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- Compte rendu du Congrès archéologique tenu à Abbeville en 1893; – Romania (janvier 1897); Bulletin du Musée municipal de Châteauroux ; - Bulletin de la Société Dunoise ; Annal report of the board of regents of the smithsonian institution ; Bulletin de la Société archéologique de Touraine, premier trimestre de 1897, consacré au Centenaire de Descartes.

Après la lecture du procès-verbal de la dernière séance, M. l'abbé Bossebæuf rappelle que M. Louis de Grandmaison, dans sa communication relative au tombeau des Poncher, en parlant de Guillaume Chaleneau, faisait remarquer que son nom était jusqu'à ce jour absolument inconnu. – M. l'abbé Bossebeuf croit, au contraire, qu'il pourrait bien s'agir de l'artiste Chalençon, dont parle M. Giraudet. M. de Grandmaison père, présent à la séance, répond qu'en rapprochant les dates des deux noms précités, la confusion est impossible.

Correspondance. — Lettre de M. Yvonneau remerciant de son admission comme membre correspondant. - Lettre de M. Girou, curé de Hommes, envoyant à M. le président un travail par lui fait d'après les Registres de l'église paroissiale de Saint-Martin de Hommes aux XVII° et XVIIIe siècles. - Lettre de M. Becq-Rouger oftrant à la Société quelques vieilles poteries trouvées dans les travaux de l'égout. -- Lettre de M. le directeur du Nordiska museet de Stockholm, demandant l'échange de ses publications avec celles de la Société. -- Lettre de M. de la Vallière, de Blois, qui sera insérée à la suite du procès-verbal. – Lettre de M.de Lépinaist signalant à l'attention de la Société : une bague en cuivre portant inscription du xvie siècle ; une très belle cheminée en bois sculpté, sise boulevard Béranger, 58, chez. Mme veuve Brottier; une grille en fer forgé, avec colonne, sise chez son fils, 33, rue du Grand-Marché. -- Lettre de M. Boissière, professeur du lycée de Niort, agrégé de l'Université, qui, préparant actuellement sa thèse de doctorat sur Urbain Chevreau, promet à la Société de lui en envoyer un exemplaire, si celle-ci veut bien lui faire parvenir le fascicule de notre Bulletin consacré à Descartes, ce qui est accordé.

M. Faye, vice-président, rend compte de la réunion des délégués des différentes Sociétés locales au sujet de la statue à élever à Alfred de Vigny. M. Léon Séché a demandé aux délégués de former un Comité local à l'instar du Comité parisien ; ce Comité devra demander le concours moral d'abord, puis pécuniaire, des Sociétés tourangelles.

On a procédé alors à l'élection des membres du bureau de ce Comité. A l'unanimité, M. Maurice, président du Tribunal civil, président de l'Alliance Française, a été nommé président.

M. Faye, avocat, vice-président de la Société archéologique de Touraine, a été nommé vice-président.

M. Henri Guerlin, délégué de la Société d'Agriculture, Arts, Sciences et Belles-Lettres du département d'Indre-et-Loire, a été nommé secrétaire.

M. Germain, banquier, délégué de l'Alliance Française, a été nommé trésorier.

Il a été convenu qu'une liste de souscriptions circulerait dans chaque Société et que le total de la liste serait versé comme représentant la souscription de la Société. — Des remerciements sont votés à M. Faye et une liste de souscriptions est immédiatement mise en circulation, portant toutefois mention que les sommes ne seront exigibles que lorsque le projet de M. Léon Séché aura reçu un commencement d'exécution.

A l'occasion de la découverte récente d'un temple galloromain, faite à Yzeures, près du confluent de la Creuse et de la Gartempe, M. Charles de Grandmaison croit devoir rappeler à la Société, qu'il y a près de quarante ans, au printemps de 1859, la Société archéologique fit faire à ses frais, à l'autre extrémité du département, dans le parc du château de Candes, des fouilles dont elle voulut bien lui confier la direction.

Le propriétaire du château, M. Cailleau, avait antérieurement trouvé, à diverses reprises, de grosses pierres sculptées et non sculptées, des fragments de colonnes de grandes dimensions, quantité de tuiles à rebord, et même des poteries romaines et monnaies impériales. Les fouilles qu'il voulut bien autoriser dans son parc mirent au jour près de cinquante mètres de murailles en grande partie rasées et recouvertes par la terre tombée du haut coteau.

