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ques dans ton cæur; tu répètes partout ce nom sacré dans ces pages, qui te renouvellent sans cesse tes injures; dans ces pages, captives comme toi-même; au défaut de la justice des hommes, tu invoques celle du ciel; tu l'honores jusque dans cet oubli de tes maux, que ton désespoir lui reproche. Oh! persévères encore dans ton courage; ce mystère d'iniquité passera de ta prison , dans le sanctuaire de la justice; il sera dévoilé à la France entière ; l'estime publique te reviendra ; elle fera l'éclat de ta vieillesse; et tous les cours sensibles, en te connaissant par tes malheurs, les consoleront par le plus honorable intérêt. Que sais-je? peut-être l'impression qu'ils feront, agira sur les abus, dont tu fus l'une des victimes; et une bienfaisante réforme dans nos lois consacrera ton histoire déplorable.

xvii. Toute affection forte a son exagérațion, avec laquelle elle ne veut pas tromper, mais se soulager elle-même. xvii. La poésie n'est

que

l'illusion naturelle d'une sensibilité exaltée. Tous les malheureux donnent cette couleur à leurs écrits,

parce qu'ils sentent, comme les poëtes imaginent.

xix. Quelle différence entre la conduite de l'homme privé et celle de l'homme public! Un ministre a fait tort à un de ses Jaquais; il répare son erreur. Il a opprimé un citoyen, au mépris de la loi; et il ne veut être comptable de rien.

xx. L'indulgence , qui admet des excuses valables, dans ce cas, est une haute modération dans un opprimé.

XXI. O désolation de la vie! mille événemens nous séparent de ceux que nous aimons. Un sort plus doux nous ramène vers eux; nous ne les retrouvons plus; la mort nous les enlève, pendant que notre cour , vide de consolations, gémit loin d'eux.

XXII. Les hommes ne savent pas rester à un grand degré d'émotion ; et ils sont prêts à croire qu'on les avait surpris, à proportion qu'on les avait touchés.

xxu. Le public se laisse quelquefois prévenir contre un accusé, innocent; on peut ébranler sa foi; mais non corrompre sa con

science; c'est lui seul qu'il aime; il lui revient, à la fin, pour ne plus l'abandonner. Telle est la différence entre les avantages de la calomnie et les droits du malheur.

xxiv. Il faudrait étouffer ces épouvantables histoires, qui diffament le cour humain; comme l'on cache à la vue ces productions de la nature, dont la difformité révolte les

sens.

xxv. Mais lorsqu'une fatale nécessité les a fait éclater, il faut rendre utile la terreur même qui en résulte.

XXVI. C'est souvent dans les bouleversemens publics, que l'empire des lois se raffermit. L'absence de leur protection en fait mieux sentir le besoin, et leur ramène une obéissance plus fidèle.

xxvir. Il en est de même dans les grandes violations des moeurs et des devoirs. Les imaginations, révoltées de l'audace du crime, embrassent plus vivement la touchante beauté de la vertu; et les vives impressions de ce contraste appuient mieux les lois de la morale sur les saintes inspirations de la nature.

xxvii. Les âmes généreuses bénissent leurs infortunes, lorsqu'elles ont été l'occasion d'un soulagement pour d'autres miseres.

xxix. Plus un roi fait le bien sur de moindres prières, plus il est doux à son coeur et glorieux à son règne.

JUGEMENT SUR CETTE AFFAIRE PAR UN ENFANT.

xxx. Mais comment parler, que dire, de la part des accusateurs du comte de.....? C'est ce qu’observait un jour un homme qui, par état, connait les droits du citoyen; et qui connait encore mieux, par son coeur, les sentimens de la nature. « Arrêtez, lui dit » quelqu'un , j'entreprends leur défense. » Vous ! j'en suis fàché; mais enfin qu'avez» vous à dire? - Cet homme était un ban» queroutier frauduleux. - Votre devoir » était de cacher son crime, en payant ses » créanciers; ensuite de le faire évader chez

l'étranger, au lieu de l'arracher de l'asile

» où on l'a pris. Mais où sont vos preuves?

Sa lettre. Elle ne me montre qu'une » chose bizarre et une bonne intention. » Il paraissait emporter de l'argent. - Dès » le moment qu'il a été arrêté, il a prouvé » qu'il n'en emportait pas. .

Les soupçons » demeurent au moins. Au reste, nous ne » prétendons pas l'accuser.

Vous avez » bien fait pis que l'accuser; il s'agit main» tenant de le convaincre. - Il avait déjà » ruiné sa femme. Une femme, ruinée » par son mari, demande sa séparation; » c'est là tout son droit. Mais comment donc » avait-il ruiné sa femme? - Par ses éco» nomies. Ceci est nouveau.

Il écono» misait, pour se faire des fonds à part. » Vous savez donc où sont ces fonds? » Non, c'est une énigme. Quoi! pas le » moindre indice? - Rien n'est plus impé» nétrable. - Dans ce cas-là, je ne vois dans » votre énigme, qu'une imposture sans vrai» semblance. - Quel homme osez-vous » fendre! Un malheureux, dont vous ne » pouvez faire un coupable. - Un menteur, » qui vous a séduit par des faits calomnieux, » par des tableaux romanesques. - De

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