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propriétaires, comme chez les fermiers, quant à l'étendue de leurs exploitations Tout en faisant une part très large à ces causes d'erreur, il est toutefois constant que chaque année une grande surface prise sur les montagnes, les marais et les tourbières est mise en valeur, surtout dans les régions les plus agrestes et les agents de l'Inland-Revenue en ont rapporté, pour l'année dernière, de nombreux exemples surtout en ce qui concerne la cloture de terrains montueux ou difficiles, qui devaient, par conséquent, figurer sur leurs rapports. Parfois aussi l'évaluation varie pour un même comté en raison de ce que des exploitations situées sur la limite peuvent figurer une année sur le tableau relatif au comté voisin. Mais sitôt que l'on s'aperçoit de quelque différence au sujet de l'étendue soit du rendement total, soit des emblaves, on pousse la comparaison avec les chiffres de l'année précédente jusqu'à l'examen des données des paroisses.

Si j'en viens au détail des différentes cultures pour la Grande-Bretagne, je remarquerai que la surface destinée au froment en 1880 était de 2,909,000 acres (1,176,981 hectares), soit 19,000 acres (7,687 hectares) de plus que l'année précédente. En 1879, le chiffre était le plus faible que l'on eût encore vu depuis 1867, époque de la première recherche à cet égard. Cette année il est inférieur de près de 591,000 acres (239,118 hectares) à 1870. Les agents déclarent que, dans certains comtés, la douceur de l'automne a conduit à semer davantage de blé, mais beaucoup de fermes non louées ou placées dans un cercle de dépression agricole ont laissé en jachère bien des sols propres à cette culture, ainsi qu'on le va voir. Pour l'orge la diminution est des plus sensible depuis 1879, on en comptait alors 2,667,000 acres (1,079,068 hectares), tandis qu'il n'y en a que 2,467,000 acres (998,148 hectares) pour l'année courante. La qualité inférieure de cette céréale et la difficulté qu'on a eu à la rentrer l'année passée, seraient causes de ce décroissement dans certains endroits, selon les agents ; mais il faut noter cependant que cette

étendue pour la présente année est pleinement égale à la moyenne des dix dernières années,

De l'avoine a été semée sur 2,797,000 acres (1,131,666 hectares), soit 5 p. 100 de plus qu'en 1879 : ce chiffre n'avait été atteint qu'une fois depuis 1869 ; mais les autres denrées destinées au bétail ont subi une notable diminution, ainsi il y a eu 427,000 acres (172,768 hectares) en fèveroles au lieu de 530,000 acres (214,438 hectares) en 1870, et 234,000 acres en pois (94,676 hectares) au lieu de 317,000 acres (128,258 hectares) en 1870. Les importations de maïs qui rivalisent avec ces sortes de récoltes, ont quelque peu diminué l'année dernière, tout en étant cependant doubles de ce qu'elles étaient il y a dix ans. Réunissant toutes les céréales de la Grande-Bretagne, nous trouvons qu'elles occupaient 8,876,000 acres (3,591,229 hectares), ce qui fait 1 p. 100 de diminution sur l'année dernière et 7 p. 100 sur 1870.

Quant aux plantes sarclées, nous rencontrons un accroissement de 10,000 acres (4,046 hectares) pour les pommes de terre, et l'étendue totale 551,000 acres (222,934 hectares) est la même qu'il y a dix ans. Les turneps et les rutabagas ont couvert 2,024,000 acres (818,910 hectares), un peu plus qu'en 1879, mais les betteraves sont de 6 p. 100 au-dessous de l'année passée. Les choux, le colza, etc., de 4 p. 100, et les vesces, la luzerne et autres de plus de 15 p. 100, la surface cette année n'étant que de 380,000 acres (153,748 hectares) ce qui donne pour le total du terrain occupé par les récoltes fourragères 3,477,000 acres (1,406,794 hectares), ou 2 p. 100, de diminution sur le précédent. Cet article a peu varié dans la dernière période décennale, néanmoins les chiffres pour cette année n'avaient pas été aussi réduits depuis 1868. Le chauvre dépasse un peu la moyenne des cinq dernières années, mais les 9,000 acres (3,641 hectares) ne sont cependant que la moitié de ce qu'il y en avait il y a dix ans. Le houblon a occupé 67,000 acres (27,108) à peu près comme en 1879.

De 721,000 acres (291,716 hectares) en Grande-Bretagne, la jachère morte a passé cette année à 812,000 acres (328,535 hectares) plus qu'on n'en avait vu depuis 1870, quand il n'y en avait que 610,000 acres (246,806 hectares). D'après les agents cela viendrait des souffrances de l'agriculture, de la quantité des fermes non louées et exploitées par leurs propriétaires, et, dans quelques districts, du mauvais état du sol.

Le trèfle et les prairies artificielles n'ont presque pas changé; 4,434,000 acres (1,793,996 hectares).

Les prairies et les paturages permanents se sont accrus de 260,000 acres (103,196 hectares) depuis l'année dernière, et montent à 14,427,000 acres (5,837,164 hectares), ou près des 45 centièmes du sol cultivé dans la GrandeBretagne. On doit se rappeler que l'année dernière on a cessé de distinguer ce qui devait être fané, de ce qui était consommé en vert... Il y a toujours cependant quelque confusion entre les prairies permanentes, et les prairies artificielles, particulièrement celles qui restent en vert pendant une partie de la rotation ; il n'y a toutefois aucun doute sur la tendance à convertir le sol arable en prairie depuis quelques années, bien que l'accroissement de près de 2 millions et demi d'acres, 1 million 12,000 hectares) en prairies permanentes depuis 1870, ne soit entièrement da ni à cette cause, ni à la mise en valeur de terrains montagneux ou vagues.

