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10. Avantages de la condition de l'onvrier des cbamps sur celle de l'ouvrier

des villes. Lamartine.....

167

11. L'Evangile est le livre des simples. De Sacy.

168

12. Contre la mollesse. Fénelon...

170

13. La goutte et Franklin. Franklin...

171

14. Impôts que nos vices prélèvent sur nous. Idem. .

176

15. Le vice et ses conséquences funestes. Massillon...

177

16. L'homme, la vigne et le marais, ou le progrès dans le mal. Lamennais.... 178

17. Le faux point d'honneur. Mme de Sévigné...

178

18. Les fausses vocations. J.-J. Rousseau...

180

19. Le bourgeois entèté de noblesse. Molière...

181

20. La manie des petites commodités. La Bruyère.

184

21. Un Persan à Paris. Montesquieu..

185

22. Un repas de mauvais goût an Xvije siècle. Boileau..

185

23. Une leçon de grammaire. Molière.....

189

24. Une leçon de cosmographie. Fontenelle.

191

25. La manie de juger. Racine.

193

26. La manie de plaider. Idem....

198

27. La manie des collections. La Bruyère.

204

28. La ruse aux prises avec l'avarice. Brueys.

207

29. L'avocat malhonnête pris dans ses propres filets. Idem.

212

30. Le duc et le tailleur. Saint-Simon...

215

31, L'observateur mal récompensé. Voltaire...

217

32. Une journée de Mme de Maintenon. Mme de Maintenon..

220

33. Comment on peut être vieux, pauvre, aveugle, et heureux. Lamartine... 224

34. L'homme est fait pour la société. Thiers...

226

35. De la propriété. Idem. ...

227

36. Le travail, base et mesure de la propriété. Idem..

228

37. Progrès de la civilisation par le progrès des sciences. Cuvier.

299

38. Naissance et développement de la civilisation. E. Legouvé.

231

39. La machine à vapeur. V. de Laprade..

232

40. État de la civilisation au XIVe siècle. Voltaire.

233

41. La vitre cassée. Bastiat..

236

42. Rôle des diverses classes dans la société; comment elles s'élèvent et pour-

quoi elles tombent. Thiers......

43. L'homme heureux par la sagesse et l'industrie. De Lavergne..

239

RECUEIL

DE

MORCEAUX CHOISIS

LIVRE PREMIER

DES SENS DIFFÉRENTS DANS LESQUELS LES MOTS

PEUVENT ÊTRE PRIS.

Sens propre ou primitif. Sens dérivé et figuré. La signification PROPRE OU PRIMITIVE des mots est déterminée

par les éléments qui les constituent. Ces éléments sont : le Radical, les PRÉFIXES, les DÉSINENCES.

L'étude de la signification propre des mots forme la partie do la grammaire désignée sous le nom d'Étymologie'.

La construction ou la place et l'arrangement des mots est déterminée à son tour par cette partie de la grammaire désignée sous le nom de Syntaxe.

Mais les mots ne conservent pas toujours et partout leur signification propre et primitive. Les besoins et les mouvements de la pensée, les changements de l'usage les détournent souvent de cette signification première, pour leur prèter, suivant les circonstances où ils sont employés, un sens fort éloigné du sens primitif, bien qu'il soit toujours possible de découvrir les raisons qui ont amené et motivé ces transformations successives.

1. L'étude de la signification des mots d'après les éléments dont ils sont formés est malheureusement une des parties les plus négligées, sinon entièrement oubliées des études grammaticales. Elle est cependant de beaucoup la plus importante, puisqu'elle fournit le moyen le plus efficace de donner de la justesse aux idées, de la rectitude au langage et au jugement, en faisant attacher aux mots le sens exact et précis qui leur appartient. Nous engageons les maîtres et les élèves, pour compléter

explications nécessairement son ires que nous donnons ici, à recourir à l'ouvrage élémentaire où cette matière est traitée explicitement, ct qui a pour titre : Études sur la signification des mots et la propriété de l'expression. Paris, Dezobry, Fu Tandou et Cie,

11€ PARTIE.

Il en est de même de la construction des phrases. Ici encore, l'usage, les besoins de la pensée introduisent des infractions fréquentes aux règles de la syntaxe, et produisent dans le style des tours de phrase et des formes de construction parfaitement légitimes dans la langue, quoiqu'elles se trouvent en opposition avec la lettre des principes de la grammaire.

Il est donc très-important de remarquer et de noter ces formes particulières afin de pouvoir les imiter, en discernant celles qui sont conformes au génie de la langue, de celles qui ne le

sont pas.

Les explications dans lesquelles nous allons entrer ont pour objet de préparer les élèves à faire cette étude et à profiter des observations auxquelles peuvent donner lieu les morceaux qu'ils étudient.

Si vous examinez avec attention les mots suivants : mont, montée, montagne, monticule, montagnard, montueux, monter, montant, monteur, montage, monture, vous ne tardez pas à remarquer que tous ces mots ont la première syllabe commune, mont, et ne diffèrent qu'à cause de leurs diverses désinences. Voilà pour la forme : quant au sens, vous remarquez également qu'ils expriment tous une idée d'élévation, mais que cette idée se modifie dans chacun d'une manière différente suivant les différentes désinences.

