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et qu'il n'y en a de faux que par cette raison | ture visible. Beaucoup de chrétiens hérétiques

qu'il y en a de vrais ; et qu'il n'y a de même de fausses religions que parcequ'il y en a une véritable. Cela vient de ce que l'esprit de l'homme, se trouvant plié de ce côté-là par la vérité, devient susceptible par-là de toutes les fausVIII.

l'ont connu à travers son humanité, et adorent Jésus-Christ Dieu et homme. Mais pour nous, nous devons nous estimer heureux de ce que Dieu nous éclaire jusqu'à le reconnoître sous les espèces du pain et du vin.

setés.

On peut ajouter à ces considérations le secret de l'esprit de Dieu caché encore dans l'Écriture. Car il y a deux sens parfaits, le littéral et le mystique; et les Juifs, s'arrêtant à l'un, ne pensent pas seulement qu'il y en ait un autre, et ne songent pas à le chercher : de même que les impies, voyant les effets naturels, les attribuent à la nature, sans penser qu'il y en ait un autre auteur; et comme les Juifs, voyant un homme parfait en Jésus-Christ, n'ont pas pensé à y chercher une autre nature: Nous n'avons point pensé que ce fût lui, dit encore Isaïe (Is., 53, 3): et de même enfin que les hérétiques, voyant les apparences parfaites du pain dans l'Eucharistie, ne pensent pas à y chercher une autre substance. Toutes choses couvrent quelque mystère; toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu. Les chrétiens doivent le reconnoître en tout. Les afflictions temporelles couvrent les biens éternels où elles conduisent. Les joies temporelles couvrent les maux éternels qu'elles causent. Prions Dieu de nous le faire reconnoître et servir en tout ; et rendons-lui des graces infinies de ce qu'étant caché en toutes choses pour tant d'autres, il s'est découvert en toutes choses et en tant de manières pour nous.

IX.

Il est dit, Croyez à l'Église; mais il n'est pas dit, Croyez aux miracles; à cause que le dernier est naturel, et non pas le premier. L'un avoit besoin de précepte, non pas l'autre. Il y a si peu de personnes à qui Dieu se fasse paroitre par ces coups extraordinaires, qu'on doit bien profiter de ces occasions, puisqu'il ne sort du secret de la nature qui le couvre que pour exciter notre foi à le servir avec d'autant plus d'ardeur, que nous le connoissons avec plus de certitude,

Si Dieu se découvroit continuellement aux hommes, il n'y auroit point de mérite à le croire; et s'il ne se découvroit jamais, il y auroit peu de foi. Mais il se cache ordinairement, et se découvre rarement à ceux qu'il veut engager dans son service. Cet étrange secret, dans lequel Dieu s'est retiré, impénétrable à la vue des hommes, est une grande leçon pour nous porter à la solitude, loin de la vue des hommes. Il est demeuré caché sous le voile de la nature, qui nous le couvre, jusques à l'incarnation; et quand il a fallu qu'il ait paru, il s'est encore plus caché en se couvrant de l'humanité. Il étoit bien plus reconnoissable quand il étoit invisible que non pas quand il s'est rendu visible. Et enfin, quand il a voulu accomplir la promesse qu'il fit à ses apôtres de demeurer avec les hommes jusqu'à son dernier avènement, il a choisi d'y demeurer dans le plus étrange et le plus obscur secret de tous, savoir, sous les espèces de l'Eucharistie. C'est ce sacrement que saint Jean appelle dans l'Apocalypse une manne cachée (Apoc., 2, 17); et je crois qu'Isaïe le voyoit en cet état, lorsqu'il dit en esprit de prophétie : Véritablement vous êtes un Dieu caché. (Is., 45, 15.) C'est là le dernier secret où il peut être. Le voile de la nature qui couvre Dieu a été pénétré par plusieurs infidèles, qui, commedit saint Paul (Rom.,

