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22. Les progrès du genre humain par le travail Thiers.......

163

23. Combien il est difficile d'être utile aux hommes. Cuvier..

165

24. Amour du pays natal Bossuet...

166

25. Le retour dans la patrie. Bernardin de Saint-Pierre....

168

26. Même sujet. J.-J. Rousseau..

168

27. La barque de l'émigré. Chaleaubriand.

169

28. La famille. Lamennais.....

169

29. Le retour du petit Savoyard. Guiraud.

170

30. Le père de fainille et la maison incendiée. Goldsmith..

171

31. L'enfance. Delille.....

173

32. La vieillesse. Mme T'astu..

17

33. La fuite du temps. Fénelon......

173

34. L'épreuve. J.-J. Rousseau...

174

35. Nécessité de l'attention, Bossuet..

175

36. Les années d'apprentissage de Franklin. Mignet...

176

37. La main droite et la main gauche. Arnault.

178

38. La hache. Franklin....

179

39. Le renard et les raisins. La Fontaine..

179

40. Le lonp devenu berger. Idem...

180

41. L'åne et ses maitres. Idem...

181

42. Le corridor de la tentation. Voilaire...

182

43. Un jugement de Zadig. Idem....

184

44. Le roi poëte et le courtisan. Mme de Sévigné.

184

45. L'avare magnifique. Molière....

185

46. L'avare volé. Idem. ..

190

47. Le joueur ruiné. Regnard..

191

48. Le distrait. La Bruyère...

194

49. L'inconstant. Collin d'Harleville...

195

50. Le grondeur. Brueys...

197

51. Utilité de l'histoire. Rollin.....

199

52. Baptême de Clovis. Grégoire de Tours.....

200

53. Meurtre de l'évèque Prétextat par la reine Frédégonde. Aug. Thierry..... 201

54. Charlemagne visitant les écoles. Le moine de Suint-Gall....

203

55. Arrivée des croisés devant Jérusalein. Michaud..

204

56. La réception d'un chevalier au moyen âge. Guizot....

205

57. Saint-Louis et la Croisade. Joinville et Mathieu Páris...

206

58. Derniers instants et mort de saint Louis, Chateaubriand

208

59. Prise du roi Jean à la bataille de Poitiers. Henri Martin...

210

60. Jeanne d'Arc suscitée de Dieu pour sauver la France. C. Delavigne.... 211

61. Mort de Jeanne d'Arc. Idem...

62. La vieillesse de Louis XI, à Plessis-iez-Tours. llenri Marlin.....

214

63. Le connétable de Bourbon et Bayard. Fénelon..

64. Naissance et première éducation d'Henri IV. Péréfixe. ...

218

65. Mort d'Henri IV. Idem......

219

66. Le grand Condé à Rocroy: Bossuel..

221

67. Conquête de la Franche-Comté par Louis XIV:Voltaire..

223

68. Mort de Turenne. Mine de Sévigné...

225

69. Grandeur de Louis XIV dans les revers. Villars..

227

70. Une journée de Louis XVI et de sa famille dans la tour du Temple.

Lamartine..

229

71 La bataille de Valmy. Thiers..

231

72 Situation de la France après les batailles d'Arcole et de Rivoli. Idem. 232

73. Impressions de l'armée française en entrant dans la Terre-Sainte. Napoléon. 233

74. Passage du Saint-Bernard pår l'armée française. Thiers....

235

75. Première distribution des croix de la Légion d'honneur à l'armée ani camp

de Boulogne. Idem....

39

DE

MORCEAUX CHOISIS

LIVRE PREMIER

EXPLICATION

DE LA PABLE LE GRILLON' DE FLORIAN AU POINT

DE VUE DU SENS

Le Maître avant de donner la fable à apprendre commence par la lire lui-même, en s'efforçant, par le ton de voix et les inflexions convenables, d'en bien rendre le sens, et de faire ressortir les intentions de l'auteur.

Il la fait ensuite répéter à l'un de ceux qui lisent le plus correctement et dont l'organe est le plus souple et la voix la plus juste. Après cette double lecture, les élèves comprennent de quoi il est question, et ont été frappés des traits les plus saillants.

Il s'agit de reconnaître la justesse de ces premiers aperçus , de les étendre, de les compléter par les explications de détails nécessaires, et de mettre les élèves à même de répéter de vive voix le récit, sans en omettre aucune partie importante.

