, scène 11, v. 85 ); au lieu que fices que les présidents des prytanes faisoient trois ou quasous les empereurs romains ils éloient moins estimés que tre fois par mois s'adressoient à différentes divinités ; il se d'autres esclaves. (Voyez Visconti, in Mus. Pio Cle- peut que l'abréviateur ou les copistes aient omis quelques ment., III, planche 35. Voyez aussi le caractère du Glo noms ; peut-être aussi s'agit-il d'un sacrifice à Vesta , dont rieux, tiré des Rhétoriques ad Herennium.)

le culte étoit confié particulièrement à ces magistrats, et

qui a été confondue plusieurs fois par les anciens avec () Le manuscrit du Vatican insère ici : « Il achète une Cybèle. Voyez la Dissertation de Spanheim dans le cina petite échelle pour le geai qu'il nourrit chez lui, et fait quième volume du Trésor de Grævius. « faire un petit bouclier de cuivre que l'oiseau doit porter « lorsqu'il sautille sur cette échelle. »

CHAPITRE XXII. (5) Le grec ne parle pas de la peau du front seulement, mais de toute la partie antérieure de la tête; et cet usage

De l'avarice. paroit avoir donné lieu à l'ornement des frises des entablements anciens, composé d'une suite de crânes de taureaux Ce vice est dans l'homme un oubli de l'honliés par des festons de laine.

neur et de la gloire, quand il s'agit d'éviter (6) Le grec parle d'une parade du corps de la cavalerie la moindre dépense (1). Si un tel homme a remd'Athènes ; ce corps, de douzecents hommes, étoit composé porté le prix de la tragédie (2), il consacre à

( nom. >>

Bacchus des guirlandes ou des bandelettes fai- | à la place où on la trouve à présent dans les manuscrits, tes d'écorce de bois (3), et il fait graver son nom

et où elle ne forme qu'un barbarisme. sur un présent si magnifique. Quelquefois, dans

(2) Qu'il a faite ou récitée. (La Bruyère.) Ou plutôt les temps difficiles, le peuple est obligé de s'as- qu'il a fait jouer par des comédiens nourris et instruits à sembler pour régler une contribution capable des frais. Voyez le caractère de la Magnificence , selon de subvenir aux besoins de la république ; alors Aristote, que j'ai placé à la suite des Caractères de Théoil se lève et garde le silence (4), ou le plus sou- phraste , et qu'il sera intéressant de comparer avec ce cha

pitre. vent il fend la presse et se retire. Lorsqu'il marie sa fille, et qu'il sacrifie, selon la coutume, (3) Le texte dit simplement : « Il consacre à Bacchus il n'abandonne de la victime que les parties

« une couronne de bois, sur laquelle il fait graver son seules qui doivent être brûlées sur l'autel (5); il réserve les autres pour les vendre; et comme (4) Ceux qui vouloient donner se levoient et offroient il manque de domestiques pour servir à table et une somme : ceux qui ne vouloient rien donner se levoient être chargé du soin des noces (6), il loue des et se taisoient. ( La Bruyère.) Voyez le chap. Lvi du jeune gens pour tout le temps de la fête, qui se nourris-Anacharsis

. sent à leurs dépens, et à qui il donne une certai- (5) C'étoient les cuisses et les intestins. (La Bruyère.) ne somme. S'il est capitaine de galère, voulant On partageoit la victime entre les dieux, les prêtres et ceux ménager son lit, il se contente de coucherindiffé- qui l'avoient présentée. La portion des dieux étoit brûlée, remment avec les autres sur de la natte qu'il em- sième servoit à un festin ou à des présents donnés par

celle des prêtres faisoit partie de leur revenu , et la troiprunte de son pilote (7). Vous verrez une autre celui qui avoit sacrifié. (Voyage du jeune Anaeharsis , fois cet homme sordide acheter en plein marché chap. XXI. ) des viandes cuites, toutes sortes d'herbes, et

(6) Cette raison est ajoutée par le traducteur. Le grec les porter hardiment dans son sein et sous sa

dit seulement : « Il oblige les gens qu'il loue, pour servir robe : s'il l'a un jour envoyée chez le teinturier a pendant les noces, à se nourrir chez eux. » Les noces pour la détacher, comme il n'en a pas une se- des Athéniens étoient des fêtes très magnifiques ; et on ne conde pour sortir, il est obligé de garder la pouvoit pas reprocher à un homme de n'avoir pas assez de chambre. Il sait éviter dans la place la rencontre domestiques pour servir dans cette occasion ; mais c'étoit

une lésinerie que de ne pas nourrir ceux qu'on louoit. d'un ami pauvre qui pourroit lui demander, comme aux autres, quelque secours (8); il se dé- (7) Le grec dit : «S'il commande une galère qu'il a tourne de lui, et reprend le chemin de sa maison.

