Oeuvres de P. Corneille: avec les commentaires de Voltaire, Volume 8

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A.A. Renouard, 1817 - Drama
 

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Page 81 - Je n'appelle plus Rome un enclos de murailles Que ses proscriptions comblent de funérailles ; Ces murs dont le destin fut autrefois si beau , N'en sont que la prison, ou plutôt le tombeau : Mais , pour revivre ailleurs dans sa première force , Avec les faux Romains elle a fait plein divorce ; Et comme autour de moi j'ai tous ses vrais appuis, Rome n'est plus dans Rome, elle est toute où je suis.
Page 91 - Corneille, dans ses vingt dernières pièces , ne se sert presque jamais du mot propre , ne >parle presque jamais français , et surtout n'est jamais intéressant; et cela, tandis que la langue se perfectionnait sous la plume de tant de beaux génies du grand siècle , tandis que Racine parlait au cœur avec tant de chaleur, de noblesse, d'élégance, et dans un langage si pur.
Page 284 - Et que de votre cœur vos yeux indépendants Triomphent comme moi des troubles du dedans. — Conservez-moi toujours l'estime et l'amitié. C'est le style, c'est la diction qui fait tout dans les scènes où le spectateur est assez tranquille pour réfléchir sur les vers; et encore est-il nécessaire de ne point négliger la diction dans les situations les plus frappantes du théâtre. En un mot, il faut toujours bien écrire.
Page 286 - Pour épargner vos maux j'augmente mon supplice , Je souffre, et c'est pour vous que j'ose m'imposer La gêne de souffrir et de le déguiser. Tout ce que vous sentez , je le sens dans mon âme ; J'ai mêmes déplaisirs, comme j'ai même flamme; J'ai mêmes désespoirs; mais je sais les cacher, Et paraître insensible afin de moins toucher.
Page 45 - L'amour de la vertu n'a jamais d'yeux pour l'âge : Le mérite a toujours des charmes éclatants; Et quiconque peut tout est aimable en tout temps.
Page 190 - Des actions des rois ce téméraire arbitre Dédaigne insolemment ceux qui n'ont que le titre. Jamais d'un roi sans trône il n'eût souffert la loi, Et ce mépris peut-être eût passé jusqu'à moi. Il...
Page 45 - J'aime en Sertorius ce grand art de la guerre Qui soutient un banni contre toute la terre; J'aime en lui ces cheveux tout couverts de lauriers, Ce front qui fait trembler les plus braves guerriers, Ce bras qui semble avoir la victoire en partage.
Page 159 - J'accorde qu'au lieu d'envoyer du poison à Sophonisbe, Massinisse devait soulever les troupes qu'il commandait dans l'armée, s'attaquer à la personne de Scipion, se faire blesser par ses gardes, et tout percé de leurs coups, venir rendre les derniers soupirs aux pieds de cette princesse : c'eût été un amant parfait, mais ce n'eût pas été Massinisse.
Page 72 - Comme le vrai mérite a ses prérogatives, Qui prennent le dessus des haines les plus vives, L'estime et le respect sont de, justes tributs Qu'aux plus fiers ennemis arrachent les vertus...
Page 183 - C'est un grand objet et digne de Corneille; si cet objet n'est pas rempli, c'est en partie la faute du style : c'est cette répétition , m'aimez-vous, seigneur? oui, m'aimezvous encore'? c'est cette imitation du discours de Pauline à Polyeucte : Moi qui, pour en étreindre à jamais les grands nœuds, Ai d'un amour si juste éteint les plus beaux feux. Imitation mauvaise; car le sacrifice que Pauline a fait de son amour pour Sévère est touchant, et le sacrifice de Massinisse, que Sophonisbe a...

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