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CRITIQUE ET MILITAIRE

DES

GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

LIVRE VITI:

CAMPAGNE DE 1795. -- PREMIÈRE PÉRIODE.

SOMMAIRE.

État de l'Europe et de la France en particulier.- La Prusse, aban

donnant la Hollande à son sort, fait sa paix séparée à Bâle. L'Angleterre décidée à redoubler d'efforts, resserre ses liens avec l'Autriche par le traité du 20 mai, et profite du retour de ses troupes pour s'emparer des colonies hollandaises.-L'Irlande s'agite; les catholiques s’unissent par des associations secrètes.Sortie intempestive et désastre de la flotte de Brest. — Traités de la Jaunais, de la Mabilais et de St.-Florent avec les Vendéens. -Nouvelle composition du comité de salut public; Sieyes y entre, et Aubry remplace Carnot. – Traité de Sieyes avec la république batave. Les Jacobins menacent de reprendre le dessus. Insurrections du 12 germinal et 1er prairial. -- Une agence royale est établie à Paris pour organiser la réaction. Rapport du comité chargé de rédiger une nouvelle constitution. Mort da Dauphin. – Le Régent se fait proclamer roi à Vérone.

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Stagnation des troupes sur le Rhin. Travaux de Kléber devant

Mayence. · Blocus et prise de Luxembourg. Relations de

Pichegru avec les émigrés. Préparatifs en Italie. Les Français tentent une expédition en

Corse; mais leur escadre battue à la hauteur d’Alassio rentre à Toulon. Troubles dans cette ville ; les Impériaux en profitent pour s'emparer de Savone et de la rivière de Gênes. - Kellermann se replię sur la ligne de Borghetto. - Combat paval des

iles d'Hières. ::: Ouverture de la campagne aux frontières d'Espagne; l'armée des

Pyrénées-Orientales, réduite à la défensive par le plan du comité, entreprend ux fourrage sur la Fluvia ; combats qui en résultent. .Celle des Pyrénées-Otçidentales sous Moncey, prend son essor en Nagårié eren Biscaye. —Passage de la Déba. -Combats d'Irursun ct de Salinas --Entrée des Français à Bilbao et à Vittoria.-L'EsCHAPITRE XLV.

pagne signe la paix à Bâle. État de la Vendée depuis la pacification. - Hoche fait arrêter Cor

matin, et les hostilités recommencent en Bretagne. Les Anglais, entraînés par les projets de Puisaye et le désir de faire une diversion favorable à l'Autriche, préparent une expédition contre les côtes de cette province. — Le comte d'Artois envoie le marquis de Rivière pour rétablir la bonne intelligence entre Charette et Stofflet. — Combat naval de Lorient. Les émigrés descendent à Quiberon', où Hoche les détruit; les Chonans sous Tinteniac sont battus et dispersés ; Charette et Stofflet restent dans l'inaction en Vendée, attendant l'issue de l'expédition.

État de l'Europe et de la France en particulier

Paix en Vendée. - Insurrections parisiennes des 8 et 12 germinal. Décrets du 11 avril. Agence royale établie à Paris pour diriger la réaction. Insurrection de la capitale au 1er prairial. Mort du Dauphin.

Discussion de la constitution. Révolte de Toulon.

A L'OUVERTURE de la quatrième campagne, la position relative des puissances belligérantes se trouvait totalement changée. Par la série non interrompue de succès obtenus dans celle de 1794, la république avait tranché de son épée redoutable le noeud de la coalition; et la politique, toujours soumise à la victoire, ne cherchait plus qu'à garantir ceux qui se croyaient exposés à sa vengeance. Telle est , dit Machiavel, la destinée d'une nation qui s'est fait une répu

la guerre; chacun désire son alliance, chacun cherche à éviter les coups qu'elle peut

tation par

lui porter.

Tous les coalisés s'observaient et n'étaient plus retenus que par la fausse honte d'entrer en né

Prusse.

gociation avec un gouvernement que naguères ils juraient de renverser, et pour lequel ils affectaient encore le plus profond mépris.

Enfin le prince qui avait ambitionné le titre d'Agamemnon de la ligue, Frédéric-Guillaume II, secoua le premier le joug de l'opinion : son peuple, il est vrai, condamnait hautement la guerre; mais on ne pouvait présumer que le Souverain, qui arma en 1788 pour assurer au Stathouder des priviléges contestés, lui témoignerait aussi peu d'intérêt dans une circonstance où il s'agissait de son existence même.

En effet, l'invasion de la Hollande qui, un siècle auparavant, produisit une ligue de tous les états pour mettre un frein à la puissance de Louis XIV, et qui de nos jours eût justifié l'alliance de tant d'intérêts opposés, devint au contraire le signal de rupture d'une coalition jusqu'alors contraire aux intérêts de plusieurs nations. Cette rupture aussi difficile à expliquer que l'alliance elle-mêzne, prouva que les cabinets furent bien plus influencés par de petites passions que guidés par les calculs d'une sage politique.

La Prusse se repentit sans doute de s'être engagée dans une guerre où elle n'avait aucun avantage réel en 1792, et qui depuis lors avait pris un caractère tout différent par suite des prétentions de l'Autriche et de l'Angleterre. Mais ce n'était pas une raison de quiller la partie,

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