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Je reprends Homère, dans le siècle suivant, sous la plume de Fénélon. - Réflexions sur les idées et la prose de Fénélon.

A la fin du dix-huitième siècle, l'abbé Arnaut, lut un jour, à l'Académie française, avec un grand effet, un morceau , sous le titre d'Éloge d'Homère. Viennent déjà ici des caractères, qui marquent le dix-huitième siècle ; et cela fait l'objet de mon commentaire. - J'oppose à un grand littérateur, un autre grand liuérateur ; c'est Laharpe. Différence de leur manière de voir et de sentir.

Sur Socrate , après le morceau de Montaigne, viennent de beaux morceaux de Barthélemy et de Thomas ; et puis le fameux parallèle de Socrate et de Jésus-Christ , dans l'Émile.

Sur Alexandre , après celui de Montaigne, un élégant morceau, où Laharpe a répété Voltaire ; ensuite des morceaux , plus distingués, de Vauvenargues et de Rousseau ; et enfin les deux portraits sublimes, de Bossuet et de Montesquieu.

Mon commentaire, passant successivement des idées aux mots, s'est tellement étendu, que ces trois sujets , avec les textes , m'ont donné un demi-volume.

Je n'en suis encore que là dans ces études , quo j'adresse à l'Académie ; et j'ai encore plus de cinquante beaux portraits à analyser de cette manière. Mais, à mesure que j'avancerai, je n'aurai plus à jeter que de courtes observations; ayant épuisé les points de vue, qui invitaient à de fréquentes discussions.

J'étais tout entier à ce travail, strictement académique , lorsque le dessein m'est venu de publier ce recueil ; ce qui m'a ramené à triturer mes propres ouvrages. Alors j'ai reconnu, que, m'étant une fois appliqué, spécialement, aux portraits historiques ; et en ayant souvent placé, dans mes divers écrits, par le cours des sujets, et sans un dessein exprès ; à l'exemple de plusieurs écrivains , qui auraient pu rassembler les leurs , j'avais aussi une galerie, à produire.

Je me suis fait encore une sorte de poétique ou de rhétorique sur ce genre de composition ; éternel , grand, varié, inépuisable par la matière; et déjà très-remarquable par beaucoup de chefs-d'oeuvre. Mais, ce n'est

pas,

à

propos de mes faibles essais, que je développerai mes réflexions ; elles se placeront plus convenablement dans un discours préliminaire sur ces études du style , dont je viens de parler. C'est là que je tâcherai de tracer une doctrine inspirante, d'après les exemples des grands maîtres, et leurs tons divers.

Les plus riches et les plus éclatans sont Bossuet, La Bruyère, Montesquieu , Thomas; et,

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dans une autre manière, le cardinal de Retz et Fontenelle.

Je ne négligerai pas un grand nombre de beaux morceaux de ce genre, que me fourniront des écrivains plus récens, même parmi ceux que nous possédons encore. Je n'ai jamais conçu qu'on dût être injuste, par d'ingrates omissions, envers ses contemporains.

Je puis dire seulement, à ma justification, que la composition de mes portraits se rapporte au système que j'ai reconnu dans les modèles.

Trois espèces de grands hommes peuvent donner lieu au portrait historique : les sages, les législateurs, les hommes d'état; les rois et les héros; les hommes fameux dans les sciences, les arts , les lettres.

Le portrait historique dans sa perfection , doit être un morceau de verve, qui embrasse beaucoup, en peu d'espace ; il reçoit de l'histoire, les objets ; et de l'éloquence, les tons et les couleurs. Il doit faire ressortir une figure; et ne peut être beau , s'il n'a quelque chose de complet en luimême.

Il peut n'avoir pris le héros que sous un seul aspect; alors il peut être court, sans être moins saillant.

Il est plus grand et plus beau , s'il reproduit dignement tout le héros.

Il peut être oratoire ou ne l'être pas, suivant le sujet; ou la pensée générale , d'après laquelle il est conçu. Il sera différent de ton et de manière , par exemple, sur le grand Frédéric et sur l'auteur de Marc-Aurèle , ou celui du jeune Anacharsis; sur des femmes célèbres, qu'on a connues; ou sur Fénélon et La Bruyère; sur Mirabeau et sur l'empereur Napoléon. Je m'étonne et je m'effraie, surtout,

d'avoir été conduit à lutter encore, en ce point , avec les plus grands maîtres. Mais on bornerait trop les arts, si on n'admettait rien, qui ne s'élevât à cette hauteur. J'ai appris, plus que personne, par mon entreprise, à me placer à une respectueuse distance. Ai-je mérité de paraître quelque chose, après eux? C'est ce que le public va m'apprendre.

J'ai quelques observations à présenter sur les derniers portraits, celui de Malesherbes, et les deux de Napoléon Bonaparte. Je crois plus convenable de les placer, en tête de ces morceaux.

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