Le Maitre. Comprenez-vous bien le sujet de la fable qu'on vient de lire ?

L'Élève. Je le crois. - M. De quoi y est-il question ? E. D'un grillon et d'un papillon. Le grillon porte envie au papillon, lorsque arrive une troupe d'enfants qui mettent ce dernier en pièces. Alors le grillon reconnaît qu'il a eu tort de se plaindre de sa condition.

M. Voilà, en effet, à peu près le sujet , mais le sujet dépouillé des traits qui lui donnent sa grâce et son caractère.

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1. Voyez cette fable, p. 19.

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Essayo.s d'en retrouver quelques-uns. Et d'abord tâchons de bien connaitre nos personnages. Qu'est-ce qu'un grillon, car pour le papillon, vous en avez tous vu. Il n'en est peut-être pas de même du grillon pour plusieurs d'entre vous ? - E. Je le connais également, j'en ai vu dans les champs : on en trouve aussi dans les maisons : ils se tiennent près du foyer, et font entendre le soir un petit cri triste et monotone que j'ai bien souvent remarqué. Ceux des maisons sont noirs, ceux des jardins ont le corps d'un beau vert avec des nuances changeantes : on les appelle encore des sergents.

M. Voilà bien le signalement général d'un grillon ; mais il s'agit de celui de notre fable, et il ne faut pas seulement connaître sa robe: il est bon de connaitre aussi son caractère. Vous savez bien que ce n'est pas sur la mine seule qu'il faut juger les gens. Quel est donc le caractère du grillon qui nous occupe ? Vous semblez embarrassé. Il est vrai que l'auteur ne parle pas de son caractère, mais il fait parler et agir le grillon, c'est à nous à le juger d'après ses paroles et ses actes.

Voyons donc ce que fait notre grillon. Nous le trouvons caché dans l'herbe Neurie. Il regarde un papillon qui voltige dans la prairie; il admire l'éclat de ses ailes, la liberté de ses allures, le bonheur de pouvoir courir comme lui de fleurs en fleurs : il lui envie ces avantages. Nous avons donc affaire à un petit grillon sans expérience , oisif, imprudent, vaniteux, et que son inexpérience et sa vanité font bientôt envieux et jaloux. Aussitôt l'envie et la jalousie produisent en lui leurs effets ordinaires. Elles le rendent ingrat et injuste envers la Providence : Dane nature pour lui fit tout, et pour moi rien. Elles déprécient à ses yeux tous les avantages qu'il en a reçus : Je n'ai point de talent , encor moins de figure. Elles aigrissent son orgueil blessé : Nul ne prend garde à moi, l'on m'ignore ici-bas. Elles le rendent enfin profondément malheureux: Autant raudrait n'exister pas. Voilà donc notre petit grillon parfaitement caractérisé et dépeint'. Que se passe-t-il? Survient une troupe d'enfants, et voilà que précisément les avantages que le grillon enviait au papillon, c'est-à-dire l'éclat de ses couleurs, la vivacité de son vol, attirent l'attention de ces enfants, et amènent non pas seu

1. Ces diverses coservations peuvent être proroquées par les questions du maitre, qni doit chercher à les obtenir directement des élèves. Comme cette marche exigerait des développements et un espace que la nature de ce livre nous interdit, nous avons été obligés de les présenter sans interruption, en les mettant dans la bouche du maitre; mais il est facile de voir la place de ces questions et la manière dont il convient de les poser.

M

lement la captivité, mais la mort violente du brillant insecte, Cette catastrophe éclaire enfin le grillon sur l'imprudence de ses désirs; mais si elle lui donne plus de prudence, elle ne détruit pas entièrement les tristes effets de la jalousie qui tarit, dans les cæurs dont elle s'empare, la bunté et la générosité. Le grillon reste insensible à la triste fin du papillon; il ne lui échappe aucun accent de plainte ou de pitié sur sa mort; il ne songe qu'à vivre heureux dans sa retraite profonde. Ainsi l'envie le rendait malheureux, et elle le laisse insensible et égoïste.

Les personnages principaux nous sont maintenant assez bien connus. N'y en a-t-il pas d'autres qui figurent dans la scène que l'auteur nous raconte?

