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ils vous

fiers d'être regardés de la bourgeoisie, qui est même est devenu vulgaire, qui pourtant ne aux fenêtres, comme ceux mêmes qui ont pris met cet homme qu'au-dessus du chien ou du la place ; ils en triomphent par les chemins, ils cheval. se croient braves. Revenus chez eux,

A quoi vous divertissez-vous ? à quoi passezétourdissent de flancs, de redans, de ravelins, vous le temps? vous demandent les sots et les de fausse-braie, de courtines et de chemins- gens d'esprit. Si je réplique que c'est à ouvrir couverts : ils rendent compte des endroits où les yeux et à voir, à prêter l'oreille et à entenl'envie de voir les a portés, et où il ne laissoit dre, à avoir la santé, le repos, la liberté, ce pas d'y avoir du péril, des basards qu'ils ont n'est rien dire : les solides biens, les grands courus à leur relour d'être pris ou tués par biens, les seuls biens ne sont pas comptés, ne l'ennemi : ils taisent seulement qu'ils ont eu se font pas sentir. Jouez-vous ? masquez-vous ? peur.

il faut répondre. C'est le plus petit inconvénient du monde que Est-ce un bien pour l'homme que la liberté, de demeurer court dans un sermon ou dans une si elle peut être trop grande et trop étendue, harangue; il laisse à l'orateur ce qu'il a d'esprit, telle enfin qu'elle ne serve qu'à lui faire desirer de bon sens, d'imagination, de mours et de quelque chose, qui est d'avoir moins de liberté? doctrine; il ne lui ôte rien : mais on ne laisse La liberté n'est pas oisiveté : c'est un usage pas de s'étonner que les hommes , ayant voulu libre du temps, c'est le choix du travail et de une fois y attacher une espèce de honte et de ri- l'exercice; être libre, en un mot, n'est pas ne dicule, s'exposent, par de longs et souvent d'i- rien faire, c'est être seul arbitre de ce qu'on nutiles discours, à en courir tout le risque. fait ou de ce qu'on ne fait point : quel bien en

Ceux qui emploient mal leur temps sont les ce sens que la liberté ! premiers à se plaindre de sa brièveté. Comme César n'étoit point trop vieux pour penser à ils le consument à s'habiller, à manger, à dor- la conquête de l'univers ? : il n'avoit point d'aumir, à de sots discours, à se résoudre sur ce tre beatitude à se faire que le cours d'une belle qu'ils doivent faire, et souvent à ne rien faire, vie, et un grand nom après sa mort : né fier, ils en manquent pour leurs affaires ou pour ambitieux, et se portant bien comme il faisoit, leurs plaisirs : ceux au contraire qui en font un il ne pouvoit mieux employer son temps qu'à meilleur usage en ont de reste.

conquérir le monde. ALEXANDRE étoit bien jeune Il n'y a point de ministre si occupé qui ne pour un dessein si sérieux : il est étonnant que sache perdre chaque jour deux heures de temps: dans ce premier âge les femmes ou le vin n'aient cela va loin à la fin d'une longue vie; et si le mal plus tôt rompu son entreprise. est encore plus grand dans les autres conditions Un jeune prince ?, d'une race auguste, l'ades hommes, quelle perte infinie ne se fait pas mour et l'espérance des peuples , donné du Ciel dans le monde d'une chose si précieuse, et dont pour prolonger la félicité de la terre, plus l'on se plaint qu'on n'a point assez !

grand que ses aïeux, fils d'un héros qui est son Il ya des créatures de Dieu , qu'on appelle des modèle, a déja montré à l'univers, par ses dihommes , qui ont une ame qui est esprit, dont vines qualités, et par une vertu anticipée, que toute la vie est occupée et toute l'attention est les enfants des héros sont plus proches de l'étre réunie à scier du marbre : cela est bien simple, que les autres homines 3. c'est bien

peu de chose. Il y en a d'autres qui Si le monde dure seulement cent millions s'en étonnent, mais qui sont entièrement inuti- d'années, il est encore dans loute sa fraicheur, les, et qui passent les jours à ne rien faire : c'est et ne fait presque que commencer : nous-mèencore moins

que
de scier du marbre.