Elles étaient en petit appareil assez régulier, avec cordons de briques et accompagnées de plusieurs portions de fûts de colonnes, el gros blocs de pierre, sculptés et non sculptés, mais sans aucune inscription.

Ja disposition des parties de murailles découvertes et la grande dimension des blocs et des fragments de colonne amenèrent M. de Grandmaison à penser qu'on avait là un temple avec son enceinte extérieure, le tout placé à mi-coteau, au point où la Vienne se jette dans la Loire, en face des riches plaines du Verron et de Bourgueil. On sait combien les romains affectionnaient pour leurs temples les situations pareilles et, sans chercher d'autres exemples, il suffira de nommer le temple de Rome el d'Auguste, à Lyon, au confluent du Rhône et de la Saône. D'ailleurs, Grégoire de Tours dit formellement (Lib. X. c. 31), que saint Martin fonda l'église de Candes après avoir renversé le temple des faux-dieux qui s'y trouvait.

Malgré l'importance des résultats obtenus, les fouilles furent abandonnées, faute des fonds assez considérables qu'elles auraient exigés, et aussi parce qu'il aurait fallu saccager le parc de M. Cailleau.

Mais comme ces fouilles peuvent être reprises un jour, et qu'il ne reste plus trace de celles opérées sous la direction de M. de Grandmaison, celui-ci propose à la Société de reproduire dans notre Bulletin, avec une note explicative, un plan des travaux exécutés en 1859, qu'il a levé à cette époque, et qui, malgré son imperfection, pourra éviter aux archéologues futurs bien des tâtonnements et des sondages infructueux, el en même temps établira la part qui revient à la Société dans cette trouvaille appelée peut-être à donner plus tard des résultats considérables.

Cette proposition est adoptée à l'unanimité.

M. Alfred Gabeau, d'Amboise, lit un rapport dans lequel il donne connaissance à la Société de la découverte que M. l'abbé Bossebæuf, notre président, et lui viennent de faire.

Nos deux collègues s'étant présentés, le 27 mars dernier, pour visiter l'ancien couvent des Cordeliers, à Amboise, qui appartient aujourd'hui à M. Dutilleul, le jardinier les conduisit au bâtiment appelé la Madeleine, qui passe, d'après la tradition, pour avoir été la première chapelle des moines. En examinant les murs, nos collègues ne furent pas peu surpris d'entrevoir dans un éraillement d'enduit, récemnient détaché, des jambages de lettres gothiques et des traces de peintures murales. En découvrir quelques centimètres de plus, pour voir si la décoration se continuait, fut l'affaire d'un instant, et ils eurent la satisfaction de se convaincre que l'épaisse couche de mortier leur ménageait une surprise plus grande.

M. Dutilleul fut sollicité par M. le président de permettre qu'on poussât plus loin les recherches, autorisation qui fut accordée à nos collègues. Le surlendemain, ils se mirent donc en devoir de faire tomber le reste de l'enduit et ils eurent la bonne fortune de mettre au jour environ neuf mètres de peintures murales du xv° siècle, du plus grand intérêl.

Dans son rapport, M. Gabeau nous dit que, bien qu'aucun document ne fixe d'une façon certaine l'origine d'un bâtiment, dont l'utilisation n'est connue que depuis 1554, il est porté à penser, d'accord en cela avec la tradition, que l'édifice qui ne formait, du sol au sommet, qu'une vaste salle voûtée en bois et porte des traces de peintures jusqu'au faîte, était bien l'une des anciennes églises du couvent, et que les peintures récemment découvertes peuvent être attribuées avec probabi

lité à l'un des moines Cordeliers, qui avait voulu peindre le vice et la sagesse en les mettant en opposition l'un à l'autre.

Notre collègue donne de ces peintures une description détaillée que nous résumons en quelques lignes; elles se composent d'une litre supérieure de 0m 35 de largeur courant horizontalement sous les solives et formant encadrement, puis d'une seconde litre de om,52 dans laquelle des carrés, placés comme des losanges et imitant des mosaïques, alternent avec les médaillons quadrilobés, au centre desquels sont, tantôt des blasons aux riches couleurs et tantòl des sirènes et des centauresses jouant d'instrument de musique divers, et que le peintre s'est efforcé de rendre séduisantes; au dessous, après avoir pris le soin d'écrire leurs noms, pour qu'on ne s'y méprenne pas, des sages et des philosophes de l'antiquité, sur les vêtements desquels ondulent des banderoles couvertes de maximes et de sentences. Ce sont : Julius, Thobie, Socrate, Senèque et Ypocrate.

