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« Si en marchant il voit une chouette, il en est effrayé, et che aux Romains de son temps de perdre par cette fête « n'ose continuer son chemin qu'après avoir prononcé ces juive la septième partie de leur vie.) Par un passage d'A« mots, Que Minerre ait le dessus ! » On attribuoit à l'in- thénée, liv. XII, chap. IV, il est à peu près certain que les fluence d'Hécate l'épilepsie et différentes autres maladies Perses avoient très anciennement un culte hebdomadaire; auxquelles bien des gens supposent encore aujourd'hui deset, selon Hérodote , 1, 130, ils avoient appris le culte rapports particuliers avec la lune, qui, dans la fable des d'Uranie des Arabes et des Assyriens, et avoient appelé Grecs, est représentée tantôt par Diane , tantôt par Hé- cette déesse Mitra . ce qui semble prouver qu'ils l'ont ascate. Les purifications dont parle le texte consistoient en sociée à Mithras, leur divinité principale. fumigations. ( Voyez le Voyage du jeune Anacharsis, Mais notre texte peut aussi être altéré, et il peut y être ehap. XXI.)

question du sixième jour du mois ou de la décade, consa

cré à Vénus. (Voyez Jamblichus, dans la Vie de Pythagore, (8) Le manuscrit du Vatican ajoute , a En disant qu'il chap. XXVIII, sect. 152, où l'on cite une explication mys« lui importe de ne pas se souiller; » et continue, « Les tique que le philosophe de Samos a donnée de cet usage.) « quatrièmes et septièmes jours, il fait cuire du vin par Dans ce cas, il est toujours très remarquable que les jours « ses gens, sort lui-même pour acheter des branches de du Soleil, de Mercure et de Vénus occupent dans notre « myrte et des tablettes d'encens, et couronne en ren- semaine le même rang que les jours consacrés par la reli«trant les Hermaphrodites pendant toute la journée. » gion des Grecs aux divinités qui répondent à ces corps céLes quatrièmes jours du mois, ou peut-être de la décade, lestes occupoient dans le mois d'Athènes , ou dans chacune éloient consacrés à Mercure. ( Voyez le scol. d'Aristoph., des trois parties dans lesquelles il étoit divisé ; c'est-à-dire in Plut., v. 1127.) Le vin cuit est relatif à des libations ou que les uns et les autres tombent sur les premiers , quaà des sacrifices, et les branches de myrte appartiennent trièmes et sixièmes jours de ces périodes. Ces superstiau culte de Vénus. Les Hermaphrodites sont des hermès tions grecques sont sans doute dérivées de l'usage égyptien à tête de Vénus, comme les hermérotes, le; herméraclès, de consacrer chaque jour à une divinité (voyez Hérodote, Jes hermathènes, étoient des hermès à tête de Cupidon, liv. II, chap. LXXXII); et c'est vraisemblablement à Alexand'Hercule, et de Minerve. (Voyez Laur., de Sacris gent. drie que cet antique usage s'est confondu successivement Tr., de Gronov., tome VII, page 176; et Pausanias, li- avec la semaine lunaire ou planétaire que paroissent avoir vre XIX, 11, où il parle d'une siatue de Vénus en forme observée les autres nations de l'Orient, avec la consécration d'hermès.) Ils se trouvoient peut-être parmi ce grand du sabbat chez les Juifs, et avec celle du dimanche chez nombre d'hermès votifs posés sur la place publique, entre les chrétiens. te pæcile et le portique royal. (Voyez Harpocr., in Herm.) Le culte de Vénus étoit souvent joint à celui de Mercure. (9) « Vous ne réfléchissez pas à ce que vous faites étant (Voyez Arnaud, de Diis synedris, chap. xxiv.) Quant au « éveillés , disoit Diogène à ses contemporains; mais vous septième jour, si le chiffre est juste, ce ne peut pas être le « faites beaucoup de cas des visions que vous avez en dorseptième du mois , qui