Les filles de Port-Royal, étonnées de ce qu'on dit qu'elles sont dans une voie de perdition; que leurs confesseurs les mènent à Genève ; qu'ils leur inspirent que Jésus-Christ n'est pas en l'Eucharistie, ni à la droite du Père: sachant que tout cela étoit faux, s'offrirent à Dieu en cet état, en lui disant avec le prophète : Vide si via iniquitatis in me est. (Ps., 138, 24.) Qu'arrive-t-il là-dessus? Ce lieu, qu'on dit être le temple du diable, Dieu en fait son temple. On dit qu'il faut en ôter les enfants; on dit que c'est l'arsenal de l'enfer : Dieu en fait le sanctuaire de ses graces. Enfin on les menace de toutes les fureurs et de toutes les vengeances du ciel, et

1, 20), ont reconnu un Dieu invisible par la na- | Dieu les comble de ses faveurs. Il faudroit avoir

perdu le sens pour en conclure qu'elles sont | suivoient sa doctrine par ses miracles; les autres dans la voie de perdition.

Les jésuites n'ont pas laissé néanmoins d'en tirer cette conclusion; car ils concluent de tout que leurs adversaires sont hérétiques. S'ils leur reprochent leurs excès, ils disent qu'ils parlent comme des hérétiques. S'ils disent que la grace de Jésus nous discerne, et que notre salut dépend de Dieu, c'est le langage des hérétiques. S'ils disent qu'ils sont soumis au pape : c'est ainsi, disent-ils, que les hérétiques se cachent et se déguisent. S'ils disent qu'il ne faut pas tuer pour une pomme: ils combattent, disent les jésuites, la morale des catholiques. Enfin, s'il se fait des miracles parmi eux, ce n'est pas une marque de sainteté; c'est au contraire un soupçon d'hérésie.

Voilà l'excès étrange où la passion des jésuites les a portés; et il ne leur restoit plus que cela pour détruire les principaux fondements de la religion chrétienne. Car les trois marques de la véritable relation sont la perpétuité, la bonne vie et les miracles. Ils ont déja détruit la perpétuité par la probabilité, qui introduit leurs nouvelles opinions à la place des vérités anciennes : ils ont détruit la bonne vie par leur morale corrompue et maintenant ils veulent détruire les miracles en détruisant ou leur vérité, ou leur conséquence.

Les adversaires de l'Église le nient, ou en nient la conséquence: les jésuites de même. Ainsi, pour affoiblir leurs adversaires, ils désarment l'Église, et se joignent à tous ses ennemis, en empruntant d'eux toutes les raisons par lesquelles ils combattent les miracles. Car l'Église a trois sortes d'ennemis : les Juifs, qui n'ont jamais été de son corps; les hérétiques, qui s'en sont retirés; et les mauvais chrétiens, qui la déchirent en dedans.

Ces trois sortes de différents adversaires la combattent d'ordinaire diversement; mais ici ils la combattent d'une même sorte. Comme ils sont tous sans miracles, et que l'Église a toujours eu contre eux des miracles, ils ont tous eu le même intérêt à les éluder, et se sont tous servis de cette défaite qu'il ne faut pas juger de la doctrine par les miracles, mais des miracles par la doctrine. Il y avoit deux partis entre ceux qui écoutoient Jésus-Christ: les uns qui

qui disoient: Il chasse les démons au nom de Belzebuth. Il y avoit deux partis au temps de Calvin : celui de l'Église, et celui des sacramentaires, qui la combattoient. Il y a maintenant les jésuites, et ceux qu'ils appellent jansénistes, qui contestent. Mais les miracles étant du côté des jansenistes, les jésuites ont recours à cette défaite générale des Juifs et des hérétiques, qui est qu'il faut juger des miracles par la doctrine.

Ce n'est point ici le pays de la vérité : elle est inconnue parmi les hommes. Dieu l'a couverte d'un voile qui la laisse méconnoître à ceux qui n'entendent pas sa voix. La porte est ouverte aux blasphèmes, et même sur les vérités les plus certaines de la morale. Si l'on publie les vérités de l'Évangile, on en publie de contraires, et on obscurcit les questions: en sorte que le peuple ne peut discerner. Aussi on demande : Qu'avez-vous pour vous faire plutôt croire que les autres? Quel signe faites-vous? Vous n'avez que des paroles, et nous aussi. Si vous n'avez point de miracles, on dit que la doctrine doit être soutenue par les miracles; cela est une vérité dont on abuse est une vérité dont on abuse pour blasphemer la doctrine. Et si les miracles arrivent, on dit que les miracles ne suffisent pas sans la doctrine; et c'est une autre vérité pour blasphemer les miracles.

