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AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR.

Comme on a pu voir dans les additions aux tomes 20 et 21, un journal de Belgique, après avoir loué les trois premiers volumes de cette histoire, a jugé à propos de les attaquer : un journal de France, après avoir loué ces mêmes trois volumes, a jugé à propos de reproduire l'attaque du journal belge. De là un commencement de polémique dont les pièces principales se trouvent réunies dans les deux additions, tirées aussi à part. Pour y mettre un terme, l'auteur prit le parti indiqué dans la lettre suivante.

DÉCLARATION DE L'AUTEUR.

Pour terminer une cause quelconque, il faut avant tout un juge compétent. Le public des journaux n'est point le juge compétent des questions de théologie , surtout quand il ne peut entendre que les accusateurs. En conséquence, pour couper court à des discussions au moins inutiles, nous avons prié l'autorité ecclésiastique dont nous dépendons, et elle a bien voulu nous l'accorder, de faire examiner canoniquement, dans chaque volume de cette histoire, ce qui ne serait pas exactement conforme aux doctrines du Saint-Siége, soit pour le fond, soit pour l'expression. Nous disons, aux doctrines, et à toutes les doctrines du Saint-Siège, non à aucune autre. Tout ce qui ne sera pas trouvé exactement conforme à ces doctrines, nous le corrigerons, et nous ferons connaître à tous les souscripteurs les corrections qui auront été faites.

Nancy, le 30 septembre 1845, fête de saint Jérôme, seizième anniversaire du jour où nous avons mis au net la première page de cette histoire.

ROHRBACHER.

Jusqu'ici , 30 mai 1847, nous n'avons appris aucun résultat défavorable de l'examen demandé et accordé.

D'un autre côté, on nous a communiqué les nouvelles

suivantes de Rome, adressées à M. l'abbé Gridel, professeur de théologie au séminaire de Nancy, par M. le marquis de Narp, que tous les catholiques de France connaissent, aiment et estiment, et qui a bien voulu porter à Rome quelques exemplaires des réponses.

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« Rome , 6 février 1846. » J'ai été également chez le cardinal Maï, et c'est le plus important de tous, car il préside le tribunal de l'Index. Celui-ci m'a reçu d'une manière encore plus affable. Je suis au courant de tout , m'a-t-il dit; les dénonciations m'ont été envoyées , j'ai tout lu et je n'ai rien trouvé qui méritât le moindre blâme dans l'ouvrage du respectable abbé Rohrbacher, que nous vénérons. Dites-lui de ma part qu'il soit bien tranquille , que j'ai écrit å l'évêque de Liége qu'il fallait que toutes ces tracasseries cessassent. Diteslui qu'il prenne bon courage, afin de mettre la dernière main à son ouvrage, dont nous apprécions toute l'importance. Je lirai les nouvelles pièces que vous m'apportez; mais répétez-lui qu'il n'ait aucune inquiétude, et qu'il peut se mettre en relation avec l'évêque de Liége, qu'il trouvera également bien disposé en sa faveur, j'ai lieu de le croire. »

M. le marquis de Narp écrit encore dans une lettre du 16 février 1847 :

« Le cardinal Maï m'a parlé avec le même intérêt du grand et admirable ouvrage de notre cher abbé Rohrbacher. - Je continue à le lire, m'a-t-il dit ; sera-t-il bientôt terminé ? — Je crois qu'il touche à sa fin, ai-je répondu. – Tant mieux, a-t-il ajouté; il ne doit plus éprouver de contrariété maintenant, car j'ai écrit à l'évêque de Liége de faire cesser tout cela et de s'entendre avec lui. Jusqu'à présent, nous n'avons pas trouvé un mot à reprendre ici. - Eminence, m’autorisez-vous à le lui dire ? — Oui; qu'il n'ait aucune inquiétude. — Déjà il avait envie de faire connaître les paroles d'encouragement que votre Eminence m'avait dites en sa faveur. — Il le peut, m'a-t-il dit. »

Telles sont les paroles bienveillantes du cardinal Mar, préfet de la congrégation de l'Index, que nous avons été autorisés à faire connaître.

Dans sa lettre du 6 février 1846, M. le marquis de Narp ajoutait :

« J'ai porté au supérieur général des Jésuites et à son chef des archives les réponses de notre vénérable historien. Ils m'ont témoigné une grande joie d'avoir cet écrit; ils m'ont demandé quelques autres exemplaires et m'ont assuré que M. Rohrbacher comptait parmi eux de nombreux amis ; que l'ouvrage , jusqu'à présent, n'avait pas donné lieu à la moindre observation ; qu'on le trouvait tellement bon et utile , qu'on en faisait journellement la lecture publique dans leurs maisons, et qu'il était devenu classique pour leurs novices. Ils m'ont ajouté que, conformément aux désirs de l'auteur, ils prendraient note des passages qui leur parastraient mériter des observations, et qu'ils me les transmettraient , si le cas avait lieu. »

Jusqu'ici , 30 mai 1847, nous n'avons reçu aucune observation, ni de la compagnie de Jésus, ni d'aucune autre congrégation religieuse ; quoiqu'on nous ait écrit de plusieurs qu'on y lisait publiquement notre histoire, el mème qu'on y priait Dieu de nous donner assez de force pour la terminer : de quoi nous les remercions d'autant plus cordialement que, jusqu'à présent, Dieu a exaucé leurs prières, et que, sur la fin de ce long travail, nous nous portons aussi bien que dans le commencement. Nous espérons que, avec l'aide de Dieu , il sera terminé dans un an ou à peu près.

Nous avons également reçu des témoignages de bienveillance de catholiques d'Irlande et d'Angleterre. Dans ce moment-ci même, l'abbé Kirwan Browne, ministre anglican converti, commence la publication d'une traduction anglaise de celte histoire, à Saint-Hélier, ile de Jersey.

Mais si d'autres ne nous ont pas indiqué de rectification importante à faire, nous en avons découvert une nous-mêmes. Elle se trouve dans le présent volume, pages 483 et suivantes, et concerne le système philosophique de Descartes sur la certitude. D'après les explications authentiques de ce philosophe, que nous avons rencontrées dans ses ouvrages , son système se concilie très-bien avec celui d'Aristote et avec celui de tout le monde catholique, et il nous semble qu'il n'y a plus de quoi se disputer. Nancy, le 30 mai , fête de la très-sainte Trinité 1847.

L'AUTEUR.

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