Ainsi, mont signifie une élévation sur la surface terrestre ;
Montée, le chemin qu'il faut faire pour gravir cette élévation;
Montagne, un ensemble, une réunion de monts;
Monticule, monceau, un petit mont;
Montagnard, un habitant de la montagne ;
Montueux, qui a des monts, où l'on trouve des monts ;
Monter, l'action de gravir, de s'élever ;
Montant, monteur, celui qui fait cette action;
Monture, ce qui sert à monter; ce sur quoi on est monté.

On voit parfaitement d'après ce rapprochement le rôle que joue le radical et celui que remplissent les désinences. Passons au rôle des préfixes. Examinez de nouveau, dans la famille du radical mont, les mots suivants : monter, Démonter, Remonter, SURMonter, INSURMontable, ULTRAMontain.

Vous voyez ici que la syllabe qui forme le radical est précédée de syllabes de différente nature qui appartiennent toutes à l’es

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pèce de mots appelés prépositions et qu'on nomme préfixes. Chaque préfixe donne un sens particulier au radical. La comparaison de la signification de chacun de ces mots vous donne donc une idée du rôle que jouent les préfixes et du changement de signification qu'elles font subir au radical. La famille de port, porte, mettra ce rôle encore mieux en évidence : porter, Apporter, comporter, Déporter, Emporter, Exporter, importer, opportun, Reporter, Rapporter, Réimporter, supporter, TRANSporler.

Les éléments de la signification des mots sont donc le radical, les désinences et les préfixes.

La signification qui résulte de la valeur de chacun des éléments d'un mot constitue la signification propre et primitive de ce mot. Ainsi le sens propre et primitif de remonter, c'est monter une seconde fois, de nouveau, comme celui de transporter, c'est porter au delà. Déportation, c'est l'acte, le fait de déporter, c'est-à-dire de porter hors, loin de.

Mais, comme nous l'avons dit, les mots ne conservent pas toujours, même sous une forme semblable, la même acception.

Ainsi l'idée exprimée par le mot monter dans monter un cheval, un vaisseau, s'écarte déjà d'une manière assez notable de l'idée attachée à ce mot dans monter une montagne, une côte.

Cet écart est plus grand encore dans monter un seau , sac, où le verbe devient transitif et présente un sens tout à fait différent.

Le verbe monter présentera encore des significations diverses dans chacune des phrases monter une horloge, monter un fusil, monter un magasin, monter une société, une affaire.

Ce sont ces espèces de sens, détournés ainsi de la signification primitive du mot, qu'on appelle SENS DERIVÉS et sens figurés.

Cette dernière appellation est employée de préférence, quand le sens du mot est transporté de l'ordre physique à l'ordre moral ou réciproquement.

Ainsi, le verbe monter, qui exprime une action toute physique dans monter une montagne, un sac, à cheval , est appliqué à une action toute morale dans monter une affaire, monter l'esprit, monter aux honneurs. Il est donc pris dans un sens figure.

On désigne par le nom général de FifURES (formes ) les divers changements de signification ou de construction que le génie de la langue autorise dans les mots.

Les grammairiens et les rhéteurs ont multiplié l'énumération

un

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et la nomenclature de ces figures en leur donnant les noms les plus étranges et les plus pédantesques.

Nous ne parlerons ici que de celles qui jouent un rôle essentiel, et dont on ne pourrait sans inconvénient ignorer le nom.

Nous les réduirons à deux principales, autour desquelles les autres viennent se ranger.

Ce sont la mÉTAPHORE et la MÉTONYMIE.

On appelle métaphore ou transposition la figure au moyen de laquelle on transporte à un mot une signification apppartenant à un autre mot par suite d'une ressemblance entre les deux objets que chacun de ces mots désigne.

1

Ainsi voler exprime le mouvement rapide de l'oiseau au moyen de ses ailes. Quand on dit : les martyrs volaient à la mort, on compare la promptitude avec laquelle ils marchaient au supplice à la rapidité du vol de l'oiseau, et au mot propre marcher on substitue le mot voler, qu'on détourne de sa signification ordinaire, mais qui exprime plus vivement la pensée, puisqu'il la présente sous la forme d'une image.

Toute métaphore repose donc sur une comparaison et la suppose.

Pour que la métaphore soit bonne, il faut que les rapports de ressemblance entre les deux objets soient justes et faciles à saisir.

La métaphore est une des figures fréquemment employées. Il serait difficile d'ouvrir un livre et d'en parcourir une page sans en trouver plusieurs. Voyez seulement celles qu'on rencontre dans les premiers vers de ce recueil :

04

Toi qu'annonce l'aurore, admirable flambeau...
Et qui dans vos diserts a semé la lumière...
Par quel ordre, ô soleil ! viens-tu du sein de l'onde...
Et toi dont le courroux veut engloutir la terre,
Mer terrible, en ton lit, quelle main te resserre?
Pour forcer ta prison, tu fais de vains efforts :
La rage de tes flots expire sur tes bords.

Les changements de sens dans les mots ne sont pas seulement amenés par des rapports fondés sur la comparaison.

On altère encore le sens d'un mot : 1° quand on lui fait signifier le tout pour la partie et réciproquement : une flotte de cent voiles, un détachement de cent lances, Alexandre a soumis l'univers, etc.;

2° Quand on lui fait signifier le contenant pour le contenu, ou le contenu pour le contenant, comme dans les phrases : la ville

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