La Grande-Bretagne nous présente de nouveau un accroissement satisfaisant pour les vergers, il y en a cette année 180,000 acres (72,828 hectares), contre 175,000 acres (69,805 hectares) en 1879, et 165,000 acres (66,759 hectares) en 1878. Les marais ont, eux aussi, passé de 41,000 acres (16,588 hectares), à 44,000 acres (17,802 hectares), et les agents signalent une demande toujours plus grande pour les fruits et les légumes, particulièrement dans le voisinage des villes. Toutefois l'inclémence du climat ne permet l'existence de vergers que dans des districts favorisés par la nature.

On a eu cette année l'étendue des bois et plantations, ce qui n'était pas arrivé depuis 1872. Depuis lors de 2,187,000 acres, elle s'est élevée à 2,409,000 acres (de 884,860 hectares à 974,681 hectares), d'environ 10 p. 100. On a éprouvé beaucoup de difficultés à recueillir ces données : après avoir consulté les registres de la paroisse, les listes d'évaluation, etc., etc., on a dů souvent interroger les propriétaires, et bien des fois il y a eu des doutes sur le terrain à comprendre sous ce chef. Néanmoins on pense que les chiffres de cette année sont, en général, exacts.

Passons au cheptel. Il parait y avoir eu une diminution dans les chevaux de labour, attribuée au nombre de fermes non louées, et de même pour les juments portières et les poulains. Du reste le nombre des chevaux s'était accru jus. qu'à l'année dernière où les données ont dépassé toutes celles recueillies depuis 1870. L'importation de l'étranger a été de 26,000 chevaux en 1878, de 15,000 en 1879, et de 6,600 seulement pour les huit premiers mois de cette année. En ce qui regarde les bêtes à cornes, le nombre des vaches laitières a décru d'un peu moins de 1 p. 100, tandis que les autres animaux montrent un accroissement de près de 2 p. 100 les nombres étant de 5,912,000 cette année et de 5,856,000 en 1879. Les moutons ont perdu près d'un million, ce que les agents attribuent aux épizooties, et les agneaux plus d'un demi-million, en partie à cause du pauvre état des mères. L'ensemble des troupeaux n'est plus que de 26,619,000 têtes, ce qui semble bien peu, en regard de l'accroissement des prairies permanentes. On peut remarquer que ces grandes pertes n'ont affecté que l'Angleterre et le pays de Galles, les comtés écossais, à peu d'exceptions près, présentant un petit accroissement en moutons, tandis que les comtés de la frontière anglaise du Nord ont été presque entièrement indemnes. Le nombre des porcs a diminué de 91,000 depuis 1879, et de 483,000 depuis 1878, la concurrence des jambons américains ayant rendu moins profitable l'élevage de cet animal, élevage restreint d'autre part en vertu des règlements sanitaires des grands centres

Examinant à présent les données, fournies par l'Irlande, nous y remarquons des variations analogues à celles que nous avons signalées. La surface cultivée est un peu plus étendue que depuis les deux dernières années ; 15,358,000 acres (6,214,846 hectares) contre 15,336,000 acres (6,204,945 hectares) en 1879, et 15, 345,000 acres (6,208,587 hectares) en 1878. Il est vrai qu'avant 1877, les chiffres accusaient 400,000 acres en plus (161,840 hectares), mais cette réduction est due à l'établissement que l'on fit alors d'une colonne affectée aux « terres incultes et montueuses » lesquelles figuraient avant aux « prairies » parce que les agents y avaient vu quelques bestiaux. Quant aux céréales, il y a peu de changement depuis 1879, l'accroissement de la culture de l'avoine contre-balançant la diminution de celle de l'orge et du froment. La différence est bien plus grande si l'on compare les 2,173,000 acres (879,195 hectares) de 1870, avec les 1,766,000 acres (714,523 hectares) du présent. Les récoltes sarclées sont généralement en décroissance, les pommes de terre occupent 821,000 acres (322,176 hectares), contre 843,000 acres (341,077 hectares) en 1879, et 1,044,000 acres (422,402 hectares) en 1870. Les turneps occupaient 303,000 acres (122,593 hectares), contre 315,000 acres (127,449 hectares), l'année dernière, et l'ensemble de ces récoltes monte à moins d'un million un quart, (505,750 hectares), tandis qu'il montait à un million et demi (606,900 hectares) il y a dix ans. Le chanvre a été cultivé sur 157,000 acres (63,522 hectares) ou 24 p. 100 de plus qu'en 1879. Les prairies artificielles ont un peu faibli, les prairies permanentes un peu haussé, la surface totale est de 10,261,000 acres (4,151,600 hectares).

Pour ce qui regarde le cheptel, la diminution est générale depuis 1879, sauf pour les chevaux et les bêtes à cornes dont le chiffre est égal à celui d'il y a dix ans. Les moutons comptent près d'un demi-million de têtes en moins que l'année passée ce qui n'en donne plus que trois millions et demi ; les porcs aussi ont baissé de 20 p. 100

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