étoit consacré, ainsi que le premier, « mant. ) au culte d'Apollon, et non à celui de Vénus. Il faut donc supposer que le sacrifice se fait tous les sept jours, et ce (10) Instruire de ses mystères. (La Bruyère.) On ne se passage devient très important par la célèbre question sur faisoit pas initier tous les mois, mais une fois dans la vie, l'antiquité d'un culte hebdomadaire chez les peuples dits et puis on observoit certaines cérémonies prescrites par profanes. J'observerai, à l'appui de cette opinion, qui est ces mystères. (Voyez les notes de Casaubon.) Le mot que celle de M. Visconti, que, sur les premiers monuments tous les traducteurs de ce passage ont rendu par initier est pasens de l'introduction de la semaine planétaire dans le pris souvent par les anciens dans un sens fort étendu calendrier romain, introduction qui paroit dater du (voyez Athénée, liv. II, chap. xii); je crois qu'il faut le deuxième siècle de l'ère chrétienne, Vénus occupe le sep- traduire ici par purifier. Il faut observer, au reste , que les tième rang parmi les divinités qui président au jour de mystères d'Orphée sont ceux de Bacchus, et ne pas les cette période (voyez les Peintures d'Herculanum, tome III, confondre avec les mystères de Cérès. Toute la Grèce céplanche 50); que le jour sacré des mahometans est le ven- lébroit ces derniers avec la plus grande solennité, au lieu dredi, et qu'il paroit que ce jour étoit fėté dans l'antiquité que les prêtres d'Orphée étoient une espèce de charlatans par les peuples ismaélites , en l'honneur de Vénus Uranie ambulants, dont les gens sensés ne faisoient aucun cas, (soyez Selden, de Diis syris , segm. 11, chapitres ii et iv); et qui n'ont acquis de l'importance que vers le temps de enfin, que la Vénus en forme d'hermès dont parle Pau- la décadence de l'empire romain. ( Voyez Anacharsis , sanias étoit précisément une Vénus Uranie, déesse qui chap. XII; et le savant mémoire de Fréret sur le culte de avoit à Athènes un culte solennel, et un temple situé près Bacchus.) de la place publique, et par conséquent près des hermès dont j'ai parlé. Des cérémonies hebdomadaires en l'hon- (11) Le manuscrit du Vatican ajoute ici une phrase déneur de cette divinité pouvoient avoir passé en Grèce par fectueuse, que, d'après une explication de M. Coray, aples conquêtes d'Alexandre, comme l'observation du sabbat puyée sur les usages actuels de la Grèce, il faut entendre : paroit s'ètre introduite à Rome par la conquête de la Pa- « Il va quelquefois s'asperger d'eau de mer; et si alors lestine. (Voyez, outre les passages d'Ovide, d'Horace et « quelqu'un le regarde avec envie, il attache un ail sur sa de Tibulle, celui de Sénèque, que cite saint Augustin, de « tėte, et va la laver, etc. » Cette cérémonie devoit déCir. Dei, lib. VI, cap. ii, où le célèbre stoicien repro- tourner le mauvais effet que pourroit produire le coup

d'æil de l'envieur. On trouvera plusieurs passages anciens pour ne rien oublier, sur ce que mon bien est sur l'influence maligne que l'on attribuoit à ce coup d'ail, diminué de la moitié (6). Un homme chagrin, dans les commentateurs de ce vers des Bucoliques de Virgile (ecl. ili, v. 103):

après avoir eu de ses juges ce qu'il demandoit,

et l'avoir emporté tout d'une voix sur son adNescio quis teneros oculus mihi fascinat agnos.

versaire, se plaint encore de celui qui a écrit L'eau de mer étoit regardée comme la plus convenable ou parlé pour lui, de ce qu'il n'a pas touché aux purifications. (Voyez Anacharsis , chap. XXI; et Du- les meilleurs moyens de sa cause; ou, lorsque port, dans les notes du commencement de ce chapitre.) ses amis ont fait ensemble une certaine somme

