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«« pocrisie? — Je veux dire, ce conte que vous avez « fait à votre mari; il était permis, puisque c'était " pour votre défense.

Quel conte? Je vous prie a de savoir que je n'ai jamais fait de conte à mon « mari.

Vous ne me comprenez pas, bien sûr : je dis que c'était une bonne manière d'en sortir, u et honnête, de faire passer votre galant pour une « femme. Qu'est-ce que vous voulez dire, encore « une fois, avec mon galant, et qui est-ce qui a « passé pour une femme ? — Comment! vous voyez

! « bien que votre mari l'a pris pour une femme! —

Qui ? — Mon Dieu ! mais l'homme qu'il a trouvé « avec vous ! Seigneur ! Vous êtes folle à coup « sûr. - Oh! ce jeu-là est insipide, il est blessant.

Et se jouer de mon honneur est encore plus « blessant. Quelle hardiesse admirable! — De la « hardiesse, moi! à moi un tel langage! Oh bien !

je ne reverrai plus votre visage. Lettice, où êtes« vous ? Venez, laissons là cette méchante femme « médisante. - Un mot d'abord, madame, je vous « prie; pourriez-vous jurer que votre mari ne vous « a pas trouvée avec...

Jurer! Oui, que qui« conque est monté dans ma chambre, inconnu, « dans l'obscurité, homme ou femme, je ne le con« nais pas, et par le ciel, et par tout ce qui est « bon; et si je meurs, puissé-je n'avoir jamais une « seule joie dans ce monde ni dans l'autre! Oui, et je veux être éternellement...

Damnée! et vous « l'êtes ; mais vous n'avez plus besoin de vous par« jurer : autant jouer franc jeu.

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0 horrible!

LITT. ANGL.

II - - 32

« horrible avis! Sortons, ne l'entendons pas; viens, « Lettice, elle veut nous corrompre'. » Voilà de la verve, et si j'osais conter les audaces et les véri

ELIZA.

1.

Well, cousin, this, I confess, was reasonable hypocrisy; you were the better for 't.

OLIVIA

What hypocrisy?

ELIZA. Why, this last deceit of your husband was lawful, since in your own defence.

OLIVIA. What deceit? I'd have you to know I never deceived my husband.

ELIZA.

You do not understand me, sure. I say, this was an honest come-off and a good one. But it was a sign your gallant had had enough of your conversation, since he could so dexterously cheat your husband in passing for a woman.

OLIVIA.

What d'ye mean,

once more, with my gallant, and passing for a woman?

ELIZA. What do you mean? You see your husband took him for a woman?

OLIVIA. Whom?

ELIZA.

Heyday! Why, the man he found you with....

OLIVIA. Lord, you rave, sure!

ELIZA.

Why, did not you tell me last night.... Fy, this fooling is so insipid, 'tis offensive.

OLIVIA.
And fooling with my honour will be more offensive....

ELIZA.
O admirable confidence l...

OLIVIA. Confidence, to me! To me such language! Nay, then I'll fications de l'action nocturne, on verrait que Mme Marneffe a une sour et Balzac un devancier.

Il y a un personnage qui montre en abrégé son talent et sa morale, tout composé d'énergie et d'indélicatesse, Manly le plain dealer, si visiblement son favori, que les contemporains ont donné à l'auteur en surnom le nom de son héros. Manly est peint d'après Alceste, et l'énormité des différences mesure la différence des deux mondes et des deux pays'. Il n'est pas gentilhomme de cour, mais capitaine de vaisseau, avec les allures des marins

never see your face again.... Lettice, where are you? Let us be gone from this censorious ill woman.

ELIZA. One word first, pray,

madam. Can you swear that whom your husband found you with....

OLIVIA. Swear! Ay, that whosoever 'twas that stole up, unknown, into my room, when 'twas dark, I know not, whether man or woman, by heavens, by all that's good; or, may I never more have joys here, or the other world. Nay, may I eternally....

