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1874, April 28. Bequest of Hon. Chos. thumnes, a Boston,

ARCEU

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DES EDITEURS.

CE volume renferme des Contes, des

Satires, et un recueil de Poëfies mêlées.

On trouve dans les Contes de M. de Voltaire une poëfie plus brillante, une philofophie auffi vraie, moins naïve, mais plus relevée et plus profonde que dans ceux de la Fontaine. L'auteur de Joconde eft un voluptueux rempli d'efprit et de gaieté, auquel il échappe, comme malgré lui, quelques traits de philofophie: celui de l'Education d'un prince, eft un philofophe qui, pour faire paffer des leçons utiles, a pris un mafque qu'il favait devoir plaire au grand nombre des lecteurs. Dans un moindre nombre d'ouvrages, les sujets font plus variés; ce n'eft pas toujours, comme dans la Fontaine, une femme féduite, ou un mari trompé; la véritable morale y eft plus refpectée; la fourberie, la violation des fermens, n'y font point traitées fi légèrement. La volupté y eft plus décente, et à l'exception d'un petit nombre de pièces échappées

à fa première jeuneffe, le ton du libertinage en eft abfolument banni.

M. de Voltaire a fait des fatires comme Boileau; et comme Boileau, il a peut-être parlé trop fouvent de ses ennemis perfonnels. Mais les ennemis de Boileau n'étaient que ceux du bon goût, et les ennemis de Voltaire furent ceux du genre-humain. L'un fut injufte à l'égard de Quinault auquel il ne pardonna jamais ni la molleffe aimable de fa verfification, ni cette galanterie qui bleffait l'austérité et la jufteffe de fon goût. L'autre fut injufte envers J. J. Rouffeau, mais Rouffeau s'était déclaré l'ennemi des lumières et de la philofophie. Il paraiffait vouloir attirer la perfécution fur les mêmes hommes qui avaient pris fa défense, lorsque lui-même en avait été l'objet. Mais M. de Voltaire fut de bonne foi, ainfi que Boileau. Ils n'ont méconnu, l'un dans Quinault, l'autre dans Rouffeau, que des talens pour lefquels leur caractère et leur esprit ne leur donnaient aucun attrait naturel.

Si M. de Voltaire a pris quelquefois le ton violent et prefque cynique de Juvenal, c'est qu'il avait à punir, comme lui, le vice et l'hypocrifie.

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