Que vous êtes aises, mes pères, de savoir les règles générales, pensant par-là jeter le trouble, et rendre tout inutile! On vous en empêchera, mes pères : la vérité est une et ferme.

X.

Si le diable favorisoit la doctrine qui le détruit, il seroit divisé, omne regnum divisum, etc. Car Jésus-Christ agissoit contre le diable, et détruisoit son empire sur les cœurs, dont l'exorcisme est la figure, pour établir le royaume de Dieu. Et ainsi il ajoute : In digito Dei, etc., regnum Dei ad vos, etc. (Luc, 11, 17, 20.)

Il étoit impossible qu'au temps de Moïse-on réservât sa croyance à l'Antechrist, qui feur étoit inconnu. Mais il est bien aisé au temps. de l'Antechrist de croire en Jésus-Christ, déja connu.

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Quand les schismatiques feroient des mira- | ou faits par le diable: étant nécessités d'être cles, ils n'induiroient point à erreur. Et ainsi convaincus, s'ils reconnoissoient qu'ils fussent il n'est pas certain qu'ils ne puissent en faire. de Dieu. Le schisme est visible; le miracle est visible. Mais le schisme est plus marqué d'erreur que le miracle n'est marqué de vérité. Donc le miracle d'un schismatique ne peut induire à l'erreur. Mais hors le schisme, l'erreur n'est pas si visible que le miracle est visible. Donc le miracle induiroit à l'erreur. Ainsi un miracle parmi les schismatiques n'est pas tant à craindre; car le schisme, qui est plus visible que le mira-sance, qui fait des miracles par la propre puissance de ce sang répandu pour nous. Dieu choisit lui-même cette maison pour y faire éclater sa puissance.

Nous ne sommes pas aujourd'hui dans la peine de faire ce discernement; il est pourtant bien facile à faire. Ceux qui ne nient ni Dieu, ni Jésus-Christ, ne font point de miracles qui ne soient sûrs. Mais nous n'avons point à faire ce discernement. Voici une relique sacrée. Voici une épine de la couronne du Sauveur du monde, en qui le prince de ce monde n'a point de puis

cle, marque visiblement leur erreur. Mais quand il n'y a point de schisme, et que l'erreur est en dispute, le miracle discerne.

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Ce ne sont point des hommes qui font ces mi

Il en est de même des hérétiques. Les miracles leur seroient inutiles; car l'Église, autori-racles par une vertu inconnue et douteuse, qui risée par les miracles qui ont préoccupé la nous oblige à un difficile discernement. C'est croyance, nous dit qu'ils n'ont pas la vraie foi. Dieu même ; c'est l'instrument de la passion de Il n'y a pas de doute qu'ils ne l'ont pas, puisque son fils unique qui, étant en plusieurs lieux, a les premiers miracles de l'Église excluent la foi choisi celui-ci, et fait venir de tous côtés les des leurs, quand ils en auroient. Il y auroit hommes pour y recevoir ces soulagements miainsi miracles contre miracles, mais premiers et raculeux dans leurs langueurs. plus grands du côté de l'Église; ainsi il faudroit toujours la croire contre les miracles.

Voyons par-là ce qu'on doit conclure des miracles de Port-Royal.

La dureté des jésuites surpasse donc celle des Juifs, puisqu'ils ne refusoient de croire JésusChrist innocent que parcequ'ils doutoient si ses miracles étoient de Dieu. Au lieu que les jésuites ne pouvant douter que les miracles de Port-Royal ne soient de Dieu, ils ne laissent pas de douter encore de l'innocence de cette maison.

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Les Pharisiens disoient : Non est hic homo à Deo, qui sabbatum non custodit. (JOAN., 9, 16.) Les autres disoient : Quomodò potest homo peccator hæc signa facere? Lequel est le plus clair?