(12) Espèce d'ognon marin. (La Bruyère.) Le traduc- pour le secourir dans un besoin pressant (7), si teur a inséré dans le texte la manière dont il croyoit que quelqu'un l'en félicite et le convie à mieux escette expiation se faisoit; mais il paroit que le chien sacri- pérer de la fortune : Comment , lui répond-il, fié n'étoit que porté autour de la personne qu'on vouloit puis-je être sensible à la moindre joie, quand purifier, et la squille étoit vraisemblablement brûlée.

je pense que je dois rendre cet argent à cha(15) Le grec ajoute même dans l'ancien texte : « Ou un

cun de ceux qui me l'ont prêté, et n'être pas a homme dont l'esprit est aliéné. »

encore quitte envers eux de la reconnoissance

de leur bienfait?
CHAPITRE XVII.

NOTES.
De l'esprit chagrin.

(1) Si l'on vouloit traduire littéralement le texte corrige

par Casaubon, cette définition seroit, « L'esprit chagrin L'esprit chagrin fait que l'on n'est jamais con- « est un blåme injuste de ce que l'on reçoit ; » et, d'après tent de personne, et que l'on fait aux autres le manuscrit du Vatican corrigé par Schneider, « Une mille plaintes sans fondement (1). Si quelqu'un

a disposition à blåmer ce qui vous est donné avec bonté. » fait un festin , et qu'il se souvienne d'envoyer

(2) C'a été la coutume des Juifs et d'autres peuples un plat (2) à un homme de cette humeur, il ne orientaux, des Grecs et des Romains. (La Bruyère. ) 11 reçoit de lui pour tout remercîment que le re- falloit ajouter, « Dans les repas donnés après des sacrifiproche d'avoir été oublié : Je n'étois pas di

« ces. » (Voyez chapitre xii, note 5. ) Au lieu d'un plat, gne, dit cet esprit querelleur, de boire de son il y a dans le texte, « Une portion de la victime. » vin, ni de manger à sa table. Tout lui est

(3) Littéralement : « Comblé de caresses par sa maisuspect , jusqu'aux caresses que lui fait sa mai- a tresse, il lui dit : Je serois fort étonné si tu me chérissois tresse : Je doute fort, lui dit-il, que vous soyez

« aussi de cæur. » sincère, et que toutes ces démonstrations d'a

(1) 11 auroit fallu dire : « Si après une grande séchemitié partent du caur (3). Après une grande

« resse il vient à pleuvoir. » Le lecteur attentif aura déja sécheresse, venant à pleuvoir (4), comme il ne remarqué dans cette traduction beaucoup de négligences peut se plaindre de la pluie, il s'en prend au de style qu'on ne pardonneroit pas de nos jours. Ciel de ce qu'elle n'a pas commencé plus tôt. Si le hasard lui fait voir une bourse dans son che

(5) Au lieu de ces mots, et dès que celui-ci, etc., le

texte dit, « Et s'il a eu un bon marché. » M. Barthélemy, min, il s'incline : Il y a des gens, ajoute-t-il, qui a inséré quelques traits de ce caractère dans son chaqui ont du bonheur; pour moi, je n'ai jamais pitre xxvni, rend celui-ci de la manière suivante : « Un de eu celui de trouver un trésor. Une autre fois,

a mes amis, après les plus tendres sollicitations, consent

« à me céder le meilleur de ses esclaves. Je m'en rapporte ayant envie d'un esclave, il prie instamment

« à son estimation; savez-vous ce qu'il fait? il me le donne celui à qui il appartient d'y mettre le prix; et « à un prix fort au-dessous de la mienne. Sans doute cet dès que celui-ci, vaincu par ses importunités, « esclave a quelque vice caché. Je ne sais quel poison sele lui a vendu (5), il se repent de l'avoir acheté. « cret se mêle toujours à mon bonheur. » Ne suis-je pas trompé? demande-t-il; et exi

(6) Le grec porte : « Si tu ajoutes que mon bien est digeroit-on si peu d'une chose qui seroit sans

« minué de moitié, tu auras dit la vérité. » défaut? A ceux qui lui font les compliments ordinaires sur la naissance d'un fils et sur l'aug- (7) Voyez chapitre 1, note 3. mentation de sa famille : Ajoutez , leur dit-il,

CHAPITRE XVIII.

et demie. Le manuscrit du Vatican porte : « Et s'assied à « chaque stade pour le compter. »

De la défiance.

