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COMPLÈTES

DE MOLIÈRE

ÉDITION VARIORUM

précédée d'un Précis
DE L'HISTOIRE DU THÉATRE EN FRANCE

*****
DE LA BIOGRAPHIE DE MOLIÈRE RECTIFIÉE

accompagnée des Variantes, Pièces et Fragments de pièces

retrouvés dans ces derniers temps
DE NOTICES HISTORIQUES ET LITTÉRAIRES SUR CHAQUE COMÉDIE
DU RÉSUMÉ DES TRAVAUX CRITIQUES PUBLIÉS SUR MOLIÈRE

PAR VOLTAIRE, LA HARPE, CAILHAVA, AUGER, BAZIN, SAINTE-BEUVE,
SAINT-MARC GIRARDIN, CÉNIN, AIMÉ MARTIN, NISARD, TASCHEREAU, GRIMAREST, PETITOT, E. SOULIÈ

E. FOURNIER, BEFFARA, ETG., ETC.

et de nouvelles Notes

» HAGOS ET COMP., RUS D'ERFURTII

, 1.

PAR CHARLES LOUANDRE

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ÉDITION ORNÉE DU PORTRAIT DE MOLIÈRE

D'APRÈS L'ORIGINÁLE:COYBELO

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PARIS
CHARPENTIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR

QUAI DU LOUVRE, 28

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COMÉDIE-BALLET EN CINQ ACTES,

1664.

YORK BRARY 32

NOTICE.

X ANS ATION

« Cette pièce, dit Bret, fut jouée pour la première fois à Versailles le 8 mai 1664. Elle fit partie des fêtes que Louis XIV donna à la reine sa mère, à Marie-Thérèse son épouse, sous le titre des Plaisirs de l'Ile enchantée'. Ces fêtes célèbres, où l'on & cru voir aussi un hommage secret à mademoiselle de la Vallière, offrirent, pendant sept jours, tout ce que la magnificence et le bon goût du prince, le génie et les talents de tous ceux qui le servoient, pouvoient enfanter de plus merveilleux et de plus varié. L'Italien Vigarani, un des plus ingénieux décorateurs et des plus surprenants machinistes qu’on ait vus; le célèbre Lulli, qui annonça dans cette fête les charmes de sa mélodie; le président de Périgny, chargé des vers consacrés aux éloges des reines ; Benserade, si connu par son double talent de ljer la louange du personnage dramalique avec ceļie de l'acteur Molière enfin, qui fit les hợppeurs de la secontre journée per le Princesse d'Elide, et ceux de la sixième par les trois premiers actes du Tartufé : toui ce la reidiè cette pése mais plus étonnantes que l'Europe ait jamais vues. Přesse par it wraps, Mo. lière

emprunta la fable de; ld Princesse d'Euzde. d'Agosting phoreto, auteur espagnol très-estime; étéé .fús une gólärterie fine de la part de Molière, de présenter'ä' eleux reines, Espagnoles de naissance, l'imitation d'un des meilleurs, ouvrages du théâtre de leur nation. - La pièce de Moreto'est intitulée El desdén con el desdén, dédain pour dédain. »

La plupart des commentateurs, enthousiastes à l'excès, ont dit que Molière était, dans sa copie, bien supérieur à Moreto.

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'Le récit de ces fêtes, rédigé par ordre de Louis XIV, a été reproduit dans quelques éditions de Molière. Quant à vous, nous l'avons écarlé comme un bragage inutile, nous réservant seulemeоt d'en donner ce qui se rattache directemcut à Molière.

M. Viardot émet, non sans cause, un avis tout opposé. Voltaire se montre également sévère. Suivant lui, le genre sérieux et galant n'était point dans le génie de Molière; car, dit-il, « cette espèce de poëme n'ayant ni le plaisant de la comédie , ni les grandes passions de la tragédie, tombe naturellement dans l'insipidité. La Princesse d'Élide réussit beaucoup dans une cour qui ne respiroit que la joie, et qui, au milieu de tant de plaisirs, ne pouvoit critiquer avec sévérité un ouvrage fait à la hâte pour embellir la fête... Mais rarement les ouvrages faits pour des fêtes réussissent-ils au théâtre de Paris. Ceux à qui la fête est donnée sont toujours indulgents; mais le public est toujours sé. vère.» L'extrême précipitation avec laquelle la pièce fut composée peut du reste servir d'excuse à l'auteur. Ce fut plutôt un canevas qu’une véritable cuvre dramatique, et ce qui le prouve, c'est que l'auteur ne put écrire en vers que le premier acte et la première scène du second.

La Princesse d'Élide n'ajouta rien à la gloire de Molière ; mais s'il fallait s'en rapporter à la plupart des commentateurs, elle doit faire date dans sa vie, car elle fut pour sa femme l'occasion des premiers désordres, et l'on sait quelle influence exercèrent sur le génie du poëte les infortunes du mari. Voici ce qu'on lit à ce propos dans le travail de M. Taschereau :

« Mademoiselle Molière', qui, jusque-là chargée seulement de rôles secondaires, n'avait pas encore trouvé l'occasion de faire éclater dans tout leur jour ses grâces attrayantes et son talent aimable, remplissait celui de la princesse. Elle obtint, par la manière dont elle s'en acquitta, les suffrages de tout ce que Versailles renfermait alors de plus brillant, et les jeunes seigiteurs strapressèrent aulourdelle.

Fière de tant d'hommages, langutelie Mole s'endaissa enivrer. Elle s'éprit du comte de Guiche, fils du duc de Grammont,i'koinnelė pius agréable de la cour, et rebutuh: perchuud uudioke tempele conile de Lauzun. Mais, soit froideur natutele, cenne le fait entendre un historien, soit qu'il fût.ocougé par ane uzgtrefjassion; tle: comte de Guiche ne réporidit pas.atx agaitges de maglemoiselle Molière. Celle-ci, fatiguée de soupirer en. fain, se résignæ à écouter Lauzun, qui préludait par les comédiennes pour s'élever bientôt aux filles des rois. Ce commerce dnia.quelque tenips ; mais d'obligeants amis, d'autres disent un amant trompé, l'abbé de Richelieu, en instruisirent Molière. Il demanda une explication à sa femme, qui se tira de cette situation difficile avec tout le talent et tout l'art qu'elle mettait à remplir ses rôles. Elle avoua adroitement son

'Au dix-septième siècle, les femmes mariées, dans la bourgeoisie riche, gardaient, en prenant le nom de leur mari, le titre de mademoiselle. Mademoiselle Molière a toujours la même signification que madame Moliére.

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