Mémoire sur d'Alembert par m. Damiron, lu à l'Académie des sciences morales et politiques

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A. Durand, 1854 - 150 pages
 

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Page 63 - ... de qui que ce soit, et même sans trop chercher à se la faire. Comme il ne doit rien qu'à lui-même et à la nature, il ignore la bassesse, le manège, l'art si nécessaire de faire sa cour pour arriver à la fortune. Son...
Page 147 - D'avoir assez de vie ou de persévérance? Et Dieu, qui tient votre âme et vos jours dans sa main, Promet-il à vos vœux de le pouvoir demain? Il est toujours tout juste et tout bon; mais sa grâce Ne descend pas toujours avec même efficace; Après certains moments que perdent nos longueurs, Elle quitte ces traits qui pénètrent les cœurs; Le nôtre s'endurcit, la repousse, l'égaré : Le bras qui la versait en devient plus avare, Et cette sainte ardeur qui doit porter au bien Tombe plus rarement,...
Page 102 - Mais d'Alembert, fidèle à son personnage, lui répond : « Les philosophes doivent être comme les petits enfants; quand ceux-ci ont fait quelque mal, ce n'est jamais eux, c'est le chat qui a tout fait. » — Sur quoi Voltaire répond pour son compte et selon son humeur : « Raton sera toujours prêt à tirer les marrons du feu, il ne craint pas de se brûler les pattes. » Et quant au fond des questions, sur l'âme et sur Dieu, par exemple, Voltaire écrit à D'Alembert...
Page 29 - Odar , par laquelle vous refusez de vous transplanter pour contribuer à l'éducation de mon fils. Philosophe comme vous êtes , je comprends qu'il ne vous coûte rien de mépriser ce qu'on appelle grandeurs et honneurs dans ce monde ; à vos yeux tout cela est peu de chose , et aisément je me range de votre avis.
Page 29 - Votre philosophie est fondée sur l'humanité ; permettez-moi de vous dire que de ne point se prêter à la servir tandis qu'on le peut, c'est manquer son but. Je vous sais trop honnête homme pour attribuer vos refus à la vanité ; je sais que la cause n'en est que l'amour du repos pour cultiver les lettres et l'amitié. Mais à quoi tient-il...
Page 50 - ... je tâche de me persuader que tout ce qui se passe autour de moi me touche, ou du moins m'occupe, je tâche même de le faire croire aux autres par la part apparente que j'y prends; mes amis me croient quelquefois soulagé et...
Page 66 - ... de représentations académiques il affectait de s'habiller, comme tout le monde , avec une perruque à bourse et un nœud de ruban à la Soubise. Ce n'est que dans les lieux où il pouvait se croire moins connu qu'il n'était pas fâché sans doute de se distinguer par un costume particulier, devenu pour ainsi dire le manteau philosophique , manteau qui n'est pas toujours à l'abri du ridicule , mais qui ne laisse pas d'avoir son prix et dont l'usage est même assez commode.
Page 37 - Si cette ressource m'est enlevée, il faut que je songe à m'en procurer d'autres, car il est affreux d'être vieux et pauvre. Si vous pouviez savoir les charges considérables et indispensables, quoique volontaires, qui absorbent la plus grande partie de mon...
Page 21 - Horace , je m'enveloppe de ma vertu ; je ne crains ni n'attends rien de personne; ma conduite et mes écrits parlent pour moi à ceux qui voudront les écouter. Je défie la calomnie, et je la mets à pis faire.
Page 66 - ... prononcée. Il avait les yeux petits, mais le regard vif; la bouche grande, mais son sourire avait de la finesse, de l'amertume et je ne sais quoi d'impérieux. Ce qu'il était le plus aisé de démêler dans l'ensemble de sa figure, c'était l'habitude d'une attention pénétrante, l'originalité naïve d'une humeur moins triste qu'irascible et chagrine. Sa stature était petite et fluette; le son de sa voix si clair, si perçant, qu'on le Soupçonnait beaucoup d'avoir été dispensé par la...

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