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pas dire des États d'Europe. The Times (N° du 23 décembre 1896) mentionne le fait du Centenaire : « The tercentenary of the birth of Descartes was celebrated yesterday at Tours by the local archæological society, two addresses being delivered and verses composed by M. Sully Prudhomme being recited. To-day a pilgrimage was made to the house at La Haye in which Descartes was born. Descartes, however, surely deserved more than this local commemoration, and the institute here in Paris might have honoured itself by honouring his memory. »

V. Lettre de M. le Président de l'Académie de Stockholm et de M. le Conservateur du Musée national

Stockholm, le 2 décembre 1896. MONSIEUR, M. le Président de l'Académie royale de belles-lettres, d'histoire et d'antiquités m'a chargé de vous informer qu'une photographie du monument de Descartes, placé dans l'église Adolphe-Frédéric à Stockholm, vous a été expédiée aujourd'hui par la poste. C'est pour l'Académie un très grand plaisir d'avoir l'occasion d'offrir à votre Société un souvenir de votre grand compatriote, mort en Suède.

Quant aux indications que vous désirez, voici ce que j'ai pu trouver.

Le monument est exécuté par le plus grand sculpteur suédois, Sergel, l'élève de Larchevesque, le célèbre Français établi en Suède. L'an 1770 indiqué à la légende du monument ne peut se référer qu'à l'époque à laquelle le prince héritier Gustave (devenu plus tard, en 1771, roi sous le nom de Gustave II), qui était un des princes les plus éclairés de son temps, a décrété ce monument. Car on sait que Sergel en a apporté le modèle de Rome en 1779, et que le monument n'a été érigé qu'en 1784.

Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma très haute considération.

Oscar ALMGREM, Conservateur adjoint au Musée national.

VI. Lettre de M. le Conservateur du Musée

de Versailles Palais de Versailles, 14 novembre 1896.

Monsieur LE PRÉSIDENT, Nous possédons à Versailles une inscription funéraire de Descartes, ainsi qu'un médaillon de terre cuite à son effigie. Ce sont les seuls restes du monument élevé par les soins de Pierre Dalibert, ami du grand philosophe, monument que vous trouverez décrit sominairement au tome I, p. 369, des Inscriptions de la France, par M. de Guilhermy, et, plus minutieusement (avec le texte des inscriptions française et latine), dans l'ouvrage intitulé : Description historique de la Ville de Paris, MDCCLXV, tome VI, p. 68 et suiv.

Ces débris, c'est-à-dire le médaillon et l'inscription latine, retirés de l'église Sainte-Geneviève, furent mis en réserve à l'époque de la Révolution pour le Musée des Monuments français, d'où ils passèrent au Musée de Versailles. S'il m'est possible de faire exécuter une photographie de notre médaillon de Descartes, j'aurai soin de vous en adresser immédiatement un exemplaire.

Veuillez agréez, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments les plus distingués.

André PÉRATÉ,
Attaché à la Conservation du Musée de Versailles.

VII. - Descartes et la ville de Chinon

En 1793, l'une des rues de Chinon reçut le nom de Rue Descartes. Le rapport sur les nouvelles dénominations alors données aux rues de la cité chinonaise porte la date du 4 nivôse an II. Le passage, relatif aux motifs qui engagent à donner à une rue le nom de « l'immortel Descartes » est conçu en ces termes : « Si la gloire d'un grand homme appartient à tout son pays, c'est tout spécialement encore le patrimoine de ses compatriotes. Et Descartes est né à La Haye, se trouve du même département que nous (sic). Il est le premier philosophe qu'ait eu l'Europe...)

La rue, où était et où est encore le collège, prit ainsi le nom de rue Descartes et porta cette dénomination pendant la Révolution. Depuis le commencement de ce siècle, les plaques indicatrices posées en 1793 ont disparu, et cette voie est appelée communément rue du Collège. Il y a là une omission facile à réparer ; nous la signalons à qui de droit.

L'hommage de la municipalité chinonaise en l'honneur de Descartes est le premier de ce genre qui se soit, croyons-nous, produit en Touraine; à ce titre, cette décision méritait d'être rappelée.

Henri GRIMAUD.

VIII. – La famille de Descartes

Descartes, mort célibataire, n'a pas laissé de descendants directs. Les membres de sa famille se rattachent donc à lui en ligne collatérale. Depuis le xvi° siècle, tout au moins, li parenté de Descartes n'a pas cessé de pousser de vigoureux rejetons en Touraine. La souche principale de ces derniers est « Louis de Marsay, » lequel,

le 19 octobre 1591, figure dans les registres de La Haye comme parrain de Pierre, frère aîné de René Descartes.

A l'inauguration solennelle du buste du philosophe dans sa maison natale à La Haye, le 10 vendémiaire an XI, assistait, entre autres parents, une descendante de Louis de Marsay. Le compte rendu officiel signale la présence de « Madame Deniarcé, arrière-petite-nièce (de René), ses enfants et petits-enfants ». Mme Demarcé accompagna le buste et alluma le « feu de joie sur les bords de la Creuse »,

De tout lemps, les membres de cette noble famille, qui compte parmi les plus honorables de Touraine, ont gardé, avec un culte religieux, le souvenir du grand homme. A la cérémonie d'inauguration de la statue de marbre sur la place de l'Hôtel-de-Ville à Tours, en 1852, étaient présents, suivant la relation : « M. Ernest Sain, de Boisle-Comte, naguère ministre plénipotentiaire de France aux Etats-Unis, M. Louis Sain, conseiller de préfecture d'Indre-et-Loire, avant 1848; ils portent le nom de l'aïeule de Descartes. » En outre, « les jeunes Edouard et Arthur de Marsay, collatéraux du philosophe, élèves du collège de Pontlevoy, assistent à cette cérémonie. MM. Alfred et Philibert Gatian de Clérambault sont présents au même titre. Le premier est de la commune de Pernay; le second, docteur en droit et juge au tribunal civil de première instance de Tours. »

Fidèle à ses traditions, la Société archéologique s'est empressée de convier les membres de la famille de Descartes à la solennité du troisième Centenaire ; et tous ceux que des empêchements majeurs ne retenaient pas éloignés de la Touraine ont tenu à assister aux fêtes célébrées à cette occasion.

Nous ne saurions mieux clore ces pages sur le Centenaire de l'illustre savant qu'en donnant la liste des membres de sa famille qui nous sont connus :

M" E. de Marsay, château de Ris, commune de Bossay. - M. Edouard de Marsay, en garnison à Beauvais, et M. le comte Jacques de Marsay. – M. Arthur de Marsay a laissé plusieurs enfants : M. le vicomte René de Marsay, propriétaire au Liget, commune de Chemillésúr-Indrois; Mme de Lauriston ; Mme d'Armaillé.

M. Edouard de Clérambault, conservateur des hypothèques à Beauvais ; – et ses deux fils, MM. Gaëtan et Roger, étudiants. — M. René de Clérambault, à Caudéran (Gironde). — M. Raoul de Clérambault, à la Membrolle. — M. A. de Bors, propriétaire à la Brosse, commune de Lureuil (Indre).

Mme Vve de Perthuis, à Tours. — Me Jeanne de Perthuis, mariée à M. de la Rupelle, lieutenant. - Mile Alix de Perthuis, chez sa mère. — Mme de la Rivière, aux Blossiers, par la Bazoche-Gouet (Eure-et-Loir).

FIN

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