ELIZA.

Be damned.... So, so you are damned enough already by your oaths. Yet take this advice with you, in this plain-dealing age : to leave off forswearing yourself....

OLIVIA. O hideous, hideous advice! Let us go out of the hearing of it. She will spoil us, Lettice. (Acte V, scène 1.)

1. Comparez au rôle d'Alceste des tirades comme celle-ci:

Such as you, like common whores and pickpockets, are only dangerous to those you embrace.

Comparez au rôle de Philinte des tirades comme celle-ci :

But, faith, could you think I was a friend to those I hugged, kissed, flattered, bowed to ? When their backs were turned, did not I tell you they were rogues, villains, rascals, whom dispesed and hated ?

du temps, la casaque tachée de goudron et sentant l'eau-de-vie', prompt aux voies de fait et aux jurons sales, appelant les gens chiens et esclaves, et, quand ils lui déplaisent, les jetant à coups de pied dans l'escalier. « Mylord, dit-il à un seigneur avec un « grondement de dogue, les gens de votre espèce sont « comme les prostituées et les filous, dangereux « seulement pour ceux que vous embrassez. » Puis, quand le pauvre hommeessaye de lui parler à l'oreille:

Mylord, tout ce que vous m'avez appris en me «« chuchotant ce que je savais d'avance, c'est que « vous avez l'haleine puante; voilà un secret pour « votre secret'. » Quand il est dans le salon d'Olivia avec « ces perroquets bavards, ces singes, ces échos d'hommes, » il vocifère comme sur son gaillard d'arrière : « Silence, bouffons de foire! » et il les prend au collet. « Pas de caquetage, babouins ! dehors tout de suite, ou bien .... » Et il les met à la porte. Voilà ses façons d'homme sincère. — Il a été ruiné par Olivia qu'il aime et qui le renvoie. La

3

a

1. I shall not have again my alcove smell like a cabin, my chamber perfumed with his tarpaulin Brandenburgh, hear vollies of brandy sighs, enough to make a fog in one's room.

2. My lord, all that you have made me known by your whispering which I knew not before, is that you have a stinking breath. There is a secret for your heart.

Peace, you Bartholomew-fair buffoons!... Why, you impudent, effeminate wretches,... you are in all things so like women, that you may think it in me a kind of cowardice to

beat you.

Begone, I say.... No chattering, baboons, instantly begone,

or...

pauvre Fidelia, déguisée en homme et qu'il prend pour un adolescent timide, vient le trouver pendant qu'il ronge sa colère : « Je puis vous servir, « monsieur; au pis, j'irais mendier ou voler

pour « vous. - Bah! encore des vanteries... Tu dis que tu «« irais mendier pour moi ? — De tout mon cæur, « ( monsieur. - Eh bien ! tu iras faire l'entremetteur « pour moi. - Comment, monsieur ?-Oui, auprès

— , « d'Olivia. Va, flatte, mens, agenouille-toi, promets « n'importe quoi pour me l'avoir. Je ne peux pas « vivre sans l'avoir'. » Et lorsque Fidelia revient lui disant qu'Olivia l'a embrassée, de force, avec un emportement d'amour : « Son amour!... l'amour « d'une prostituée, d'une sorcière! Ah! ah! n'est-ce « pas qu'elle embrasse bien, monsieur ? Bien sûr, je « me figurais que ses lèvres.... Mais je ne dois plus

FIDELIA.

1. I warrant you, sir; for, at worst, I would beg or steal for you.

MANLY.

Nay, more bragging.... You said, you'd beg for me.

FIDELIA.

I did, sir.

MANLY.

Then, you shall beg for me.

FIDELIA.

With all my heart,

sir.

MANLY.

That is, pimp for me.

FIDELIA.

How, sir?

MANLY.

D'ye start.... No more dissembling. Here, I say, you must go use your cunning for me to Olivia.... Go, flatter, lie, kneel, promise anything to get her for me. I cannot live unless I have her.

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