Dans la contestation présente, les uns disent: Cette maison n'est pas de Dieu; car on n'y croit pas que les cinq propositions sont dans Jansénius. Les autres: Cette maison est de Dieu; car il s'y fait de grands miracles. Lequel est le plus clair?

Mais, disent-ils, les miracles ne sont plus nécessaires, à cause qu'on en a déja; et ainsi ils ne sont plus des preuves de la vérité de la doctrine. Oui. Mais quand on n'écoute plus la tradition; qu'on a surpris le peuple; et qu'ainsi, ayant exclu la vraie source de la vérité, qui est la tradition, et ayant prévenu le pape, qui en est le dépositaire, la vérité n'a plus de liberté de paroître : alors les hommes ne parlant plus de la

Ainsi la même raison qui rend coupables les Juifs de n'avoir pas cru en Jésus-Christ, rend

les jésuites coupables d'avoir continué de persévérité, la vérité doit parler elle-même aux hommes. C'est ce qui arriva au temps d'Arius.

cuter la maison de Port-Royal.

Ceux qui suivent Jésus-Christ à cause de ses miracles honorent sa puissance dans tous les miracles qu'elle produit; mais ceux qui, en faisant profession de le suivre pour ses miracles, ne le suivent en effet que parcequ'il les console et les rassasie des biens du monde : ils déshonorent ses miracles, quand ils sont contraires à leurs commodités.

Il avoit été dit aux Juifs, aussi bien qu'aux chrétiens, qu'ils ne crussent pas toujours les prophètes. Mais néanmoins les Pharisiens et les scribes font grand état des miracles de JésusChrist, et essaient de montrer qu'ils sont faux,

'Pascal veut parler d'un schisme ouvert et reconnu de part et d'autre, tel, par exemple, que celui des donatistes, des calvinistes, etc. Il ne faut point prendre le change.

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I.

Le pyrrhonisme a servi à la religion; car, après tout, les hommes, avant Jésus-Christ, ne savoient où ils en étoient, ni s'ils étoient grands ou petits. Et ceux qui ont dit l'un ou l'autre n'en savoient rien, et devinoient sans raison et par hasard et même ils croyoient toujours, en excluant l'un ou l'autre.

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Que cet effet de nature qui vous sembloit impossible auparavant, vous fasse connoître qu'il peut y en avoir d'autres que vous ne connoissez pas encore. Ne tirez pas cette conséquence de savoir; mais qu'il vous reste infiniment à savoir. votre apprentissage, qu'il ne vous reste rien à

IV.

La conduite de Dieu, qui dispose toutes choses avec douceur, est de mettre la religion dans l'esprit par les raisons, et dans le cœur par sa grace. Mais de vouloir la mettre dans le cœur et dans l'esprit par la force et par les menaces, ce n'est pas y mettre la religion, mais la terreur. Commencez par plaindre les incrédules; ils sont assez malheureux. Il ne faudroit les injurier qu'au cas que cela servît; mais cela leur nuit.

Toute la foi consiste en Jésus-Christ et en Adam; et toute la morale, en la concupiscence et en la grace.

V.

Le cœur a ses raisons, que la raison ne connoît pas on le sent en mille manières. Il aime l'être universel naturellement, et soi-même naturellement, selon qu'il s'y adonne; et il se durcit contre l'un et l'autre, à son choix. Vous avez re

II.

Qui blâmera les Chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur croyance, eux qui professent jeté l'un et conservé l'autre : est-ce par raison?

VI.

une religion dont ils ne peuvent rendre raison? Ils déclarent au contraire, en l'exposant aux Gentils, que c'est une sottise, stultitiam, etc.; et puis vous vous plaignez de ce qu'ils ne la prouvent pas? S'ils la prouvoient, ils ne tiendroient pas parole: c'est en manquant de preuves qu'ils ne manquent pas de sens. Oui. Mais encore que cela

Le monde subsiste pour exercer miséricorde et jugement: non pas comme si les hommes y étoient sortant des mains de Dieu, mais comme des ennemis de Dieu, auxquels il donne, par sa grace, assez de lumière pour revenir, s'ils veu

lent le chercher et le suivre : mais pour les punir, s'ils refusent de le chercher et de le suivre. VII.

