Page images
PDF
EPUB

Centenaire. Elle a, sans distinction de partis, porté sur l'organisation et sur le résultat le jugement le plus favorable.

La Dépêche de Tours raconte les détails du « Triduum littéraire », organisé en l'honneur de Descartes. Elle constate le succès de ces fêtes soit à Tours, soit à La · Haye-Descartes. Au sujet du « pèlerinage » accompli dans cette dernière localité, elle dit : « Après les souhaits de bienvenue, adressés par M. le maire au nom de la ville, le cortège se dirigea à travers les rues de la ville, toute pavoisée et décorée de verdure et d'arcs de triomphe portant : Honneur à Descartes, bienvenue à ses hôtes. Toute la population se porta sur le passage pour exprimer son contentement et sa gratitude, et cette manifestation, toute spontanée, toucha profondément le Comité du Centenaire. » (Numéro du 25 décembre 1896.)

Le Journal d'Indre-et-Loire a donné en cinq articles le compte rendu des fêtes et termine ainsi : « La foule s'est retirée, emportant une excellente impression de cette solennité du Centenaire de Descartes, si bien organisée par les soins de notre Société archéologique, à qui revenait le droit de fêter dignement le grand homme que la Touraine est fière, à tant de titres, de compter au nombre de ses enfants les plus illustres. » (Numéro du 25 décembre 1896.)

J. LEMOINE.

Le Messager Indre-et-Loire, qui a consacré trois articles au récit de la solennité, termine son compte rendu en ces termes : « L'illustre Descartes a été dignement célébré par ses compatriotes. On gardera longtemps, dans le public d'élite qui assistait à cette manifestation tout intellectuelle, le souvenir de ces trois journées pendant lesquelles fut exalté le grand philosophe qui, selon le mot de Jules Lemaître, « héros qui relève unc

Reine », retrouva les titres oubliés de l'humaine Raison (Numéro du 25 décembre 1896.)

George GRIPPON. »

La Touraine Républicaine a donné des fêtes un compte rendu très détaillé dont nous extrayons les lignes suivantes : « Mercredi soir, a eu lieu, dans la salle des Assises, brillamment décorée, la clôture de la solennité du troisième centenaire de Descartes. Le buste du grand philosophe, qui n'est pas, comme on l'a dit, un don du Ministère, mais à été acquis à Paris par la Société archéologique, était placé au milieu de la salle dans un parterre de verdure. C'était une superbe apothéose du fondateur de la science moderne. » (Numéro du 25 décembre 1896.)

La Presse parisienne a été unanime à saluer la manifestion tourangelle. Parmi les principaux journaux nous mentionnerons : La Correspondance Havas, - Le Siècle, - Le Peuple Francais, - Le Figaro, Le Monileur Universel, L'Evénement, La Gazette de France, - La Libertė, Le Petit Journal, - Le Temps, Le Journal des Débats, LÉclair, La Croir, - L'Illustration (Numéro de janvier, avec plusieurs gravures), etc, etc. L'espace nous faisant défaut pour citer ces différents organes, nous nous bornerons à en reproduire quelques-uns.

L'Éclair (N° du 28 décembre 1896) écrit : « Les Tourangeaux ont célébré d'un cæur ému le troisième centenaire de Descartes. Dans la salle des Assises du Palais de Justice, il se tint une Assemblée d'honnêtes gens, qui dirent de belles choses sur ce pbilosophe. Ils étaient de science, appartenant à la célèbre Société d'archéologie qui prit l'initiative de ces fêtes, et parlèrent comme il sied de l'illustre philosophe. On entendit M. l'abbé Fran. çois Bossebænl, érudit d'une profonde amabilité, qui fit un discours d'une écriture limpide et d'une érudition très avisée. Il étudia le savant qui a marqué sa trace dans toutes les branches des sciences. M. Faye, avocat, parla de l'homme, du lettré, et M. Sully Prudhomme, tenté par cette figure sévère, envoya des vers de philosophe au père de la doctrine cartésienne. Un poète du lieu, franc Tourangeau, M. Chollet, parla à son tour après le maître ès rimes et fit ce miracle de plaire encore. Le

d'un père appartenant à une famille de magistrats du Châtelleraudais, et d'une mère de souche tourangelle. La Touraine s'est toujours montrée fière du plus illustre de ses enfants. Des projections lumineuses l'ont rappelé aux assistants des fêtes. »