(2) Les anciens employoient souvent la cire et le cachet

en place des serrures et des clefs. Ils cachetoient même L'esprit de défiance nous fait croire que tout quelquefois les portes, et sur-tout celles du gynécée. (Voyez le monde est capable de nous tromper. Un entre autres les Thesmoph. d’Aristoph., v. 422.) homme défiant, par exemple, s'il envoie au

(5) « Quand il demande les intérêts de son argent, afin marché l'un de ses domestiques pour y acheter

« que ses débiteurs ne puissent pas nier la dette. » Il faut des provisions, il le fait suivre par un autre, supposer peut-être que c'est avec les mêmes témoins qui qui doit lui rapporter fidèlement combien elles étoient présents lorsque l'argent a été remis. ont coûté. Si quelquefois il porte de l'argent

(4). Le grec dit : «Mais chez celui qui a un bon répondant.» sur soi dans un voyage, il le calcule à chaque stade (1) qu'il fait pour voir s'il a son compte. (5) D'or ou d'argent. (La Bruyère.) Une autre fois, étant couché avec sa femme,

(6) Ce qui se lit entre les deux [ ] n'est pas dans le grec, il lui demande si elle a remarqué que son cof- où le sens est interrompu; mais il est suppléé par quelfre-fort fût bien fermé, si sa cassette est tou-ques interprètes. (La Bruyère. ) C'est Casaubon qui avoit jours scellée (2), et si op a eu soin de bien fer- suppléé à cette phrase défectueuse , non seulement par les mer la porte du vestibuble ; et, bien qu'elle mots que La Bruyère a désignés, mais encore par les qua

tre précédents. Voilà comme le manuscrit du Vatican resassure que tout est en bon état, l'inquiétude le titue ce passage, dans lequel on reconnoitra avec plaisir prend, il se lève du lit, va en chemise et les

un trait que Casaubon avoit deviné : « Il Jes refuse la plupieds nus, avec la lampe qui brûle dans sa cham- « part du temps; mais, s'ils sont demandés par un ami bre, visiter lui-même tous les endroits de sa « ou par un parent, il est tenté de les essayer et de les maison ; et ce n'est qu'avec beaucoup de peine il veut les essayer aux yeux de celui à qui il les confie,

« peser, et exige presque une caution avant de les prêter. » qu'il s'endort après cette recherche. Il mène pour lui prouver que c'est de l'or ou de l'argent fin. Ce avec lui des témoins quand il va demander ses ar- sens du verbe grec, restitué dans cette pbrase par M. Corérages (3), afin qu'il ne prenne pas un jour ray, est justifié par l'explication que donne Hesychius du envie à ses débiteurs de lui dénier sa dette. Ce substantif qui en dérive. n'est pas chez le foulon qui passe pour le meil- (7) La Bruyère a ajouté les mots, « Qu'il affectionne. » leur ouvrier qu'il envoie teindre sa robe, mais M. Coray a joint ce trait au précédent, en l'appliquant à chez celui qui consent de ne point la recevoir l'esclave qui porte les vases. sans donner caution (4). Si quelqu'un se ha- (8) Dans les additions du manuscrit du Vatican, à cette sarde de lui emprunter quelques vases (5), il phrase difficile et elliptique, il faut, je crois , mettre le les lui refuse souvent; ou, s'il les accorde , [ il dernier verbe à l'optatif attique de l'aoriste, et traduire : ne les laisse pas enlever qu'ils ne soient pesés :

