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SAINT-DENIS, - IMPRIMERIE DE CH. LAMBERT, 17, RUE DE PARIS

LA

CRITIQUE PHILOSOPHIQUE

6772/
POLITIQUE, SCIENTIFIQUE, LITTÉRAIRE

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE

M. RENOUVIER

HUITIÈME ANNÉE

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PARIS
AU BUREAU DE LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE

54, RUE DE Seine, 54

1879

LA CRITIQUE PHILOSOPHIQUE

POLITIQUE, SCIENTIFIQUE, LITTÉRAIRE

LA DÉMISSION DE M. LE MARÉCHAL DE MAC-MAHON. M. le Maréchal de Mac-Mahon, qui n'a cessé de mettre obstacle au fonctionnement régulier de la Constitution, vient de donner sa démission de président de la République. La veille de cet événement, que tout le monde attendait, parce qu'il était devenu inévitable, M. John Lemoine écrivait dans le Journal des Débats les lignes suivantes : « M. le Maréchal, acceptant avec une certaine indifférence tous les changements qui concernaient le personnel civil, n'aurait manifesté de résistance qu'en ce qui regardait le personnel militaire. Il est impossible d'admettre cette distinction, cette sorte de séparation dans la nation. Nous espérons que demain ce sentiment, celui de l'unité nationale, sera compris par les deux Chambres réunies en Congrès, et que, si décidément elles sont mises en demeure de pourvoir à la présidence de la République, elles affirmeront le règne de la loi commune, en nous donnant pour chef de l'État un simple citoyen en habit noir. »

Cette espérance est réalisée. Les deux Chambres, réunies en Congrès, le 30 janvier, ont affirmé le règne de la loi commune, qui ne connaît pas de distinction de classes dans la nation, qui n'admet pas de privilèges en faveur du personnel militaire : ce n'est pas un général qu'elles nous ont donné pour président.

M. le Maréchal de Mac-Mahon se croyait et se donnait une mission et des devoirs spéciaux de chef militaire, qu'il mettait au-dessus de son mandat présidentiel. Il ne voulait pas laisser appliquer la loi de 1873 aux commandants de corps. Il ne voulait pas laisser toucher aux positions de ses « vieux camarades ». Il ne voulait pas laisser gouverner le ministre de la guerre, politiquement responsable. On ne devait pas, disait-il, introduire la politique dans l'armée. Ce réveil subit de volonté. allait à supprimer le gouvernement de cabinet pour une partie importante de l'administration, pour celle dont les actes et les tendances intéressent particulièrement la sécurité politique. Ce n'était rien de moins que la prétention de soustraire l'armée à l'autorité constitutionnelle et légitime, de l'élever au-dessus du Ministère, au-dessus du Parlement, d'en faire une sorte de pouvoir de l'État à côté des autres. Que l'on n'oublie pas cette prétention : elle peut servir d'avertisseCRIT. PHILOS.

VIII – 1

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