E. Il y a aussi les enfants qui sont épris de la bea' té du papillon, de l'éclat de ses ailes, et qui le poursuivent pour s'en emparer. A l'aide de leurs mouchoirs, de leurs chapeaux, ils parviennent bientôt à l'atteindre. Puis, comme chacun veut l'avoir, ils finissent par le mettre en pièces.

M. La scène à laquelle l'auteur nous fait assister se déroule donc entièrement sous nos yeux. Essayez de la reproduire. E. Nous voyons d'abord le grillon caché sous l'herbe, puis l'imprudent papillon qui voltige étourdiment de fleurs en fleurs, et jouit sans précaution de la liberté que lui donnent ses ailes. Ensuite nous voyons arriver les enfants, nous sommes témoins de leurs courses et de leurs efforts pour s'emparer du brillant insecte dont la beauté attire leurs yeux et excite leur envie. Nous le voyons succomber à leurs attaques et nous assistons à sa douloureuse agonie. Le grillon, quien est témoin avec nous, comprend alors l'avantage de son obscurité qui le met à l'abri d'un semblable malheur, et s'arrange pour vivre heureux dans sa retraite profonde.

M. Est-ce là un récit vrai, c'est-à-dire le récit d'un événement réel et dont l'auteur a été témoin?

E. Non. C'est le récit d'une scène imaginée par l'auteur, et dans laquelle il fait même parler des ètres qui ne sont pas doués de la parole. Ce récit est une fable.

M. Pour quel but l'auteur a-t-il donc écrit le récit de cette action imaginaire?

E. Dans l'intention de nous intéresser et de nous instruire, en nous offrant des descriptions qui nous charment, des scènes qui nous émeuvent, et des personnages dont les actions et les discours nous sont voir ce qu'il faut éviter et ce qu'il faut imiter.

M. Mais puisque ces personnages ne sont pas réels, puisque

ce sont souvent des animaux dénués de raison, et même des êtres inanimés que les fabulistes font agir et parler, comment pouvonsnous en recevoir des leçons et des exemples ?... Cette question vous embarrasse; elle exige quelques explications pour vous mettre à même d'y répondre.

Un fabuliste ou un auteur de fables se propose, comme vous Y'avez fort bien dit, de nous intéresser et de nous instruire en nous montrant par le récit d'actions imaginaires, et par les actions et les discours de personnages fictifs, ce que nous devons imiter et ce que nous devons éviter. Il prête donc à ces personnages fictifs, aux animaux, aux plantes, aux objets inanimés qu'il introduit comme acteurs, des volontés, des actes, des sentiments, des pensées semblables à celles que les créatures raisonnables éprouveraient dans les circonstances où ces acteurs fictifs sont placés.

Il leur fait tirer des faits dont ils sont les acteurs ou les témoins les mêmes conséquences que les créatures raisonnables pourraient elles-mêmes en tirer. Ainsi dans la !able du Loup et de l'Agneau, le loup joue le rôle d'un homme qui abuse de sa force et qui ne consulte que la violence et l'injustice, tandis que l'agneau joue celui d'un homme qui n'a pour sa défense que le bon droit et l'innocence.

Cherchez donc maintenant à découvrir le rôle que remplit de la même manière chacun des personnages introduits par l'auteur de la fable du Grillon, et quels enseignements il nous donne.

Commençons par le papillon. Cuel vous parait être son rôle ?

9. Celui d'un étourdi qui se plait à étaler sa jeunesse et sa beauté, qui jouit imprudemment de la liberté qu'il doit à ses ailes , et qui n'a aucun souci des dangers auxquels il s'expose.

M. Quelles sont les conséquences de cette imprudence, et quel enseignement en résulte-t-il pour nous ?

E. L'éclat de sa beauté et les actez de liberté dont il est si vain attirent précisément les attaques des enfants, et il est mis on pièces par eux. C'est donc un avertissement de ne pas faire étalage des avantages qu'on possède, de peur d'attirer l'envie, et de se voir dépouillé misérablemens.

5. Et quel rôle jouent les enfants qui sont les auteurs de sa perte? Vous paraissez embarrassé? Craign-z-vous donc d’apprécier comme il convient la part qu'ils ont dans ce petit drame? Cette part n'a-t-elle rien de blåmable? examinez bien leur conduite. Ce papillon leur avait-il fait du mal ? leur en faisait-il?

· E. Non.- 11. Dès lors avaient-ils le droit de lui en faire et de l'attaquer ? – E. Non. — M. Ils ont donc été injustes et cruels en

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