Il signale également, dans le réfectoire du même couvent, des peintures murales du xviie siècle, qui étaient recouvertes d'une épaisse couche de blanc de chaux: ce sont deux grandes bordures ovales, imitant des cadres de bois doré. Dans la première, est le portrait, sans doute, d'un cardinal, car il est vêtu de rouge, et, dans la seconde, la tête d'un mort ou d'un mourant, couchée par le travers de l'ovale, et qui est appuyée sur un coussin. M. Gabeau suppose, en outre, que d'autres portraits de ce genre peuvent exister autour de la vaste salle, mais que des casiers qui couvrent les murs, sur les trois autres côtés, empêchent, pour l'instant, de vérifier le fait.

Sur l'initiative de nos collègues, la Société émet le veu que M. Dutilleul veuille bien se pénétrer de l'opportunité qu'il y aurait à assurer la conservation de ces anciennes peintures, si rares aujourd'hui, surtout dans notre contrée, et qui présentent une cuvre décorative presque unique en France, à autoriser l'enlèvement d'une portion de cloison qui les divise et qui, en faisant ombre, empêche de les apprécier dans leur ensemble comme elles méritent de l'être.

M. A. Gabeau donne ensuite lecture d'un second rapport sur neuf morceaux de peintures sur toile, trouvés sous la vieille tenture en papier de la salle des délibérations de la mairie de Chargé.

Notre collègue décrit ces panneaux qui sont de grands paysages décoratifs, faits rapidement, animés de personnages et d'animaux ; il nous dit que si le dessin n'est point d'une correction absolue, ils sont bien composés, les lointains bien fuyants, les couleurs harmonieuses, qu'en un mot l'aspect est agréable, et que, ce qui leur donne un intérêt particulier, c'est qu'ils sont l'euvre d'un artiste amboisien qui les a signés: « Guérize, François, fils, d'Amboise, 1788 ».

M. Gabeau a recherché aux actes de l'état-civil d'Amboise et a trouvé l'acte de décès de l'artiste, le voici : « Guérize, François, peintre, décédé à Amboise le 23 frimaire an Xu, à 10 heures du soir, à l'hospice civil, âgé de cinquante ans, fils de François Guérize, aussi peintre, et de Marie Fleury »; il était né à Amboise le 31 mars 1754.

M. A. Gabeau informe la Société que le catalogue de la bibliothèque Pichon, dont la vente aura lieu du 3 ali 13 mai 1897, renferme une plaquelle qui intéresse tout particulièrement la Touraine.

Il s'agit d'un tournoi donné à Amboise à l'occasion de la naissance de François, dauphin de France (1518, n. s.). Elle renferme les noms des gentilshommes qui prirent part au tournoi.

Cette plaquette rarissime de quatre feuillets in-8, goh. porte pour titre :

« Sensuyt les noms et les surnoms des nobles hômes cheva« liers et escuyers qui ont touché aux trois emprinses de ces « psentes Joustes et tournay qui se sont tinses en cette ville « Damboyse le premier jour de May ». L'an mil cinq cens et « dix-huit. Pour la resioussance nativité et bienvenue de Mosei« gneur le Dauphin. »

M. Gabeau émet le veu de voir acheter cette plaquette par la bibliothèque municipale de Tours.

M. de Grandmaison demande que la Société fasse photographier ou prendre des relevés des peintures qui se trouvent dans la chapelle du Cloître, derrière la Cathédrale. Il est décidé qu'une démarche sera faite dans ce but près de Mer l'Archevêque.

A propos de Valençay, M. le capitaine Bonnery raconte que pendant le séjour de Ferdinand VII, relégué avec les Infants d'Espagne, de 1808 à 1814, au château de Valençay, arrosé par le Nahon (Indre), ses partisans continuèrent de frapper des monnaies en son souvenir, alors niême que Joseph Bonaparte, roi d'Espagne, frappait de son côté des monnaies à son effigie personnelle.

Cette pièce de cinq pesetas, poids 26 gr. 50, diamètre 0,04, rappelle dans sa frappe les pièces contorniates par une ligne incuse sur ses deux faces; le flanc est formé d'une couronne de feuilles enveloppant les bords.

A l'avers : l'Ecu à cinq pals qui est d'Aragon, sommé d'une couronne royale avec deux palmes comme supports en pointe.

Au revers, des abréviations d'une légende sur quatre points. En haut: cinq pesetas.

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