Essai de psychologie: La bête et l'homme

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Didier et cie, 1877 - Psychology - 566 pages

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Page 410 - De façon que cette indifférence que je sens lorsque je ne suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids d'aucune raison, est le plus bas degré de la liberté et fait plutôt paraître un défaut dans la connaissance qu'une perfection dans la volonté; car si je connaissais toujours clairement ce qui est vrai et ce qui est bon, je ne serais jamais en peine de délibérer quel jugement et quel choix je devrais faire ; et ainsi je serais entièrement libre sans jamais...
Page 424 - Les hommes ignorent ce qu'ils peuvent , tant que l'expérience ne leur a pas fait remarquer ce qu'ils font d'après la nature seule. C'est pourquoi ils n'ont jamais fait avec dessein que des choses qu'ils avaient déjà faites sans avoir eu le projet de les faire. Je crois que cette observation se confirmera toujours; et je crois encore que, si elle n'avait pas échappé , on raisonnerait mieux qu'on ne fait.
Page 385 - ... provoque la réaction de la sensibilité, et impose à l'esprit étonné de l'individu une idée qui semble tomber du ciel, car il ne sent en lui-même aucune volonté de la produire. Pour la première fois « l'objet de son intuition lui vient du dehors. » La grande révolution est consommée ; le premier pas est fait vers l'affranchissement du monde. — L'idée est émancipée de la volonté : elle pourra s'opposer à elle dans l'avenir comme une puissance indépendante, et la soumettre à...
Page 495 - ... organes , quoiqu'ils en dépendent toujours, ont cependant des manières d'être affectés et d'agir qui leur sont propres, et qui sont une suite de leur structure particulière; que la médecine est la science des lois par lesquelles cette cause exerce son action, des modifications dont est susceptible son influence sur les différentes parties ou dans les diverses circonstances, et des moyens d'agir, soit sur le système entier des forces, soit sur celles d'un organe particulier, pour maintenir...
Page 519 - En parlant ainsi, je n'indique pas seulement ce qui doit se faire, j'indique ce qui se fait. Il est évident, pour tous ceux qui savent ce qui se passe, qu'un travail de rajeunissement et de rénovation s'opère dans le sein de la philosophie spiritualiste. Elle se rapproche des sciences, dont elle fait une étude de plus en plus attentive et sérieuse, elle réconcilie la psychologie et la physiologie. Elle s'informe de toutes les idées nouvelles, et elle cherche librement à s'en rendre compte....
Page 450 - C'est l'organe ou plutôt l'élément organique qui est l'être véritable, le sujet et la cause de tous les phénomènes biologiques. Nos physiologistes ne comprennent, ne soupçonnent pas autre chose, ne voyant la vie psychique qu'à travers le jeu des organes cérébraux. Mais la conscience proteste contre de telles conclusions.
Page 365 - Le physiologiste ne doit donc pas trop s'arrêter, pour le moment, à ces interprétations ; il lui suffit de savoir que les phénomènes de l'intelligence et de la conscience, quelque inconnus qu'ils soient dans leur essence, quelque extraordinaires qu'ils nous apparaissent, exigent pour se manifester des conditions organiques ou anatomiques, des conditions physiques et chimiques qui sont accessibles à ses investigations, et c'est dans ces limites exactes qu'il circonscrit son domaine.
Page 424 - ... d'elle-même, elle ne les avait assujetties à son empire, subordonnées à son mouvement et transformées en instruments de ses volontés. Nos facultés ne sont donc que des forces naturelles apprivoisées à notre service. Il s'ensuit qu'en soi les facultés et les propriétés sont choses parfaitement identiques, et que la seule différence qui les distingue , c'est que les facultés sont gouvernées par le pouvoir personnel d'un être libre , tandis que les propriétés ne le sont pas. Supprimez...
Page 509 - Telles sont, en effet, les étroites limites de l'entendement humain, que la connoissance des causes premières lui est presque toujours interdite. Le voile épais qui les couvre, enveloppe de ses innombrables replis quiconque tente de le déchirer. , Dans l'étude de la nature, les principes sont, comme l'a observé un philosophe , certains résultats généraux des causes premières , d'où naissent d'innombrables résultats secondaires : l'art de trouver l'enchaînement des premiers avec les seconds,...
Page 76 - Nous avons vu que les muscles recevaient, outre les filets moteurs , des filets sensitifs. Par là existe dans ces organes une sensibilité particulière à laquelle on a donné le nom de sens musculaire, sensibilité qui, permettant d'apprécier jusqu'à un certain point l'énergie des actions musculaires, la portée d'un effort donné, serait nécessaire pour assurer aux mouvements d'ensemble la coordination qui leur est indispensable.

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