« Il répond à ceux qui, ayant acheté quelque chose chez

« lui, lui disent de faire le compte, et de mettre l'objet il fait suivre celui qui les emporte, et envoie

a en note, parcequ'ils n'ont pas en ce moment le temps dès le lendemain prier qu'on les lui envoie.] (6) « de lui envoyer de l'argent : Oh! ne vous en mettez pas A-t-il un esclave qu'il affectionne et qui l'ac- a en peine ; car, quand même vous en auriez le temps , je compagne dans la ville (7), il le fait marcher « ne vous en suivrois pas moins ; » c'est-à-dire, quand devant lui, de peur que, s'il le perdoit de vue, sur-le-champ, je préfèrerois pourtant de vous accompa

même vous me diriez que vous m'enverrez de l'argent il ne lui échappåt et ne prit la fuite. A un homme gner chez vous ou chez votre banquier pour le toucher qui, emportant de chez lui quelque chose que moi-même. ce soit, lui diroit : Estimez cela, et mettez-le

CHAPITRE XIX. sur mon compte, il répondroit qu'il faut le laisser où on l'a pris, et qu'il a d'autres affaires que

D'un vilain homme. celle de courir après son argent (8).

Ce caractère suppose toujours dans un homme NOTES.

une extrême malpropreté, et une négligence (1) Six cents pas. (La Bruyère.) Le stade olympique, pour sa personne qui passe dans l'excès et qui aroit, selon M. Barthélemy, quatre-vingt-quatorze toises blesse ceux qui s'en aperçoivent. Vous le verrez quelquefois tout couvert de lèpre, avec des on- en spiryesool, dans le sens de se serrer dans ses habits i gles longs et malpropres, ne pas laisser de se signification que l'on peut donner à ce verbe avec d'autant inėler parmi le monde, et croire en être quitte tif qui en dérive par tunique. Cet homme malpropre n'at

plus de vraisemblance, qu'Hesychius explique le substanpour dire que c'est une maladie de famille, et tend pas seulement que sa mauvaise huile soit sèche, mais que son père et son aïeul y étoient sujets (1). Il s'enveloppe sur-le-champ dans ses habits. L'usage ordia aux jambes des ulcères. On lui voit aux mains naire exigeoit de laisser sécher l'huile au soleil : ce que les des poireaux et d'autres saletés qu'il néglige

Ro:nains appeloient insolatio. de faire guérir; ou, s'il pense à y remédier,

(6) Le manuscrit du Vatican dit, « tout usée , » et parle c'est lorsque le mal, aigri par le temps, est aussi d'une tunique grossière. devenu incurable. Il est hérissé de poil sous les aisselles et par tout le corps, comme une bête

(7) Les anciens avoient un grand égard pour les paroles fauve : il a les dents noires, rongées, et telles noient consulter les devins et les augures, prier ou sacri

qui étoient proférées , même par hasard , par ceux qui veque son abord ne se peut souffrir. Ce n'est pas fier dans les temples. ( La Bruyère.) tout (2): il crache ou il se mouche en mangeant, il parle la bouche pleine (3), fait en buvant des (8) Cérémonies où l'on répandoit du vin ou du lait dans

les sacrifices. (La Bruyère.) choses contre la bienséance (4), ne se sert jamais au bain que d'une huile qui sent mau- (9) Le grec dit : « Il crache par dessus la table sur celui vais (5), et ne paroît guère dans une assemblée a qui lui donne à boire. » Les anciens n'occupoient qu'un publique qu'avec une vieille robe (6) et toute côté de la table, ou des tables, qu'on plaçoit devant eux, tachée. S'il est obligé d'accompagner sa mère et les esclaves qui les servoient se tenoient de l'autre côté. chez les devins, il n'ouvre la bouche que pour partiennent peut-être au chapitre suivant. La transposi

