Le principe de la morale

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A. Imer, 1883 - Ethics - 384 pages
 

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Page 115 - La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité, car elle est surnaturelle. Tout l'éclat des grandeurs n'a point de lustre pour les gens qui sont dans les recherches de l'esprit. La grandeur des gens d'esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair.
Page 196 - Aimer un être, pensons-nous, c'est vouloir que cet être soit: l'être que nous aimons, et non pas un autre. Aimer un être libre, c'est vouloir sa liberté. Celui qui veut sa liberté la respecte, et respecter la liberté d'autrui, c'est observer la justice. Ainsi l'amour renferme en soi la justice, et l'amour séparé de la justice n'est pas l'amour, mais autre chose, tantôt le fanatisme, tantôt quelque autre passion.
Page 167 - C'est dans le monde ou je suis placé que je dois agir; je ne subsiste que par mes rapports avec ce monde; pour me connaître, il faut le connaître, et l'observation peut seule m'apprendre à connaître un monde dont elle m'a révélé l'existence. Le caractère le plus général de la somme des phénomènes nous paraît consister dans leur enchaînement. Le monde forme un tout. Pour échapper à l'unité de l'être phénoménal, la pensée conséquente devrait s'affranchir des conditions de l'expérience...
Page 87 - Le savoir m'apparaît non comme un but absolu, mais comme un moyen pour l'édification du monde, dont les dernières raisons et les fins suprêmes sont d'ordre moral. Le fond de tout est à mes yeux volonté; la conscience, le procédé suivant lequel la volonté prend possession d'elle-même ; la perfection de la volonté, la perfection de l'être et le but de la science. Je crois à la primauté de la raison pratique, et je vote librement en faveur de la liberté.
Page 126 - On me dit que, pour me savoir obligé de faire une chose, il faut que j'en aie constaté préalablement la possibilité. Je tiens au contraire que l'obligation étant parfaitement certaine, c'est cette certitude de l'obligation qui me prouve la possibilité (essentielle) de m'y conformer. Qui clora ce débat? Personne. Non, je ne suis pas logiquement obligé de croire au devoir; mais j'y suis tenu moralement. Je l'affirme et je passe 2.
Page 124 - ... pensée aux origines, voyons-nous naître. Et d'abord : je dois, l'obligation pure et simple. Sur ce point, l'humanité s'accorde. Sous tous les cieux, dans tous les âges, nous trouvons l'idée du devoir, la distinction d'un bien et d'un mal, quoiqu'ici l'on appelle bien ce qu'ailleurs on appelle mal. Le devoir, dans l'ignorance de l'objet du devoir, tel est l'état initial , le tout de l'esprit au départ. Le devoir vide et pur, c'est le moi lui-même , c'est-à-dire la première conscience,...
Page 219 - ... une organisation collective destinée à garantir par la contrainte la liberté des individus, en la réduisant à la mesure compatible avec la même liberté chez les autres. Telle est la justice, principe de l'Etat, sa raison d'être, et par conséquent la borne légitime de sa compétence.
Page 129 - Commençons par rechercher la base d'abord expérimentale, puis métaphysique, du devoir de l'individu. Le double fait « expérimental » où la morale de la charité trouve son point d'appui, c'est que nous sommes libres et qu'en même temps nous faisons partie d'un tout. « Liberté, solidarité, c'est à ces deux termes, contradictoires en apparence, que nous réduisons l'ensemble des notions de fait nécessaires pour donner un objet au devoir (1).
Page 127 - L'obligation de le chercher montre seulement qu'il ya plusieurs routes, dont une est la bonne. Mais ce qui apparaît à ma conscience comme devoir, c'est proprement mon essence, ma nature; j'arrive donc à ce résultat, bien étrange et pourtant inévitable, qu'il dépend...
Page 255 - ... poussé à l'extrême et embrassant l'immensité. Pourquoi la volonté de la création, du Tout-un, n'at-elle pas répondu immédiatement à l'amour du créateur par un amour semblable au sien ? — Ignorance, » répond M. Secrétan; voilà ce qui a rendu le mal possible. « Rien de plus naturel que de supposer qu'un esprit créé, c'està-dire posé comme un germe et appelé à se réaliser, à se constituer lui-même, à se donner sa propre nature, ait pu, dans...

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