Commentaires sur le théatre de Pierre Corneille, et autres morceaux interessans, &c. &c. &c, Volume 1; Volume 8

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Cramer, 1764
 

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Page 41 - ... d'ailleurs, craignant que, des tacites menaces que vous lui faites, vous ou quelqu'un de vos amis n'en viennent aux effets, qui tireraient des suites ruineuses à l'un et à l'autre, elle m'a commandé de vous écrire que, si vous voulez avoir la continuation de ses bonnes...
Page 247 - Je n'ai qu'un mot à ajouter, c'est que les vers blancs ne coûtent que la peine de les dicter; cela n'est pas plus difficile à faire Qu'une lettre. Si on s'avise de faire des tragédies en vers blancs, et de les jouer sur notre théâtre , la tragédie est perdue. Dès que vous ôtez la difficulté, vous ôtez le mérite.
Page 40 - Tant qu'elle n'a connu dans les écrits des uns et des autres que des contestations d'esprit agréables et des railleries innocentes, je vous avoue qu'elle...
Page 115 - Je sais ce que je vaux, et crois ce qu'on m'en dit. Pour me faire admirer je ne fais point de ligue : J'ai peu de voix pour moi , mais je les ai sans brigue ; Et mon ambition, pour faire plus de bruit, Ne les va point quêter de réduit en réduit ; Mon travail sans appui monte sur le théâtre; Chacun en liberté l'y blâme ou l'idolâtre : Là, sans que mes amis prêchent leurs...
Page 29 - C'était la langue des cours de Vienne, de Bavière, de Bruxelles, de Naples et de Milan : la ligue l'avait introduite en France; et le mariage de Louis XIII avec la fille de Philippe III avait tellement mis l'espagnol à la mode , qu'il était alors presque honteux aux gens de lettres de l'ignorer.
Page 36 - Sentiments de l'Académie sur le Cid, j'ose dire que jamais on ne s'est conduit avec plus de noblesse , de politesse et de prudence, et que jamais on n'a jugé avec plus de goût. Rien n'était plus noble que de rendre justice aux beautés du Cid, malgré la volonté décidée du maître du royaume.
Page 220 - C'est ainsi que s'exprime le goût perfectionné ; et le génie, dénué de ce goût sûr, bronche quelquefois. On ne prétend pas, encore une fois, rien diminuer de l'extrême mérite de Corneille ; mais il faut qu'un commentateur n'ait en vue que la vérité et l'utilité publique.
Page 178 - Corneille, et son siècle , et les beaux arts , quand on voit ce grand homme, négligé à la cour, comparer le sieur de Montauron à l'empereur Auguste. Si pourtant la reconnaissance arracha ce singulier hommage , il faut encore plus en louer Corneille que l'en blâmer] mais on peut toujours l'en plaindre.
Page 68 - Si Rodrigue est mon fils, il faut que l'amour cède, Et qu'une ardeur plus haute à ses flammes succède. Mon honneur est le sien, et le mortel affront Qui tombe sur mon chef rejaillit sur son front.
Page 212 - Oui , si vous n'avez pas reçu des bienfaits de celui que vous vouliez assassiner : mais si , entre les préparatifs du crime et la consommation , il vous a donné les plus grandes marques de faveur, vous avez tort de dire qu'on ne sent des remords qu'au moment de l'assassinat. Un coup n'approche pas ; reconnaître des forfaits n'est pas le mot propre ; en venir aux effets est faible et prosaïque.

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