Le Journal des Débats (N° du 27 décembre 1896) s'exprime ainsi : «Les Tourangeaux viennent de célébrer le troisième centenaire de Descartes, leur illustre compatriote. C'est à la Société archéologique que revient l'initiative de ces fêtes ; c'est elle aussi qui en a fait tous les frais. C'est dans la salle des Assises qu'ont eu lieu ces réjouissances toutes philosophiques et littéraires. La solennité a été, comme le promettait le programme, « des plus attrayantes grâce aux conférences, au poème de Sully Prudhomme et aux projections photographiques ». Le comité avait organisé, avec le concours de la musique du 66° de ligne, deux soirées littéraires, et l'on a entendu, entre un allegro et un pas redoublé, toute une série de conférences et de discours. M. Faye, avocat au barreau de Tours, a plaidé avec un aimable enjouement, et non sans esprit, en faveur de Descartes philosophe. Peut-être, ménaget-il trop discrètement les aperçus philosophiques. M. l'abbé François Bossebæuf a consacré ensuite à Descartes savant un discours fort bien documenté, d'une éloquence à la fois chaude et claire : « Ce n'est pas lui, a-t-il dit, qui aurait proclamé la banqueroute de la science ; les erreurs n'atleignent que ceux qui les commettent. » Aucun philosophe ne figurait parmi les orateurs inscrits ; la philosophie n'a pourtant pas été tout à fait absente de celte fête. M. Sully Prudhomme, ne pouvant présider lui-même la cérémonie, a envoyé une pièce de vers magistrale de pensée et de facture. Le lendemain, un pèlerinage laïque à La Haye-Descartes, sous la conduite de M. l'abbé Bossebauf, le zélé président de la Société archéologique, réunissait devant la maison natale du philosophe un groupe nombreux de ses admirateurs. Le surlendemain, nouvelle conférence, par M. Chauvigné, sur lIconographie cartésienne, avec projections photographiques, et une seconde pièce de vers par M. Chollet, un poète tourangeau dont on dit beaucoup de bien. Au total : trois conférences, deux pièces de vers et un pèlerinage. Les Tourangeaux font bien les choses, lorsqu'il s'agit d'honorer leurs grands hommes. »

Le Figaro (N° du 23 décembre 1896) écrit : Les Tourangeaux célèbrent en ce moment le troisième centenaire de Descartes, leur illustre compatriote. C'est à la Société archéologique d'Indre-et-Loire qu'il faut attribuer l'initiative de cette manifestation et il a été donné au public d'assister, hier au soir, à une très intéressante séance académique dans la vaste salle des assises, au Palais de Justice. La réunion était présidée par M. l'abbé Bossebeuf, président de la Société, qu'entouraient les principaux adhérents et plusieurs délégués des Sociétés savantes de la région. On remarquail dans l'assistance: M. le préfet d'Indre-et-Loire, M. Pic-Paris, maire de Tours ; les officiers d'ordonnance du général commandant le 9e corps ; M. Goüin, président honoraire du Tribunal ; les professeurs du lycée Descartes et des principaux collèges, et en un mot toute l'élite intellectuelle de la ville. M. le président prend, au début, la parole pour rendre hommage à « l'in:liatour de la philosophic moderne », dont le bustr, placé au-dessus du bureau, se détache au milieu d'un trophée de drapeaux et parmi des palmes vertes. Après lui, M. Faye, l'un des avocats les plus distingués du barreau de Tours, raconte l'existence de l'auteur du Discours sur la Méthode et expose sa philosophie et sa morale. Celle aimable dissertation, dégagée de toule préoccupation philosophique, sans formules abstraites, remplie de traits spirituels et de mots piquants, a été fort goûtée par l'auditoire. M. l'abbé François Bossebæuf, professeur à l'Université catholique d'Angers, étudie ensuite Descartes « père de la science moderne ». Le « clou » de la soirée était un poème de Sully Prudhomme, écrit spécialement pour la circonstance et qui, lu par M. Paul Briand, a obtenu le plus grand succès. Dans une séance de clôture, M. Auguste Chauvigné fera une conférence avec projections de clichés dus à M. Bousrez. Une poésie de M. Louis Chollet terminera cette solennité en l'honneur de celui qui, selon le mot de Jules Lemaître, sut retrou ver, « héros qui relève une Reine, » les titres, oubliés de l'humaine raison. »

La Presse de la province s'est associée avec empressement à cetribut d'hommages payé à l'illustre philosophe. Au nombre des journaux qui ont raconté les fêtes, nous mentionnerons, un peu au hasard : Le Journal de Mainedl-Loire, - Le Petit Dauphinois, - L'Avenir de Clermont-Ferrand, - Le Messager de Toulouse, - L'Union

Monale de Bordeaux, Le Petit Méridional de Montpellier, - Le Progrès de Lyon, LExpress de Mulouse, - Le Journal de Rennes, Le Stéphanois, etc.

infin l'Europe, par ses organes de publicité, a mon

tout l'intérêt qu'elle attachait à cette manifestation la gloire du savant qui honore si grandement l'huma

le: Sans parler des journaux de la Russie, de la Suède, de " Autriche, de l'Italie, nous nous bornerons à signaler le plus considérable des journaux d'Angleterre, pour ne

« PreviousContinue »