Au reste, les quatre derniers traits de ce caractère apdire des choses de mauvais augure (7). Une au- tion manifeste de plusieurs traits du caractère xxx au catre fois, dans le temple et en faisant des liba-ractère x doit inspirer naturellement l'idée d'attribuer à tions (8), il lui échappera des mains une coupe

une cause semblable toutes les incohérences de cet ouou quelque autre vase; et il rira ensuite de cette

vrage, plutôt que de les mettre sur le compte de l'auteur. aventure, comme s'il avoit fait quelque chose de merveilleux. Un homme si extraordinaire ne

CHAPITRE XX. sait point écouter un concert ou d'excellents

D'un homme incommode. joueurs de flûte; il bat des mains avec violence comme pour leur applaudir, ou bien il suit d'une

Ce qu'on appelle un fâcheux est celui qui, voix désagréable le même air qu'ils jouent : il sans faire à quelqu'un un fort grand tort, ne s'ennuie de la symphonie, et demande si elle laisse pas de l'embarrasser beaucoup (1); qui,

pas bientôt finir. Enfin si , étant assis à entrant dans la chambre de son ami qui comtable, il veut cracher, c'est justement sur celui mence à s'endormir, le réveille pour l'entretenir qui est derrière lui pour lui donner à boire (9). de vains discours (2); qui, se trouvant sur le

bord de la mer, sur le point qu'un homme est NOTES.

près de partir et de monter dans son vaisseau, (1) Le manuscrit du Vatican ajoute : « Et qu'elle pré- l'arrête sans nul besoin et l'engage insensible« serve sa race d'un mélange étranger. »

ment à se promener avec lui sur le rivage (3);

qui, arrachant un petit enfant du sein de sa (2) Le grec porte ici la formule dont j'ai parlé au chapitre xi, note 9, et au chapitre xvi,

nourrice pendant qu'il tette, lui fait avaler quel

que chose qu'il a mâché (4), bat des mains de (3) Le grec ajoute : « Et laisse tomber ce qu'il mange. ». vant lui, le caresse, et lui parle d'une voix (4) Le manuscrit du Vatican ajoute : « Il est couché à

contrefaite; qui choisit le temps du repas, et « table sous la même couverture que sa femme, et prend que le potage est sur la table , pour dire qu'ayant « avec elle des libertés déplacées. »

pris médecine depuis deux jours, il est allé par (5) Le manuscrit du Vatican fait ici un léger change

haut et par bas, et qu'une bile noire et recuite ment, et ajoute un mot qui , tel qu'il est, ne présente au- étoit mêlée dans ses déjections (5); qui, devant cun sens convenable ; M. Visconti propose de le corriger toute une assemblée , s'avise de demander à sa

ne doit

note 1.

mère quel jour elle a accouché de lui (6); qui, , chapitre xi ou au chapitre xr : « Quand il donne un rene sachant que dire (7), apprend que l'eau de

a pas, il fait connoître son parasite à ses convives; et, les

« provoquant à boire, il dit que celle qui doit amuser la sa citerne est fraiche, qu'il croit dans son jar

« compagnie est toute prète, et que, dès qu'on voudra, din de bons légumes, ou sa maison est ou

« il la fera chercher chez l'entrepreneur, pour faire de la verte à tout le monde comme une hôtellerie; a musique et pour égayer tout le monde. » (Voyez chap. 18, qui s'empresse de faire connoître à ses hôtes note 4, et chap. XI, note 5.) Ces nombreuses transposiun parasite (8) qu'il a chez lui ; qui l'invite, à de Theophraste, d'où ces caractères sont extraits, avoit

tions favorisent l'opinion de ceux qui croient que l'ouvrage lable, à se mettre en bonne humeur et à réjouir une forme toute différente de celle de ces fragments. la compagnie.

(8) Mot grec qui signifie celui qui ne mange que chez auNOTES.

trui, (La Bruyère.)