mes nous touchons aux premiers hommes et La plupart des hommes oublient si fort qu'ils ont une ame, et se répandent en tant d'ac

· Voyez les Pensées de M. Pascal, chap. 31; où il dit le con

traire. (La Bruyère.) tions et d'exercices où il semble qu'elle est inu- > Le Dauphin , fils de Louis XIV. tile que l'on croit parler avantageusement de

3 Contre la maxime latine et triviale, (La Bruyère.) Cette

maxime ou adage est, Heroum filii noxæ ; ce qui veut dire que quelqu'un, en disant qu'il pense; cet éloge les fils des héros dégénèrent ordinairement de leurs pères.

aux patriarches : et qui pourra ne nous pas Les hommes, séduits par de belles apparenconfondre avec eux dans des siècles si reculés? ces et de spécieux prétextes, goûtent aisément Mais si l'on juge par le passé de l'avenir, quelles un projet d'ambition que quelques grands ont choses nou les nous sont inconnues dans les médité ; ils en parlent avec intérêt, il leur plaît arts, dans les sciences, dans la nature, et j'ose même par la hardiesse ou par la nouveauté que dire dans l'histoire! quelles découvertes ne fera- l'on lui impute, ils y sont déja accoutumés, et t-on point! quelles différentes révolutions ne n'en attendent que le succès, lorsque, venant au doivent point arriver sur toute la face de la contraire à avorter, ils décident avec confiance, terre, dans les états et dans les empires! quelle et sans nulle crainte de se tromper, qu'il étoit ignorance est la nôtre! et quelle légère expé- téméraire et ne pouvoit réussir. rience que celle de six ou sept mille ans ! Il y a de tels projets ", d'un si grand éclat et

Il n'y a point de chemin trop long à qui mar- d'une conséquence si vaste, qui font parler les che lentement et sans se presser : il n'y a point hommes si long-temps, qui font tant espérer ou d'avantages trop éloignés à qui s'y prépare par tant craind, e, selon les divers intérêts des peula patience.

ples, que toute la gloire et toute la fortune Ne faire sa cour à personne, ni attendre de d'un homme y sont commises. Il ne peut pas quelqu'un qu'il vous fasse la sienne; douce si- avoir paru sur la scène avec un si bel appareil, tuation, àge d'or, état de l'homme le plus na- pour se retirer sans rien dire; quelques affreux turel !

périls qu'il commence à prévoir dans la suite de Le monde est pour ceux qui suivent les cours son entreprise, il faut qu'il l'entame; le moinou qui peuplent les villes : la nature n'est que dre mal pour lui est de la manquer. pour ceux qui habitent la campagne; eux seuls Dans un méchant homme il n'y a pas de quoi vivent, eux seuls du moins connoissent qu'ils faire un grand homme. Louez ses vues et ses vivent.

projets, admirez sa conduite, exagérez son haPourquoi me faire froid , et vous plaindre de bileté à se servir des moyens les plus propres et ce qui m'est échappé sur quelques jeunes gens les plus courts pour parvenir à ses fins : si ses qui peuplent les cours ? étes-vous vicieux, ô fins sont mauvaises, la prudence n'y a aucune Thrasille? je ne le savois pas, et vous me l'ap- part; et, où manque la prudence, trouvez la prenez : ce que je sais est que vous n'êtes plus grandeur, si vous le pouvez. jeune.

