Oeuvres de Fontenelle: études sur sa vie et son esprit

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Popular passages

Page 167 - ... du fait; mais enfin nous éviterons le ridicule d'avoir trouvé la cause de ce qui n'est point. Ce malheur arriva si plaisamment sur la fin du siècle passé à quelques savants d'Allemagne, que je ne puis m'empêcher d'en parler ici.
Page 57 - ... à votre réveil dans la même place et dans la même situation à l'égard de toutes les parties du bateau. Oui; mais, répliqua-t-elle, voici une différence ; je trouverais à mon réveil le rivage changé. et cela me ferait bien voir que mon bateau aurait changé de place. Mais il n'en va pas de même de la terre; j'y retrouve toutes choses comme je les avais laissées.
Page 168 - Il en faudrait trouver un qui eût été spectateur de toutes choses, indifférent, et appliqué. Surtout quand on écrit des faits qui ont liaison avec la religion, il est assez difficile que, selon le parti dont on est, on ne donne à une fausse religion des avantages qui ne lui sont point dus ou qu'on ne donne à la vraie de faux avantages dont elle n'a pas besoin. Cependant on devrait être persuadé qu'on ne peut jamais ajouter de la vérité à celle qui est vraie, ni en donner à celles qui...
Page 55 - Les planètes ne tournent plus autour de la terre , et ne l'enferment plus au milieu du cercle qu'elles décrivent. Si elles nous éclairent , c'est en quelque sorte par hasard, et parce qu'elles nous rencontrent en leur chemin. Tout tourne présentement autour du soleil; la terre y tourne elle-même ; et pour la punir du long repos qu'elle s'était attribué , Copernic la charge le plus qu'il peut de tous les mouvemens qu'elle donnait aux planètes et aux cieux.
Page 59 - ... vingt-quatre heures. Ainsi, en vingt-quatre heures, chaque partie de la terre perd le soleil et le recouvre; et, à mesure qu'en tournant, on va vers le côté où est le soleil, il semble qu'il s'élève; et, quand on commence à s'en éloigner, en continuant le tour, il semble qu'il s'abaisse. Cela est assez plaisant, dit-elle; la terre prend tout sur soi, et le soleil ne fait rien; et, quand la lune et les autres...
Page 49 - Phaéton monte, parce qu'il est tiré par des cordes, et qu'un poids plus pesant que lui descend. Ainsi on ne croit plus qu'un corps se remue, s'il n'est tiré, ou plutôt poussé par un autre corps; on ne croit plus qu'il monte ou qu'il descende, si ce n'est par l'effet d'un contrepoids ou d'un ressort; et qui verrait la nature telle qu'elle est, ne verrait que le derrière du théâtre de l'Opéra.
Page 168 - Rullandus fait aussitôt une belle et docte réplique. Un autre grand homme nommé Libavius ramasse tout ce qui avait été dit de la dent, et y ajoute son sentiment particulier. Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu'il fût vrai que la dent était d'or. Quand un orfèvre l'eut examinée, il se trouva que c'était une feuille d'or appliquée à la dent avec beaucoup d'adresse ; mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l'orfèvre.
Page 322 - Sur ce nombre prodigieux d'hommes assez déraisonnables qui naissent en cent ans, la nature en a peut-être deux ou trois douzaines de raisonnables, qu'il faut qu'elle répande par toute la terre ; et vous jugez bien qu'ils ne se trouvent jamais nulle part en assez grande quantité pour y faire une mode de vertu et de droiture.
Page 48 - Sur cela , je me figure toujours que la nature est un grand spectacle , qui ressemble à celui de l'opéra. Du lieu où vous êtes à l'opéra , vous ne voyez pas le théâtre tout-à-fait comme il est : on a disposé les décorations et les machines pour faire de loin un effet agréable, et on cache à votre vue ces roues et ces. contrepoids qui font tous les mouvemens.
Page 68 - Nous voulons juger de tout, et nous sommes toujours dans un mauvais point de vue : nous voulons juger de nous , nous en sommes trop près : nous voulons juger des autres, nous en sommes trop loin.

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