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LE MAGASIN

PITTORESQUE

LES PROPRIÉTAIRES DE CET OUVRAGE SE RÉSERVENT LE DROIT DE TRADUCTION

DANS TOUS LES PAYS QUI ONT TRAITÉ AVEC LA FRANCE.

Paris. — Typographie de J. Best, rue Saint-Maur-Saint-Germain, 15.

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TRENTIÈME ANNÉE.

1862

1

PRIX DU VOLUME BROCHÉ, POUR PARIS. .

6 fr.
POUR LES DÉPARTEMENTS. 7 fr. 50
PRIX DU VOLUME RELIÉ, POUR PARIS.

7 fr. 50
POUR LES DÉPARTEMENTS. 9 fr. 50

PARIS

AUX BUREAUX D'ABONNEMENT ET DE VENTE

29, QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS, 29

MDCCCLXII

LE MAGASIN PITTORESQUE

ASES LECTEURS

31 décembre 1862. » quelques autres des choses qu'ils ignorent (t. ler, p. 216); Me voici arrivé à mon trentième anniversaire. » — chercher å satisfaire les libres exigences de l'imagi

Trente ans ! N'est-il pas merveilleux qu'un pauvre petit » nation sans fatiguer et rebuter la raison...; distinguer recueil comme moi ait déjà traversé, sain et sauf, et avec » dans une infinité de désirs ceux qui sont le plus impébonne envie de continuer à vivre, une si longue suite de » rieux et dont le retour est le plus fréquent; observer avec jours où tant de choses plus grandes et assurément meil » convenance une proportion d'unité dans la variété... leures ont sombré et tristement péri! C'est le privilege du » (préface du t. II, 1834); — aider au développement du roseau : il a plus de chances d'échapper aux tempêtes. Mais » goût et du sentiment du dessin (t. II, p. 2); --- fortifier quand on est, selon le mot de Pascal ('), « un roseau » la volonté de faire le bien; soutenir la foi en Dieu et pensant », on n'est pas plus fier de cet avantage que de » en notre immortalité (passim). >> tout autre, on s'efforce de vivre le mieux possible, et, Ai-je failli à aucun de mes engagements? pour tout nouveau répit que l'on obtient, on se sent de la Ma conscience, du moins, me répond que je me suis apreconnaissance.

pliqué à les tenir de mon mieux, suivant mes forces et les Que ne m'est-il possible de réunir aujourd'hui, comme moyens qui étaient à ma disposition. en une fête de famille, tous ceux que quelque bienveillance J'ai traversé des temps où plus d'une lettre officieuse lie à mon humble destinée ! Mais où sont-ils tous ces m’invitait à faire des concessions au goût ou à la mode du amis inconnus ? on m'assure qu'on en trouve un peu par jour. Dans celle-ci on me reprochait de paraitre par trop tont, bien loin, même au delä des mers. Il faut me con- | indifférent aux passions des « partis »; dans celle-là on tenter de leur envoyer un salut affectueux. Qu'ils soient m'aurait voulu moins sérieux, moins moraliste, moins préheureux, et assez longtemps pour qu'entre nous puisse se occnpé d'instruction et de « conviction spiritualiste »; on faire encore un échange de bons sentiments quand sonnera m'aurait mieux aime" plus léger, plus plaisant ou plus rola cinquantaine! (%)

manesque. J'ai résisté, persuadé que, même si j'avais eu la De jeunes amis m'ont demandé quelquefois le récit de faiblesse de m'y essayer, je n'aurais jamais eu le malheureux mon histoire. A quoi bon? A moins d'en prendre prétexte courage de démentir men caractère, et que, de plus, j'aupour raconter celle des autres, ce qui est assez l'usage, rais été fort maladroit à pareille besogne; c'est une vieille je n'aurais, je crois, rien de bien nouveau ni de bien cu- vérité, qu'on ne fait bien que ce qu'on sent et ce qu'on rieux à dire; on me connaît.

aime. Je suis né d'une bonne pensée. Elle a éclairé mes pre Ajouterai-je, nullement par vanité, mais pour le bon miers pas; elle me guide encore : je marche sous son rayon. exemple, que ma persévérance a été récompensée ; je se

Le but que, dès le commencement, je m'étais proposé rais ingrat si j'élevais la moindre plainte. Les encourageest toujours celui que je cherche à atteindre : jamais mes ments ne m'ont jamais manqué : les uns sont descendus regards ni mon caur ne s'en sont un seul instant dé- de bien haut; des hommes dont la supériorité intellectuelle tournés. Mes anciennes promesses sont écrites ; je ne crains a fait honneur à la France n'ont pas dédaigné de me tépas qu'on les relise :

moigner leur sympathie ou même de m'aider plus d'une « Je voudrais bien, ai-je dit, - plaire à tout le monde, fois de leur collaboration (3); d'autres approbations nom» mais surtout à ceux qui ne peuvent consacrer qu'une breuses, pour m'être venues de foyers lointains, obscurs » humble somme à leurs menus plaisirs; exercer, s'il ou pauvres, ne m'ont pas été les moins précieuses. A qui ► se peut, une influence pareille à celle de l'éducation gé-est-il le plus naturel que je désire plaire, sinon à ceux qui » nérale que les classes de la société riches en loisirs ont la modestie et la bonté de croire que je puis leur etre

doivent à des relations habituelles avec les hommes dis- utile, à titre de distraction ou d'enseignement sans grande

tingués, à des lectures variées, choisies, et aux sou- prétention, et de conseils sincères ? » venirs de voyages (t. Jer, 1833, p. 1); - répandre les Continuons donc, lecteurs fidèles, moi à vous servir, » éléments de conversation qui peuvent le mieux rendre vous à m'être bienveillants. La main qui trace pour moi » insensiblement les communications plus agréables, plus ces lignes est la même qui a écrit, il y a trente ans, mon » faciles, plus intimes entre toutes les classes de la so- titre sur ma première page. Grâce à Dicu, elle ne tremble » ciété (t. Ier, p. 3); — réveiller chez les uns les sou- pas encore, et certainement elle ne m'abandonnera pas tant » venirs des choses qu'ils ont déjà connues, apprendre à qu'elle aura la force de porter le poids léger d'une plume,

ear je sais bien que j'ai toujours été le plus cher et le plus

ED. Cu. (6) « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais doux de ses travaux. c'est un roseau pensant... »

(*) Souhait du recueil, bien entendu, non du rédacteur. Il n'y a pas de vie moyenne pour les livres. Plusieurs recueils périodiques ana (5) Quelques-uns nous ont permis de les nommer. ---Voy. la liste des logues au Magasin pittoresque, fondés à Londres de 1730 à 1740, rédacteurs à la fin de la Table des vingt premières années. Voy, aussi par exemple the Gentleman's Magazine (1731), existent encore et la note du tome XX, 1852, page 34 (la Notice de la page 38 a été se maintiennent dans l'estime publique.

| écrite pour le Magasin pittoresque par M. Biot), et passim.

117SITY 2 NOV 1995

OF OXFORD

LIBRARY

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Saint Augustin et sa mère, peinture d'Ary Scheffer. – Dessin de Chevignard, d'après la gravure de Beaugrand,

éditée par M. Dusacq.

« Peu de temps avant le jour où ma mère devait quitter connaissiez, Seigneur, il arriva, sans doute par l'effet le monde, — jour que nous ignorions et que vous seul de vos secrets desseins, que nous nous trouvâmes seuls, TOME XXX. - JANVIER 1862.

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