« fournje à l'état, il fait étendre les couvertures du pilote Il ne donne point de servantes à sa femme (9),

a sous le pont, et met les siennes en réserye. » Les ci

toyens d'Athènes étoient obligés d'équiper un nombre de content de lui en louer quelques unes pour l'ac

galères proportionné à l'état de leur fortune. (Voyez le compagner à la ville toutes les fois qu'elle sort. Voyage du jeune Anacharsis, chap. lvi.) Les triérarques Enfin ne pensez pas que ce soit un autre que

avoient un cabinet particulier nommé la tente; mais cet lui qui balaie le matin sa chambre, qui fasse

avare aime mieux coucher avec l'équipage, sous ce morson lit et le nettoie. Il faut ajouter qu'il porte un

ceau de tillac qui se trouvoit entre les deux tours. V. Pol

lux, I, 90. Dans les galères modernes, les chevaliers de manteau usé, sale et tout couvert de taches; Malte avoient, comme les triérarques d'Athènes, un tenqu'en ayant honte lui-même , il le relourne delet ; et le capitaine couchoit, comme ici le pilote , sous quand il est obligé d'aller tenir sa place dans

un bout de pont ou de tillac qui s'appeloit la teuque.

Le manuscrit du Vatican ajoute : « Il est capable de ne quelque assemblée (10).

« pas envoyer ses enfants à l'école vers le temps où il est

« d'usage de faire des présents au maitre; mais de dire NOTES.

« qu'ils sont malades , afin de s'épargner cette dépense.

(8) Par forme de contribution. (Voyez les chapitres de (1) La définition de cette nouvelle nuance d'avarice est

la Dissimulation et de l’Esprit chagrin. La Bruyère. ) certainement altérée dans le grec; je crois qu'il faut cor- (Voyez chap. 1, note 3, et chap. XVII, note 6. ) Le manusriger arousic oed. d. d700545 : le sens alors est celui que crit du Vatican ajoute au commencement de cette phrase : La Bruyère a exprimé, et nul autre ne peut convenir à ce « S'il est prévenu que cet ami fait une collecte; » et à la caractère. La préposilion åtò peut avoir été exprimée par fin, « Et rentre chez lui par un grand détour. D une ligature qu'un copiste a prise pour sepi: un correcteur a mis la véritable à la marge; et on l'a insérée par erreur (9) Le manuscrit du Vatican ajoute : « Qui lui a porté

« une dot considérable ; » et continue : « Mais il loue une grande cherté de vivres, il a distribué aux paua jeune fille pour la suivre dans ses sorties ; » car je crois

vres citoyens d'Athènes jusqu'à la somme de que c'est ainsi qu'il faut corriger et entendre ce texte. Le passage de Pollux, que j'ai cite au chap. 11, note 6, s'op- cinq talents (7); et, s'il parle à des gens qu'il ne pose à la manière dont M. Schneider a voulu y suppléer : connoît point , et dont il n'est pas mieux connu, il est bien plus simple de lire, è tūv yuusuxeiwy fiel d'iwy, et il leur fait prendre des jetons, compter le nomc'est un trait d'avarice de plus de ne louer qu'une femme. bre de ceux à qui il a fait ces largesses; et, Cette conjecture ingénieuse est de M. Visconti. Le manus

quoiqu'il monte à plus de six cents personnes , crit du Vatican ajoute encore : « Il porte des souliers rac« commodés et à double semelle , et s'en vante en disant il leur donne à tous des noms convenables ; et, « qu'ils sont aussi durs que de la corne. » ( Voyez chap. iv, après avoir supputé les sommes particulières note 2.)

qu'il a données à chacun d'eux, il se trouve qu'il

en résulte le double de ce qu'il pensoit , et que (10) Ce dernier trait est tout-à-fait altéré par cette traduction, et il me semble qu'aucun éditenr n'en a encore

dix talents y sont employés, sans compter, saisi le véritable sens. Le grec dit : « Pour s'asseoir, il roule poursuit-il, les galères que j'ai armées à mes « le vieux manteau qu'il porte lui-même ; » c'est-à-dire, dépens, et les charges publiques que j'ai exerau lieu de se faire suivre par un esclave qui porte un pliant, cées à mes frais et sans récompense (8). Cet comme c'étoit l'usage des riches (voyez Aristophane in Equit., v. 1381 et suiv., et Hésych., in Oklad.), il épar