Un ennemi est mort”, qui étoit à la tête d'une Et vous qui voulez être offensé personnelle- armée formidable, destinée à passer le Rhin; ment de ce que j'ai dit de quelques grands, ne il savoit la guerre, et son expérience pouvoit criez-vous point de la blessure d'un autre ? étes- étre secondée de la fortune : quels feux de joie vous dédaigneux, malfaisant, mauvais plai- a-t-on vus ? quelle fête publique? Il y a des homsant, flatteur, hypocrite? je l'ignorois, et ne mes au contraire naturellement odieux, et dont pensois pas à vous : j'ai parlé des grands. l'aversion devient populaire : ce n'est point pré

L'esprit de modération, et une certaine sa- cisément par les progrès qu'ils font, ni par la gesse dans la conduite, laissent les hommes dans crainte de ceux qu'ils peuvent faire , que la voix l'obscurité : il leur faut de grandes verlus pour du peuple 3 éclate à leur mort, et que tout tresêtre connus et admirés, ou peut-être de grands saille, jusqu'aux enfants, dès que l'on murvices.

mure dans les places que la terre enfin en est Les hommes, sur la conduite des grands et délivrée. des petits indifféremment, sont prévenus, char- O temps ! ô mạeurs ! s'écrie Héraclite, ô malmés, enlevés par la réussite : il s'en faut peu que le crime heureux ne soit loué comme la

· Guillaume de Nassau , prince d'Orange, qui entreprit de

passer en Angleterre, d'où il a chassé le roi Jacques II, son beauvertu même, et que le bonheur ne tienne lieu père. Il étoit né le 13 novembre 1650. de toutes les vertus. C'est un noir attentat,

c'est - Le duc Charles de Lorraine, beau-frère de l'empereur Léoune sale et odieuse entreprise que celle que le pold ler:

3 Le faux bruit de la mort du prince d'Orange, qu'on croyoit succès ne sauroit justifier.

avoir été tué au combat de la Boyne.

