Études de la nature, Volume 1

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De l'Imprimerie de Monsieur, 1787 - Nature
 

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Page 7 - ... leurs canaux , ainsi que leurs glandes , me paraissaient remplis d'un fluide brillant. Sur d'autres espèces de plantes , ces poils et ces canaux se présentent avec des formes, des couleurs et des fluides différents. Il ya même des glandes qui ressemblent à des bassins ronds, carrés ou rayonnants. Or la nature n'a rien fait en vain. Quand elle dispose un lieu propre à être habité, elle y met des animaux. Elle n'est pas bornée par la petitesse de l'espace.
Page 9 - ... et teinte des plus vives couleurs. Les êtres qui vivent sous leurs riches reflets doivent avoir d'autres idées que nous de la lumière et des autres phénomènes de la nature. Une goutte de rosée, qui filtre dans les tuyaux capillaires et diaphanes d'une plante, leur présente des milliers de jets d'eau; fixée en boule à l'extrémité d'un de ses poils, un océan sans rivage; évaporée dans l'air, une mer aérienne. Ils doivent donc voir les fluides monter au lieu de descendre, se mettre...
Page 5 - Quelque petits que fussent ces objets, ils étaient dignes de mon attention, puisqu'ils avaient mérité celle de la nature. Je n'eusse pu leur refuser une place dans son histoire générale, lorsqu'elle leur en avait donné une dans l'univers. A plus forte raison, si j'eusse écrit l'histoire de mon fraisier, il eût fallu en tenir compte. Les plantes sont les habitations des insectes, et on ne fait point l'histoire d'une ville sans parler de ses habitants.
Page 251 - Ils nous ont représenté ses fleuves vaguant ça et là, ses marais fangeux, les arbres de ses forêts renversés, ses campagnes couvertes de roches, de ronces et d'épines , tous ses chemins rendus impraticables , toutes ses cultures devenues l'effort du génie. J'avoue que ces tableaux , quoique pittoresques , m'ont quelquefois attristé , parce qu'ils me donnaient de la méfiance de l'Auteur de la nature.
Page 8 - Les anthères jaunes des fleurs , suspendues sur des filets blancs, leur présentent de doubles solives d'or en équilibre sur des colonnes plus belles que l'ivoire ; les corolles , des voûtes de rubis et de topaze d'une grandeur incommensurable; les nectaires, des fleuves de sucre; les autres parties de la floraison, des coupes, des urnes, des pavillons, des dômes que l'architecture et l'orfèvrerie des hommes n'ont pas encore imités.
Page 469 - ... et qu'ils* se présentent à «vos yeux; qu'il vous suffise de voir leurs « ouvrages et de les adorer ; et pensez que «c'est de cette façon qu'ils se manifestent aux « hommes : car, entre tous les dieux qui nous «sont si libéraux , il n'y en a pas un qui se «rende visible pour nous distribuer ses fa«veurs ; et...
Page 257 - ... des bords de la mer. Des lianes s'entrelacent dans les cintres de ces voûtes, assurent leurs arcades contre les vents, et les décorent de la manière la plus agréable, en opposant à leurs feuillages d'autres feuillages, et à leur verdure des guirlandes de fleurs brillantes ou de gousses colorées. Si quelque arbre tombe de vétusté, la nature, qui hâte partout la destruction de tous les êtres inutiles, couvre son tronc de capillaires du plus beau vert et d'agarics ondés de jaune, d'aurore...
Page 8 - On peut donc croire, par analogie, qu'il ya des animaux qui paissent sur les feuilles des plantes comme les bestiaux dans nos prairies; qui se couchent à l'ombre de leurs poils imperceptibles, et qui boivent dans leurs glandes, faconnées en soleils, des liqueurs d'or et d'argent.
Page 3 - ... hasard sur ma fenêtre, de petites mouches si jolies, que l'envie me prit de les décrire. Le lendemain j'y en vis d'une autre sorte, que je décrivis encore. J'en observai, pendant trois semaines, trente-sept espèces...
Page 109 - Les riches et les puissants croient qu'on est misérable et hors du monde quand on ne vit pas comme eux ; mais ce sont eux qui , vivant loin de la nature , vivent hors du monde. Ils vous trouveraient, ô éternelle beauté! toujours ancienne et toujours nouvelle ; ô vie pure et bienheureuse de tous ceux qui vivent véritablement, s'ils vous cherchaient seulement au dedans d'eux-mêmes ; si vous étiez un amas...

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