(1) Littéralement ; « La malice innocente est une con

CHAPITRE XXI. « duite qui incommode sans nuire. )

De la sotte vanité (1). (2) Le grec dit : « Ce mauvais plaisant est capable de « réveiller un homme qui vient de s'endormir, en entrant

La sotte vanité semble être une passion in« chez lui pour causer. )

quiète de se faire valoir par les plus petites (3) Ou, d'après M. Coray : « Prêt à s'embarquer pour choses, ou de chercher dans les sujets les plus « quelque voyage, il se promène sur le rivage, et empė- frivoles du nom et de la distinction. Ainsi un a che qu'on ne mette à la voile, en priant ceux qui doi- homme vain , s'il se trouve à un repas, affecte « vent partir avec lui d'attendre qu'il ait fini sa pro- toujours de s'asseoir proche de celui qui l'a con« menade,

vié ; il consacre à Apollon la chevelure d'un fils (4) Casaubon a prouvé que c'étoit là la manière ordi- qui lui vient de naître; et, dès qu'il est parvenu naire de donner à manger aux enfants ; mais par cette à l'âge de puberté, il le conduit lui-même à raison même, et d'après le sens littéral du grec, je crois qu'il faut traduire : «Il mâche quelque chose comme

Delphes, lui les cheveux, et les dépose

coupe « pour le lui donner, et l'avale lui-même. » Le manuscrit dans le temple comme un monument d'un vou du Vatican ajoute, « et l'appelle plus malin que son grand- solennel qu'il a accompli (2). Il aime à se faire « père. »

suivre par un More (5). S'il fait un paiement ,

il affecte que ce soit dans une monnoie toute (5) Théophraste lui fait dire « que la bile qu'il a rendue « étoit plus noire que la sauce qui est sur la table. » Ce neuve, et qui ne vienne que d'être frappée (4). trait et le suivant me paroissent appartenir au caractère Après qu'il a immolé un bouf devant quelque précédent, à la place de ceux que je crois avoir été dis- autel, il se fait réserver la peau du front de cet traits de celui-ci. (Voyez la note 9 du chapitre précédent.) animal, il l'orne de rubans et de fleurs, et l'at

tache à l'endroit de sa maison le plus exposé à (6) Le manuscrit du Vatican ajoute ici une phrase très obscure, et vraisemblablement altérée par les copistes. Il la vue de ceux qui passent (5), afin que perme paroit que Théophraste fait dire à ce mauvais plaisant

, sonne du peuple n'ignore qu'il a sacrifié un au sujet des douleurs de sa mère : « Un moment bien doux bouf. Une autre fois, au retour d'une caval« a dů précéder celui-là ; et sans ces deux choses il est cade (6) qu'il aura faite avec d'autres citoyens, « impossible de produire un homme. »

il renvoie chez soi par un valet tout son équi(7) Cette transition est de La Bruyère : les traits qui page, et ne garde qu’une riche robe dont il est suivent me paroissent appartenir au caractère suivant ou habillé, et qu'il traîne le reste du jour dans la au chap. xxi. D'après les additions du manuscrit du Va place publique. S'il lui meurt un petit chien,

il tican, il faut les traduire : « Il se vante d'avoir chez lui l'enterre, lui dresse une épitaphe avec ces mots : « d'excellente eau de citerne, et de posséder un jardin qui lui domine les légumes les plus tendres en grande abondance. Il étoit de race de Malte (7). Il consacre un an

neau à Esculape, qu'il use à force d'y pendre « maison est comme une hôtellerie, parcequ'elle est tou- des couronnes de fleurs. Il se parfume tous les « jours pleine d'étrangers, et que ses amis ressemblent au a tonneau percé de la fable , puisqu'il ne peut les satisfaire jours (8). Il remplit avec un grand faste tout le « en les comblant de bienfaits. » Les traits suivants sont temps de sa magistrature (9); et, sortant de encore d'un genre différent, et conviendroient mieux au charge, il rend compte au peuple avec ostenta

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