homme fastueux va chez un fameux marchand gne cette dépense en s'asseyant sur son vieux manteau. de chevaux, fait sortir de l'écurie les plus beaux

et les meilleurs, fait ses offres, comme s'il vouCHAPITRE XXIII,

loit les acheter. De même il visite les foires les

plus célèbres (9), entre sous les tentes des marDe l'ostentation,

chands, se fait déployer une riche robe, et qui

vaut jusqu'à deux talents; et il sort en querelJe n'estime pas que l'on puisse donner une lant son valet de ce qu'il ose le suivre sans poridée plus juste de l'ostentation, qu'en disant ter de l'or sur lui pour les besoins où l'on se que c'est dans l'homme une passion de faire trouve (10). Enfin, s'il habite une maison dont montre d'un bien ou des avantages qu'il n'a pas. il paie le loyer, il dit hardiment à quelqu'un Celui en qui elle domine s'arrête dans l'endroit qui l'ignore que c'est une maison de famille, et du Pirée (1) où les marchands étalent, et où se qu'il a héritée de son père; mais qu'il veut s'en trouve un plus grand nombre d'étrangers; il défaire, seulement parcequ'elle est trop petite entre en matière avec eux, il leur dit qu'il pour le grand nombre d'étrangers qu'il retire a beaucoup d'argent sur la mer; il discourt chez lui (11).

NOTES. avec eux des avantages de ce commerce, des gains immenses qu'il y a à espérer pour ceux qui (1) Port à Athènes, fort célèbre. (La Bruyère. ) Le tray entrent, et de ceux sur-tout que lui qui leur ducteur a exprimé par cette phrase une correction de Caparle y a faits (2). Il aborde dans un voyage le saubon que peut-être le texte n'exigeoit point ; le mot que premier qu'il trouve sur son chemin, lui fait donnent les manuscrits signifie la langue de terre qui joint compagnie, et lui dit bientôt qu'il a servi sous menade aus Atheniens.

la péninsule du Pirée au continent, et qui servoit de proAlexandre (3), quels beaux vases et tout enrichis de pierreries il a rapportés de l'Asie, quels excel

(2) Le manuscrit du Vatican ajoute, « Et des pertes ;

et continue, « Et en se vantant ainsi , il envoie son esclare lents ouvriers s'y rencontrent , et combien ceux

a à un comptoir où il n'a qu'une drachme à toucher. » de l'Europe leur sont inférieurs (4). Il se vante dans une autre occasion d'une lettre qu'il a

(3) Tous les manuscrits portent Évandre, nom que l'on reçue d’Antipater (5), qui apprend que lui troi- ne trouve point dans l'histoire de ce temps. Le manuscrit

du Vatican ajoute, « Et comment il étoit avec lui. » sième est entré dans la Macédoine. Il dit une autre fois que, bien que les magistrats lui aient (4) C'étoit contre l'opinion commune de toute la Grèce. permis tels transports de bois (6) qu'il lui plai- (La Bruyère.) Cependant on faisoit venir de l'Asie pluroit sans payer de tribut, pour éviter néan- sieurs articles de manufactures ( voyez le Voyage du jeune

Anacharsis, chap. xx et iv); et ce n'est que dans les moins l'envie du peuple, il n'a point voulu beaux-arts que les Grecs paroissent avoir eu une superiouser de ce privilége. Il ajoute que, pendant une | rité exclusive.

(5) L'un des capitaines d'Alexandre-le-Grand, et dont de quelque affaire; mais, sans s'arrêter, et se la famille régna quelque temps dans la Macédoine. (La faisant suivre quelque temps, il lui dit enfin Bruyère.) (Voyez chap. viii, note 6.) Dans le reste de la phrase il faut, je crois, adopter la correction d'Auber, et qu'on peut le voir après son souper (1). Si l'on iraduire : « Qu'il est arrivé dans la Macédoine en trois a reçu de lui le moindre bienfait, il ne veut pas « jours, » ou peut-être, « depuis trois jours. »

qu'on en perde jamais le souvenir ; il le repro

chera en pleine rue, à la vue de tout le mon(6) Parceque les pins , les sapins , les cyprès, et tout au- de (2). N'atlendez pas de lui qu'en quelque entre bois propre à construire des vaisseaux, étoient rares dans le pays attique, l'on n'en permettoit le transport en