heureux siècle ! siècle rempli de mauvais exem- | une guerre douteuse. Ceux qui sont nés' arbiples, où la vertu souffre, où le crime domine, tres et médiateurs temporisent; et lorsqu'ils où il triomphe! Je veux être un Lycaon , un pourroient avoir déja employé utilement leur Égisthe , l'occasion ne peut être meilleure, ni les médiation, ils la promettent. O påtres ! conticonjonctures plus favorables, si je desire du nue Heraclite; Ô rustres qui habitez sous le moins de fleurir et de prospérer. Un homme chaume et dans les cabanes ! si les évènements dit ' : Je passerai la mer, je dépouillerai mon ne vont point jusqu'à vous, si vous n'avez point père de son patrimoine, je le chasserai, lui, sa le coeur percé par la malice des hommes, si on femme, son héritier, de ses terres et de ses ne parle plus d'hommes dans vos contrées, mais états; et, comme il l'a dit, il l'a fait. Ce qu'il seulement de renards et de loups cerviers, redevoit appréhender, c'étoit le ressentiment de cevez-moi parmi vous à manger votre pain noir plusieurs rois qu'il outrage en la personne d'un et à boire l'eau de vos citernes. seul roi : mais ils tiennent pour lui; ils lui ont Petits hommes 2 hauts de six pieds, lout au presque dit : Passez la mer, dépouillez votre plus de sept, qui vous enfermez aux foires comme père?, montrez à tout l'univers qu'on peut chas- géants, et comme des pièces rares dont il faut ser un roi de son royaume, ainsi qu'un petit acheter la vue, dès que vous allez jusqu'à huit seigneur de son château, ou un fermier de sa pieds; qui vous donnez sans pudeur de la haumétairie : qu'il n'y ait plus de différence entre tesse et de l'éminence, qui est tout ce que l'on de simples particuliers et nous, nous sommes pourroit accorder à ces montagnes voisines du las de ces distinctions : apprenez au monde que ciel, et qui voient les nuages se former au-desces peuples que Dieu a mis sous nos pieds peu- sous d'elles; espèce d'animaux glorieux et suvent nous abandonner, nous trahir, nous livrer, perbes, qui méprisez toute autre espèce, qui se livrer eux-mêmes à un étranger, et qu'ils ne faites pas même comparaison avec l'éléphant ont moins à craindre de nous que nous d'eux et la baleine, approchez, hommes, répondez et de leur puissance. Qui pourroit voir des cho- un peu à Démocrite! Ne dites-vous pas en comses si tristes avec des yeux secs et une ame tran- mun proverbe, des loups ravissants, des lions quille? Il n'y a point de charges qui n'aient leurs furieux, malicieux comme un singe? Et vous auprivileges : il n'y a aucun titulaire qui ne parle, tres, qui êtes-vous ? J'entends corner sans cesse qui ne plaide, qui ne s'agite pour les défendre: à mes oreilles : L'homme est un animal raisonla dignité royale seule n'a plus de privileges; les nable : qui vous a passé cette définition ? sont-ce rois eux-mêmes y ont renoncé. Un seul, tou- les loups, les singes et les lions, ou si vous vous jours bon3 et magnanime, ouvre ses bras à une l'ètes accordée à vous-mêmes ? C'est déja une famille malheureuse. Tous les autres se liguent chose plaisante que vous donniez aux animaux, comme pour se venger de lui, et de l'appui qu'il vos confrères, ce qu'il y a de pire, pour prendonne à une cause qui leur est commune : l’es- dre pour vous ce qu'il y ade meilleur : laissez-les prit de pique et de jalousie prévaut chez eux un peu se definir eux-mêmes, et vous verrez à l'intérêt de l'honneur, de la religion, et de comme ils s'oublieront, et comme vous serez leur état ; est-ce assez? à leur intérêt personnel traités. Je ne parle point, ô hommes, de vos leet domestique; il y va, je ne dis pas de leur gèretés, de vos folies et de vos caprices, qui vous élection, mais de leur succession, de leurs mettent au-dessous de la taupe et de la torte, droits comme héréditaires : enfin, dans tout, qui vont sagement leur petit train, et qui suil'homme l'emporte sur le souverain. Un prince vent, sans varier, l'instinct de la nature : mais délivroit l'Europe 4, se délivroit lui-même d'un écoutez-moi un moment. Vous dites d'un tierfatal ennemi, alloit jouir de la gloire d'avoir celet de faucon qui est fort léger, et qui fait détruit un grand empires : il la néglige pour une belle descente sur la perdrix : Voilà un bon à corps : C'est un bon lévrier. Je consens aussi éventrent, sans compter ceux qui, tombant que vous disiez d'un homme qui court le san- sur vos toits, enfoncent les planchers, vont du glier, qui le met aux abois , qui l'atteint et qui grenier à la cave, en enlèvent les voûtes, et font le perce : Voilà un brave homme. Mais si vous sauter en l'air, avec vos maisons, vos femmes voyez deux chiens qui s'aboient, qui s'affron- qui sont en couche, l'enfant et la nourrice : et ient, qui se mordent et se déchirent, vous di- c'est là encore où gît la gloire; elle aime le retes : Voilà de sots animaux ; et vous prenez un mue-ménage, et elle est personne d'un grand båton pour les séparer. Que si l'on vous disoit fracas. Vous avez d'ailleurs