Histoire des moralistes & des législateurs

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Page 227 - L'esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu'à en faire trouver aux autres: celui qui sort de votre entretien, content de soi et de son esprit, l'est de vous parfaitement. Les hommes n'aiment point à vous admirer, ils veulent plaire; ils cherchent moins à être instruits, et même réjouis, qu'à être goûtés et applaudis; et le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui.
Page 43 - Religion ) & que les accidens qui adviennent ici , font communs au refte du monde. Chacun appelle barbarie ce qui n'eft pas de fon goût & de fon ufage. Il femble que nous n'avons d'autre bouche de la vérité & de la raifon , que l'exemple des opinions & coutumes du pays où nous fommes. Or il faut s'affranchir de ce préjugé , & fe repréfenter comme en un tableau cette grande image de notre...
Page 258 - Il defcend dans fon propre cœur , pour en étudier tous les mouvemens, & pour connoître par cette étude , tout ce qui eft capable de remuer les autres hommes: car ils conviennent tous dans certaines chofes qui les intéreffent également, quoiqu'ils en faflent différens ufages , & qu'ils fe partagent entr'eux par mille diverlkez, qui ne viennent pas des principes , mais de l'application qu'ils en font.
Page 225 - II n'ya point d'ouvrage fi accompli qui ne fondît tout entier au milieu de la critique, fi fon auteur vouloit en croire tous les cenfeurs , qui ôtent chacun l'endroit qui leur plaît le moins. ^ C'eft une experience faite, que s'il fe trouve dix perfonnes qui effacent d'un livre une expreffion ou un fentiment, l'on en fournit aifément un pareil nombre qui les reclame : ceux-cy s'écrient, pourquoy fupprimer cette penfée?
Page 224 - Un honnête homme fe paye par fes mains de l'application qu'il a à fon devoir par le plaifir qu'il fent à le faire, & fe définterefle fur les éloges, l'eftime & la reconnoiflance qui luy manquent quelquefois.
Page xliii - Grecs étaient instruits à se regarder et à regarder leur famille comme partie d'un plus grand corps, qui était le corps de l'État. Les pères nourrissaient...
Page 8 - Toutesfois il est, certes, malaysé d'y attirer les hommes de mon temps : ils n'ont pas le courage de corriger, parce qu'ils n'ont pas le courage de souffrir à l'estre; et parlent tousiours avec dissimulation en presence les uns des aultres.
Page 224 - ... pour ne les pas trop dédaigner ; le feul bien capable de le tenter eft cette forte de gloire qui devroit naître de la vertu toute pure & toute fimple, mais les hommes ne l'accordent gueres, & il s'en parte.
Page 229 - L'on est né quelquefois avec des mœurs faciles, de la complaisance, et tout le désir de plaire; mais, par les traitements que l'on reçoit de ceux avec qui l'on vit , ou de qui l'on dépend , l'on est bientôt jeté hors de ses mesures , et même de son naturel ; l'on a des chagrins , et une bile que l'on ne se connaissait point ; l'on se voit une autre complexion , l'on est enfin étonné de se trouver dur et épineux.
Page 229 - ... de faire penfer de foi que l'on n'eft que médiocrement fin. La finefle n'eft ni une trop bonne, ni une trop mauvaife qualité : elle flotte entre le vice & la vertu : il n'ya point de rencontre où elle ne puifle , & peut-être où elle ne doive être fuppléée par la prudence. La finefle eft l'occafion prochaine de la fourberie : de l'une à l'autre le pas eft gliflànt.

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