On a beau dire, il faut avouer que la religion chrétienne a quelque chose d'étonnant! C'est parceque vous y êtes né, dira-t-on; tant s'en faut je me roidis contre par cette raison-là même, de peur que cette prévention ne me suborne. Mais quoique j'y sois né, je ne laisse pas de le trouver ainsi.

VIII.

Il y a deux manières de persuader les vérités de notre religion : l'une par la force de la raison, l'autre par l'autorité de celui qui parle. On ne se sert pas de la dernière, mais de la première. On ne dit pas : Il faut croire cela; car l'Écriture, qui le dit, est divine; mais on dit: Qu'il faut le croire par telle et telle raison, qui sont de foibles arguments, la raison étant flexible à tout.

Ceux qui semblent les plus opposés à la gloire de la religion n'y seront pas inutiles pour les autres. Nous en ferons le premier argument, qu'il ya quelque chose de surnaturel: car un aveuglement de cette sorte n'est pas une chose naturelle; et si leur folie les rend si contraires à leur propre bien, elle servira à en garantir les autres par l'horreur d'un exemple si déplorable et d'une folie si digne de compassion.

IX.

Sans Jésus-Christ, le monde ne subsisteroit pas; car il faudroit, ou qu'il fût détruit, ou qu'il fût comme un enfer.

Le seul qui connoît la nature ne la connoîtrat-il que pour être miserable? le seul qui la connoit sera-t-il le seul malheureux?

Je vois la religion chrétienne fondée sur une religion précédente, et voilà ce que je trouve d'effectif.

Il ne faut pas que l'homme ne voie rien du tout; il ne faut pas aussi qu'il en voie assez pour croire qu'il possède la vérité, mais qu'il en voie assez pour connoître qu'il l'a perdue: car, pour connoître ce qu'on a perdu, il faut voir et ne pas voir; et c'est précisément l'état où est la nature.

Il falloit que la véritable religion enseignât la grandeur et la misère, portât à l'estime et au mépris de soi, et à l'amour, et à la haine.

Je ne parle pas ici des miracles de Moïse, de Jésus-Christ et des apôtres, parcequ'ils ne paroissent pas d'abord convaincants, et que je ne veux mettre ici en évidence que tous les fondements de cette religion chrétienne qui sont indubitables, et qui ne peuvent être mis en doute par quelque personne que ce soit.

X.

La religion est une chose si grande, qu'il est juste que ceux qui ne voudroient pas prendre la peine de la chercher, si elle est obscure, en soient privés. De quoi donc se plaint-on, si elle est telle qu'on puisse la trouver en la cherchant?

L'orgueil contrepèse et emporte toutes les misères. Voilà un étrange monstre, et un égarement bien visible de l'homme. Le voilà tombé de sa place, et il la cherche avec inquiétude.

Après la corruption, il est juste que tous ceux qui sont dans cet état le connoissent ; et ceux qui s'y plaisent, et ceux qui s'y déplaisent. Mais il n'est pas juste que tous voient la rédemption.

Quand on dit que Jésus-Christ n'est pas mort pour tous, vous abusez d'un vice des hommes qui s'appliquent incontinent cette exception: ce qui favorise le désespoir, au lieu de les en détourner pour favoriser l'espérance.

XI.

Les impies, qui s'abandonnent aveuglément à leurs passions sans connoître Dieu et sans se mettre en peine de le chercher, vérifient par eux-mêmes ce fondement de la foi qu'ils combattent, qui est que la nature des hommes est dans la corruption. Et les Juifs, qui combattent si opiniâtrément la religion chrétienne, vérifient encore cet autre fondement de cette même foi qu'ils attaquent : qui est que Jésus-Christ est le véritable Messie, et qu'il est venu racheter les hommes, et les retirer de la corruption et de la misère où ils étoient, tant par l'état où on les voit aujourd'hui, et qui se trouve prédit dans les prophéties, que par ces mêmes prophéties qu'ils portent, et qu'ils conservent inviolablement comme les marques auxquelles on doit re

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