des armes défensique tous les chats d'un grand pays se sont as- ves, et dans les bonnes règles vous devez en semblés par milliers dans une plaine, et qu'a- guerre être habillés de fer, ce qui est sans menprès avoir miaulé tout leur solll ils se sont tir une jolie parure, et qui me fait souvenir de jetés avec fureur les uns sur les autres, et ont ces quatre puces célèbres que montroit autrejoué ensemble de la dent et de la griffe; que fois un charlatan, subtil ouvrier, dans une fiole de cette mêlée il est demeuré de part et d'autre où il avoit trouvé le secret de les faire vivre : il neuf à dix mille chats sur la place, qui ont in- leur avoit mis à chacune une salade en tête , fecte l'air à dix lieues de là par leur puanteur; ne leur avoit passé un corps de cuirasse, mis des diriez-vous pas: Voilà le plus abominable sabbat brassards, des genouillères , la lance sur la cuisdont on ait jamais ouï parler ? Et si les loups en se; rien ne leur manquoit, et en cet équipage elles faisoient de même, quels hurlements! quelle alloient par sauts et par bonds dans leur bouteille. boucherie! Et si les uns ou les autres vous di- Feignez un homme de la taille du mont Athos: soient qu'ils aiment la gloire, concluriez-vous pourquoi non? une ame seroit-elle embarrassée de ce discours qu'ils la mettent à se trouver à d'animer un tel corps? elle en seroit plus au ce beau rendez-vous, à détruire ainsi et à anéan- large : si cet homme avoit la vue assez subtile tir leur propre espèce? ou , après l'avoir conclu, pour vous découvrir quelque part sur la terre ne ririez-vous pas de tout votre coeur de l'ingé- avec vos armes offensives et défensives, que nuité de ces pauvres bêtes ? Vous avez déja, en croyez-vous qu'il penseroit de petits marmouanimaux raisonnables, et pour vous distinguer sets ainsi équipés, et de ce que vous appelez de ceux qui ne se servent que de leurs dents et guerre, cavalerie, infanterie, un mémorable de leurs ongles , imaginé les lances, les piques, siége, une fameusejournée ? N'entendrai-je donc les dards, les sabres et les cimeterres, et à mon plus bourdonner d'autre chose parmi vous? le gré fort judicieusement; car avec vos seules monde ne se divise-t-il plus qu'en régiments et mains que pouviez-vous vous faire les uns aux en compagnies ? tout est-il devenu bataillon ou autres, que vous arracher les cheveux, vous escadron? Il a pris une ville, il en a pris une égratiguer au visage, ou tout au plus vous ar- seconde , puis une troisième; il a gagné une baracher les yeux de la téte? au lieu que vous taille, deux batailles; il chasse l'ennemi, il vainc voilà munis d'instruments commodes, qui vous sur mer, il vainc sur terre : est-ce de quelqu'un servent à vous faire réciproquement de larges de vous autres, est-ce d'un géant, d'un Athos, plaies d'où peut couler votre sang jusqu'à la que vous parlez? Vous avez sur-tout un homme dernière goutte, sans que vous puissiez craindre påle’ et livide, qui n'a pas sur soi dix onces de d'en échapper. Mais comme vous devenez d'an- chair, et que l'on croiroit jeter à terre du moinnée à autre plus raisonnables, vous avez bien dre souffle. Il fait néanmoins plus de bruit que enchéri sur cette vieille manière de vous exter- quatre autres, et met tout en combustion; il vient - miner : vous avez de petits globes’ qui vous de pêcher en eau trouble une île tout entière3; tuent lout d'un coup, s'ils peuvent seulement ailleurs, à la vérité, il est battu et poursuivi; vous atteindre à la tête ou à la poitrine; vous mais il se sauve par les marais , et ne veut écouen avez d'autres ' plus pesants, et plus massifs, ter ni paix ni trève. Il a montré de bonne heure qui vous coupent en deux parts ou qui vous ce qu'il savoit faire, il a mordu le sein de sa nourrice : elle en est morte, la pauvre femme; / d'importants services : car ou l'Arconte échouera je m'entends, il suftit. En un mot, il étoit né avec ses alliés, ce qui est plus difficile qu'impossujet, il ne l'est plus; au contraire, il est le sible à concevoir; ou, s'il réussit et que rien ne maître, et ceux qu'il a domptés : et mis sous le lui résiste, le voilà tout porté, avec ses alliés joug vont à la charrue et labourent de bon cou- jaloux de la religion et de la puissance de Cérage : ils semblent même appréhender , les bon-sar, pour fondre sur lui, pour lui enlever l'aigle, nes gens, de pouvoir se délier un jour et deve- et le réduire, lui ou son héritier, à la fasce darnir libres, car ils ont étendu la courroie et allongé gent' et aux pays héréditaires. Enfin c'en est le fouet de celui qui les fait marcher ; ils n'ou- fait, ils se sont tous livrés à lui volontairement, blient rien pour accroître leur servitude : ils lui à celui peut-être de qui ils devoient se défier font passer l'eau pour se faire d'autres vassaux davantage. Esope ne leur diroit-il pas : « La et s'acquérir de nouveaux domaines : il s'agit, gent volatile d'une certaine contrée prend l'ail est vrai, de prendre son père et sa mère par

