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27 avril 1832, avec Joseph-Hippolyte de Sarcé, dont : Pierre cité plus haut, né à Tours, le 16 février 1853, et marié le 14 septembre 1874, à sa cousine Delphine de la Béraudière.

X***.

LES TREIZE PAUVRES D'AMBOISE

Une singulière coutume, remontant sans doute à quelque fondation pieuse d'un seigneur d'Amboise, existait encore au château en 1779, sous le nom d'Établissement des treize pauvres, ainsi que nous l'apprend l'auteur anonyme d'un petit manuscrit de 1779 intitulé : Les Lutins du roi Hugon, qui appartient à la ville.

Ce manuscrit nous raconte qu'en cette année 1779, le peuple voulant prévenir l'abolition dont cette coutume semblait menacée, – soit que la disette des vivres empêchât de réunir les pauvres pendant quelques années, soit que les personnes désignées pour recevoir l'argent de cette fondation eussent envie de le « convertir » à leur profit, il n'y eut point de nomination le peuple, dis-je, murmura et, par des prédictions fàcheuses, annonça la vengeance que Dieu tirerait de cette infraction.

Voici comment se manifesta cette vengeance : les habitants du château trouvèrent, sous les voûtes par lesquelles ils devaient passer pour se rendre en ville, divers menus objets qu'on avait l'habitude de distribuer aux pauvres, tels que oignons, aiguilles enfilées, petits couteaux, etc., qui y avaient été déposés de nuit, sans qu'on pût savoir par qui et malgré que les portes eussent été fermées. L'ignorance populaire attribua ce fait à des Génies auxquels les caves du roi Hugon servaient de retraite. Les habitants du château n'ayant pas tenu compte de ces inoffensives manifestations, les lutins s'enhardirent et, malgré la fermeture des portes, pénétrèrent de nuit dans le château et, là, les diables et diablotins du roi Hugon se dispersèrent en différents endroits. Les uns poussaient des gémissements et des cris affreux, les autres traînaient des chaines et, sous divers déguisements, répandaient partout l'épouvante. Les lutineries devinrent si fréquentes que le château parut devoir être bientôt inhabitable, aussi rétablit-on les treize pauvres. Aussitôt le roi Hugon et ses cohortes rentrèrent dans leurs cavernes pour n'en plus sortir.

Antérieurement à 1779, et jusqu'en 1790, la cérémonie paraît s'être continuée au château ; mais depuis lors, jusqu'en 1793, c'est à Amboise même qu'elle eut lieu, et le duc de Penthièvre donnait, à cet effet, une subvention dont la dernière (1793) s'élevait à 522 livres 18 sols 6 derniers, versés à la ville le 24 nivôse an II, par

le citoyen Boureau, notaire du prince et, en même temps, secrétaire de la commune.

Voici en quoi la cérémonie consistait à cette époque : chaque année, la municipalité désignait treize pauvres qui, le jeudi-saint, se rendaient à la maison commune où les officiers municipaux et le maire les revêtaient chacun d'un habit neuf en drap blanc d'Amboise, puis, dit la délibération du 21 avril 1790, «les dits treize « pauvres habillés, sommes partis avec eux, accompa

gnés d'un détachement de la garde nationale (pour

l'église Saint-Florentin) où la cérémonie du lavement « des pieds a été faite, et, après avoir assisté au ser« vice, sommes avec eux et M. le curé de ladite paroisse

transportés en la maison des ci-devant Minimes où le « repas a été servi, suivant l'usage ».

La Nation, en confisquant les biens du duc de Penthièvre, abolit du même coup l'allocation et la cérémonie; on regrette ces antiques coutumes qui, par leur saveur naïve, donnaient tant de charme à nos anciennes provinces. Quant auxcaves du roi Hugon, elles se trouvent sur le versant méridional du coteau du Châtelier, près

(C

des anciens fossés du château. Vainement j'ai recherché l'origine de leur nom conservé encore de nos jours; je sais seulement que, vers 1780, elles dépendaient du château et que le duc de Choiseul les vendit à une jeune fille, moyennant, dit-on, le paiement en nature de deux poules absolument blanches.

Puisqu'il est question de l'histoire d'Amboise au XVII° siècle, on me permettra d'apporter un nouveau document.

Au cours de mes recherches dans les registres d'Amboise, j'ai rencontré l'acte de baptême de L..-C. de SaintMartin, dit le philosophe inconnu. Bien qu'il n'ait pas de lien avec notre sujet, je le donne ici à cause de son caractère inédit.

1743. PAROISSE DE SAINT-FLORENTIN

Le dix-neufvième jour de janvier mil sept-cent-quarante-trois a été baptisé Louis Claude, du jour d'hier, fils de M" Claude François de Saint-Martin, sieur de la Burie et du Buyson et de dame Louise Tournier, sa légitime épouse, et a été parrain M. Claude Rocherot, conseiller du roy et son procureur aur eaux et forests d'Amboise et Montrichard, la marraine, dame Françoise Oudin, épouse de M° Claude Javelle, procureur du roy au grenier à sel de cette ville, le père cy présent soussignez.

Suivent les signatures : Françoise Oudin; Rocherot; Saint-Martin; Boisgauthier, curé.

A. GABEAU.

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CRYPTE PRÉHISTORIQUE DE MANTHELAN 1 Roches avec l'emplacement de la crypte, à droite, - 2 Crine et fragments de machoires, retirés de l'ossuaire.

· Objets en os trouvés dans la crypte. - A Instruments en silex, même provenance.

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