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dences, qu'une violente inquiétude pour nos amis ou nos maîtresses, nous aurait fait commettre; ainsi qu'elle le fait des pères aux enfans, du mari à la femme, et réciproquement.

Elle ne vient au secours que des affections, qui sont dans l'ordre des devoirs.

x. C'est un honneur pour ces autres saerifices : ils restent dans les fastes de l'amitié et de l'amour, pour l'enchantement des âmes sensibles et la gloire de l'humanité.

xi. Voici le cas qui réclame le plus toute espèce de protection. Voyez cette jeune victime, que l'on trompe par le mot de devoir; que l'on consterne par celui d'exhédération; que l'on épouvante par celui de malédiction; par la nature , elle est timide; par son éducation, elle ignore jusqu'à ses droits; par sa situation, elle est placée entre deux malheurs, celui de résister et celui d'obéir. Si, de quelque part, il ne lui vient un secours, un appui, un refuge, où est la justice des lois et la bonté des moeurs?

XII. Les fruits de la violence sont le poi son de l'hymen.

XIII. On se rend ses malheurs bien amers, „en les aggravant par ses fautes.

xiv. Le plus beau triomphe d'une mère, est de réunir par leurs vertus, des enfans di-visés

par leurs passions; et de se soumettre leurs cours par le charme de sa tendresse.

xv. Lorsqu'une préférence involontaire vous entraîne vers un de vos enfans, vous avez la plus puissante des raisons d'être encore meilleure aux autres.

xvi. Je désire pour ami le fils, qui n'a jamais résisté aux larmes de sa mère.

xvi. J'honore la jeune personne, pour qui la pensée des larmes de sa mère est une garde sur son cour.

XVIII. Combien nous devons veiller sur les vieux ans de celle, qui passait des nuits; à côté de notre berceau !

xix. Qui doit le plus vénérer, ménager, avec une crainte religieuse, cette vertu maternelle, qui sait triompher de la tendresse maternelle? le fils, qui en est l'objet.

xx. Malheur aux enfans, qui ne savent pas honorer, dans les auteurs de leurs jours, une tendresse , qui se blesse elle-même

par ses refus!

xxi. La nature, violée envers les enfans, ne leur dit plus rien en faveur des pères et mères. C'est une double perversion.

XXII. Ne regardez pas un égarement du coeur, dans des femmes bien nées, comme un lâche oubli de leurs principes, comme un entier abandon de leur dignité.

XXII. Les amours, dans des rangs différens, déplacent les coeurs, sans rapprocher les conditions.

XXIV. Ayons-nous le droit de tourmenter les cours , lorsque nous n'avons pas pouvoir de les changer?

xxv. L'innocence est souvent seule, contre les puissans; mais Dieu est avec elle ; et tôt ou tard, il amène son jour. Telle est la profonde persuasion d'une femme calomniée et opprimée.

XXVI. Nous nous reverrons dans un meilleur monde! C'est là le fond de la religion

le

pour toutes les personnes, douées de la tendresse du cæur; et par conséquent pour les femmes ; leur ôter cette pensée, serait leur arracher le coeur.

xxvir. Otez cette pensée à la vie humaine; et dites-moi ce que deviennent l'amour, l'amitié, la reconnaissance; toutes les affections domestiques, qui sont devoirs et bonheur; la sympathie des belles âmes; le prix des nobles sacrifices; le charme des pieux souvenirs; et ce besoin des explications, des justifications, des réparations, avec tout ce que nous avons aimé et honoré, qui pèse, toute la vie, sur les bonnes consciences.

xxvi. Je parcours de la pensée ceux et celles que j'ai aimés et honorés; et je dis à chacun : Je vous reverrai dans ce meil. leur monde , où j'arriverai, à mon tour; et ce sentiment m'unit encore à eux; et ce sen. timent me persuade que je ne suis pas indigne de cette destinée.

xxix. Une jeune dame était résolue à sacrifier sa passion au désir de ses parens. Ceux-ci, se défiant d'elle , se mettent à persécuter son

amant; alors ce coeur généreux s'exalte dans le sens contraire; et elle dit : Les miens l'oppriment; maintenant tout pour l’amour (*).

Xxx. Une mère, placée entre deux fils, qui, ne se connaissant pas, sont prets à se battre , par une rivalité d'amour, ne balance pas entre un tel malheur et la plus cruelle des humiliations; elle dit : Je vous le fends, au nom de la nature; apprenez le secret d'une femme coupable ; vous ne pouvez vous hair, vous étes des frères (**).

XXXI. L'amour veut qu'on s'engage si bien à lui, qu'il n'y ait plus une résolution contraire de possible.

XXXII. Suivant leurs vues, les foncent quelquefois dans un jeune cour un sentiment qu'il repoussait; et, d'après d'autres vues, ils viennent lui ordonner de l'é

parens en

(*) Situation de mon roman théâtral, intitulé : Le Jeune Malherbe, ou le Fils naturel. Je me propose de publier incessamment cet ouyrage, considérablement corrigé.

(**) Idem.

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