oiseau ; et d'un ļévrier qui prend un lièvre corps Le prince d'Orange. 2 Le roi Jacques II. 3 Louis XIV, qui donna retraite à Jacques II et à toute sa fa. mille, après qu'il eut été obligé de se retirer d'Angleterre. 2 Les princes ligués en faveur du prince d'Orange contre

4 L'empereur.

· Innocent XI.

5 Le turc.

Louis XIV.

2 Le prince d'Orange. • Les balles de mouspet. · Les boulets de canon.

I L'Angleterre.

1 Les bombes.

<larme et s'effraie du voisinage du lion, dont les épaules, et de les jeter hors de leur maison; « le seul rugissement lui fait peur; elle se reet ils l'aident dans une si honnête entreprise. fugie auprès de la bête, qui lui fait parler Les de delà l'eau et ceux d'en deçà se

« d'accommodement et la prend sous sa protecgens cotisent et mettent chacun du leur pour se le « tion, qui se termine enfin à les croquer tous rendre à eux tous de jour en jour plus redou- « l'un après l'autre?, table : les Pictes et les Saxons imposent silence aux Bataves , et ceux-ci aux Pictes et aux Saxons;

CHAPITRE XIII. tous se peuvent vanter d'être ses humbles esclaves, et autant qu'ils le souhaitent. Mais qu'en

De la mode. tends-je de certains personnages 3 qui ont des couronnes, je ne dis pas des comtes ou des mar- Une chose folle et qui découvre bien notre pe quis, dont la terre fourmille, mais des princes et titesse, c'est l'assujettissement aux modes quand des souverains ? ils viennent trouver cet homme on l'étend à ce qui concerne le goût, le vivre, dès qu'il a sifflé, ils se découvrent dès son an

la santé et la conscience. La viande noire est tichambre, et ils ne parlent que quand on les hors de mode, et par cette raison insipide; interroge. Sont-ce là ces mêmes princes si seroit pécher contre la mode que de guérir de pointilleux , si formalistes sur leurs rangs et sur la fièvre par la saignée : de même l'on ne mouleurs préséances, et qui consument, pour les roit plus depuis long-temps par Théotime; ses régler, les mois entiers dans une diète? Que tendres exhortations ne sauvoient plus que le fera ce nouvel Arconte pour payer une si aveu- peuple, et Théolime a vu son successeur. gle

soumission , et pour répondre à une si haute La curiosité n'est pas un goût pour ce qui est idée qu'on a de lui ? S'il se livre une bataille, il bon ou ce qui est beau, mais pour ce qui est doit la gagner, et en personne : si l'ennemi fait rare, unique, pour ce qu'on a, et ce que les un siége, il doit le lui faire lever, et avec honte, autres n'ont point. Ce n'est pas un attachement à moins que tout l'Océan ne soit entre lui et à ce qui est parfait, mais à ce qui est couru, à l'ennemi : il ne sauroit moins faire en faveur de ce qui est à la mode. Ce n'est pas un amusement, ses courtisans. César 4 lui-même ne doit-il pas mais une passion, et souvent si violente, qu'elle venir en grossir le nombre? il en attend du moins ne cède à l'amour et à l'ambition que par la pe

litesse de son objet. Ce n'est pas une passion · Le prince d'Orange, devenu plus puissant par la couronne qu'on a généralement pour les choses rares et d'Angleterre, s'étoit rendu maitre absolu en Hollande, et y fai- qui ont cours, mais qu'on a seulement pour une soit ce qu'il lui plaisoit.

certaine chose qui est rare et pourtant à la mode. Les Anglois. 3 Le prince d'Orange, à son premier retour de l'Angleterre,

Le fleuriste a un jardin dans un faubourg; il en 1690, vint à La Haye, où les princes ligués se rendirent, et

y court au lever du soleil, et il en revient à son où le duc de Bavière fut long-temps à attendre dans l'antichambre.

4 L'empereur.

1 Armes de la maison d'Autriche.

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