droit qu'il vous rencontre il s'approche de vous, d'autres pays qu'en payant un fort gros tribut. (La Bruyère.) et qu'il vous parle le premier : de même, au Je crois, avec M. Coray, que ce trait a rapport à celui qui lieu d'expédier sur-le-champ des marchands ou précède, et qu'il faut traduire : « Et que, ce prince lui des ouvriers, il ne feint point de les renvoyer au a ayant voulu permettre d'exporter des bois de construc- lendemain matin, et à l'heure de son lever. « tion sans payer de droits, il l'avoit refusé pour éviter les < calomnies. » C'est de la Macédoine qu'on faisoit venir Vous le voyez marcher dans les rues de la ville ordinairement ces bois. Le manuscrit du Vatican ajonte, la tèle baissée, sans daigner parler à personne d'après l'interprétation de M. Schneider, « Car il falloit de ceux qui vont et viennent (3). S'il se familia« bien étre plus raisonnable que les Macédoniens. » Cette rise quelquefois jusqu'à inviter ses amis à un faveur d'un roi étranger auroit pu compromettre un Athénien , ou du moins lui attirer l'envie et la haine d'une par repas, il prétexte des raisons (4) pour ne pas tie de ses concitoyens.

se mettre à table et manger avec eux, et il charge

ses principaux domestiques du soin de les rega(7) Un talent attique dont il s'agit valoit soixante mines ler. Il ne lui arrive point de rendre visite à peiattiques; une mine, cent drachmes ; une drachme, six

sonne sans prendre la précaution d'envoyer oboles. Le talent attique valoit quelque six cents écus de notre monnoie. (La Bruyère.) D'après l'évaluation de quelqu'un des siens pour avertir qu'il va veM. Barthélemy, le talent, que La Bruyère n'estime qu'en-nir (5). On ne le voit point chez lui lorsqu'il viron 1800 livres, en valoit 5400. Le manuscrit du Vatican mange ou qu'il se parfume (6). Il ne se donne ajoute, « Car je ne sais ce que c'est que de refuser. »

Le grec ne joint pas le trait suivant à celui-ci , et y parle pas la peine de régler lui-même des parties; de ce genre de collectes nommées eranes, dont il a été mais il dit négligemment à un valet de les calquestion au chap. 1, note

culer, de les arrêter et les passer à compte. Il

ne sait point écrire dans une lettre : « Je vous (8) On peut consulter, sur les charges onéreuses d'A

prie de me faire ce plaisir, » ou, « de me thènes, le Voyage du jeune Anacharsis , chap. XXIV et

« rendre ce service; » mais, « J'entends que chap. lvi. Elles consistoient en repas à donner, en cheurs

( cela soit ainsi : j'envoie un homme vers vous à fournir pour les jeux, en contributions pour l'entretien des gymnases, etc., etc.

« pour recevoir une telle chose; je ne veux pas

« que l'affaire se passe autrement; faites ce que (9) Le grec dit : « Il se rend aux boutiques des mar

je vous dis promptement et sans différer, , a chands, et y demande des étoffes précieuses jusqu'à la

Voilà son style. valeur de deux talents, etc. » On peut substituer à la correction de Casaubon celle de xdesias, proposée par M. Vis

NOTES. conti.

(1) Littéralement : « L'orgueilleux est capable de dire (10) Coutume des anciens. (La Bruyère.)

r à celui qui est pressé de le voir immédiatement après le

a diner, que cela ne peut se faire qu'à la promenade. » (11) Par droit d'hospitalité. (La Bruyère.)

(2) D'après le manuscrit du Vatican : « S'il fait du bien

« à quelqu'un , il lui recommande de s'en souvenir : si on CHAPITRE XXIV.

« le choisit pour arbitre, il juge la cause en marchant dans « les rues : s'il est élu pour quelque magistrature, il la re

« fuse en affirmant par serment qu'il n'a pas le temps de De l'orgueil.

« s'en charger. » Je corrige le verbe qui commence la seIl faut définir l'orgueil une passion qui fait conde phrase, en zaoitwa. de tout ce qui est au monde l'on n'estime

(3) Le manuscrit du Vatican ajoute, « Ou bien portant que

« la tête haute, quand bon lui semble. ) que soi. Un homme fier et superbe n'écoute pas celui qui l'aborde dans la place pour lui parler (4) C'est le traducteur qui a ajouté cet adoucissement.

(5) Voyez le chapitre 11, de la Flatterie. (La Bruyère.) | va, par ses ordres, savoir des nouvelles des

(6) Avec des huiles de senteur. (La Bruyère.) (Voyez ennemis, observe quelle route ils ont prise, et chap. v, note 4.) Le manuscrit du Vatican ajoute , a Ou où en sont les affaires ; et, dès qu'il voit appor« lorsqu'il se lave. »

ter au camp quelqu'un tout sanglant d'une bles

sure qu'il a reçue, il accourt vers lui, le console CHAPITRE XXV.

et l'encourage (7), étanche le sang qui coule de

sa plaie , chasse les mouches qui l'importunent, De la peur, ou du défaut de courage.

ne lui refuse aucun secours, et se mêle de tout,

excepté de combattre. Si, pendant le temps Cette crainte est un mouvement de l'ame qui qu'il est dans la chambre du malade, qu'il ne s'ébranle , ou qui cède en vue d'un péril vrai ou perd pas de vue, il entend la trompette qui imaginaire; et l'homme timide est celui dont je sonne la charge : Ah! dit-il avec imprecation, vais faire la peinture. S'il lui arrive d'être sur la puisses-tu ètre pendu (8), maudit sonneur qui mer, et s'il aperçoit de loin des dunes ou des cornes incessamment, et fais un bruit enragé qui promontoires, la peur lui fait croire que c'est le empêche ce pauvre homme de dormir ! Il arrive débris de quelques vaisseaux qui ont fait nau- même que, tout plein d'un sang qui n'est pas frage sur cette côte (1): aussi tremble-t-il au le sien, mais qui a rejailli sur lui de la plaie du moindre flot qui s'élève, et il s'informe avec blessé, il fait accroire (9) à ceux qui reviennent soin si tous ceux qui naviguent avec lui sont du combat qu'il a couru un grand risque de sa initiés (2); s'il vient à remarquer que le pilote vie pour sauver celle de son ami : il conduit fait une nouvelle manoeuvre, ou semblese détour- vers lui ceux qui y prennent intérêt , ou comme ner comme pour éviter un écueil, il l'interroge, il ses parents, ou parcequ'ils sont d'un même lui demande avec inquiétude s'il ne croit pas pays (10); et là il ne rougit pas de leur raconter s'être écarté de sa route, s'il tient toujours la quand et de quelle manière il a tiré cet homme haute mer, et si les dieux sont propices (3): après des ennemis, et l'a apporté dans sa tente. cela il se met à raconter une vision qu'il a eue pendant la nuit, dont il est encore tout épou

NOTES. vanté, et qu'il prend pour un mauvais présage.

(1) Le grec dit : « Sur mer, il prend des promontoires Ensuite, ses frayeurs venant à croître, il se

« pour des galères de pirates. » déshabille et ôle jusqu'à sa chemise, pour pou

(2) Les anciens naviguoient rarement avec ceux qui pasvoir mieux se sauver à la nage; et après cette

soient pour impies; et ils se faisoient initier avant de parprécaution il ne laisse pas de prier les nautonniers tir

, c'est-a-dire instruire des mystères de quelque divinité, de le mettre à terre (4). Que si cet homme foible, pour se la rendre propice dans leurs voyages. ( Voyez le dans une expédition militaire où il s'est engagé, chap. xvi, de la Superstition. La Bruyère.) entend dire que les ennemis sont proches, il

Les mystères dont il s'agit ici sont ou ceux d'Éleusis,

dans lesquels, d'après la religion populaire des Grecs, tout appelle ses compagnons de guerre, observe leur

le monde devoit ètre initié; ou bien ceux de Samothrace, contenance sur ce bruit qui court, leur dit qu'il qui étoient censés avoir la vertu particulière de préserver est sans fondement, et que les coureurs n'ont leurs iniliés des naufrages. pu discerner si ce qu'ils ont découvert à la cam

(3) Ils consultoient les dieux par les sacrifices, ou par pagne sont amis ou ennemis (5) : mais si l'on les augures , c'est-à-dire par le vol, le chant et le manger n'en peut plus douter par les clameurs que l'on des oiseaux, et encore par les entrailles des bètes. ( La entend, et s'il a vu lui-même de loin le commen- Bruyère.) Le grec porte, « Il lui demande ce qu'il pense

« du dieu ; » et je crois, avec Fischer et Coray, que cela cement du combat, et que quelques hommes

veut dire « ce qu'il présume de l'état du ciel. » Jupiter, on aient paru tomber à ses yeux , alors, feignant le dieu par excellence , présidoit sur-tout aux révolutions que la précipitation et le tumulte lui ont fait de l'atmosphère. On peut même observer en général que oublier ses armes (6), il court les querir dans la météorologie paroit avoir été la base primitive ou du sa tente, où il cache son épée sous le chevet de moins la première occasion de la religion des Grecs. C'est

ce qui devoit arriver dans un pays entrecoupé par des son lit, et emploie beaucoup de temps à la cher- montagnes et entouré de la mer. Les religions antiques cher, pendant que, d'un autre côté, son valet des grands continents ouverts et plats devoient au con

ܕ

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